Le Suricate n°30 jun/jui/aoû 2014
Le Suricate n°30 jun/jui/aoû 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de jun/jui/aoû 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : lesuricate.org

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 54

  • Taille du fichier PDF : 15,7 Mo

  • Dans ce numéro : le Graspop 2014 avec en tête d'affiche les fondateurs du heavy metal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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34 en passant par toute la Bretagne et les Asturies en faisant même un détour vers des pays de l'Est. Il y a une communion entre les citoyens de la ville et les citoyens des pays de traditions celtes venus applaudir leurs passages devant la foule. Si le Bagad de Lan Bihoué ouvre, les pompiers clôturent avec entre les deux toutes sortes de couleurs, coiffes, costumes traditionnels et chorégraphies réalisées sur le tracé. A l'issue de ces quatres heures, on se rend au marché Armor Argoat des producteurs bretons et on savoure une véritable glace à la fraise de Plougastel. Direction le port de pêche où sur le chemin une chorale, Les Gabiers d'Artimont, enchaîne les chants marins vêtue de leur marinière. Des bagads présentent ici au public munis du badge les prestations réalisées la veille dans le stade, lors du concours. Puis viennent Samifati et Raymond Lazer qui ont eu une folle idée, soutenue par Red Bull  : affronter le Bagad de Lorient. Deux registres totalement différents et cela donne un mélange surprenant mais très agréable. Le public – venu nombreux même si l'electro n'est pas le registre de tous - est comblé par ces 25 minutes de prestation inédite qui marquera les artistes présents pour ce duel. Magnifique ! Bluffant ! La journée est riche en événement et ce sont les sonneurs qui défilent oriflamme en tête jusqu'à la mairie. Un peu moins conséquent que la matin, c'est une grande émotion que l'on ressent en entendant jouer et se réunir au même endroit plus de 600 personnes en tenue toutes différentes les unes des autres. Le Président et le Directeur Du FIL remercient les participants et les festivaliers pour leur présence et rappellent leur soutien indéfectible à une réunification de la Bretagne. Une mention est également faite sur la nécessité des intermittents. Au Grand Théâtre, place à une création soutenue par le FIL qui se joue également à guichet fermé  : un oratorio pour les 500 ans de la mort de la Duchesse Anne de Bretagne, deux fois Reine de France. Du premier livre imprimé en Bretagne, aux évènements joyeux de son accession au Duché puis à sa première lettre ou encore à son mariage et la récupération des droits et privilèges, un conteur et un chanteur sont accompagnés par un orchestre pour narrer et chanter sa vie. Une méticulosité remarquable par la qualité et les textes. A l'espace Marine, Gilles Servat se produit avec Donald, dont il regrette que ce dernier ne soit pas connu en France alors qu'il l'est partout ailleurs. Rappelant sa présence aux anciennes fêtes de cornemuse (ancêtre du FIL). Lundi, un petit tour sur l'un des quais et on découvre entre autres deux auteurs  : Dominique Camus qui a rédigé de nombreux ouvrages sur le don et les paroles de guérisseurs et dans un tout autre registre Christian Blanchard, spécialiste reconnu des romans noirs, multiple nominé de festival du roman noir de Cognac. A ne pas lire avant de dormir ! Pour se détendre de ses quatre romans écrits en 2014, il s'amuse avec des petits livres très humoristiques. Je vous les recommande. Le spectacle a l'honneur ce soir est la Nuit de l'Irlande, pays à l'honneur pour cette 44ème édition. Deux groupes avec autant de couleurs sur eux que dans leur rythme et mélodies. Si on ferme les yeux, on est presque transporté autour des lacs. Mardi, après avoir découvert avec modération la cuvée XVII et Kalysie de Kystin et leurs mélanges savoureux entre la pomme et la châtaigne et entre la poire et le gingembre dans deux sevrages récompensés par la CCI, c'est au Grand Théâtre à guichet fermé que Suzanne Vega clôture sa tournée européenne. Dommage qu'elle n'accepte pas que le public puisse prendre une photo souvenir de ce moment. Pour ceux qui ne la connaissent pas, après des chansons calmes qui prêtent à la réflexion mystique et à la spiritualité (Full, Crack, Angel), elle a un effet très folk avec Touch, Black White, Liverpool ou encore Make noise. Souvent seule à la guitare ou quelques fois accompagnée d'un guitariste et exceptionnellement d'un batteur, elle envoute. Très intéressant et entrainant ! Elle se confie aussi sur ses premières scènes au pied de Pete Seeger. Mercredi, changement total de décor pour le concert Dans l'univers des Bardes où deux groupes se produisent. Le premier est constitué depuis deux ans (50 concerts dont 2 en France) de Cathrin Finch et de Seckou Keita. Entre une harpe celtique bleue et un kora, instrument bizarre venu des lointaines plaines africaines, sans aucune parole mais avec une agilité sur les cordes de ces deux instruments, on assiste à un savant mélange de musiques traditionnelles