Lectures Pour Tous n°04-02 novembre 1901
Lectures Pour Tous n°04-02 novembre 1901
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°04-02 de novembre 1901

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Hachette

  • Format : (155 x 238) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 66,7 Mo

  • Dans ce numéro : fêtes du sacre et entrée des rois.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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TOO Lectures pour Tous l'élu du Seigneur. Et ce caractère, remarquons-le bien, lui conférait plus de devoirs encore que de droits. Telle est l'idée qu'il s'agissait de rendre sensible, et de présenter sous une image matérielle. C'est à quoi servaient jadis les cérémonies du sacre. On attribuait à l'onction sainte la vertu de placer le roi sous la protection directe de Dieu, de lui conférer des dons, des gràces et des lumières refusés aux autres hommes et de le mettre ainsi au-dessus de tous les compétiteurs. De là vient qu'on ait entouré le sacre de toute une pompe éclatante, dont l'effet devait UN ROI DE FRANCE SACRÉ DEVANT L'ENNEMI. — LE COURONNEMENT DE CHARLES VII Â REIMS (17 JUILLET 1429). — TABLEAU DE LENEPVEU, PEINTRE CONTEMPORAIN. A peine suivi de quelques partisans fidèles, le roi de France errait découragé a travers les provinces que les Anglais n'avaient pas encore prises. — Après ses premiers succès, la vierge héroïque, Jeanne d'Arc, réussit à faire sacrer Charles VII roi de France, à Reims. L'enthousiasme du peuple se réveilla dès lors, et l'on vit la confiance renaître dans l'armée française. être de frapper l'imagination, désigner le souverain au respect de ses peuples et manifester sa légitimité d'une façon qui rendit impossible toute contestation. Certes, le principe du sacre est resté le mème pendant tout le temps qu'a subsisté la monarchie, mais on devine que les cérémonies dont il était accompagné n'ont pu avoir, dès le premier jour, la plénitude de leur développement. La richesse du spectacle, comme aussi l'affluence des spectateurs, ne pouvait être au temps des premiers Capétiens ce qu'elle devint sous les Valois ou sous les Bourbons. A mesure que le royaume de France acquérait plus d'importance, que la cour devenait plus riche, les cérémonies des sacres prenaient plus d'ampleur, étaient plus décoratives. En outre, chaque époque donna une couleur particulière aux fêtes des couronnements, et l'aspect de la solennité a toujours traduit en quelque manière l'état des moeurs et de la société du temps. Imaginons en effet ce que put être le sacre de Clovis par Remi, évêque de Reims. Les Francs étaient encore à demi barbares. Dans cette rude société, nulle place pour un cérémonial compliqué, nul spectacle pour impressionner les esprits. Une onction fut faite au roi franc, en présence de ses compagnons d'armes, par l'évêque, et ce fut tout. MAGNIFI - QUE O R- DONNAN- CE DE LA CÉRÉ- MONIE. C'est peu à peu, par degrés, que s'organisèrent les divers
détails, se fixèrent les diverses phases de la cérémonie. Si l'on veut l'apercevoir dans tout son faste imposant, il faut se placer aux environs du xive siècle. Désormais elle ne cessera plus d'être l'occasion d'un magnifique déploiement de luxe. Pour lutter avec succès contre le luxe de certains grands vassaux, nos rois jugeaien t qu'il Fêtes du Sacre et Entrées des Rois lOI f a..s ; s:s'.-'.-'i. 111f 11Q1l1lI 1",.<.=f:`fS, tT ? : !': ! fg4s_: ? £i3'i3..t`.ï=sr  : "-'. ?, G:.'tr. ?  : ` ; Irl ! ta r+r.'.v'-Fi4°=+.t^_':t< : ? +s.``.-^.- ! :.`r...  : r:,% 2'S%`:.f- r  : ti+^+7k:r, !'f...  : - a4 r Illl IIIUIgUIUIIi r U/dr gr'l'fl i nw nunuuunrtn r t iu, -i IIIΠ!  : u IÎÎI If, i [jliIi I(IÎl l Illlfl Illllll l III iÎtjljÎ i il illllt'II II R ({llIII ? i[l111i ; Q -  : d Il...q'.. 1.ty 7-l.r. tf.jY7 Kç:`=\R _..i:a'i ! -rP'-:. i  : 3'.-*_- ; i x,.:'-. ?. -.- i` ; Ii  : `. y"{:Ÿ'."r.t ; '-'.'— -  : =:si,r -c ? - _. —"_-. SL.i1ai... _.. - _à CHARLES VII COURONNÉ Â REIMS. — D'APRGS UNE PEINTURE D'UN MANUSCRIT DU TEMPS. était utile de faire montre de richesse. En outre, « le protocole » de la solennité est dès lors définitivement réglé. Reims était la ville désignée pour les couronnements ; c'était là, en effet, que la sainte ampoule était précieusement conservée  : elle y resta jusqu'au jour où le conventionnel Ruhl en ordonna la destruction. Apportée, raconte la légende, par une colombe blanche à Remi qui attendait vainement les saintes huiles lors du sacre de Clovis, cette larme de verre miraculeuse, bouchée d'un morceau de satin cramoisi, contenait une huile exhalant le plus suave parfum. Solidifié avec le temps, ce liquide merveilleux, dont une parcelle, sauvée dit-on en 1793, servit en 1825 au sacre de CharlesX, fut constamment employé pour l'onction des rois. Donc, quelque temps après son avènement, le monarque partait de sa résidence à petites journées, escorté d'une garde à cheval et suivi des princes, des seigneurs et dames (le la cour, se rendant à Reims. La dernière étape était la petite ville de Fisnles, que l'on devait quitter d'assez bon matin pour entrer à Reims vers deux heures de l'après-midi. Dès le lendemain, veille du sacre, le roi se préparait à l'acte important qu'il allait accomplir, assistait aux vêpres, écoutait un sermon sur l'origine et les vertus de l'onction sainte, recevait la confirmation s'il ne l'avait déjà reçue, et se confessait. Enfin, le matin du couronnement arrive. Dès six heures, les portes de la cathédrale sont ouvertes et les privilégiés, conviés à la cérémonie, s'empressent de venir occuper leurs places. L'antique basilique a reçu pour la circonstance une décoration spéciale qui en augmente encore la majesté. Le grand autel est paré de drap d'argent galonné d'or et orné de châsses précieuses. La nef est tendue jusqu'à la voûte des plus belles tapisseries de la couronne. Les piliers et les colonnades disparaissent sous de grandes figures ailées portant des girandoles garnies (le lumières, et des tapis fleurdelysés couvrent toute la surface du sol. A l'entrée du sanctuaire, est placé le siège de l'archevêque et, lui faisant face, sous un dais suspendu par des câbles d'or, est dressée une estrade avec un trône et un prie-Dieu, le tout en velours violet parsemé de fleurs de lys d'or. Peu à peu les cardinaux et évêques viennent occuper leurs sièges, les tribunes se remplissent de dames et de seigneurs en atours de gala, les pairs de France défilent en veste faite d'étoffe d'or, avec le manteau ducal de drap violet doublé et bordé d'hermine et portant sur leur bonnet violet la couronne de vermeil. Cependant, le palais de l'archevêque est le théâtre d'une scène réglée d'avance. Deux évêques, ceux de Laon et de Beauvais, délégués par les douze pairs du royaume, sont allés processionnellement chercher le roi dans ses appartements. Lorsqu'ils sont arrivés à la chambre de Sa Majesté, le chantre qui les accompagne frappe l'huis avec son bâton. Le grand chambellan, sans ouvrir, dit  : « Que demandez-vous ? — Le roi, répond l'évêque de Laon. — Le roi dort. » Après une deuxième tentative, accueillie de la mème façon, l'évêque insiste  : « Nous demandonsX... que Dieu nous a donné pour roi. »



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