Les Défis du CEA n°178 mars 2013
Les Défis du CEA n°178 mars 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°178 de mars 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : CEA

  • Format : (200 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,2 Mo

  • Dans ce numéro : quand les neurones dégénèrent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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grand angle Quand les neurones dégénèrent La sclérose en plaques suivie à la trace, grâce à la TEP Différentes méthodes d’imagerie sont développées au CEA pour tenter d’affiner le diagnostic et le suivi des patients atteints de sclérose en plaques. Elles permettent également de se rendre compte de l’efficacité de nouveaux traitements. Des progrès possibles grâce aux apports de la Tomographie par émission de positons (TEP), couplée avec l’injection de marqueurs spécifiques des lésions observées aux différents stades de la maladie. © L. Medard/CEA la maladie, aussi leur détection systématique permettraitelle un diagnostic et une prise en charge précoces des patients. Les scientifiques du SHFJ ont bon espoir d’y parvenir avec la TEP acquise après injection d’un traceur des récepteurs situés sur la majorité des neurones, le Flumazénil marqué au carbone-11. Aujourd’hui, en collaboration avec une équipe de neurologue de l’hôpital Tenon (Paris) et du centre de recherche de l’institut du cerveau et de la moelle (ICM, Pitié Salpêtrière), une étude clinique chez des patients est en cours pour valider cette approche. Les premiers résultats suggèrent qu’il est possible de détecter des lésions de la matière grise à un stade précoce de la maladie, avant même que l’atrophie ne soit visible à l’IRM. Fabrication de biomarqueurs au SHFJ. « a sclérose en plaques touche le système nerveux Lcentral, en particulier le cerveau. Son évolution, le plus souvent par crise, se caractérise par des réactions d’inflammation entraînant, par endroits, la destruction de la gaine de myéline » explique Michel Bottlaender, Directeur de recherche à NeuroSpin. La destruction, même partielle, de la myéline altère la transmission de l’influx nerveux conduisant à des troubles de la vision ou du mouvement, à des sensations d’engourdissement d’un membre… selon la localisation des lésions. Par ailleurs, elle entraîne progressivement la perte de neurones. Le CEA-I²BM mène des recherches dans ce domaine d’application selon trois axes. Le premier vise à comprendre les mécanismes conduisant à la perte neuronale, le second à valider des méthodes d’imagerie des lésions de la matière blanche et enfin, le troisième axe a pour objectif d’élucider la relation entre l’inflammation des cellules cérébrales et l’évolution à long terme de la maladie. Détecter l’origine de la perte des neurones Les lésions de la myéline qui aboutissent à la mort neuronale se produisent précocement dans l’évolution de Les dommages de la substance blanche mis en évidence par un marqueur de la maladie d’Alzeimer Le CEA-I²BM oriente également ses recherches vers la localisation des zones de démyélinisation, une atteinte de la substance blanche, difficiles à quantifier. Favoriser leur réparation est un enjeu thérapeutique majeur pour les patients mais le développement des nouveaux traitements nécessite de pouvoir suivre l’évolution des dommages. « Depuis 2005, nous étudions l’apport de la Tomographie par Émission de Positons avec injection d’un marqueur, PIB (Pittsburgh compound B), validé pour cibler les dépôts amyloïdes dans la maladie d’Alzheimer. En 2009, un essai clinique a démarré en collaboration avec les équipes de l’ICM et de l’hôpital Tenon à Paris, grâce à un financement de l’association ARSEP et de la Fondation ELA. Il s’agissait de la première utilisation du PIB chez l’Homme dans cette indication. Il s’est avéré que ce traceur a une affinité pour l’une des protéines qui constitue la myéline. » rappelle Michel Bottlaender. Les premières analyses d’images TEP marquées au [11C]PIB mettent en évidence des petits « trous » dans le cerveau qui correspondent aux lésions. Un troisième traceur, pour révéler la présence d’une inflammation Enfin, dans le cadre d’un autre projet, nommé INFLASEP, les équipes du CEA-I²BM s’intéressent à la neuroinflammation, à un traceur inédit, le DPA-714 marqué au fluor-18, et à la TEP. Ce traceur cible les cellules cérébrales activées révélatrices de la présence d’une inflammation. Objectifs à venir grâce aux images TEP obtenues après injection du biomarqueur : établir une éventuelle relation entre l’inflammation et l’évolution à terme de la maladie et disposer d’un outil performant, la TEP au [18F]DPA-714, pour tester l’efficacité des traitements actuellement en développement. Affaire à suivre… 20 Les défis du CEA Plus d’informations sur www.cea.fr
