Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°04-01 de octobre 1901

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Hachette

  • Format : (155 x 238) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 62,3 Mo

  • Dans ce numéro : boutiques du vieux Paris et marchands d'autrefois.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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22 Cliché] Lectures pour Tous [C. Laguarde. I.E TROUPEAU DE TAUREAUX ABORDANT SUR LA RIVE APRES AVOIR TRAVERSÉ LE RHÔNE À I.A NAGE. gissements de douleur traversaient la foule. Enfin, on laissa l'animal libre ; il se releva, s'élança, fonça, cornes baissées, sur la foule qui l'avait - torturé, et ce fut un immense reflux autour (le lui ; puis, se sentant seul, libre, il sauta dans la campagne et disparut. Mais, au même moment, un violent remous se produisit dans la foule et une clameur de colère s'éleva que je ne compris pa.. ; tout d'abord. La furie des spectateurs, détournée du taureau, semblait s'être reportée contre les gardiens. L'un d'eux fut en une minute cerné et assailli par une grêle, non pas de pierres, — on serait fort empêché d'en trouver une en Camargue, - mais (le mottes de terre. Par-dessus les tètes, on voyait son trident exécuter un moulinet terribÏ ; Le cheval, furieux lui aussi, déblayait le terrain par de savantes caracolades. Enfin un jour se fit, le tolicadozi se donna du champ et disparut bientôt dans la plaine. Les autres gardiens accouraient à son secours. Que s'était-il passé ? Ce n'étaient pas les injures proférées en provençal qui pouvaient me l'apprendre, mais la suite de la cérémonie me le révéla. La foule venue pour assister à l'opération toute pratique de la ferrade s'en fait trop souvent un jeu. Elle fait suivre la marque au fer d'une espèce de course au taureau, qui n'est nullement dans le programme. Naturellement cela n'est point du goût des propriétaires, et les gardiens ont pour consigne de lancer le taureau avec une telle vigueur à travers l'arène que la foule ne puisse plus, une seconde fois, l'arrêter. Mais parfois dans leur zèle ils dépassent un peu la consigne  : pour protéger leurs bêtes, ils exécutent eux-mêmes (les charges à fond (le train ; des accidents mortels sont à craindre  : il s'ensuit entre eux et la foule de violentes collisions comme celle à laquelle nous venions d'assister. ES SPORTS EN CAMARGUE. « Vous avez vu une ferrade, me dit mon compagnon. je regrette (le n'avoir pu vous montrer une course de taureaux ou colirso de bion, où l'on s'amuse tantôt avec des vaches « emboulées » (c'est-à-dire dont les cornes sont garnies de boules en bois), tantôt avec de vrais taureaux qu'on excite par des piqûres. Li cozirso de bion sont intéressantes, mais nous n'en avons pas ces jours-ci. Vous venez pourtant de voir la passion de
La Vie du Désert en pleine France 23 nos habitants du désert pour tout ce qui est tauromachie. Cette passion est aussi forte dans les villes, là-bas, de l'autre côté du Rhône. Dès qu'on apprend qu'un taureau de course s'est échappé, qu'il s'est produit an escapa, tout le monde court pour le voir, quitte à se faire embrocher « Il ÿ a un conte classique làdessus. « Un jour, un Français du Nord, un Franch i m and, était venu, pour affaires, voir un notaire de Châteaurenard. En descendant du chemin de fer, il rencontre des gardiens, des toucadous, avec leurs tridents, filant au galop et criant  : An escapa ! Fort intrigué, il s'enquiert, au premier café qu'il rencontre, de ce que veut dire ce mot. Mais, à peine a-t-il formulé sa question, que le café se vide, consommateurs et garçons se jettent dans la campagne en criant « Escapa ! » Le Franchimand,de plus en plus intrigué, fait la même question aux femmes sur le marché. Les femmes aussitôt quittent leurs paniers, pour courir en criant  : « Escapa ! » Mais personne ne lui répond. Enfin, il entre chez son notaire, et, tenant à être fixé sur ce mot, il lui dit  : « Que diable veut « donc dire le mot « Escapa ? » « — Hein ! quoi ! dit le notaire..., « où l'avez-vous entendu ? — Dans « la rue de la Gare. » Boum ! voilà le notaire dans la rue, criant  : « Marion, Fanchette, Marius, an es- « capa ! » Et notre homme est revenu chez lui sans savoir que an escapa veut dire  : un taureau s'est échappé ! Cette passion se comprend  : les boeufs sont, avec les moutons, la richesse de la Camargue. Mais, hélas ! l'été tout est brûlé. Nous sommes obligés de les faire changer d'humus, de transhumer, de les conduire dans les montagnes du Dauphiné, dans le Vercors ; tous nos troupeaux s'en vont sous la conduite des pavots, et qui sait jamais s'ils. reviendront. I1 y a tant de maladies ! C'est un gros souci Même les boeufs ne trouvent pas toujours de l'herbe. Alors, il faut leur faire passer le Rhône à la nage. Ce n'est pas une opération facile, car c'est un kilomètre de fleuve à traverser. On s'y prend un peu comme Panurge avec les moutons de Dindenaut. On dirige, à coups de tridents, le troupeau vers le fleuve, vers quelque endroit à pic où l'eau soit profonde ; puis, là, on le pousse, on le bouscule tellement que les taureaux de tête, impuissants à résister à la poussée du troupeau, tombent, perdent pied et en désespoir de cause, nagent jusqu'à l'autre bord. Une fois les taureaux dans le fleuve, tout suit » Comme nous chevauchions, le pays UN PÈLERINAGE AU DÉSERT. — L'ÉGLISE DES SAINTES-MARIES, D'APRÈS LE TABLEAU DE GARIBALDI (SALON DE 1901). Construite au XIIe siècle, l'église des Saintes-Maries est un lieu de pèlerinage où chaque année les fidèles se rendent en foule. changeait d'aspect. Les cabanes ou Bras devenaient plus fréquentes. I)e loin en loin nous croisions un homme, un garde-côte ou un pêcheur de sangsues, ou une troupe de bohémiens sordides, semblant se rendre en pèlerinage. NE PIEUSE LÉGENDE. LES SAINTES DU DÉSERT. Mais qu'est ceci ? Est-ce encore un mirage ?... Non, c'est bien la mer, cette fois, et des voiles ; et cette haute église, cette forteresse qui se dresse là-bas, c'est bien une réelle église, élevée au xne siècle, au point où les saintes femmes de l'Évangile, Marie-Jacobé, Marie-Salomé et Marie-Magdeleine, accompagnées de leur servante Sara, abordèrent, après la mort du Christ, sur un bateau qui n'avait ni voiles ni rames Ce n'est plus



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