Les Défis du CEA n°193H octobre 2014
Les Défis du CEA n°193H octobre 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°193H de octobre 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : CEA

  • Format : (200 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : innover pour un nucléaire durable.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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édito L’industrie mondiale du nucléaire a rendez-vous à paris » pour définir des règles communes dans un domaine stratégique qui implique tous les pays du monde ; un très haut niveau de technologie incorporant un flux continu d’innovation ; de grands acteurs industriels mondiaux et de très nombreuses entreprises œuvrant étroitement avec les leaders de la filière ; une place de choix dans l’industrie française qui couvre l’ensemble du spectre technologique depuis la production des composants élémentaires jusqu’à l’intégration dans des systèmes performants et de renommée mondiale. La France, qui a développé sur plus de quarante ans une industrie nucléaire de haut niveau avec la maîtrise d’une expertise technique mondialement reconnue, est un cas unique. Performance, compétitivité et sûreté sont les maîtres mots de sa filière nucléaire. Elle le doit à une recherche solide, un tissu industriel fort, une législation et une réglementation complètes, fruits d’une longue expérience, et une Autorité de sûreté (ASN) dont l’indépendance est reconnue mondialement. ii Il est déterminant d’assurer le maintien des compétences dans les grands pays nucléaires, leur renouvellement dans ceux qui relancent leur programme et leur développement chez les nouveaux arrivants 55 La France s’est investie de longue date dans la mise en place des conditions d’un développement sûr et responsable des technologies nucléaires au niveau international, que ce soit aux côtés des pays utilisant déjà cette énergie ou de ceux qui souhaitent l’inclure à l’avenir dans leur mix énergétique. Il est déterminant, à l’heure actuelle, d’assurer le maintien des compétences dans les grands pays nucléaires, leur renouvellement dans les pays qui relancent leur programme (Royaume-Uni, Afrique du Sud) et leur développement chez les nouveaux arrivants (Émirats Arabes Unis, Pologne, Turquie, Vietnam…). C’est donc en toute légitimité que la France a proposé d’organiser le présent salon, « World nuclear energy, WNE 2014 » pour contribuer à la dynamique industrielle mondiale du nucléaire en favorisant des rencontres d’affaires, multilatérales et bilatérales, comme les échanges avec le grand public, dans tous les domaines du nucléaire civil. L’énergie est actuellement au cœur du débat parlementaire en France et le projet de loi relative à « la transition énergétique pour la croissance verte » met en résonance le domaine des énergies bas carbone, un des cinq grands domaines de recherche du CEA. À ce titre, nous avons su transformer cette recherche en levier pour le développement de l’industrie, grâce aux transferts d’innovations technologiques. Fort de son potentiel de recherche qui irrigue depuis 70 ans l’ensemble de la filière industrielle nucléaire, la CEA a en effet doté la France d’un cycle fermé grâce auquel 96% du combustible usé est valorisable dans la production de nouveaux combustibles. Dans une vision de long terme d’un nucléaire durable, il maîtrise aussi les opérations d’assainissement-démantèlement d’installations nucléaires et prépare avec ses partenaires industriels l’outil nucléaire du futur en travaillant à la conception d’un démonstrateur technologique de réacteur de quatrième génération, à neutrons rapides refroidis au sodium. Le CEA met sa recherche au service de l’ensemble des technologies de l’énergie, en mettant à profit les synergies qui existent entre ses différents pôles de recherche, en particulier lorsqu’il s’agit de recherche de base en chimie, science et technologie des matériaux, simulation ou technologies de l’information. De plus, au-delà de la production proprement dite, il met au service de l’énergie nucléaire une solide expertise sur la compréhension et la maîtrise des effets des rayonnements ionisants sur le vivant et l’environnement. La recherche, comme l’industrie nucléaire repose avant tout sur la qualité de formation des femmes et les hommes qui y travaillent ; le CEA, au travers de l’Institut national des techniques nucléaires (INSTN), offre la possibilité de formations diplômantes aux sciences et métiers du nucléaire, et, via l’Institut international de l’énergie nucléaire (I2EN), facilite l’accès des formations françaises aux étudiants étrangers. Le CEA est ainsi un partenaire de premier plan du salon « World nuclear energy, WNE 2014 » qui a vocation à devenir un événement mondial de référence de la filière énergie nucléaire et permettra à ses acteurs de présenter régulièrement leurs produits et leurs services au profit des nombreux pays intéressés aujourd’hui par l’énergie nucléaire. Nous souhaitons le meilleur succès à cette première édition du WNE et formulons le vœu qu’elle aura de nombreux successeurs. ● 4 Les défis du CEA Plus d’informations sur www.cea.fr
