Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°04-01 de octobre 1901

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Hachette

  • Format : (155 x 238) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 62,3 Mo

  • Dans ce numéro : boutiques du vieux Paris et marchands d'autrefois.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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chambres habitée par une famille, comprenant seulement cinq personnes, et souvent la famille est beaucoup plus nombreuse, — la quantité d'air dont dispose chacun atteindra à peine 3 ou 4 mètres cubes. Un malfaiteur est mieux partagé à cet égard dans sa prison que notre ouvrier clans sa chambre ! L'air, étant en quantité insuffisante, de- LA CHAMBRE À COUCHER. vient très rapidement (le mauvaise qualité. En étudiant la composition de l'air dans ces logements encombrés, on a trouvé que la sixième partie de cet air est de l'air expirée c'est-à-dire de l'air qui a déjà passé par les poumons, qui a déjà été respiré. Or, pour être vivifiant, l'air, nous disent les médecins, ne doit pas contenir plus d'une centième partie d'air ayant déjà servi à la respiration. Un médecin hongrois, M. Korosi a pu prouver, chiffres en main, que la durée de la vie est notablement abrégée dans les logements encombrés et est d'autant moins longue que l'encombrement est plus grand. Il a notamment trouvé que la durée moyenne de la vie est de 47 ans chez les personnes qui logent seules ou à cieux dans une chambre. Chez les personnes qui vivent trois, quatre ou cinq dans la mème chambre, cette durée n'est plus que de 39 ans. Enfin, les personnes qui occupent à dix la mème chambre — et cela n'est pas rare — ne vivent pas, en moyenne, plus de 32 ans ! ES MALADIES DEVIENNENT, DANS LES LOGEMENTS TROP PETITS, D'IMPLACABLES FLÉAUX. Supposez que dans ces milieux encom- Lectures pour Tous brés une maladie contagieuse se déclare, avec quelle rapidité elle va se propager d'un habitant à l'autre, d'un logement à l'autre, d'une maison à l'autre ! La fièvre typhoïde, la diphtérie, la rougeole, la variole, etc., prennent ainsi le caractère d'une épidémie. Ajoutez que chaque personne malade étant affaiblie par les déplorables conditions de sa vie, et peu résistante, les maladies deviennent promptement très graves et se terminent souvent par la mort. De toutes ces maladies celle qui fait aussitôt les plus effroyables progrès, c'est la tuberculose. Nous avons montré, clans un récent article des Lectures polir Tous, que la tuberculose se propage par les Cliché] P.UN HÔTEL POUR LES PETITEFBOURSES, À PARIS. LE SALON D'ATTENTE. Destinés aux ouvriers les plus modestes. plusieurs hôtels établis à Paris ont prouvé qu un propriétaire peut, tout en faisant payer une somme très minime à ses locataires (18 à 4 6francs par mois pour une chambre confortable), obtenir une rémunération suffisante et légitime des capitaux engagés. crachats desséchés et frappe surtout les organismes affaiblis. Or, imaginons que, dans un logement encombré, quelqu'un devienne tuberculeux. Ses crachats desséchés se trouvent partout sur le parquet, la literie, les vêtements, et les bacilles meurtriers qui voltigent dans l'air avec la poussière vont pénétrer clans les poumons de tous ceux qui vivent à côté du malade. Ainsi à Paris, sur i0000 personnes habitant les quartiers largement aérés, 15 meurent tous les ans de tuberculose ; dans les quartiers où est entassée la population ouvrière, cette mortalité est dix fois plus grande ! A Nancy, la mortalité par tuberculose est de 2 pour i 000 clans la rue Saint-Jean où il n'y a que des appartements confortables et sains ; cette mortalité est par contre de i 2 pour i000
L'Ouvrier Rendu à la Vie de Famille 29 dans la rue Claudion qui se trouve dans un quartier ouvrier. L'habitation insalubre aide non moins puissamment à la propagation de l'alcoolisme. « Le logement hideux, a dit Jules Simon, c'est le pourvoyeur du cabaret ! » En effet, l'ouvrier se lève le matin brisé et fatigué par une nuit de sommeil lourd et peu réparateur dans une atmosphère irrespirable, empestée. Nous étonnerons-nous si, avant (le se rendre à l'atelier ou à la fabrique, il va chercher au cabaret, dans l'alcool meurtrier, le coup de fouet qui remonte passagèrement son énergie ? Nous étonnerons-nous si, le soir, en sortant de la fabrique, il s'attarde au cabaret plutôt que de rentrer dans un intérieur sale et misérable ? Nous étonnerons-nous si, peu à peu, il prend en grippe son semblant de foyer et va chercher l'oubli de ses maux et misères dans l'alcool, chez le marchand (le vin ? Le besoin de sociabilité est le même dans toutes les classes. Le.cabaret semble à l'ouvrier plus hospitalier que son taudis, et c'est pourquoi il y va. « Une cité ouvrière, a dit un ouvrier anglais, avec des logements salubres et agréables, vaut mieux, pour lutter contre l'alcoolisme, que dix mille allocutions dans des réunions de tempérance et qu'un million de témoignages sur les effets désastreux de l'alcool » MAISON LOUÉE PAR MM. MENIER FRÈRES AUX OUVRIERS DE LEURS USINES. Moyennant un loyer de r5o francs par an, les ouvriers ont une maison indépendante avec buanderie et jardin. Ce loyer très minime, qui représente la rémunération de l'argent employé à la construction de la maison, est même remboursé aux locataires grâce à une prime annuelle à laquelle ils ont droit après quine ans de service. (Photographie communiquée par MM. Menier frères.) ALA CAMPAGNE ET A LA VILLE. LES CITÉS OUVRIÈRES. C'est en France que germa pour la première fois l'idée de donner à l'ouvrier et à sa famille un logement qui fût en même temps un foyer digne de ce nom. Dès 1833, A. Koechlin, puis Jean Dollfus, eurent l'idée (le construire pour les filateurs de Mulhouse de petites maisons entourées de jardins et de les louer à un prix modique avec promesse de vente. Ainsi naquit la Société mulhou- sienne des Cités ouvrières destinée à servir de modèle aux nombreuses sociétés d'habitations ouvrières à bon marché qui ne tardèrent pas à se former tant en France qu'à l'étranger. Le développement de la grande industrie devait contribuer à donner l'essor à l'oeuvre des habitations à bon marché. A l'étroit dans les villes, où les terrains coûtent cher, un grand nombre d'établissements industriels sont allés s'installer à la campagne. Mais il fallait aussi loger les ouvriers. Les chefs d'industrie ont clone construit pour leurs ouvriers, dans le voisinage de la fabrique, des logements qu'ils leur louent à bon marché. A défaut d'autres bénéfices, ils y trouvent du moins celui de la stabilité du personnel  : les ouvriers travaillent mieux une fois qu'ils sont logés dans des conditions hygiéniques convenables. On peut rapporter les maisons ouvrières à deux types principaux. Voici d'abord la petite maison, construite soit à proximité de la ville, soit à la campagne autour d'une fabrique ou d'une usine où les maisons de ce genre forment de véritables cités, voire des villages entiers. Telle est la cité ouvrière bàtie à Noisiel pour leurs ouvriers par MM. Menier, les grands fabricants de chocolat. Comme nous avons fait pour les logements insalubres, visitons t



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