Lectures Pour Tous n°04-02 novembre 1901
Lectures Pour Tous n°04-02 novembre 1901
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°04-02 de novembre 1901

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Hachette

  • Format : (155 x 238) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 66,7 Mo

  • Dans ce numéro : fêtes du sacre et entrée des rois.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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ris Lectures pour Tous Non ! ils ne sont pas deux ombres qui se rencontrent. Elle seule a été vaincue par le temps ; lui, est demeuré un homme. Sous ses cheveux gris, sa figure énergique et douce exprime la plénitude de la force, avec l'indulgence de la sagesse. L'âge lui a donné une robustesse, une beauté, différentes de celles de la jeunesse, plus frappantes peutêtre ; et une jalousie cruelle et folle emporte la comtesse, une irritation désespérée contre le temps injuste, qui, aux femmes, prend tout et n'accorde rien en échange. Elle se trouve plus loin de lui qu'elle n'aurait pu le croire, plus définitivement séparée, reléguée dans le passé, quand, lui, il appartient encore au présent. Et elle ne souhaite que de s'enfuir, de se cacher à tous les yeux, aux siens surtout. Mais une muraille humaine lui barre la retraite. Alors, subitement, elle se calme. Une pensée amère la rassure. Comment, hélas ! supposer qu'il puisse la reconnaître ? iTt Il s'arrête, maintenant, il s'arrête tout près d'elle, il regarde de son côté. Elle revoit briller ses yeux, ces grands yeux bleus du prince George, aussi doux, plus calmes qu'autrefois. Il a remarqué le cachemire, lui aussi, et le regarde. Va-t-il en sourire à son tour ? Faut-il deviner sur ses lèvres une de ces railleries mordantes où jadis il excellait ? Non ! sur ses traits, une autre expression a passé, l'expression naïve, sincère, attendrie, que la comtesse connaît bien. Sa haute taille s'incline, il _Murmure une phrase à l'oreille de son aide de camp. Et la comtesse a lu la pensée qui vient de traverser l'esprit du roi. Il s'est souvenu de l'ancien temps, du temps où l'on portait ales cachemires, et il regarde celui-là, comme si, dans les fines arabesques indiennes, il revoyait écrite sa jeunesse, son éclatante jeunesse ; et il songe à celles qui portaient des cachemires, aux premières années, fleurs de (Illustrations de A.-F. Gorbatcet.) printemps que ne peuvent faire oublier les fleurs d'automne. Il songe à elle, certainement ; il l'évoque, telle qu'elle était autrefois, telle qu'il l'a gardée dans son coeur, éternellement jeune, éternellement belle ; il ne peut se la représenter autrement. Oui, c'est parce qu'il se souvient d'elle trop bien qu'il ne la reconnaît pas ! Il a passé, il est loin. TTT Pour la comtesse, l'émotion a été trop vive. Son coeur se remet à battre fort, trop fort ; le sang court trop vite dans ses veines usées. Elle ne regrette rien, pas même cette dernière folie, cette dernière souffrance, ces derniers affronts. Qu'importe qu'elle ait connu sa déchéance, excité les moqueries, qu'elle se soit sentie étrangère à tout et à tous ? Gràce à elle, un peu du cher passé a revécu pour le roi, pour eux deux. Grâce à elle ? non, mais grâce à ce vêtement qui a duré, qui durera plus que celle qui le portait, à ce cachemire dont elle ne rougit plus, au contraire. Avec une sorte d'ivresse, maintenant, elle en sent le poids, toujours plus lourd. La foule continue à s'écouler, pressée et bruyante. Mais soudain, il se fait un temps d'arrêt. Le bâton blanc des sergents de ville ouvre un passage. On emporte une femme évanouie. La foule regarde encore, mais cette fois sans sourire. Elle s'écarte, respectueuse, émue. Et ces cosmopolites, ces provinciaux, ces Parisiens, le monde nouveau, le Paris (le 1900, saluent inconsciemment un symbole du passé. Sous cette parure démodée, c'est l'élégance, c'est la beauté, ce sont les brillants souvenirs d'autrefois qu'emporte dans ses plis le dernier cachemire. CIIAMPOL
UNE LECTURE CHEZ DIDEROT. — D'APRÈS LE TABLEAU DE MEISSONIER. Tandis que la plupart des écrivains ne peuvent travailler que seuls et dans le silence du cabinet, Diderot « parlait » ses livres avant de les écrire et les lisait à ses amis avant de les publier. Une de ces réunions où Diderot donne à quelques privilégiés la primeur d'une oeuvre ébauchée, tel est le sujet qu'a reproduit dans ce tableau fameux le célèbre peintre Meissonier. (Collection de M. le baron Ed. de Rothschild.) PROCÉDÉS DE TRAVAIL & MANIES DES ÉCRIVAINS n est surpris de voir à quels biîarres procédés de travail ont souvent recours, à O quelles servitudes baroques s'astreignent des écrivains du plus grand talent. Ils peuvent _v trouver cette aide machinale qui nous vient de l'habitude. Mais ayons soin de ne pas confondre avec ces manies plus ou moins inoffensives certaines habitudes déplorables, qui dégénèrent en vices et qui, bien loin d'être une source d'inspiration, sont au contraire la ruine du talent ; et n'oublions jamais que la régularité d'un travail opinidtre et méthodique est la meilleure condition d'une production abondante, l'auxiliaire indispensable au génie lui-même. O O O Nous venons de lire un livre qui nous a charmés, d'assister à la représentation d'un drame qui nous a émus. Comment ce livre a-t-il été écrit ? Comment ce drame a-t-il été composé ? Nous sommes curieux de le savoir. Nous aimerions à surprendre l'écrivain au moment où il travaille, à nous. pencher sur la table où il est accoudé, pour lire à mesure les lignes qu'il trace. En effet, il n'en est presque pas un, parmi les écrivains les plus richement doués, qui n'ait sa méthode, ses habitudes, ses manies. Tel ne peut écrire que dans certaines conditions où justement son voisin ne pourrait aligner cieux phrases. Celui-ci n'a toute la liberté de son esprit que le matin, et cet autre a besoin du silence et de la solitude de la nuit. Il y a plus. Vous pouvez en croire un écrivain s'il vient vous dire qu'il n'écrit



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