Le Suricate n°30 jun/jui/aoû 2014
Le Suricate n°30 jun/jui/aoû 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de jun/jui/aoû 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : lesuricate.org

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 54

  • Taille du fichier PDF : 15,7 Mo

  • Dans ce numéro : le Graspop 2014 avec en tête d'affiche les fondateurs du heavy metal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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24 Maximo Park c’était mon coup de cœur de la soirée. Le leader charismatique, Paul Smith, de son petit nom, arpente la scène de long en large avec son micro et son chapeau vissé sur tête (impossible de savoir s’il a des cheveux, par ailleurs). Avec le reste du groupe, ils envoient de l’excellent rock, post-punk dans le genre des Franz Ferdinand. L’affiche de l’homme en noir et blanc sur fond rouge a également monopolisé mon attention une partie de la soirée  : pourquoi se rase-t-il la langue ? Moaning Cities fût la « révélation 2014 à Dour » de l’avis général. A cinq sur scènes (2,5 guitares, 0,5 cithare, une basse et une batterie), ils ont fait l’unanimité dès l’ouverture, ce dimanche midi. L’attitude et les rouflaquettes du chanteur qui colle son nez contre le micro m’évoquent un milliard d’autres mecs du genre, mais la voix est charismatique et l’expertise est indéniable. Le groupe n’est pourtant pas super dynamique (la bassiste esquisse toutefois quelque mouvements déhanchés élégants) mais ça fonctionne parfaitement avec le genre rock psychédélique qu’ils interprètent. Le guitariste un peu fou se révèle en fait être un cithariste hors pair ! Et cette cithare donne un peu plus de profondeur encore aux morceaux. Ces petites touches exotiques évoquent un trip chamanique, un trip à l’opium dans une caravane du désert. Et comme s’ils avaient, dans un langage mystique invoquer la pluie, un rideau d’eau s’abat sur la plaine. Juste deux minutes, le temps d’arroser suffisamment les légumes du potager, et coller un bon paquet de boue sur les pieds. Dalton Telegramme ouvre la main stage dehors. Il ne pleut plus, mais il faut du temps pour que dans le public, les rangs se resserrent. Dalton Telegramme, c’est un groupe de country ardenno-liégeois, fan de Lucky Lucke. Pluridisciplinaires, ils jonglent avec les plus improbables instruments sur scènes  : banjo, contrebasse, guimbarde, cuillère en bois, boite de conserves, flute à bec, yukulélé. Avec beaucoup d’humour et un petit cheveux sur la langue, le chanteur interprète « Baby face Nelson », « J’ai laissé devant ta porte », « Tequila », « J’ai tout mangé, j’ai tout bu », « Quand Sali s’allonge ». Et Ô combien curieux mais au demeurant pas dégueulasse, le chanteur reprend deux vieux titres de R’N’B français (une femme like you et en bas de chez toi) qu’il fond en une seule chanson. Les paroles sont toujours aussi nazes, mais le rythme est enthousiasmant ! Une chose est sûre, ils ont l’air de s’amuser sur scène. Deap Vally au commande dans la petite maison dans la prairie. En mode WTF comme à leur habitude, les deux nanas tout droit échappées de « Melrose Place » se défoncent sur scène. La blonde est à la guitare et au chant, bardé d’une tenue léopard. La rousse à la batterie, a, elle aussi, une tenue des plus kitchissimes. Elles envoient, à elles deux, de quoi exploser les tympans des non-avertis  : du punkrock bien fait teinté d’érotisme sauvage à la Courtney Coxx. Dub Inc en attendant Breton. C’était un passage obligé, au même titre que Cypress Hill. Le groupe multiplie les références au raggae traditionnels. Ils sont hypers chauds et boutent le feu à la plaine. Dans les rangs serrés près de la scène, ça commence même à sentir la Jamaïque. Breton ce sont des anglais. Je vous assure ! Du rock anglais comme on en fait trop plus trop. Ils ont des allures de Métronomy lorsqu’ils fricotent avec l’électro. Sympathique découverte du dimanche, résolument plus rock que les autres jours, à Dour. King Khan aussi fait partie des nouveaux venus sur mon carnet « découverte ». Il faut voir le type  : bariolé dans une combinaison mauve moulante, affublé de plumes sur la tête, relayé dans sa tâche par un enfant… Je ne sais même pas si c’est légal de tringballer des mômes en festoch. Sa voix rappelle celle de James Brown et le style musical, celui des Black Rebel Motorcycle. Les cuivres adoucissent un peu le côté rocku de la chose. A défaut d’être mon meilleur concert à Dour, il aura au moins eu le mérite de nous faire sourire. Punish Yourself a du bon. Même pour les non-initiés au métal industriel, le show passe. Il faut dire que c’est un groupe qui gagne à être vu. Peinturlurés de la tête au pied en silhouette macabre aux couleurs fluorescentes et accompagnés de danseurs à moitié nus qui se disquent mutuellement le bavoir métallique  : ça fait pas mal d’étincelles sur scène et dans les oreilles ! Kaiser Chiefs le groupe de rock anglais indépendant a bien tenu la distance sur la main stage. Coincé entre Orelsan et Phoenix, ils se sont bien défendus sur scène, interprétant bien entendu leur tube « Ruby » histoire de faire péter les cernes sur les visages éprouvés par le long weekend et la chaleur. Un concert sympathique pour clôturer mon Dour. L’an prochain, disait Ponpon, dans le cadre de Mons 2015, le festival va s’étendre sur 5 jours. J’ai comme l’impression que ça sent le défi ! Claire Rigaux



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