Les Défis du CEA n°164 octobre 2011
Les Défis du CEA n°164 octobre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°164 de octobre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : CEA

  • Format : (200 x 297) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 4,1 Mo

  • Dans ce numéro : nanocaractérisation... les paparazzis de l'atome.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 Àla pointe les défis du cea octobre 2011 P.Avavian/CEA HYDROGÈNE EN STOCK TEXTE : Patrick Philipon TECHNOLOGIES POUR L’ÉNERGIE « Nous réalisons actuellement les tests sur le réservoir de 15 kg pour qualifier ses performances », annonce Julie Mougin, du CEA-Liten à Grenoble. Ledit réservoir contient de l’hydrogène sous forme solide, combiné de manière réversible avec d’autres éléments chimiques pour former un hydrure. On peut aussi le stocker sous forme gazeuse (de 200 à 700 bars) ou liquide (à - 253 °C), mais l’option « solide », sûre et peu coûteuse en énergie, permet d’en conserver beaucoup plus dans un même volume. Son handicap : le poids, les hydrures étant souvent métalliques. « Inadaptée aux véhicules légers, elle convient à l’usage industriel de l’hydrogène (chimie) et surtout au stockage de l’énergie d’origine solaire ou éolienne, une fois transformée en hydrogène par électrolyse de l’eau », explique la chercheuse. La société McPhy Energy, avec laquelle le CEA-Liten collabore depuis 2008, a misé sur l’hydrure de magnésium, valorisant ainsi les travaux de l’Institut Louis Néel à Grenoble sur ce type de matériaux. En effet, à sa température d’équilibre (340 °C), le magnésium absorbe l’hydrogène à une pression de 10 bars, tandis que l’hydrure le relargue à une pression de 2 bars. Pour stocker la chaleur émise à l’absorption et fournir celle nécessaire à la libération d’hydrogène, les réservoirs de McPhy Energy comportent un matériau à changement de phase qui se solidifie ou se liquéfie selon que l’on stocke ou déstocke l’hydrogène. Réservoir d’hydrogène de 15 kg de McPhy Energy, implanté sur la plateforme de test du CEA-Liten. Stocker l’hydrogène sous forme solide permet d’en conserver beaucoup plus dans un même volume. Aussi, c’est sûr et peu coûteux en énergie. Après avoir participé à la conception et la réalisation de ces réservoirs, le CEA-Liten leur ouvre sa plateforme de test. « Nous les bardons de capteurs et mesurons leur cinétique d’absorption, leur comportement thermique, leur durabilité. Nous pouvons aussi les coupler à un électrolyseur et une pile à combustible pour des essais en conditions réelles », explique Albin Chaise, du laboratoire. Après un premier modèle stockant un kilo d’hydrogène, déjà testé au CEA-Liten en 2010, McPhy Energy a conçu un module élémentaire qui en stocke 5 kg, assemblable en réservoirs de toutes tailles. C’est l’un de ces ensembles de trois modules qui est actuellement sur le banc de test du CEA-Liten. Électrolyse//Méthode de séparation par voie électrique des composés chimiques d’un élément : par exemple l’hydrogène (H 2) et l’oxygène (O) de l’eau (H 2 O). L’énergie électrique est convertie en énergie chimique. Pile à combustible//Dispositif utilisé pour fabriquer de l’électricité à partir de l’oxydation d’un combustible (hydrogène H 2). Ici, l’énergie chimique est convertie en énergie électrique.
numéro 164 les d éfis du cea LES DÉCRYPTEURS DE LA CONSCIENCE TEXTE : Xavier Muller TECHNOLOGIES POUR LA SANTÉ La prestigieuse revue Neuron vient de publier une synthèse des travaux de Jean-Pierre Changeux, professeur au Collège de France, et Stanislas Dehaene, également professeur au Collège de France et directeur de recherche en neuroimagerie cognitive au CEA-I 2 BM à Saclay. Tous deux apportent depuis quinze ans des réponses théoriques et expérimentales à la question : comment avonsnous conscience de notre environnement ? Autrement dit, comment une information extérieure, telle qu’un stimulus visuel ou un son, accède à la conscience ? Dans l’une de leurs expériences les plus marquantes, ils ont présenté des mots pendant quelques millisecondes à des volontaires, tout en enregistrant leur activité cérébrale par des techniques d’imagerie. Parfois le mot était perçu consciemment par le sujet, d’autre fois il restait invisible. Dans les deux cas, le cortex visuel « s’allumait ». Mais lorsque le mot était perçu, une vaste activité se propageait dans les régions pariétale et frontale du cerveau. Selon les deux chercheurs, ces zones seraient une porte d’entrée des informations extérieures à la conscience. À partir de cette expérience et d’autres, ils ont proposé les bases neurologiques du modèle dit « d’espace de travail global », qui inclurait les régions frontales, pariétales et cingulaires du cerveau. « Il s’agit d’un espace de partage, de maintien et de diffusion de l’information entre différentes régions cérébrales spécialisées », précise Sébastien Marti, neurobiologiste de l’équipe de Stanislas Dehaene. Il constitue une sorte de mémoire temporaire où les informations extérieures deviennent dispo - nibles pour le reste du cerveau, et c’est cette disponibilité qui formerait la conscience. Les deux chercheurs ont pu dès lors réinterpréter des situations où la conscience est altérée ou mise en sommeil, comme chez les patients schizophrènes, les personnes dans le coma ou sous anesthésie. Par exemple, « une hypothèse de travail est qu’il existe un dysfonctionnement de connectivité neuronale entre le cortex préfrontal et le reste du cerveau chez ces patients », explique Sébastien Marti. Le cortex préfrontal appartenant au réseau cérébral identifié par Jean-Pierre Changeux et Stanislas Dehaene, ces défauts de branchement entre neurones pourraient être la cause même de l’altération de la conscience. BSIP 13



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