Le Rire n°319 14 mar 1925
Le Rire n°319 14 mar 1925
  • Prix facial : 0,90 F

  • Parution : n°319 de 14 mar 1925

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 46,5 Mo

  • Dans ce numéro : au bois.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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LE NOUVEL ÉVANGILE SELON SAINT-MARC Les cinquante ans de la R ou Consultation motivée La scène se passe entre Mme Marianne et le docteur I. Greczaide... LE DOCTEUR. - Entrez, madame. MARIANNE Bonjour, docteur... c'est Iuoi. LE DOCTEUR. - Oui, je sais... madame Marianne, n'est-ce pas ?... je vous attendais, j'avais été prévenu de votre visite. C'est pour cette petite consultation à propos de vos cinquante ans, sans doute ? Parfaitement !... Eh bien, ne vous effrayez pas, cinquante ans, ce n'est pas grave, tout le monde a passé ou passera par là, à moins de mourir avant... Voyons, madame, quelle est votre profession ? République.., c'est vrai ! Mon Dieu, suis-je assez distrait ! Mais vous en avez tellement peu l'air que je n'y pensais déjà plus ! Déshabillez-vousie vous prie. (A part.) Elle n'est pas du tout si mal que ça !... Mon Dieu, madame... pour une constitution de cinquante ans... c'est encore assez présentable ! Les seins dégringolent bien till lieu, niais on ne peut pas être et avoir été tétée ! ! MARIANNE. - Vous l'avez dit, docteur... j'ai eu tant de gloutons pendus d mes mamelles, pendant toute mon existence, qu'il m'est bien permis d'avoir des seins qui dégringolent ! LE DOCTEUR. - Oui, c'est le sort de toutes les bonnes nourrices, et vous fûtes une bonne nourrice, madame Marianne... Les goinfres que vous avez gavés se portent, maintenant, tous à merveille ! MARIANNE. - C'est vrai... ils sont gras, les cochons ! Je ne veux pas citer les noms (vous les connaissez aussi bien que moi)... Je les prenais candidats, maigres, décharnés, faméliques... et sitôt pendus à mes tétins (un mois plus tard), c'était un vrai miracle, ils étaient gonflés à crever ! LE DOCTEUR. - Brave femme ! comme ces gourmands vous ont épuisée... mais que vois-je... vous avez là des cicatrices ? MARIANNE. - Oui, docteur, ce sont des coups de sabre... des militaires de temps en temps ont tenté de faire nia conquête... la dernière goutte a fait déborder le vase, et j'ai très peur maintenant des militaires. LE DOCTEUR. Si vous croyezque les civils !... Croyez-moi... la goutte militaire est souvent préférable à l'infection civilitique... Enfin !... (continuant son examen...) Mais, pardon, madame... que vois-je ! Mortdiable, qu'est ceci ? MARIANNE. - Hélas, docteur, une chose assez grave. LE DOCTEUR. Un viol, n'est-ce pas, c'est bien cela ? MARIANNE. Oui, docteur, ne m'accablez pas, ma constitution fut victime, l'an dernier, d'un viol assez inattendu... j'ai bien souffert... et bien rougi ! LE DOCTEUR. - A Votre âge, quelle atrocité... Le coupable ?... MARIANNE. -... Se porte bien... je vous remercie ; mais moi, j'ai — Ça, c'est la grosse baronne du Rebond qui est eu train de faire un placement de fonds, Dessin de Gu ic.LEYIN. — Dites donc, chasseur, vous avez fini de regarder madame ? — Soyez tranquille, m'sieur, je ne suis pas amateur de peinture. Dessin de BSCAN. été très malade, on m'a soignée ridiculeiiieut, ou m'a collé un. emplâtre. LE DOCTEUR. - Un emplâtre ? MARIANNE. - Oui, docteur... un nominé... LE DOCTEUR. - Je sais, je sais, mais il passera (comme les autres). MARIANNE. - Une chose qui nie tourmente aussi, docteur : j'ai eu jadis sur l'estomac un Caillaux dont on m'a guérie. LE DOCTEUR. - Eh bien ? MARIANNE. - Eh bien, docteur, il me revient, je sens petit petit qu'il remonte ! LE DOCTEUR. - Ce n'est rien, laissez-le monter, il passera. aussi...comme les autres. MARIANNE. - Un autre mal m'ennuie beaucoup  : vous m'avez. connue presque blanche. LE DOCTEUR. - Eh bien ? MARIANNE. - Eh bien, docteur, ça m'épouvante, je deviens rouge de plus en plus. LE DOCTEUR. - Ce n'est rien... ça passera aussi... un peu d'huile de foi de Maurras, quelques gouttes de teinture Diaudet... vous rendront, quand vous le voudrez, toute votre blancheur primitive... mais... MARIANNE. - L'Iode, docteur, ne croyez-vous pas ? LE DOCTEUR. - Non, madame, l'Iode est sans danger, seulement, il faut qu'elle soit française et, par-dessus tout, pas anglaise ! C'est l'Iode George dont vous abusiez qui vous a rendue si malade... MARIANNE. - C'est vrai... j'en suis bien dégoûtée, docteur..Et du côte du rein ? LE DOCTEUR. J'allais, Marianne, vous en parler... Voyez-vous là est le danger... le Rhin, là est votre faiblesse... veillez toujours de ce côté. Sans doute, vous manquez d'estomac, vous avez Ta caisse un peu plate, unpeu d'insuffisance de Foi, mais tout cela n'est que léti l s à côté e ce damné Rhin ! MARIANNE. - Que faire, docteur, vous m'effrayez... croyezvous que la Paciti te à doses massives soir et matin... LE DOCTEUR. - Non, Marianne, pas de Pacifi'te, c'est un médicament bénin et, pour l'instant, inopportun !.. Pour vous garantir du côté du Rhin..., madame, croyez-moi... du fer... rien que du fer... le plus de fer que vous pourrez, c'est le secret de la Victoire ! MARIANNE. - C'est bien, docteur, je vous remercie... Au revoir, docteur... Vous savez, pour le fer je ne dis pas non ! mais pour ce qui est de la Victoire... eh bien... je vous remercie, car, entre nous.., je sors d'en prendret MARC HÉLx..
Le, iictres pont toùjours modernes Dessin de A.\VILLLTTS.



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