Les Défis du CEA n°236 avril 2019
Les Défis du CEA n°236 avril 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°236 de avril 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : CEA

  • Format : (220 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 10 Mo

  • Dans ce numéro : le défi du siècle.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Corinne Borel, directrice déléguée à l’essaimage au CEA et présidente d’Incub’Alliance Qu'est-ce que la deep tech, ce terme dont tout le monde parle ? Une question posée à Corinne Borel, directrice déléguée à l’essaimage au CEA. L’occasion de revenir sur la stratégie de valorisation de la recherche technologique du CEA et sur ses start-up, dont plus de 75% relèvent précisément de la deep tech. Propos recueillis par Aude Ganier 02 L’INTERVIEW La deep tech peut viser pratiquement tous les marchés applicatifs Note  : 1. Banque publique d’investissement. Pour commencer, qu’est-ce que la deep tech ? On en parle en effet beaucoup, et il est important de bien définir ce terme. Bpifrance 1 a récemment proposé une définition détaillée de la start-up deep tech, à laquelle nous souscrivons totalement  : « elle repose sur des technologies ou une combinaison de technologies de rupture, issues de la recherche, et s’appuie sur une équipe et une gouvernance en lien fort avec le monde scientifique. Elle présente de fortes barrières à l’entrée, Les défis du CEA Avril 2019 N°236 matérialisées par des verrous technologiques difficiles à lever. Elle nécessite un temps de maturation et de pénétration sur le marché plus long et des capitaux plus importants que les start-up classiques d’innovation d’usages et de services. » Les technologies en question concernent l’électronique, la photonique, l’intelligence artificielle, les biotechnologies, les matériaux avancés… Avec ce fort potentiel disruptif, la deep tech peut viser pratiquement tous les marchés applicatifs, de l’aéronautique à la santé en passant par l’énergie. Comment expliquer son essor ? La convergence de résultats scientifiques arrivant à maturité dans différents domaines, ainsi que l’explosion de la production et de la gestion de données, ouvrent des champs d’innovation uniques. Par ailleurs, l’accélération de la compétition mondiale oblige les tissus industriels et le monde économique à se réinventer, dans une optique de création d’emplois durables. Il s’agit également d’être en mesure de répondre aux grands enjeux sociétaux de l’énergie, de l'environnement, de l’alimentation, de la mobilité… Et pour cela, il y a vraiment besoin de ruptures technologiques. La France, et plus généralement l’Europe, ont une recherche académique de rang mondial ; elles devraient pouvoir être leader en création de start-up deep tech, au même titre qu’Israël, les États- Unis ou la Chine. C’est aujourd’hui le bon moment pour transformer la recherche technologique en valeur économique. Cette transformation nécessite justement du temps et de l’argent… Oui, elle mobilise nécessairement des capitaux très importants, souvent publics car il s’agit en premier lieu de nombreuses années de recherche au sein de laboratoires. Cela nécessite surtout un accompagnement à la fois technologique pour maturer l’idée et garantir le passage à l’industrialisation, et financier pour s’assurer du développement de la start-up dans la durée. Le temps est également nécessaire A.Ganier/CEA
