Les Défis du CEA n°158 mars 2011
Les Défis du CEA n°158 mars 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°158 de mars 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : CEA

  • Format : (200 x 297) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : physique des particules, Alice au pays des origines.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 À la pointe les défis du cea mars 2011 FIN DE CRISE D’ÉPILEPSIE TEXTE : Joceline Rajnchapel-Messaï IMAGERIE MÉDICALE fait la force. Et lorsqu’il s’agit d’associer deux techniques d’imagerie, L’union l’IRM et la TEP, elle permet de circonscrire très précisément la zone cérébrale responsable de certaines crises d’épilepsie, préalable indispensable à une intervention chirurgicale. L’équipe de Francine Chassoux, neurologue au CEA-I 2 BM 1, a ainsi mis au point une méthode de détection couplée en s’appuyant sur les équipements du SHFJ 2 du CEA à Orsay et ceux du service de Neurochirurgie de l’hôpital Sainte-Anne à Paris. Une méthode qui améliore les résultats du traitement par chirurgie des épilepsies partielles, qui concernent 60% des personnes épileptiques, dont plus d’un tiers sont résistantes aux médicaments. Ses symptômes diffèrent selon la région du cerveau atteinte : secousses notes : 1. Institut d’imagerie biomédicale du CEA. 2. Service hospitalier Frédéric Joliot. IRM//Imagerie par résonance magnétique. Basée sur l’utilisation d’un champ magnétique, cette technique d’imagerie permet d’obtenir des images 2D et 3D de l’organe observé. TEP//Tomographie par émission de positons. Technique d’imagerie médicale qui permet de mesurer en 3D l’activité métabolique d’un organe grâce aux émissions de positons issus d’un traceur injecté au patient. Épilepsie//Deuxième affection neurologique de l’enfant et du sujet jeune après la migraine, l’épilepsie touche 500 000 personnes en France. + + Imagerie en IRM (gauche), TEP (milieu) et superposition de la TEP sur l’IRM (droite) dans le plan axial (haut) et coronal (bas) au niveau de la région cérébrale responsable du langage. « La superposition des images obtenues par IRM et par TEP permet ainsi de détecter très finement la zone de cerveau d’où proviennent les crises. » musculaires (zone de la motricité), hallucinations visuelles (zone de la vision), troubles du langage (zone de la parole), etc. « Au moins 10% de ces personnes pourraient être traitées chirurgicalement. L’IRM localise de mieux en mieux la zone anormale. Mais dans certains cas, les lésions sont si petites qu’il n’arrive pas à les détecter, explique Francine Chassoux. Les patients concernés sont alors écartés de la chirurgie. » Or la TEP parvient à repérer ce que l’IRM n’a pas vu : la fixation du traceur utilisé, un dérivé fluoré du glucose, est forte dans les zones cérébrales en activité normale, tandis qu’elle est très faible dans les régions du cerveau responsables des crises. La superposition des images obtenues par IRM et par TEP permet ainsi de détecter très finement la zone de cerveau d’où proviennent les crises. Fruit d’un travail de dix années incluant l’examen de plus de 700 patients, cette méthode permet aujourd’hui de proposer une chirurgie de précision et d’enlever la région responsable de l’épilepsie. Avec un taux de guérison de plus de 90% pour les personnes qui ont pu bénéficier de ce traitement ! F. Chassoux/SHFJ
