Lectures Pour Tous n°04-02 novembre 1901
Lectures Pour Tous n°04-02 novembre 1901
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°04-02 de novembre 1901

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Hachette

  • Format : (155 x 238) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 66,7 Mo

  • Dans ce numéro : fêtes du sacre et entrée des rois.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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cos Lectures pour Tous A RENAISSANCE. — UN SPECTACLE RENOUVELÉ DES ROMAINS. Désormais nous n'aurons plus qu'à admirer la pompe extérieure dont s'entouraient ces fètes et qui, fournissant à l'art du décorateur une merveilleuse occasion de se manifester, devait se modifier avec les changements du goût. Le moyen âge y avait prodigué ses ingénieuses machines, étalé son goût pour l'allégorie. Voici que s'annonce la Renaissance. En art, en littérature, en architecture, on imite les Grecs et les Romains. Cette passion pour l'antiquité inspire la mise en scène des entrées triomphales de l'époque  : les derniers Valois copient les fêtes que donnaient autrefois les Césars de Rome. Nous en avons un exemple dans l'entrée solennelle que fit Henri II à Lyon en 1548. A vrai dire, cette entrée ne suivait pas un sacre, mais terminait un voyage du roi en Savoie et en Piémont. Au bord du Rhône, devant les maisons où flottaient des oriflammes, une estrade fut dressée, tendue de velours cramoisi rehaussé d'or, décorée d'étendards fleurdelysés et d'une vaste tapisserie représentant le combat entre Pâris et Ménélas. Au-dessus, un grand voile de pourpre ondulait sous le ciel et abritait du soleil les clames en robes de drap d'or, les seigneurs aux pourpoints tailladés de velours ou de soie, aux collets de souple peau parfumée. Tout autour se dressaient des cavaliers aux armes de France, la lance au poing. Soudain les trompettes sonnèrent ; douze hommes parurent, vêtus, six de satin blanc, six de satin cramoisi, et défilèrent devant le roi et la reine, qu'ils saluèrent de leur courte épée, faite à l'imitation des glaives romains buis, répartis en deux camps, ils s'attaquèrent, comme faisaient jadis les gladiateurs dans l'arène. Puis on vit s'avancer sur le Rhône, une escadre de galères toutes richement décorées (l'étoffes de soie ; les officiers et les soldats qui s'y trouvaient étaient vêtus à l'antique, de toges blanches et pourpres. Tandis que les vaisseaux s'élançaient les uns contre les autres, des gerbes de feu les entourèrent, provoquées par l'éclatement des grenades et (les pots à feu. De longs jets (le flamme couraient sur le fleuve, illuminant les eaux. E SACRE D'UN ROI ENFANT. — L'IDYLLE AVANT LA TRAGÉ- DIE. C'est au xvlle et au xvlile siècle que les sacres atteignent à l'apogée de leur magnificence. Lors du sacre de Louis XV, la jeunesse du souverain (il n'avait que six ans) mit dans la grave cérémonie une note charmante. Il n'était personne qui ne fût séduit par la grâce du petit roi. « Lors de son sacre, raconte d'Argenson, il ressemblait à l'Amour avec son habit long et sa toque d'argent, en costume de néophyte ou de roi candidat. Les yeux des spectateurs devenaient humides de tendresse pour ce pauvre petit prince, échappé à tant de dangers dans sa jeunesse, seul rejeton d'une famille nombreuse. » Non moindres furent, lorsque Marie- Antoinette arriva d'Autriche, les témoignages d'amour et d'enthousiasme par lesquels la France accueillit la princesse pour qui elle devait plus tard se montrer si cruelle. Les paysans de chaque village se portaient au - devant d'elle, chargés de fleurs qu'ils lui offraient avec quelques mots de bienvenue. « A quelques lieues de Chài:'is, un vieux curé, à la tête de ses paroissi _.is, s'approcha (le la voiture. Il avait pris pour texte de son petit discours ces paroles du Cantique des Cantiques  : Pulchra es et formosa. Il avait déjà articulé quelques phrases de sa harangue ; par hasard, il jette un regard sur