5% Matériaux 15% Nouvelles technologies de l’énergie 10% Autres 20% Biotechnologies & santé pour accompagner l’équipe  : les chercheurs à l’origine des inventions doivent s’approprier la culture entrepreneuriale et savoir s’associer aux bons partenaires. À cet égard, le CEA dispose d’outils atypiques… En effet, le CEA fait figure de pionnier en ayant créé dès 1999 son dispositif d’accompagnement et sa filiale CEA Investissement 2, puis en 2017 la société Supernova Invest 3 en partenariat avec Amundi. Grâce à ces outils, les projets de start-up sont détectés, accompagnés et financés dès l’amorçage jusqu’aux phases de croissance. Car l’ambition du CEA consiste non seulement à faire émerger des start-up de haute technologie, mais aussi à accompagner leur développement, comme ce furent les cas de Sofradir 4 en 1986 et Soitec 5 en 1992. Aujourd’hui, ces deux entreprises comptent près d’un millier de salariés chacune. D’autres start-up plus récentes comme Aledia ou Diabeloop sont également fortement soutenues par le CEA. En quoi les start-up sont-elles un élément stratégique pour le CEA ? Aujourd’hui, la start-up devient un élément clé dans le transfert de technologies innovantes dans Répartition des start-up du CEA par domaines 27% Logiciels & systèmes 23% Microélectronique et microsystème des filières existantes ou dans le développement de nouvelles filières. Elle est très agile pour faire pénétrer sur le marché des innovations de rupture, et pour mobiliser des fonds de plus en plus nombreux. Pour preuve, l’investissement mondial dans la deep tech croît de 20% en moyenne depuis 2015, avec près de 18 milliards de dollars en 2018 6. Les grands groupes l’ont bien compris ! Ils développent des stratégies de rapprochement voire de rachat de ces start-up, pour répondre aux enjeux de la compétitivité économique mondiale, en acquérant de nouvelles compétences et solutions clés en main, celles des start-up. C’est la même chose pour le CEA. Dans sa mission de transfert de l’innovation à l’industrie, la création d’entreprises est un excellent moyen de transférer ses technologies et son savoir-faire, de les intégrer dans des dispositifs qui deviendront, après développement au sein de la start-up, des produits industrialisés. Les investissements et risques liés à la mise sur le marché sont ainsi partagés. La politique partenariale du CEA passe peu à peu d’un modèle de collaboration bilatérale avec les industriels, à un modèle de collaboration « écosystème » qui 03 L’INTERVIEW Les défis du CEA Avril 2019 N°236 70% DES START-UP CRÉÉES PAR LE CEA SONT ENCORE EN ACTIVITÉ (DONT 90% POUR CELLES CRÉÉES IL Y A 5 ANS) 858 MILLIONS D’EUROS LEVÉS PAR LES START-UP DU CEA DEPUIS 2000, DONT 144 MILLIONS POUR LA SEULE ANNÉE 2018 4 000 EMPLOIS DIRECTS GÉNÉRÉS DANS DES FILIÈRES D’AVENIR PAR LES START-UP DU CEA rassemble les grands groupes, les labos et les start-up, le plus souvent autour de plateformes technologiques. Cette approche réseau est par ailleurs très attractive pour nos partenaires, comme en témoigne la récente création du MindSphere Center de Siemens, un centre de R&D commun avec le CEA dédié au numérique et à la data intelligence qui associe à nouveau des start-up ! Comment le CEA s’investit-il dans ses start-up ? Le CEA accompagne les start-up sur l’ensemble des éléments  : maturation de l’idée (notamment avec des formations de sensibilisation en interne et d’entreprenariat avec des partenaires comme HEC) ; maturation technologique ; maturation de marché (notamment avec nos bureaux d’analyses marketing) ; financement, développement & croissance… Nous mettons également en contact les porteurs de la start-up avec d’autres laboratoires du CEA, experts spécifiques (sécurité, Notes  : 2. Fonds d’amorçage technologique, filiale du CEA fondée en 1999 au capital actuel de 72 millions d’euros. 3. Société de gestion indépendante, créée par le CEA et Amundi en 2017, gérant 5 fonds (dont celui de CEA Investissement) pour un total de 250 millions d’euros. 4. Spécialiste des détecteurs infrarouges, essaimée du CEA-Leti, qui vient par ailleurs d’investir 150 millions d’euros dans le programme Nano 2022 (volet français du plan européen Nanoélectronique) auquel participe également le CEA. 5. Fabricant de matériaux semiconducteurs innovants, essaimé du CEA-Leti. 6. Hello Tomorrow & BCG. Mars 2019.



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