Les Défis du CEA n°155 novembre 2010
Les Défis du CEA n°155 novembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°155 de novembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : CEA

  • Format : (200 x 297) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 5,5 Mo

  • Dans ce numéro : radioactivité... les effets des faibles doses sous surveillance.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 À la pointe les défis du cea novembre 2010 DES POTS « NANOPOLLUTION » TEXTE : Aude Ganier DÉPOLLUTION que les véhicules électriques investissent nos routes, comment limiter la Enattendant pollution des voitures actuelles ? La solution existe depuis des années avec les pots catalytiques qui filtrent les gaz d’échappement résultant de la combustion incomplète du carburant. Leurs performances pourraient être considérablement accrues grâce aux travaux d’une équipe du CEA-Liten 1. Les ingénieurs ont en effet optimisé la conception des pots. « Nous avons opté pour une architecture de type mille-feuille, en superposant une couche de céramique, des éléments catalyseurs et une couche d’un métal précieux comme le platine. L’enjeu était de multiplier les points triples qui sont des lieux de réactions de dépollution où coexistent simultanément ces trois couches. Cela permet d’augmenter les réactions chimiques qui œuvrent à la transformation des gaz en des éléments moins nocifs, tout en réduisant de moitié la quantité de métaux précieux », explique Sébastien Donnet, chercheur au CEA-Liten. Effectivement, c’est la subtile réunion des trois éléments qui permet de transformer le monoxyde de carbone en CO 2, moins toxique, ou encore l’oxyde d’azote en azote et en eau. Pour y parvenir, une technique de dépôt des couches a été mise au point. La technique MOCVD de dépôt en phase vapeur consiste à intégrer des catalyseurs d’une taille bien définie, entre 4 et 15 nanomètres notes : 1. Laboratoire d’innovation pour les technologies des énergies nouvelles et les nanomatériaux. suivant l’application et leur nature. Les ingénieurs ont également veillé à ce que ces catalyseurs demeurent actifs à basse température : ainsi, nul besoin d’injecter de l’essence dans le pot pour augmenter les températures. À la clé, une économie dans la consommation de carburants ! Ces recherches ont été menées dans le cadre du projet Decade 2, initié il y a quatre ans avec Faurecia et Peugeot PSA. Elles pourraient, par ailleurs, intéresser d’autres secteurs comme ceux commercialisant des dispositifs de filtrage de l’air ambiant. notes : 2. Projet financé par l’Ademe. Les pots catalytiques limitent la pollution générée par les voitures. Les travaux du CEA vont permettre d’augmenter leur performance. CEA-Liten Vue des nanocatalyseurs obtenus par une nouvelle technique de dépôt de couches, à la précision nanométrique. Photononstop
L. Godart/CEA numéro 155 les d éfis du cea MÉTABOLISME, VOS PAPIERS ! TEXTE : Cédric Longin PHARMACOLOGIE ne sommes pas tous Nous égaux devant les médicaments. Chaque individu les assimile puis les transforme (métabolise) plus ou moins lentement, ce qui n’est pas sans conséquence sur l’issue du traitement. Chez les « métaboliseurs lents », les molécules actives restent plus longtemps dans l’organisme, augmentant le risque d’effets secondaires. À l’inverse, les « métaboliseurs rapides » les transforment rapidement, ce qui peut réduire leur effet thérapeutique. D’où l’idée des chercheurs du CEAiBiTec-S 1 et du CEA-List 2 d’établir, pour chaque patient, une carte d’identité métabolique. « Connaître a priori la manière dont son organisme métabolise les médicaments permettrait de donner au patient un traitement personnalisé », indiquent Henri Bénech et Marcel Delaforge, chercheurs à l’iBiTec-S. Dix volontaires sains ont donc été sollicités pour le projet Cime1, un essai dit de « pharmacocinétique et de tolérance », mené avec l’Insermà l’Hôpital Bichat-Claude Bernard, à Paris. « C’est en quelque sorte un test de faisabilité », expliquent les chercheurs. Concrètement, chaque volontaire absorbe un cocktail de dix composés bien connus : neuf médicaments, comme le paracétamol ou l’oméprazole, et un café. notes : 1. Institut de biologie et de technologie de Saclay. 2. Voir rubrique « Les laboratoires », p.3. Oméprazole//Médicament utilisé notamment dans le traitement de l’ulcère gastroduodénal, du reflux gastro-œsophagien et de certaines œsophagites. C’est l’un des plus prescrits dans les pays industrialisés. Préparation d’échantillons pour des études de métabolisme et de pharmacocinétique. « Connaître a priori la manière dont son organisme métabolise les médicaments permettrait de donner au patient un traitement personnalisé. » Ces dix composés sont transformés par des enzymes, comme les cytochromes P450. « Nous administrons des doses inférieures aux doses thérapeutiques, précise Henri Bénech. Le cocktail doit être inoffensif. » À l’aide de techniques d’analyse fines (chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse), les chercheurs mesurent, à intervalles réguliers, la quantité des dix composés et des dix métabolites (les produits de la transformation des médicaments par les enzymes). Soit vingt composés à dénicher dans le sang, la salive et les urines des volontaires afin d’évaluer la rapidité de leur métabolisme. L’analyse ne prend que huit minutes. « Une fois cette première phase achevée à la fin de cette année, et les données dépouillées au cours de l’année prochaine, nous pourrons envisager une deuxième phase de test à plus grande échelle afin de prouver le concept », indiquent les deux chercheurs. Avec, en ligne de mire, le développement d’un système complet d’analyse couplé à un logiciel d’aide à la décision qui permettra au médecin d’adapter le traitement au métabolisme de son patient. 15



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