Les Défis du CEA n°157 février 2011
Les Défis du CEA n°157 février 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°157 de février 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : CEA

  • Format : (200 x 297) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : catalyseurs... comment planquer le platine ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 12 - 13  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
12 13
12 À la pointe les défis du cea février 2011 CEA DU SODIUM ULTRAPUR POUR ASTRID TEXTE : Xavier Muller NUCLÉAIRE DU FUTUR contrôler, en temps Comment réel, la pureté chimique du sodium d’Astrid, prochain prototype de réacteur nucléaire de quatrième génération ? La solution pourrait venir d’une technique d’analyse chimique à distance, la Libs, qui s’est avérée très prometteuse lors des essais menés dans les laboratoires du CEA à Saclay. Programmé pour 2020, Astrid utilisera du sodium liquide comme fluide caloporteur. Bénéfice : le réacteur peut fonctionner en régime de neutrons rapides avec, à la clé, une économie de combustible et surtout la possibilité de recycler une partie des déchets. Mais comme tout caloporteur, le sodium liquide interagit avec les composants du réacteur, notamment par corrosion. D’où l’intérêt de surveiller la pureté chimique du sodium, en vérifiant que la concentration des différents types d’impuretés (fer, nickel, chrome…) reste conforme aux conditions normales de fonctionnement du réacteur. Libs//Laser Induced Breakdown Spectroscopy, ou spectroscopie de plasma induit par laser. Caloporteur//Liquide transportant la chaleur issue des réactions nucléaires jusqu’au système de conversion d’énergie qui transforme la chaleur en électricité. Dispositif expérimental où a été étudié le diagnostic par la Libs du sodium. La Libs a ainsi été testée par Jean-Baptiste Sirven et ses collègues de la Direction de l’énergie nucléaire du CEA. Elle consiste à créer par laser, à travers une fenêtre d’observation, un plasma à la surface du sodium et à analyser le spectre de la lumière émise, caractéristique des éléments présents. L’essai a été mené avec un four contenant du sodium liquide à 150 °C, auquel du plombavait été ajouté, simulant un produit de corrosion. « Le seuil de sensibilité de la technique Libs au plombdans le sodium liquide s’est révélé être de l’ordre de la partie par million, taux requis pour la détection des produits de corrosion pour Astrid, s’enthousiasme Jean-Baptiste Sirven, avec l’immense avantage que toute l’analyse s’effectue en temps réel et à distance. » Si une adaptation est possible en réacteur, ce suivi en continu limitera le besoin de prélèvements d’échantillons. Cette méthode pourrait être adaptée à la détection de relâchement de produits de fission dans le sodium, survenant si les gaines contenant le combustible se fissurent. Le cahier des charges drastique d’Astrid impose, dans ce cas, un seuil de sensibilité de l’ordre de la partie par milliard. Le couplage de la Libs à une autre technique optique d’analyse, beaucoup plus sensible, permettrait d’atteindre ce seuil.
LSCE numéro 157 les d éfis du cea LA MOUSSON DISPERSÉE AUX QUATRE VENTS TEXTE : X. M. CLIMATOLOGIE Discussions pour déterminer le choix des sites de prélèvement. est-elle un phénomène régional ou local ? Régional, répondaient jusqu’à présent les Lamousson climatologues, ce qui les amenait à distinguer cinq grands systèmes de mousson sur la planète. Mais, aujourd’hui, une équipe internationale menée par Catherine Kissel et Carlo Laj 1, du LSCE 2, montre qu’elle peut posséder des caractéristiques plus locales. À l’appui, l’étude d’une carotte sédimentaire que les chercheurs sont allés prélever par 1 500 mètres de profondeur au large de Mindanao, la grande île volcanique du sud des Philippines. En analysant la teneur en magnétite (un minéral issu des roches volcaniques de l’île) dans les différentes strates de la carotte, ils ont pu évaluer l’efficacité du pouvoir d’abrasion des pluies diluviennes sur Mindanao au fil des cent soixante derniers « Cette découverte a été une révélation et signifie qu’une même mousson peut avoir deux régimes : l’un continental et l’autre océanique. » Prélèvement d’une carotte sédimentaire au large de Mindanao, au sud des Philippines milliers d’années, et donc, in fine, l’ampleur des moussons. Durant cette période, les précipitations ont fluctué en complète opposition avec les pluies qui frappaient pendant ce temps le continent, en Chine, pourtant dues aux mêmes vents chargés d’humidité. « Cette découverte a été une révélation, se rappelle Catherine Kissel. Cela signifie qu’une même mousson peut avoir deux régimes, l’un continental, l’autre océanique. » Des simulations numériques réalisées par Pascale Braconnot, du LSCE, ont confirmé qu’un même régime de mousson pouvait se décliner différemment, sur terre et sur mer. À présent, les paléoclimatologues vont s’efforcer de circonscrire, à l’aide d’autres carottes de la même région, la zone de la mousson océanique qu’ils ont identifiée. Des centaines de millions de personnes vivent sur Terre sous l’influence des moussons, rappelle la chercheuse : « Comprendre la variabilité naturelle des moussons est capital pour être capable de préciser l’action de l’homme sur ce régime climatique. » notes : 1. Kissel,C. et al., 2010, « Monsoon variability and deep oceanic circulation… », Paleoceanography, vol. 25. 2. Voir rubrique « Les laboratoires », p.3. 13 LSCE



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :