Le Rire n°330 30 mai 1925
Le Rire n°330 30 mai 1925
  • Prix facial : 0,90 F

  • Parution : n°330 de 30 mai 1925

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 96,1 Mo

  • Dans ce numéro : le char du triomphe.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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V POUR BOUCLER LE BUDGET AU BUREAU DE PLACEMENT — Hé là, avez-vous payé votre impôt de plaisir ? — Celle-ei peut servir tout ensemble de cuisinière et de valet... Dessin de BERGSTROM. Elle est hermaphrodite. Dessin de Ch. DE BUSSY. IL Y A UN DIEU POUR LES SPORTIFS Jacques ne doutait de rien. I1 faut vous dire qu'il était né en 1907 et qu'il faisait ses études à Paris, très assidu en rugby et peu entraîné aux mathématiques. Un visage rose, deux coins de ciel dans les yeux, les épaules larges, un complet dernier cri, pantalon de zouave, veston cintré sous la taille. Il suivait depuis cinq minutes une jeune femme mince, élégante et jolie. — Mademoiselle ?... Mademoiselle... Vous m'accordez la permission de vous parler... Jacques Feneuze... Je marche à cinquante centimètres derrière vous... Je voudrais tant voir votre visage... Tournez-le un peu..., même si c'est pour me gronder..., même si vous n'avez pas enlevé son plus joli ornement, son sourire... Ah ! vous êtes chic. et rudement jolie... Non, ne vous hâtez pas..., vous n'êtes pas si pressée puisque vous souriez... — Qu'est-ce que vous voulez ?... — Oh !... Merci de vous être arrêtée une seconde... Allons bon, vous repartez... Ce que je veux, Mademoiselle... Je n'ose pas vous le dire... Ne haussez pas les épaules... Je n'allais pas dire de grivoiseries... Mais ce printemps-là fait pousser les djinborows... Vous connaissez ?... Non... C'est un cocktail délicieux que Patrice réussit à merveille... Je voudrais déguster un djinborows avec vous, là... Suis-je assez convenable... — Vous êtes un bavard... Laissez-moi... — Au carrefour Châteaudun... Je serais un lâche... Donnez-moi le bras... Vous refusez... Eh bien, je le prends... Attention, si je ne vous avais pas retenue, vous arrêtiez cinquante personnes qui eussent été désolées de votre mort et du retard que vous provoquiez. Il ne faut jamais défier les autobus. Les monstres verts et blancs n'ont pas de sensibilité... Ah, vous riez... Alors, vrai, je ne vous suis pas trop antipathique... — Sale gosse... Je vous prie de vous éloigner... — Quand vous m'avez appelé sale gosse... Ça, jamais. Et puis pourquoi voulez-vous que je m'éloigne ? Je vais dans votre direction... — Promettez-moi de me quitter aux boulevards... — Je vous le promets, vous êtes ravissante... Ah... ça ne vous plaît pas les compliments... C'est trop banal ?... Ça dépend de la sincérité et de l'accent... Dites, vous n'avez pas soif ?... — Je vous défends de me tenir le bras... C'est toute la reconnaissance que vous avez pour votre sauveur... Jeanne..., Marie..., Rose..., Lucienne..., Simone..., Yvonne..., Suzanne..., Germaine... — Ne vous fatiguez pas, j'ai un prénom compliqué. — Brunehilde, Arabelle, Cunégonde,. Menehould... — Non, Jacqueline... — Jacqueline... Et moi Jacques... Nous étions faits pour nous unir. Eh là !... Eh là !... oh filez-vous ?... Mais vous êtes folle... On va vous arrêter... On ne court pas ainsi sur les grands boulevards... Mais Jacqueline s'est sauvée au pas de course, se fendant un passage parmi les badauds... Jacques sprinte aussitôt, évite des passants, perd du temps, gagne résolument la chaussée, prend de l'avance... et rattrape Jacqueline. — Ah ! je vous tiens, Jacqueline... s'écria-t-il, étourdiment. Catastrophe... Jacqueline marchait tout doucement aux côtés d'un'grand, glabre et gros monsieur, son mari... — Qui est ce jeune homme essoufflé ? demande le mari... Jacqueline éclate de rire. Et, s'adressant au potache  : Ah !... vous avez des façons de dire bonjour, vous... Que je vous présente à mon mari... Le petit Jacques Feneuze, qui s'entraînait avec moi sur le terrain du stade Lutétien... Un bon coureur... Il m'a battue au quatre cents, bien qu'il me rèndit cent mètres et que je fasse championne de France. — Je vous demande pardon, madame... Je ne me souvenais pas que vous étiez mariée depuis peu... Je me suis permis de vous appeler Jacqueline... — Mais, ça ne fait rien:.. Vous allez bien... Oui ? Eh bien, au revoir... — Au revoir, madame, au revoir monsieur... Jacques, déconfit, reste sur le trottoir, tandis que la jeune LE PRINTEMPS CHANTE femme rit dans le cou du grand, glabre et gros monsieur qui sourit maintenant, avec indulgence. Mais une jolie fille passe, un vrai carton à chapeau sous le bras... Elle a des jambes fines, un regard qui s'illumine de jeune insouciance... Et Jacques, résolument, s'offre à porter le carton... Nelly WARBLING. — Heureusement que le gas est de boué ! Dessin de M. SAUVAYRE. G.-A.JOURDE BORDEAUX j
UN FRANCE PAIEPR CHAMBERLAIN. -. Soyez tranquille, Sain, nous sommes bien d'accord... J'efface tout, mais pas ça ! Dessin de Noe.



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