Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°04-01 de octobre 1901

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Hachette

  • Format : (155 x 238) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 62,3 Mo

  • Dans ce numéro : boutiques du vieux Paris et marchands d'autrefois.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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I2 Lectures pour Tous Le ton protecteur se fait presque affectueux, le ton respectueux prend des inflexions cordiales La vieille boutique s'éclaire de sourires et résonne de bonnes paroles. Mme Dupont pense avec complaisance que Mme la comtesse nest « pas fière », et Mme la comtesse murmure en s'en allant  : « Cette Mme Dupont est une brave femme ». ONNES MÉNAGÈRES ET FEMMES DE TÊTE. Une brave femme, en vérité ! Jeune ou vieille, cette Mme Dupont — LA MARCHANDE DE MODES. Les modes de Paris faisaient alors la loi dans l'Europe entière. Chaque mois, on expédiait à toutes les cours une poupée habillée avec la dernière élégance et qui servait de modèle aux grandes dames des différents pays. que nous pourrions appeler de tout autre nom, cela va sans dire — n'est pas une grande bourgeoise. Peut-être fait-elle en personne la cuisine et le ménage, peut-être portet-elle à sa ceinture, selon l'ancienne mode (les marchandes, une bourse et « trente-deux clés ». Elle n'a très probablement pas la grâce preneuse des fines commerçantes dont nous avons déjà parlé, elle ne fait pas grand bruit, mais c'est une femme de tête, soigneuse, économe, attentive. Elle tient les livres de comptes, elle fait la correspondance, elle a l'oeil à tout ; sans trop avoir l'air d'y toucher, elle mène en épouse dévouée la maison de son mari... et, qui sait ? peut-être son mari lui-même. Dans son intérieur toute chose semble avoir la solidité, la netteté, l'ordre du bonheur bourgeois  : les gros meubles, le parquet bien lavé, les grands fauteuils d'aplombsur leurs pieds tournés, l'armoire de noyer qui porte la bouteille de cassis de ménage et dans laquelle dort, aux pages des almanachs et des « livres de raison », l'histoire de la famille. C'est cette marchande laborieuse et entendue à tout que les tableaux délicieux de Chardin nous montreront si simple, si propre et si avenante. La voici joignant les petites mains de son enfantpour le Benedicite, avant de lui donner une assiettée de la soupe qui fume, tout près, dans la soupière d'étain ; la voilà, arrètant le dévidoir et laissant sur la table le rouet chargé de la quenouille, pour coiffer sa petite, lui arranger sur le front un beau noeud de ruban Sa file, élevée comme elle l'a été, apprendra avant tout à être une bonne ménagère. Elle saura ce qu'elle doit savoir pour se rendre utile. Elle recevra aussi les leçons d'un maître de musique,et celles d'un maîtrede danse le maître à danser à trente sous par mois était un des luxes du petit peuple même. Mais elle ne jouera de la harpe qu'après avoir épluché les légumes et écumé le pot-au-feu. Simplicité,économie, vie familiale, c'était la règle dans les plus importantes maisons.'APPRENTI EST L'ENFANT DE LA MAISON. Dans cette vie de famille, le maître fait sa place à l'apprenti. Il doit, d'après l'usage et les règlements des corporations, le traiter comme son propre fils  : c'est dire qu'il a le droit de lui infliger, comme à ses enfants, des châtiments corporels. Mais ce droit lui appartient à lui seul  : un épicier du xVTte siècle (lut faire à son apprenti, que sa femme avait maltraité, des excuses publiques devant notaire. Le patron ne peut renvoyer son apprenti que dans des cas graves et déterminés, il doit veiller sur lui de toutes manières ; par exemple, les pàtissiers ne peuvent envoyer l'apprenti débiter des gàteaux en ville, « attendu les inconvénients, fortunes, maladies, qui en peuvent advenir ». En revanche, les apprentis doivent se montrer laborieux et obéissants. Ce sont eux qui se lèvent les pre-
Boutiques du Vieux Paris et Marchands d'autrefois 13 LA BOUTIQUE DU PERRUQUIER. La perruque que portaient les hommes, les échafaudages que les dames dressaient sur leur tête en guise de coiffure, donnaient aux perruquiers une importance particulière. Quelques-uns se qualifièrent même, du titre d' « artistes » ; et il fallut une ordonnance pour leur interdire de mettre sur leur enseigne cette mention prétentieuse  : « Académie de coiffure ». miers ; ils ouvrent et ferment la boutique ; ils font les lits des compagnons, c'est-à-dire des ouvriers qui ont terminé leurs trois années d'apprentissage, mais ne sont pas encore reçus maîtres ; mais ils ne doivent jamais souffrir qu'on leur fasse rien faire qui ne soit point de leur métier, comme laver la vaisselle, promener et amuser les enfants. Rapproché du patron aux heures de travail, l'apprenti se mêlait encore à la famille les jours de chômage. Et ils étaient nombreux ! Il s'en faut que, sous l'ancien régime, on connût notre moderne surmenage. Le travail commençait rarement avant huit heures du matin  : il fallait une autorisation spéciale pour travailler à la lumière. Les règlements ecclésiastiques imposaient la cessation du travail, non seulement les dimanches et fêtes, mais les vigiles des fêtes. Chaque corporation chômait, en outre, un bon nombre de fêtes patronales. La moyenne des jours de travail était de 194 par an seulement, contre 171 jours de repos. Ces jours-là, on organisait des parties en famille. L'apprenti est des déjeuners sur l'herbe et des soirées au théâtre. Il partage à Noël les marrons et le vin blanc du réveillon, aux Rois le gâteau où la fève se dissi- mule, à Pâques les oeufs et le jambon que le père distribue à toute la maisonnée. Et tout cela finit par un mariage Ces mariages entre l'apprenti et la fille du patron étaient si fréquents qu'ils étaient prévus par le règlement de plusieurs corporations. La cour se faisait sous les yeux bienveillants des parents. Les étrennes arrivaient et le galant en profitait pour offrir une paire de gants ou un ruban couleur de rose. Ordinairement l'épreuve était assez longue, et c'était à force de persévérance que le jeune homme obtenait la permission d'aller acheter au quai des Orfèvres la médaille et l'anneau de mariage. BOUTIQUE OÙ FUT ÉLEVLI : MADAME ROLAND. Une des plus modestes de ces maisons d'artisans est restée célèbre, et appartient à l'histoire, celle de maître Phlipon, graveur ; car c'est là que fut élevée Manon Phlipon, celle qui devait s'appeler Mme Roland. La boutique n'avait rien de luxueux. Elle était située rue de la Lanterne, près du Pont-Neuf. Derrière la boutique, trois pièces dont



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