Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°04-01 de octobre 1901

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Hachette

  • Format : (155 x 238) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 62,3 Mo

  • Dans ce numéro : boutiques du vieux Paris et marchands d'autrefois.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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26 Lectures pour Tous E MISÉRABLES TAUDIS OC LOGENT DES FAMILLES EN- TIERES. On ne peut songer sans horreur au délabrement et à la misère de ces habitations où grouillent pêle-mêle, entassés, parqués les uns contre les autres, des êtres humains. Où trouve-t-on ces navrants « chàteaux de misère » ? A Paris d'abord on les compte par milliers. Il existe, boulevard de la Gare, une cité constituée par deux rangées d'habitations à un étage donnant sur une allée de trois mètres de largeur  : chaque logement, au rez-de-chaussée comme au premier étage, se compose d'une seule pièce, quels que soient le nombre, le sexe et l'àge des locataires qui l'habitent, la profession qu'ils exercent. Au rez-de-chaussée, les chambres obscures sont de véritables caves. Les murs sont visqueux, (l ic'rel . Gruyer. LES QUARTIERS INSALUBRES. - LA RUE BRISEMICHE, À PARIS. Dans certaines chambres donnant sur une de ces rues étroites, où le soleil ne pénètre jamais, vivent souvent, entassées péle-mêle, jusqu'à dix personnes, hommes, femmes et en f ruts. Peut-on dès lors, être surpris des ravages que font dans la population ouvrière la tuberculose et l'anémie. ? les plafonds noirs, les vitres remplacées tantôt par des lambeaux de toile, tantôt par (les planches et des feuilles de zinc ; l'humidité suinte des murs et du sol. La population qui habite ces taudis porte l'empreinte de l'insalubrité des locaux où elle végète. Les enfants sont anémiques, rachitiques. Dans plusieurs de ces logements, des malades sont étendus sur des grabats. Plus des deux tiers des locataires n'ont pas de lit, ou le partagent avec cinq ou six personnes. M. Picot, qui s'est occupé depuis longtemps de la question des habitations ouvrières, a vu, faubourg Saint -Martin, une chambre habitée par quator{e personnes  : les deux grands-parents, le père, la mère et dix enfants ! Place Pinel s'élève une maison construite avec des planches de parquet de rebut, le tout tenu dans un état d'équilibre à peu près stable. Les cabines du rez-de-chaussée sont de véritables cellules sans fenêtres, où l'air et le jour n'arrivent que lorsque la porte est ouverte ; pas de poêle ni de cheminée  : il n'y a que juste la place (lu grabat qui y est installé. Dans une cellule un peu plus vaste, il y a deux grabats pour les six personnes qui habitent la « chambre »  : un enfant malade occupe un grabat, le mari est dans l'autre la femme et les autres enfants sont anémiques, scrofuleux. 11 va sans dire que Paris n'a pas le privilège de ces taudis. Des bouges plus infects peut-être déshonorent Londres, Vienne, Berlin et toutes les grandes villes de l'Europe. Partout le même spectacle désolant  : des familles ratières logées dans une pièce sans jour et sans air ; un seul lit servant à trois ou quatre personnes, les parents couchés aup:-ès (le l'enfant malade, parfois de l'enfant mort et dont le cadavre es déjà refroidi. S'il en est ainsi dans les capitales, on voudrait croire que la situation doit être moins atroce en province. Il n'en est rien. M. Landrin, qui a visité à Lyon un grand nombre de maisons ouvrières à la Croix-Rousse, aux Brotteaux, à Saint-Just, nous parle de la saleté repoussante des ces maisons où des familles entières couchent dans des soupentes. A Lille, il n'v a pas encore bien longtemps, une par-
L'Ouvrier Rendu à la Vie de Famille 27 tie de la population ouvrière logeait dans des caves. Pour Nancy, pour dix autres villes, ce sont les mêmes constatations se répétant avec la même monotonie navrante. D'après une enquête du Dr Pistor, dans les districts industriels de la Westphalie, de la Prusse Rhénane, de la Silésie, les familles ouvrières prennent souvent des locataires. Il n'est pas rare alors de voir les sous-locataires 5o5 00o personnes, Ti 000 servent d'abri à six, à dix personnes ou mème plus. D'après une statistique de M. hector Denis, à Bruxelles sur i oo ménages, 49 environ vivent clans une seule pièce, chambre, cave ou mansarde. Sur 36 74'ménages d'ouvriers belges, M. Denis n'en compte pas moins de 13 733 (représentant plus de 5o 000 habitants) qui n'occupent qu'une seule pièce et qui sont logés dans des LOGEMENTS ÉCONOMIQUES DE LYON. Si, au lie:, de chambres situées dans nue rue sale et humide, on offre iz l'ouvrier des logements clairs et bien distribués pour un prix sensiblement égal, il prendra des habitudes d'ordre et de propreté qui développerout chef lui le goût du travail et de l'économie. ; "Photographie communiquée par M. Germain.) coucher dans la même pièce que la famille qui les loge, lors même que celle-ci compte de grandes filles au nombre de ses enfants. Certaines familles logent de six à huit locataires qu'elles mettent coucher tantôt avec elles dans leur seule pièce, qui est petite, basse, sordide, tantôt dans une misérable cave, tantôt enfin clans un galetas situé sous les combles. En Angleterre, M. Bertillon a vu à Glascow d'épouvantables taudis qui dépassent en horreur tout ce qui existe de pis à Paris. Il n'y avait ni air, ni lumière, et une effroyable odeur de déjections humaines remplissait ces tristes maisons. Il est certain que tous les ouvriers n'habitent pas clans de pareils taudis ; il suffit que beaucoup y habitent. A Paris, sur 3i5 000 chambres uniques, habitées par conditions manifestement contraires à l'hvgiène. E MANQUE D'AIR RESPIRABLE Y ABRÈGE LA VIE. Quelles terribles conséquences va avoir l'insalubrité de pareils logements clans la propagation des maladies ! D'abord on souffre du manque d'air. Dans la chambre où, porte et fenêtres closes, père, mère, enfants se sont endormis, l'air est en quantité insuffisante. Aujourd'hui, dans les constructions modernes, la quantité d'air par individu est évaluée, d'après les exigences de l'hygiène, à 35 mètres cubes clans les hôpitaux, à 22 dans les prisons, à i3 dans les asiles de nuit, à io dans les habitations à bon marché. Dans une de ces



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