Les Défis du CEA n°193H octobre 2014
Les Défis du CEA n°193H octobre 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°193H de octobre 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : CEA

  • Format : (200 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : innover pour un nucléaire durable.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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assainissement - démantèlement Intérieur du bâtiment de l’ancien réacteur Mélusine, du site CEA de Grenoble, assaini et démantelé. CEA, acteur de la première heure du démantèlement Deux tiers des installations nucléaires françaises en fin d’exploitation appartiennent au CEA. Une situation liée à son histoire qui implique la mise en œuvre de chantiers d’assainissement/démantèlement, aux enjeux scientifiques, humains et financiers sans précédent… Au cours des années cinquante à quatre-vingts, le monde a vu se construire la majorité des installations nucléaires. Les plus anciennes ont été progressivement arrêtées pour laisser place à de nouvelles activités. Plusieurs raisons à cela  : programmes de recherche ou de production achevés, équipements obsolètes, maintenance lourde, ou évolution de la réglementation. Que se passe-til alors ? En résumé, ces installations vont être nettoyées, et réutilisées en fonction des besoins ou éventuellement détruites. Dans le langage du nucléaire, on parle d’assainissement-démantèlement. Une activité qui représente un marché estimé à 220 milliards d’euros dans le monde sur vingt ans 1 ! En France, ce sont près de trente installations nucléaires qui sont aujourd’hui concernées… Vingt ans d’expertise pour le CEA… et des situations nouvelles à chaque fois ! Une fois lancé, un chantier d’assainissement-démantèlement s’étale sur plusieurs années… Et cette véritable « course de fond », le CEA la connaît bien. Acteur historique de la recherche nucléaire en France, il gère des installations en fin d’exploitation dans ses propres centres depuis plus de vingt ans  : réacteurs de « première génération », réacteurs de recherche, laboratoires, installations de traitement de déchets… « La totalité des installations du centre de Grenoble a par exemple été déconstruite, et sera déclassée par les instances de sûreté » raconte Bernard Vignau, chef de Département 2 au CEA-DEN. « Ce chantier d’envergure, réalisé pour la première fois à l’échelle d’un site, a permis de faire place nette pour des laboratoires en recherche technologique. » Sur les 43 installations que le CEA exploite, 22 sont aujourd’hui en cours de démantèlement. Parmi elles, les INB 3 du centre de Fontenay-aux-Roses qui est en pleine reconversion pour passer du génie nucléaire au génie biologique, les réacteurs Phénix à Marcoule et Rapsodie à Cadarache, l’usine UP1 de retraitement de combustibles et l’atelier pilote de Marcoule… « Aucun de nos chantiers n’est identique ce qui nous empêche de bénéficier d’un « effet de série ». Même si nous profitons d’un retour d’expérience d’une opération à l’autre, il faut toujours chercher à être ingénieux pour trouver des solutions aux situations encore jamais rencontrées. C’est chaque fois une source nouvelle de connaissances sur les travaux et les efforts de recherche engagés » 44 Les défis du CEA Plus d’informations sur www.cea.fr E.Stanislas/CEA
témoigne Bernard Vignau. La grande diversité de ces installations, que ce soit par leur nature, leur taille ou leurs spécificités techniques, confère ainsi au CEA-DEN une expertise unique en maîtrise d’ouvrage et en R&D, que ce soit pour l’assainissement, le démantèlement ou la reprise et le conditionnement des déchets radioactifs anciens. Ce savoir-faire s’avère par ailleurs très précieux dès la phase de conception des futures installations nucléaires qui oblige, dorénavant, chaque exploitant à considérer leur démantèlement. Tel est le cas du projet international Iter, réacteur expérimental de fusion thermonucléaire, actuellement en construction à Cadarache. Une course de fond en plusieurs étapes Mais concrètement, comment se déroulent de telles opérations ? Tout commence par la définition du scénario du chantier et des moyens d’intervention à mettre en œuvre en collectant les données initiales sur l’installation (plans, équipements…) et en évaluant son état radiologique (taux d’irradiation, locaux contaminés…). Ce scénario est réalisé conformément au référentiel de sûreté• de l’installation qui, pour une INB en arrêt définitif, évolue du statut « d’exploitation » à celui de « démantèlement ». Il précise alors l’état final visé, l’analyse des nouveaux risques induits par les opérations, l’étude des déchets produits, des rejets, de la dosimétrie, etc. Conséquences  : une nouvelle cartographie des risques radiologiques est réalisée, avec l’individu au cœur des préoccupations pour s’assurer de sa protection contre une éventuelle contamination ou irradiation au cours des opérations. En parallèle, un dossier administratif relatif à la gestion des déchets est élaboré, évaluant leur impact environnemental pour s’assurer qu’ils seront acceptés par l’Andra 4. À partir du scénario retenu, et une fois les autorisations délivrées par l’Autorité de sûreté nucléaire compétente (ASN ou ASND 5), s’ensuit l’entrée en phase de préparation  : délimitation du périmètre des opérations, installation d’un circuit de ventilation pour protéger l’environnement de travail, mise en œuvre du matériel de radioprotection… Enfin, les travaux démarrent, tout d’abord pour évacuer les matières, puis assainir, c’est-àdire nettoyer et éliminer les substances radioactives des équipements et parties des installations. Ce travail s’effectue en amont du démantèlement qui, lui, consiste à démonter et évacuer l’ensemble des objets et locaux. Un chantier qui peut prendre plus d’une décennie… Le rapport de fin d’intervention, faisant état des bilans radiologique, de sécurité et de déchets, servira ensuite pour autoriser le déclassement définitif de l’installation qui pourra être complet ou partiel. Un défi technique et un enjeu financier Quant au coût de tels chantiers, Laurence Piketty, directrice de l’Assainissement et du Démantèlement nucléaire du CEA-DEN, estime que « dans les prochaines années, le CEA dépensera environ 700 millions d’euros par an pour ses programmes d’assainissement-démantèlement, d’exploitation et de gestion des déchets. Financées par des fonds dédiés 6, nos provisions s’élèvent aujourd’hui à 16,7 milliards d’euros, dont 80 à 90% seront réinjectés dans l’industrie française. » C’est un réel challenge pour les équipes de mener ces projets complexes à leur terme tout en tenant les coûts et les délais, et surtout en respectant strictement, à chaque étape, le référentiel de sûreté des installations imposé par l’ASN. L’une des clés de la réussite pour respecter ces nombreuses exigences passe notamment par une R&D ciblée pour optimiser les outils et les procédés (voir article page 48). ● CEA CEA V V Démolition de la cheminée du réacteur G1 à Marcoule.• Référentiel de sûreté  : ensemble des règles qui autorisent le fonctionnement d’une installation nucléaire de base. Notes  : 1. Estimation du cabinet de conseil Arthur D. Little en stratégie, innovation et technologie. 2. Département des projets d’assainissement/démantèlement. 3. Installation nucléaire de base. 4. Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. 5. Autorité de sûreté nucléaire Défense. 6. Les lois de 2006 stipulent qu’en France les exploitants doivent provisionner l’intégralité des charges futures de démantèlement. Chantier d’assainissement d’une sorbonne ventilée de type boîte à gants à Fontenay-aux-Roses. Octobre 2014 Hors-série 45



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