numéro 158 les d éfis du cea BARRER LA ROUTE AU STAPHYLOCOQUE TEXTE : Caroline Dangléant TECHNOLOGIES POUR LA SANTÉ Intoxication alimentaires, septicémies… Les staphylocoques dorés sont de redoutables bactéries pouvant provoquer des infections très graves, voire mortelles. Certaines souches extrêmement virulentes, les Sarm(Staphylococcus aureus résistant à la méticilline), sont insensibles à de plus en plus d’antibiotiques. Une étude associant plusieurs laboratoires européens, dont le CEA-iRTSV, vient de décrypter le mécanisme infectieux de ces bactéries avec, à la clé, le développement de traitements inédits. Jusqu’alors, il était connu que les Sarmsécrètent dans l’organisme des toxines capables d’attirer, puis de détruire des cellules du système immunitaire, les neutrophiles, éliminant ainsi la principale défense cellulaire humaine contre les infections bactériennes. Les chercheurs ont pu identifier le récepteur de surface des neutrophiles qui reconnaît les toxines des Sarmet déclenche la migration de ces neutrophiles hors de la circulation sanguine vers le foyer infectieux. « Pour y parvenir, nous avons mis au point des cellules capables d’exprimer un seul type de récepteur à la fois », expliquent François Boulay et Marie-Josèphe Rabiet, qui ont participé à l’étude. Grâce à ces précieuses cellules expérimentales, TEXTE : Xavier Muller DÉMANTÈLEMENT de cent ans après avoir permis à Henry Becquerel de découvrir les rayonnements ionisants, la pellicule photo trouve une nouvelle application dans le domaine de la radioactivité : l’aide au démantèlement de bâtiments du CEA. Aujourd’hui fermés et vides, ces bâtiments ont abrité pendant quarante ans, sur le site de Saclay, des laboratoires où étaient produits des marqueurs médicaux radioactifs. Avec, comme conséquence, l’accumulation dans les murs d’une radioactivité sans danger (elle est inférieure à celle du granit breton), mais qui impose des mesures de protection lors de leur démolition et du traitement des gravats. Une équipe de la Direction de l’énergie nucléaire (CEA- Den) à Saclay a eu l’idée, pas très originale, de coller des pellicules photo sur les murs afin de dresser des cartes de cette pollution dans les bâtiments et cibler les zones les plus atteintes. Posées à la façon d’un patchwork et laissées trouver le récepteur sur lequel les toxines du staphylocoque doré se fixent fut presque un jeu d’enfant. Ledit récepteur, appelé FPR2, représente une cible pharmacologique très intéressante pour riposter contre les infections par les Sarm. Autre avantage de ces cellules expérimentales, imaginées par les chercheurs du CEA : elles devraient aussi permettre une avancée considérable dans la connaissance des fonctions des récepteurs de neutrophiles. Des recherches d’intérêt puisque ces récepteurs sont également impliqués dans des maladies neurodégénératives, comme la maladie d’Alzheimer (FPR2 est activé par un fragment de la protéine pathogénique β-amyloïde) et les cancers de l’estomac (FPR2 est activé par un peptide sécrété par Helicobacter pylori, bactérie responsable des cancers gastriques). RADIOACTIVITÉ RÉVÉLÉE SUR PELLICULE Plus sur place plusieurs jours, les pellicules sont impressionnées par les rayonnements émis par les murs. Après révélation, elles fournissent une véritable carte de la pollution résiduelle. Une vision d’ensemble inaccessible par les méthodes actuelles, à base de prélèvements ponctuels d’échantillons. « Les pellicules que nous utilisons servent habituellement aux biologistes pour visualiser la répartition de marqueurs radioactifs lors d’essais précliniques », explique Pascal Fichet, qui a dirigé les recherches avec Florence BSIP Colonie de staphylocoques dorés. Goutelard au CEA-Den. Pour adapter ce principe au démantèlement, ils ont créé un film photo constitué de deux pellicules individuelles. L’intérêt de ce film est de pouvoir discriminer deux types de rayonnements (gamma et bêta) émis par les murs, dont les traitements ne nécessitent pas la même exigence. Le modus operandi du film a été protégé par un brevet. Au cas où d’autres opérateurs que le CEA voudraient, eux aussi, prendre des clichés de leurs vieux bâtiments… et pas seulement comme souvenirs. Latte de bois prélevée du plafond du laboratoire à démanteler et son diagnostic grâce à la pellicule photo : la zone la plus noire révèle la présence d’une radioactivité. 13 CEA-Den/Lanie



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