Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°04-01 de octobre 1901

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Hachette

  • Format : (155 x 238) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 62,3 Mo

  • Dans ce numéro : boutiques du vieux Paris et marchands d'autrefois.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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s Lectures pour Tous Dès que l'acheteuse avait pénétré dans son magasin, le tentateur commençait à lui montrer les « admirables nouveautés qu'il allait mettre en vente et qu'il ne pouvait encore laisser voir qu'à ses meilleures clientes » Puis, quand il avait fait ainsi passer devant elle, comme en se jouant et par amour de l'art, ces choses qu'elle n'avait pas demandées, il lui présentait, avec des complaisances infinies, celles qu'elle était e lele P e() L ()e. c/ `. - Ç`i/.t l` 1tlIrr.Il 1t/t c:r (À'()t')/'iij r'/ (iy ile%lfOI !//%011/Jr r ,. ;/ Y' ) t c'var ( rIltr.r, `. 1r/1 ruJ. hierea/i, 1rfa,. ‘...' ! t t'/011 il'i//(-‘' ; , :w t'f'/1CeY W P l'Cd:/l'/.41.111è, _.-/ A PARIS S. venue acheter, et il l'embobelinait, l'étourdissait de si belles paroles, la flattait, piquait si bien sa vanité, souvent en présence d'une amie, — qu'elle achetait le tout... et que l'amie se hâtait de l'imiter, croyant avoir fait une excellente affaire. Quelqu'un surpassait encore le marchand parisien dans ce jeu de l'emplette forcée, c'était la marchande parisienne. Elle faisait merveille, grâce à ce babil, à ces cajoleries irrésistibles avec lesquelles, selon le mot du temps, « elle endormait votre intérêt comme le chirurgien qui, avant de vous saigner, passe la main sur votre bras pour l'endormir ». Mme Roland, dans ses Mémoires, crayonne le portrait de Mme Desportes, une bijoutière de l'époque. « De l'esprit, de l'honnêteté, beaucoup d'adresse et un excellent ton la faisaient généralement considérer  : on cut élit qu'elle ne se chargeait d'affaires quc pour obliger les personnes qui s'adressaient à elle » Faire des affaires sans avoir l'air de s'en mêler et comme pour obliger... voila bien le dernier mot de l'art de vendre ! Au contact des gens du monde, les marchands ont appris le langage courtois, les belles façons, la politesse fleurie de l'époque, et, le plus souvent, ils ont su les adapter à leur condition. Traitant sur le ton de la confiance et d'une demi-familiarité avec des gens riches et titrés, ils accompliront, — presque toujours, ce petit miracle de tact de rester dans la juste mesure. c a r1& ADRESSES DE COMMERÇANTS. - CARTE DUN MARCHAND D'IiTOFFES. ES RIDICULES DES FAVORIS DE LA MODE. Nous disons « presque toujours » en pensant à quelques-uns de ces fournisseurs que la vogue favorisait et qui, par leur ostentation ou leur impertinence, se rendirent ridicules. Il faut dire à leur décharge que l'importance exagérée qui leur était parfois donnée eût pu griser des têtes plus solides C'est le temps des « modistes de génie » et des « cordonniers sublimes », le temps où Mme de Pompadour supplie Dazé, protégé par la dauphine, de bien vouloir consentir à la coiffer. Comment se montrer impitoyable pour Mlle Bertin, la marchande de modes de Marie-Antoinette, quand on lit l'anecdote suivante  : « Comme le cortège royal devait prendre la rue Saint-Ilonoré, Mlle Bertin n'a pas manqué de se mettre à son balcon, en tête de ses trente ouvrières. Sa Majesté l'a remarquée en passant, a dit  : « Ah ! voilà « Mlle Bertin ! » et, en même temps, lui a fait un signe de la main qui l'a obligée à répondre par une révérence. Le roi s'est levé et lui a applaudi des mains  : autre révérence. Toute la famille royale en a fait autant, et les courtisans, singeant le maitre, n'ont pas manqué de s'incliner en passant devant elle  : autant de révérences qui l'ont extrêmement fatiguée Mais cette distinction lui donne un merveilleux relief » Un relief si merveilleux, en effet, que, saluée par toute la cour, l'ancienne petite
Boutiques du,Vieux Paris et Marchands d'autrefois 9 marchande du quai de Gesvre en arrive à croire que tout est permis à une personne de sa sorte. « Le jargon de cette demoiselle, dit la baronne d'Oberkirch dans ses Mémoires, était fort divertissant. C'était un mélange de hauteur et de bassesse qui frisait l'impertinence quand on ne la tenait pas de très court, et qui devenait insolent pour peu qu'on ne la clouàt pas à sa place. » Une « femme de qualité » vient demander à Mlle Bertin des bonnets pour envoyer en province. On la reçoit en élégant déshabillé, couchée sur une chaise longue, et, daignant à peine saluer d'un signe de tête, on se contente de sonner une apprentie « Donnez à m a- dame les bonnets d'il y a un mois ». — Et comme la dame fait observer qu'elle a demandé ce qu'il y a de plus nouveau  : « Cela n'est pas possible, Madame, répond Mlle Bertin, dans mon dernier travail avec Sa Majesté, nous avons décidé que les bonnets les plus modernes ne paraîtraient que dans huit jours. » Pour le rouge, c'est Mme Moreau, « brevetée de la reine et de toutes les cours d'Europe », qui tient le haut du pavé et qui est « une vraie puissance ». Par un privilège qui témoigne de ses goûts artistiques, elle a la permission de faire exécuter des pots de rouge à Sèvres, exprès pour elle Ceux-là, elle ne les donne qu'aux reines ; « à peine une duchesse en obtient-elle un par hasard ». Le cordonnier Charpentier dépasse peutêtre encore en ridicule Mlle Bertin ellemème. Un jour, le chevalier de la Luzerne vient lui commander une paire de souliers pour une dame qui était à la campagne. Il est introduit dans un cabinet charmant et y admire une commode d'un travail précieux, garnie dans ses compartiments de portraits des premières dames de la cour  : Mme de Clermont, la princesse de Guéménée Tandis qu'il s'extasie  : « Monsieur, vous êtes bien bon de faire attention à ces choses-là, » dit en entrant, dans le négligé le plus galant, l'artiste, le grand Charpentier. Et comme M. de La Luzerne s'exclame  : « Quel goût, quelle élégance ! — Monsieur, vous voyez, reprend Charpentier, c'est la retraite d'un homme qui aime à jouir. Je vis ici en philosophe » Puis, sur le modèle de soulier qui lui est présenté  : « Ah ! je sais ce que c'est, je !.1 li't(c'kdt t(j It,Tti.c awia%'t a _ca It ?/7,.ti



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