Marie-Antoinette. Au même instant, sa mémoire est en défaut ; il balbutie et s'arrête. L'archiduchesse s'empresse d'accepter le bouquet qu'il tenait dans ses mains. Le vieillard, pénétré de cet acte de bonté, lui dit aussitôt  : « Madame, ne soyez pas sur- « prise de mon peu de mémoire ; à votre « aspect, Salomon eût oublié sa belle Égyp- « tienne et vous eût avec bien plus de rai- « son adressé ces mots  : Pulchra es et « formosa. » On parvint enfin aux portes de Paris. « Les carrosses formaient une double haie, et le peuple applaudissait avec ivresse. Les équipages (le Marie-Antoinette sont obligés (l'aller au petit pas ; on se presse autour de sa voiture ; on a joui de ce plaisir, on veut la revoir encore. » E PAPE ET L'EMPEREUR. Tel est le prestige (le cette antique cérémonie du sacre que Napoléon, après vingt victoires, croit devoir l'ajouter à celui de ses glorieuses conquêtes pour légitimer son pouvoir et le rattacher à la tradition de l'ancienne France. Mais ici tout va porter la marque du souverain guerrier. C'est à Notre-Dame de Paris, tapissée des drapeaux pris à l'ennemi, qu'aura lieu le couronnement. Les gentilshommes de l'ancienne cour sont remplacés par les généraux de l'Empereur. Napoléon a fait venir de Rome pour le sacrer le Pape
Fêtes du Sacre et Entrées des Rois 1 0 lui-même, et, le jour de la cérémonie, tandis que Pie VII avec son cortège de prélats est déjà arrivé à la basilique, l'Empereur fait attendre le Souverain Pontife. L'attente ne dura pas moins de trois heures ! L'Empereur parut enfin, tandis que le tintement des cloches se mêlait aux sonneries des trompettes et au cliquetis des armes que présentaient les grenadiers de la garde, immobiles comme des statues. Autour M. Raguideau, lui avait vivement déconseillé d'épouser cet officier de fortune qui, disait-il, « n'avait que la cape et l'épée ». Le propos fut rapporté à Bonaparte, qui ne dit mot et, ne gardant pas rancune à M. Raguideau, le nomma plus tard notaire de la liste civile. Mais il n'avait pas oublié. Quelques heures avant son couronnement, il fit appeler le notaire et, lui montrant son manteau impérial et son glaive romain sur la garde BANQUET DONNÉ À L'OCCASION DU SACRE DE CHARLESX, ROI DE FRANCE (25 MAI 1825). Le sacre de CharlesX, le dernier qui ait été célébré en France, s'accomplit avec toute la pompe de l'ancien cérémonial.On revint méme iz l'antique usage qui voulait qu'un banquet suivit le couronnement. de Napoléon marchaient les princes ses frères, en uniformes écarlates, tout scintillants d'or, les maréchaux, tout couverts d'or, eux aussi. C'était le sacre d'un conquérant, du chef d'un État fondé sur la force et la victoire. Napoléon reçut les onctions, mais quand vint le moment de poser la couronne, on vit un spectacle qui contrastait avec le cérémonial traditionnel de la France. L'Empereur, l'enleva des mains de Pie VII, la plaça lui-même sur sa tête, puis couronna l'impératrice Joséphine.Dans sa pensée, la puissance religieuse ne lui conférait pas la dignité impériale, elle devait se borner à reconnaître son autorité. Une anecdote amusante égaya, dit-on, la matinée du sacre. Lors du mariage du général Bonaparte avec Joséphine de Beauharnais, le notaire de la future impératrice, duquel était monté le fameux diamant le Régent, il lui dit d'un air malicieux  : « Raguideau, voici la cape et voici l'épée. » PLENDEURS ORIENTALES. Ces magnificences n'ont plus leur raison d'être dans l'état de nos moeurs. Chez nous, la pompe du sacre et des entrées n'est plus qu'un souvenir (le notre histoire. Si nous voulons voir revivre l'éclat de ces solennités, nous devons nous transporter dans les deux pays d'Europe qui, seuls, conservent encore cette tradition  : la Russie et l'Angleterre. Les pompes merveilleuses du sacre de l'Empereur Nicolas II en 1896 unissaient la majesté du siècle de Louis XIV à la richesse inouïe d'une cour orientale. Imaginez Mos-



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