Lectures Pour Tous n°04-02 novembre 1901
Lectures Pour Tous n°04-02 novembre 1901
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°04-02 de novembre 1901

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Hachette

  • Format : (155 x 238) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 66,7 Mo

  • Dans ce numéro : fêtes du sacre et entrée des rois.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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142 Lectures pour Tous arc, partait à la poursuite de son infidèle fiancé ; Hamilton avait embarqué la dernière outre de son eau-de-vie. Pendant quatre jours, l'expédition descendit sans incident le cours de la Rivière aux Rennes. Le troisième jour, Bob reconnut sur une roche plate, les traces d'uni feu récent. Sickingen était passé là quelques heures auparavant. Après avoir franchi une barre extrêmement raide, les chasseurs trouvèrent une baie profonde, presque fermée vers la haute mer, à 5 ou 6 milles, par des roches très élevées qui se prolongeaient au nord en dressant une muraille haute de 3oo mètres  : c'était un tout autre pays qui s'annonçait ; région de pierres et de glaces perpétuelles. Toulouak dirigea les embarcations vers les hautes cimes du nord, traversant obliquement la baie ; il vint atterrir au pied d'une aiguille couverte de neige qui dominait toute la chaîne ; l'embarcation fut halée à terre. Toulouak, montrant l'aiguille de glace, prononça avec une terreur respectueuse  : « Mannantou ! mannantou ! » Le mammouth devait être quelque part dans les roches, derrière ce piton éclatant. Raoul et ses compagnons sentirent une émotion -les étreindre. Il fut convenu que Bob et Iamilton reconnaîtraient la côte. Raoul décida Toulouak à escalader avec lui la pente abrupte de l'aiguille neigeuse, d'où l'on devait découvrir tout le pays, mammouth et kaïak compris. La marche était pénible sur la pente presque à pic, et Raoul, empêtré de sa carabine et de sa cartouchière, montait lentement derrière Toulouak qui, avec une adresse sur- (A Suivre.) prenante chez ce gros homme,. se glissait entre les blocs et sautait légèrement de roche en roche. A mi-hauteur, l'aiguille était étroite déjà, et l'ascension devenait difficile  : mais on découvrait la baie entière, son rivage désert où nulle trace de l'expédition Sickingen n'apparaissait. Raoul voulut continuer, découvrir l'autre versant ; il se débarrassa de sa carabine et de sa cartouchière, les déposa sur une pierre plate et les recouvrit de la peau de phoque qui lui servait de manteau, sur laquelle il plaça deux ou trois quartiers de roche. A 3o mètres plus haut, Toulouak l'appelait d'une voix tremblante. Raoul se hàta. Et, d'une sorte de terrasse qui contournait l'aiguille, dominant une immense crique de hauteurs, trouée çà et là de cavernes béantes, il aperçut, énorme, splendide, le mammouth, le mammouth vivant, le mammouth primigenius, celui de Corliss, celui d'Eva Aucune illusion n'était possible  : c'était là, à 2 kilomètres à peine, devant une grotte sombre ; l'animal secouait doucement sa trompe, balançait ses prodigieuses défenses. Un instant, il avança, puis s'arrêta, agitant toujours sa trompe, superbe, tranquille Raoul, saisi d'admiration, ne pouvait se lasser de contempler le monstre. Toulouak, blême et tremblant, le décida enfin à redescendre ; il fallait rejoindre les autres, organiser l'attaque. Le Fort se hàtai., joyeux et plein d'espoir. Tout à coup, il poussa un cri de fureur  : à ses pieds, il apercevait la peau de phoque par terre, les pierres'dispersées La'carabine avait disparu. R. AUZIAS TURENNE. QUELQUES GOURDES D'EAU-DE-VIE DÉCIDÉRENT TOULOUAK À FAIRE PARTIE DE L'EXPÉDITION.
A i ; `N'1 l'I,/s`Ca`.', ; -1`1(+: ; , i/. ^ Ị y./i r)/, 1 ?. Î,y -%, LY 1:. ; ,/. (//.'.r:.'` 9 ; 4,1'2 v'ti b/Q, ÿ - 3'=J- 1,. _-. LES DEUX CHEVALIERS S'ÉLANCÈRENT L'UN SUR L'AUTRE, DANS UN TOURBILLON DE POUSSIÈRE. La Légende d'Ulrich le Meurtries l'aube de l'époque moderne, quand le monde étonné fit connaissance avec la force nouvelle à laquelle rien ne résistait et dont on avait peine à s'expliquer les effets foudroyants et « diaboliques », quelles terreurs durent s'emparer des esprits, quelles légendes se former dans les imaginations encore toutes hantées par les conceptions du moyen âge ! Dans ce récit, auquel l'auteur a su garder un caractère mystérieux, un criminel reçoit comme un châtiment d'en haut la punition de ses forfaits, grâce à cette découverte alors presque ignorée de tous et que nos lecteurs auront aisément reconnue. O O O voyageur qui descend le cours du Rhin aperçoit un peu au delà de Mayence, LE sur le penchant d'une colline rocheuse qui vient mourir dans le fleuve, des blocs énormes, - ruines épiques de quelque construction démantelée. Des visions du passé s'évoquent dans sa mémoire. Il songe à ces fiers et terribles burgraves dont la silhouette s'entrevoit dans l'histoire et se précise dans la légende. Il interroge le batelier. Et tandis. que, le fleuve s'enveloppant de brume, des formes indécises et tremblantes se dessinent dans le brouillard de la rive, il écoute en frissonnant conter l'aventure du seigneur farouche qui, parce qu'il avait tué, fut condamné à vivre. TTT C'était l'époque où les hommes, plus grands et plus forts qu'ils ne sont aujourd'hui, portaient sans fatigue des armures devant l'énormité desquelles nous restons aujourd'hui étonnés et presque effrayés. Or, de tous les hommes de son temps Ulrich, comte de Frankenthal, était le'plus grand et le plus fort ; nul ne maniait l'épée avec plus d'aisance que lui, et cependant celle dont il se servait dépassait le front d'un homme ordinaire, la lame en était presque aussi large que les paumes de deux mains placées l'une à côté de l'autre. Ses domaines étaient immenses, son château imprenable et sa cour magnifique. Winibald l'Ours, son père, tombé dans, un conTat contre un baron voisin, l'avait laissé, à dix-neuf ans, maître absolu de la province. Le jeune seigneur régnait en tyran, haï et redouté. Lorsque. Ulrich eut atteint sa vingt-cinquième année, il donna pour la célébrer de splendides tournois où se rendirent, de tous les points de l'Europe, les chevaliers en quête de.gloire. Jamais le terrible comte n'avait mieux combattu ; pendant tout un mois que durèrent les, fêtes, il ne, désarçonna pas moins de cinquante des plus redoutés cham-



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