Le Rire n°320 21 mar 1925
Le Rire n°320 21 mar 1925
  • Prix facial : 0,90 F

  • Parution : n°320 de 21 mar 1925

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 54,2 Mo

  • Dans ce numéro : le mari.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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i.A lIOURAGE ET PATURAGE — Dites donc, l'homme de la ville..., c'est pas pour ce travail-là que la campagne manque de bras I... Dessin de M. SAUVAYAB. M. HONORE ET SA MANUCURE Tous les trois mois, M. Honoré allait chez la manucure. Il avait choisi un salon fort achalandé, au premier étage d'un établissement de coiffure pour dames et pour messieurs. Six ou sept manucures avenantes et rebondies, portant une coquette blouse bleue, polissaient et limaient les mains, sur de petites tables. M. Honoré, touchant du doigt son chapeau melon, passait du bonjour collectif au bonjour particulier. — Comment allez-vous, Mademoiselle ; Germaine ? Mlle Germaine, oxygénée, blanche et boulotte, découvrait, en un sourire trop large, des dents trop belles. — Alors, c'est votre jour, Monsieur Honoré ? Un nouveau rendez-vous... — Oui, elle s'appelle Amanda, comme au siècle dernier... Germaine continuait à sourire. Elle lavait la main droite de M. Honoré, cisaillait les pellicules de sa main gauche tout en bavardant. — Vous ne pouvez donc leur être fidèle jamais plus de trois moisl... — Non, mon coeur n'est sans doute pas fait pour le grand amour. Je m'éprends éperdument, j'aime, je crois être aimé, crois aimer, on se quitte, c'est la vie... — Pourquoi ne vous mariez-vous pas ? — Je n'ose pas essayer... Madey m'a plaqué parce que je n'aimais pas la cuisine à l'ail, Lina voulait bien vivre chez moi à condition que je déménage et que je lui passe le bail d'un nouveau et prohibitif loyer. Il y a trois mois, j'ai rencontré Lucienne. J'ai cru que cette fois la tempête déserterait la plaine sentimentale de mon existence... — Oh ! c'est joli cette phrase. — N'est-cc pas ! Merci... Eh bien, la tempéte est venue... — Pauvre monsieur. Honoré ! — Ne me les coupez pas trop court... — Et vous retrouvez ce soir mademoiselle Amanda ? — Oui... sans quoi je ne serais pas venu.41 je vous voir. Je me fais faire les mains chaque rais que je vais ata devant d'une aventure sentimentale. — Tous les trois mois... — Hélas !... Elle s'appelle donc Amanda. Elle vend des boutons de corozo dans une maison de gros. Elle est mince, elle me trouve distingué. — Elle a raison, Monsieur Honoré. Bonne chance !... M. Honoré soupira, donna deux francs de pourboire à Germaine, et s'en alla. — Quel type ! pouffa Germaine, après son départ. 11 n'est pourtant pas mal. — 11 y a des hommes qui ne savent pas se faire aimer remarqua une camarade. Deux mois après, M. Honoré surgit au salon des manucures. Il était un peu pâle. Ses lorgnons voilaient un regard pénétré d'émotion. Sa moustache brune tremblait sur sa lèvre. — Tiens ! vous êtes en avance, dit Germaine. — Oui, n'est-ce pas. — Fini alors, l'aventure Lucienne ? — Non, c'était Amanda... Oui, fini... — Et c'est maintenant ?... M. Honoré ne répondit pas tout de suite. Sous le regard curieux de Germaine, il se décida. — Faites-moi toujours les mains. — Ah ! le grand cachottier... Vous êtes amoureux, très amoureux ? — Beaucoup. — Quand la voyez-vous ? — Je... je ne sais pas... Peut-être ce soir.. je suis désemparé. — Mais pourquoi, Monsieur Honoré ?... C'est vrai, je ne vous ai jamais vu ainsi !... — Mademoiselle Germaine... Mademoiselle Germaine... — Je vous fais mal, je les ai trop coupés ?... — Non, il ne s'agit pas d'eux... Mademoiselle Germaine, voulez-vous venir prendre l'apéritif avec moi ?... La manucure retint une exclamation de surprise. — Comment, c'est moi que vous... C'est moi qui... — Si vous le voulez bien, Mademoiselle Germaine. La manucure contempla M. Honoré avec une sympathie un peu craintive. Puis elle répondit, après une méditation courte où elle décida de son avenir. — Eh bien, j'accepte ; emmenez-moi diner dans un petit restaurant où il y a des fleurs sur la nappe et de la musique pendant qu'on mange. — Avec joie... Mais Germaine, avant de suivre M. Honoré, le retint par le bras. Elle appela sa collègue Lucy. Lucy, je te présente M. Honoré...ll viendra dans trois mois. Ce sera ton client fidèle. Il aime les ongles coupés court, un peu de vernis rose, pas beaucoup. Souviens-t'en. Adieu Lucy !... cordial = Ṃédoc GBÔROÂ RDE René LEHMANN. — Parfaitement, tu m'as épousée parce que j'avais de l'argent. — Non 1... Parce que je n'en avais pas ! Dessin de R. CsANcKL.
..r — Votre profession ? Fabricant d'hermine. FOU1 ? I ? U1 ? E5 DE LUXE ti - ! v r # t  : Dessin d'Eug. CADSL. Envogez vos lettres et colis, allez au MAROC et en ALGÉRIE par AVION —Lignas Aerieiies LATECOERB, Parla



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