Le Rire n°325 25 avr 1925
Le Rire n°325 25 avr 1925
  • Prix facial : 0,90 F

  • Parution : n°325 de 25 avr 1925

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 83,8 Mo

  • Dans ce numéro : profession de foi.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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LA PÉNITENTE. Mme Romange préférait'à son église paroissiale, l'antique petite chapelle du couvent dé Saint-Octave située dans usa quartier recueilli. bien que tout près da centre et du grand mouvement des affaires et de la population. II fallait déjà comme sortir du monde pour aller. prier, ce qui vous mettait dans d'exrcellentes conditions pour. vous présenter devant. Dieu. Aussi avait-elle choisi la chapelle pour ses dévotions. Elle en aimait la demi-obscurité et l'odeur un peu moisie de sainteté qui se dégageait de son atmosphère. Elle en aimait aussi le desservant, vieux père délégué par le couvent à cette fonction, parce'qu'il était prêtre, la plupart des antres religieux n'appartenant pas au clergé séculier. Le père Éléazar avait en Mme Ro - mange une de ses pénitentes les plus ferventes et les plus assidues. Elle assistait souvent à sa messe, le consultait en de fréquentes occasions, et venait régulièrement se confesser à lui. Or, c'était précisément pour aller LESS CO-IITR UTIOMs LE S CONTRIBUABLES A LA QUE U E s'agenouiller- devant le'confessionnal de chêne grossièrement sculpté que Mme Romange se'dirigeait ce matin-là vers la chapelle dus couvent. Les hommes qui la'croisaient ne- pouvaient` s'empêcher de. la regarder et` de se retourner ensuite pour la suivre des yeux, tant elle était jolie accorte et'gracieusement vêtue. Elle'n'ignorait, pas les charmes de sa personne, et. elle. s'appliquait k les soigner, dans.l'.équitable'pensée que la véritable piété n'est point forcément attachée. A. une vaine alstérité. Jamais ; au contraire, elle ne s'habillait avec plus d'aimablevrecherche que quand elle se rendait, à. la chapelle. Elle était, ce matin.là, la plus ravissante pécheresse que l'on. pût imaginerc. (t'est, en effet ; en pécheresse qu'elle allâit à la chapelle. A peine  : y eut-elle pénétré qu'elle se dirigea vers le confessionnal, danse l'intention d'y attendre le père Éléazar, s'il n'était pas arrivé. Mais un bruit de chaise remuée à ; l'intérieur du réduit l'avertit que le'père Éléazar s'y trouvait déjà. Elle tomba à genoux devant'le petit. judas, et, toute pressée de - libérer sa conscience, commença l'aveu  : de ses fautes  : Sans doute,. étaient-elles nombreuses et exigeaient-elles d'être commentées avec force détails, car leur exposé dura fort longtemps. Quand cet exposé fut enfin terminé, Mme Romange souffla un peu, attendant avec contrition les admonestations et l'arrêt de son confesseur. Connue celui-ci'tardait à se faire entendre, elle lui  : dit avec quelque inquiétude  : — Eh ! quoi, mon père, me refuseriezvous l'absolution ? Une voix qui'n'était pas celle père Éléazar lui répondit  : — Hélas ! madame, je ne saurais vous la donner, car je nesuis pas prêtre. Un nouveau bruit de chaise se fit" à- l'intérieur dwconfessionnal, et elle en vit sortir Barnabé, le concierge du couvent, qui avait la charge'de balayer la chapelle et de la tenir en, bon état. — Comment ! s'écria-t-elle, pourpre de confusion+et de colère, c'était vous, Barnabé !... - l-lélas ! oui, madame Romange, répondit celui-ci. ci. — Et que faisiez-vous dans le confessionnal ?... Je venais d'y entrer pour y donne* un, coup. de plumeau, quand vous êtes arrivée... — Et comment se fait-ii que vous ayez eu l'audace de m'écouter: ?... Je vous ai écoutée, madame, parce que vous me parliez... — Mais vous vous êtes- rendit'compte, pourtant, que ce n'était pas kt-vous que je cro3 ais m'adresser... — C'est vrai ; madame... Mais jamais encore je n'avais -entendu uf §réent'aussi intéressant eV curieux... C'est pour'cela qu'il fallait m'interrompre et m'arrêter... — Eh ! oui, madame..je:l'aurais Mais, que vous'dirai-je racontiez si bien L e Mena Romange se redressa, et, dans une attitude de reine outragée, s'écria avec emportement'  : Vous êtes un insolent !... —Je n'ai fait que dire ce que je'pensais, madame, et dans la forme la plus honnête... — Trois cents francs !... Vous voulez rire, monsieur !... Depuis que vous faites la queue, vos contributions ont augmenté du triple. Dessin de Raymond PALLIER.
2.r Tu n'sais pas ? Margot a trouvé le fiancé idéal ! — Riche ? charmant ? De bonne famille ? — Myope ! Dessin de B1RNAD. — En tout cas, vous êtes un impertinent... Et je vais, de ce pas, me plaindre de vous au Père supérieur... — né, madame, c'est ma place que vous allez mettre en jeu... — Je le sais fort bien... mais je ne veux plus me trouver, dans cette chapelle, en présence d'un homme qui a entendu ce que j'ai dit... — Oserez-vous, madame, donner cette raison au Père supérieur ?... — Je me bornerai à lui exposer le fait... Et je ne doute pas qu'il ne le condamne sans plus, et qu'il ne punisse votre sacrilège comme il le mérite... — De telle sorte, madame, que, grâce à vous, je vais être sur le pavé... — Grâce à vous-même, voilà la vérité... — L'effet, quelle qu'en soit la cause, n'en sera pas moins dommageable pour moi..., je serai obligé de chercher situation... — Ne comptez pas sur moi pour vous y aider, déclara mange en se dirigeant vers la sortie. — Peut-être pourrai-je compter sur M. Romange, énonça Barnabé d'une voix douce et calme. Mme Romange fit volte-face et revint vers le concierge  : — Sur mon mari... Qu'est-ce voulez dire ?... — Mais... rien, madame... — Allons donc !... je vous expliquer... que vous prie de vous — Eh bien, madame, je compte aller demander à M. B onnange de vouloir bien m'accorder, ou me procurer tout au moins, une nouvelle place de concierge.. — Et, naturellement, vous lui raconterez pourquoi vous avez été obligé de quitter le couvent... — Je n'ai point cette intention, madame... Mais, si M. Romange nie demande la raison, que faudra-t-il que je réponde ` une Mme Ro- — Dommage que j'sache pas comment ça s'dit en anglais ! Dessin de R. DE VALBRIo. Mme Romange se livra à une courte réflexion, puis dit  : Mon Dieu, Barnabé, je ne suis point impitoyable... Et je consentirais peut-être à oublier l'offense Glue vous m'avez faite, si... — Si ?... — Si je pouvais être certaine de votre discrétion... — Oh ! madame, elle vous est tout acquise... — Quelle garantie m'en offrez-vous ?... — Je ne saurais, madame,. vous en offrir de plus sûre que la discrétion dont usent certainement à mon égard les personnes qui sont renseignées sur les péchés de ma femme, et laquelle j'attends de leur courtoisie... L'argument convainquit Mine Romange, qui renonça à toute représaille. ALTER EGO. TOUT UN PROGRAMME — Voulez-vous votre chiffre sur votre papier à lettre ?... — Oui... Vous mettrez e dix louis c Dessin d'OBERLI.



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