interview Christophe Behar, directeur de l’Énergie nucléaire au CEA R&D et Innovations pour le nucléaire actuel et futur Si l’industrie nucléaire française est très mature – avec un parc de 58 réacteurs produisant plus de 75% de l’électricité française et une maîtrise de l’ensemble du cycle du combustible – elle est toutefois confrontée à des enjeux de compétitivité, disponibilité, sûreté, raréfaction de la ressource ou encore de gestion des déchets. Autant de raisons de poursuivre la R&D et les innovations technologiques. En quoi l’innovation est-elle au cœur des missions de la direction de l’Énergie nucléaire du CEA (CEA-DEN) ? Notre objectif est de contribuer au développement d’un nucléaire durable, sûr et économiquement compétitif en apportant aux pouvoirs publics et aux industriels les éléments d’expertise et d’innovation sur les systèmes de production d’énergie nucléaire. Nous conduisons ainsi nos travaux selon deux axes majeurs  : le développement des systèmes nucléaires du futur, dits de 4 e génération – réacteurs et cycle du combustible associé – et le soutien à l’industrie nucléaire actuelle. Quels sont les programmes du CEA-DEN sur ces deux axes majeurs de R&D ? Pour le futur, nous sommes chargés de mener les recherches sur des systèmes nucléaires innovants, dits de 4 e génération. Nous concentrons nos recherches sur deux filières de réacteurs, toutes deux à neutrons rapides  : une filière refroidie au gaz, qui apparaît comme une option à long terme dont la faisabilité n’est pas encore démontrée ; et une filière refroidie au sodium, avec le projet de démonstrateur technologique Astrid 1 dont nous sommes maître d’ouvrage pour les études. Quant à nos actions en soutien à l’industrie nucléaire actuelle, elles concernent d’une part le parc de réacteurs, principalement au profit d’EDF avec qui nous travaillons sur les volets de la sûreté, de l’augmentation de la durée de fonctionnement et de l’amélioration des performances des centrales. Elles concernent par ailleurs les usines du cycle, en lien avec Areva. Le cycle du combustible est justement un domaine dans lequel l’apport du CEA-DEN est essentiel… En effet, la France a fait le choix pour son industrie nucléaire d’un cycle fermé, qui consiste à traiter les combustibles usés pour séparer les matières valorisables (uranium et plutonium) des déchets et il faut savoir que le CEA-DEN est à l’origine de la mise en place industrielle à La Hague de toute la chaîne des procédés associés. Aujourd’hui, nous intervenons d’une part, en soutien à Areva, pour améliorer les procédés actuellement mis en œuvre tant pour l’amont que pour l’aval du cycle (il s’agit par exemple d’augmenter les performances des procédés ou de diminuer leur impact environnemental) et d’autre part pour préparer des options de gestion des matières, encore plus abouties, en lien avec nos études sur les systèmes nucléaires du futur. Le CEA-DEN s’implique aussi dans le domaine de l’assainissementdémantèlement, quels en sont les enjeux ? Il s’agit là d’un enjeu majeur pour l’industrie nucléaire  : un enjeu en termes d’acceptabilité, mais aussi un enjeu technique et industriel. À travers les grands chantiers qu’il conduit, le CEA-DEN a acquis une expérience importante dans le domaine, aussi bien dans la maîtrise d’ouvrage des opérations, que des méthodologies et des savoir-faire nécessaires à leur réalisation. Nous développons aussi, tant pour nos besoins propres, qu’au profit de l’industrie, des techniques et des outils permettant de mener à bien ces travaux de manière optimale, notamment en améliorant la sûreté et en réduisant les délais, les coûts des opérations ainsi que les volumes de déchets. Propos recueillis par Alexandra BenderL. Godart/CEA interview Note  : 1. Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration. Octobre 2014 Hors-série 5



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