qui leurs sont propres mais qu'ils jouent en même temps. Un grande complicité est visible entre deux. Pour leur dernier titre, ils chantent et c'est le summum. Peu connus en France, ils le méritent amplement pour ce duo improbable mais qui vous fera découvrir deux cultures musicales et vous laissera sans voix. Le second groupe est indien, assis en tailleur avec des instruments typiques. On arriverait presque en trans sur certains morceaux. Jeudi, on est déjà la moitié du festival. Que cela passe vite. Ce soir, c'est l'une des représentations de la Nuit Interceltique au stade du Moustoir. S'il y a bien un événement caractéristique du FIL, c'est bien cette nuit interceltique. Des représentations quasi tous les soirs dans ce stade du Moustoir, habitués aux rencontres footballistiques du FC Lorient. C'est un soliste irlandais qui ouvre la soirée avec la culture celte cosmopolite. Vient ensuite la très fameux Bagad de Lan Bihoué et les costumes traditionnels d'une ronde. Un rappel de la Première Guerre mondiale est fait avec des textes et des fresques projetés. Un groupe irlandais enflamme avec ses cornemuses et ses danseuses scintillantes de milles feux avec leur numéro de claquette. Puis un pipe band australien et un acadien rappelant l'histoire française de ce peuple. Quel courage, tous ces groupes ont, de jouer sous une pluie battante seulement couvert d'un k-way transparent protégeant leurs costumes et instruments. Les asturies entrent en scène avec leurs gaitas, leur rythme
très soutenu notamment au tambour et leurs danseurs traditionnels. Les highlanders d'écosse avec leurs grandes cornemuses ne laissent personne indifférent à l'air qu'ils entonnent. Après l'entracte, c'est une suite jouée par le Bagad de Lorient puis les galiciens et le pays de galles qui se présentent. Un hommage en choeur est rendu au 116ème régiment de ligne tombé lors de la bataille de la Somme pendant la Première Guerre. Le feu d'artifice en 8 tableaux emprunts de couleurs irlandaises animées par une musique qui met tout en valeur vient clôturer cette soirée. Vendredi, c'est Fest rock. A nouveau, un savant mélange de deux groupes quimpérois  : un trio Red Cardell et le Bagad Kemper. Mais avant, la première partie est effectuée par Dixebra, un groupe espagnol déjà venu 7 fois grâce à leur 27 années d'expérience musicale. Si vous aimez les chansons revendicatives et identitaires, ce groupe rock est tout à fait à votre goût. En plus, avec l'énergie débordante qu'ils ont, ils ne restent pas en place  : à courir sur la scène, à sauter ou faire des acrobaties. Changement de plateau et c'est le chanteur, le guitariste et le violoniste de Red Cardell qui entre sur scène. De l'ethno-rock très bon et survolté. Et puis le Bagad qui donne une sonorité et une ambiance survoltée. Ces multiples récidivistes du championnat de bagadou mettent le feu. Un pipe-band irlandais est même convié sur scène pour accompagner ce petit monde. 1H30 de concert pour cette formation qui est née il y a un an lors d'un festival. Ca mérite vraiment le détour. Le CD s'arrache à toute vitesse à l'issue. Samedi, après un passage sur les quais puis la grande admiration des doigts effleurant les cordes des harpes pour le concours qui se déroule, on termine par le concert de clôture dans le stade aménagé pour l'occasion d'un chapiteau en son centre. C'est Lisardo Lombardia, directeur du FIL, qui s'adresse à tous pour les remercier de leur présence. Les Dublin Legend, 4 musiciens de 40 à 60 ans, font immédiatement référence aux premiers groupes s'étant produit au festival de la cornemuse (cf supra). Un duo étonnant nous surprend et laisse sans voix entre le plus jeune et le plus âgé du groupe. Le public tangue les uns aux autres en rythme avec la musique. Quel beau moment d'anthologie. Le Spécial festival 2014 deuxième groupe n'a rien à voir mais on le sait d'avance. Strypes, 3 jeunes pas tout à fait majeurs pour la plupart, déchainent déjà avec un musique rock effrénée. Des chanteurs qui prennent la pose, grattent les cordes et montrent leurs complicité pour la plus grande satisfaction des plus jeunes dans le public. D'autres sont plus suspects sur ce type de musique tout en sachant le caractère intergénérationnel voulu de ce concert. A recommander. Les prochaines années montreront tout leur potentiel. Dans le public, Pierre et son amie Pauline (21 et 24 ans) sont venus à ce concert pour Strypes et leur énergie. Ils ont réservé ce concert dès avril et ont entrainé leur mère (Laurence 48 ans) qui est séduite par Dublin Legend. Le troisième groupe – acadien – mené par Caroline Savoie bénéficie d'un temps plus court étant donné qu'ils doivent être le lendemain en Acadie pour le congrès mondial de cette province. Elle est étonnante, un peu folk, avec des paroles plus légères. Du même âge que le groupe d'avant, celleci fait preuve d'une voix posée et d'une musique qui accompagne et ne dépasse pas les paroles. Le dernier groupe Salsa Celtica arrive au moment où la pluie s'invite encore dans le stade. 35



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