© CEA INTERVIEW Jean-François Mangin, directeur de recherche au CEA (NeuroSpin) et responsable du cati harmoniser les données de neuro-imagerie Contribuer à la standardisation des protocoles d’acquisition des données et d’analyse d’images, tel est l’objectif de la plateforme cati. Aussi met-elle en réseau l’ensemble de la communauté des cliniciens et des chercheurs étudiant la maladie d’Alzheimer. À terme, elle pourrait concerner des recherches sur d’autres pathologies, tel que l’explique son responsable, Jean-François Mangin. Le CATI, qu’est ce que c’est ? Le CATI, centre d’acquisition et de traitement des images, est une plateforme nationale dédiée aux études de neuro-imagerie multicentriques• (mettre en définition). Cette infrastructure a pour objectif de faire émerger des protocoles standardisés d’acquisition et d’analyse d’images, le tout pour obtenir un parc des données aux caractéristiques harmonisées sur les centres d’imagerie partenaires, avec un contrôle qualité systématique. À cette fin, ce centre est mis à disposition de l’ensemble de la communauté des cliniciens et des chercheurs étudiant la maladie d’Alzheimer et autres démences neuro-dégénératives. Il s’agit de promouvoir le travail en réseau et de parvenir à un gain de temps dans la détection et le suivi de la maladie. La qualité des équipements et des images ayant beaucoup progressé ces dernières années, le CATI a également pour mission d’assurer le transfert des technologies qu’il met au point vers le milieu hospitalier. Et, de fait, permettre à l’industrie pharmaceutique d’avoir accès à des cohortes de patients bien identifiées. Comment est-il financé et quel est son fonctionnement ? Créé en 2010 dans le cadre du plan Alzheimer, le CATI est financé pour 5 ans à hauteur de 9 millions d’euros pour construire la plateforme et répondre, en priorité, aux besoins de la cohorte MEMENTO 1 acquise pour étudier la maladie d’Alzheimer. Par ailleurs, il bénéficie des contributions des organismes de recherche affiliés : CEA, UPMC, Inserm, CNRS, INRIA… Mais son cœur est constitué d’une cinquantaine de chercheurs, ingénieurs et cliniciens du CEA-I²BM et du groupe hospitalier de la Pitié-Salpétrière. En parallèle de l’établissement d’un réseau de sites d’imagerie harmonisés, le CATI peut être sollicité pour soutenir d’autres projets d’imagerie multicentrique. Il fournit alors un devis correspondant aux coûts des prestations demandées. Bilan et perspectives après 2 ans ? La plateforme est aujourd’hui opérationnelle. Une trentaine de services d’imagerie pourvoie en images le centre à hauteur d’environ 200 examens par mois. Dans une certaine mesure, la recherche méthodologique est également distribuée sur ces centres. En revanche, le stockage et l’analyse d’images sont centralisés en Ile-de- France. Grâce à la mise en commun de ces savoir-faire disséminés en France, l’offre de la plateforme CATI couvre la quasi-totalité des besoins de la recherche médicale dans le domaine de l’imagerie. En proposant des coûts bien inférieurs à ceux que nécessiterait individuellement chaque projet, la plateforme permet également aux travaux français portant sur la démence neuro-dégénérative d’allouer plus de moyens à leur recherche. Une dizaine de projets sont aujourd’hui aidés par le CATI. Propos recueillis par Amélie Lorec • Multicentriques : se dit des études scientifiques réalisées auprès de volontaires provenant de différents centres médicaux. Cela permet de réunir un grand nombre de patients et d’obtenir des données médicales plus précises. Note : 1 - Cohorte d’étude nationale de 2 300 sujets présentant des symptômes pouvant évoluer vers la maladie d’Alzheimer. Mars 2013 N°178 21



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