Les Défis du CEA n°193H octobre 2014
Les Défis du CEA n°193H octobre 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°193H de octobre 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : CEA

  • Format : (200 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : innover pour un nucléaire durable.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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assainissement - démantèlement• Casemate  : abri enterré, souvent en béton. Note  : 4. Programme Gestion des flux de déchets et matières. Bras Maestro permettant des opérations de découpe téléopérées. Des installations pour traiter les déchets et effluents générés… Tous ces travaux génèrent des déchets, en plus de ceux issus des activités nucléaires passées du CEA. Là encore la R&D prend tout son sens pour minimiser leur volume et leur toxicité, optimiser leur traitement et conditionnement, comprendre et démontrer les mécanismes de comportement à long terme, tout en s’assurant que les colis finaux auront une filière de stockage à l’Andra. Des installations spécialement adaptées à la nature des déchets ont vu le jour comme, en 1978, l’atelier de vitrification dédié au traitement des solutions de produits de fission de haute activité de Marcoule (AVM), puis, avant sa fermeture fin 2012, à la vitrification des effluents de rinçage décontaminants de l’usine UP1. Sur le même site, depuis 1966, la Station de traitement des effluents liquides (STEL) permet notamment de bitumer des effluents de faible et moyenne activité issus des opérations de traitement de combustibles usés. Une contrainte toutefois avec cette matrice organique  : sous l’effet des rayonnements, le bitume évolue par radiolyse et génère de l’hydrogène gazeux à l’entreposage. Des programmes de R&D sont ainsi en cours pour renforcer les démonstrations de maîtrise du comportement de tels colis, notamment en vue de leur futur stockage en milieu géologique en condition de sûreté maîtrisée. « La station STEL devient aujourd’hui « STEMA » pour remplacer ce bitume par une matrice minérale, en ciment » explique Thierry Advocat, chef de Programme 4 au CEA-DEN. Des chercheurs du CEA ont déterminé la formule optimale de compatibilité physico-chimique entre le déchet et ce nouvel enrobage puis ont évalué le vieillissement du produit final. Pour les effluents organiques de faible activité, une autre technique a été développée pour les minéraliser  : l’oxydation hydrothermale qui leur impose des conditions de température et de pression supercritiques pour que la « métamorphose » opère. Quant aux déchets plus anciens, héritages du passé du CEA, il faut parfois les reconditionner. À Marcoule, cette opération a été entamée dans les années 2000, sur les 60 000 fûts de bitume anciens entreposés en fosse et casemates•. Objectif  : les caractériser pour connaître leur nature et la quantité de matière fissile qu’ils contiennent, puis les catégoriser pour qu’ils soient acceptés par l’Andra. Pour ce faire, le CEA-DEN a recours aux mêmes dispositifs d’analyses non destructives que ceux utilisés pour la cartographie radiologique d’un chantier, et d’analyses destructives, comme les techniques de mesures nucléaires des émetteurs bêta à vie longue. ● cinq catégories de déchets radioactifs Il existe cinq grandes catégories de déchets radioactifs, en fonction de leur niveau de radioactivité et de leur durée de vie  : - TFA, très faible activité (27% du volume des déchets radioactifs produits en France) ; - FMA-VC, faible et moyenne activité à vie courte (63% de ce volume) ; - FA–VL, faible activité à vie longue, (7%) ; - MA-VL, moyenne activité à vie longue (3%) ; - HA-VL, haute activité à vie longue, représentant 96% de la radioactivité totale des déchets mais seulement 0,2% de leur volume. Un chantier de démantèlement génère très majoritairement des TFA. Par exemple, celui des INB du centre CEA de Grenoble a produit 96,1% de TFA, 3,7% de FA, 0,1% de MA et 0,03% de HA. 50 Les défis du CEA Plus d’informations sur www.cea.fr CEA
- interview Laurence Piketty, Directrice de l’Assainissement et du Démantèlement nucléaire au CEA-DEN L’émergence d’une nouvelle filière industrielle Le démantèlement constitue sans conteste un marché d’avenir sur lequel le CEA, fort de l’expertise acquise depuis vingt ans, entend bien se positionner. En France bien sûr, via des transferts industriels avec les principaux acteurs du secteur, mais aussi à l’étranger ! Assainissement-démantèlement, est-ce l’émergence d’une nouvelle filière industrielle ? En 2013, le parc nucléaire français était composé de 125 installations, dont une trentaine en cours de démantèlement, principalement au CEA, chez EDF et Areva. À travers le monde, ce sont 300 réacteurs qui devront être arrêtés dans les vingt années à venir. Et ce marché a été estimé à 220 milliards d’euros sur vingt ans par un cabinet d’étude, dont 31,9 milliards rien qu’en France. Le démantèlement devient un élément à part entière du cycle de l’industrie nucléaire, de fait, c’est un secteur d’emplois en forte croissance. Au CEA, près de 800 salariés et 2 000 à 2 500 intervenants d’entreprises extérieures agréées par la commission CAEAR 1 sont mobilisés sur nos chantiers. Cette activité repose donc sur de nombreuses compétences ? Les métiers de l’assainissement-démantèlement regroupent plusieurs domaines d’activité  : sûreté/sécurité, ingénierie, BTP, maintenance, assainissement, gestion des déchets. Ils font ainsi appel à des compétences d’exploitation et de projet. Les chefs d’installation sont garants des aspects sûreté, sécurité, radioprotection, et sont responsables de la gestion des déchets et des transports sur leur installation. Les chefs de projet doivent intégrer la coordination entre l’avancement « projet » et les contraintes nucléaires. C’est la synergie entre ces différents acteurs sur le terrain qui contribue à la réussite des chantiers. D’autres compétences ont par ailleurs émergé, en appui aux opérations, grâce à la R&D menée au CEA-DEN, et des cycles de formation spécifiques à ces métiers du démantèlement sont proposés, notamment à l’INSTN 2. - L’expertise du CEA a-t-elle vocation à être diffusée à l’extérieur ? La valorisation de notre expérience et de nos métiers est un réel objectif. Le centre de Marcoule de la direction de l’Énergie nucléaire s’apprête ainsi à accueillir le PVSI, Pôle national de valorisation des sites industriels. Son objectif est d’encourager les transferts de technologies et la R&D collaborative entre les principaux acteurs français du démantèlement, grâce au soutien de la région Languedoc- Roussillon. Il permettra notamment de préserver la valeur existante des bassins industriels, d’améliorer l’offre et la compétitivité des entreprises et d’offrir de nouvelles formations. Un autre exemple est la sollicitation du CEA-DEN par l’IRID 3 en tant qu’expert, fournisseur de R&D et point d’entrée vis-à-vis des entreprises françaises pour accroître la coopération internationale sur le démantèlement de la centrale de Fukushima. Enfin, le résultat de notre activité R&D se traduit régulièrement par de nouveaux transferts industriels, comme sur nos technologies de téléopération et simulation. ● Propos recueillis par Amélie LorecL.Godart/CEA Notes  : 1. Commission d’acceptation des entreprises d’assainissement radioactif et de démantèlement. 2. Institut national des sciences et techniques nucléaires. 3. International Research Institute for nuclear Decommissioning. Octobre 2014 Hors-série 51



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