Le Rire n°318 7 mar 1925
Le Rire n°318 7 mar 1925
  • Prix facial : 0,90 F

  • Parution : n°318 de 7 mar 1925

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 41 Mo

  • Dans ce numéro : précaution.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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AUTRES TEMPS... —, Autrefois, c'était toujours un militaire que je trouvais à l'office avec ma cuisinière... — Et maintenant ?... — Maintenant, c'est un député communiste !... Dessin de J.-J. ROUSSAL'. Elle a même acheté des bas... Pendant qu'elle y était, n'est-ce pas !... Et puis, on n'a jamais trop de linge. — Très chic, ces bas, a dit la vendeuse. Ça se porte beaucoup... A propos, est-ce que Madame possède la combinaison assortie ? Nous avons là. une superbe combinaison réclame. — Ah ? fait la dame, tentée. Alors, la vendeuse  : Voyez, Lingerie !... Comme s'il s'agissait d'une autre parole historique. ** La combinaison a bien plu à la daine. Et ça fait si bien avec les bas tango. Elle l'a achetée, la darne, cette combinaison. Elle est rose. On la plie, pour elle, dans un superbe papier de soie (beige). — Madame a vu, sans doute, à l'étalage nos délicieuses petites robes` ? C'est ça qui irait bien avec la combinaison rose de Madame !... Au fait, ça n'irait pas si mal que ça. La dame n'a pas besoin de robe, certes, mais après tout, ce n'est qu'une avance  : — Vous disiez donc, ces robes ? — Voyez, Confection !... crie la vendeuse. Et elle ajoute  : — Tout droit devant vous... L'escalier au fond, deuxième étage- ! !... *** Oh ! l'amour de petite robe ! Et comment qu'elle va bien à la dame ! Et comment que la darne l'a achetée ! Après l'avoir essayée, bien entendu !... Car, n'est-ce pas, il y a toujours quelques retouches. On fait les retouches. — Si Madame veut s'asseoir un moment... Ou plutôt si Madame veut profiter de l'occasion pour voir nos manteaux... — Des manteaux ? Heu... fait la dame. — Nous en avons, en fourrure, qui iraient tout à fait avec la robe de Madame... Madame serait très à la mode. A la mode ? Voyons, voyons, est-ce que la dame n'a pas précisément besoin d'un manteau ? Ses trois noirs » de l'année dernière sont bien défraîchis, son « gris est trop long (on porte les manteaux courts), son 0 fauve , est trop court (on ne les porte pas si courts que cela, toutes réflexions faites), son « velours est présentable encore, niais si, la dame le porte tout le temps, elle l'aura vite abîmé  : = Alors ; ces manteaux, vous disiez ?... — Voyez, Manteaux ! crie la vendeuse.. *** Et, devant la rapidité de tels résultats, on est obligé de constater qu'il est encore fort heureux que les grands magasins ne se soient pas mis en tête (si l'onr peut dire) de vendre des autos et des maisons de campagne ! Jules RIVET. POINT DE VUE — Il s'y connaît vraiment en peinture, votre mari ? — Oh ! oui, quand il achète un tableau, il voit taut de suite à qui il pourra le vendre ! Dessin de BigcAN.
PRIX DE GROS LE CALO N1D1e Boute revint du bureau de placement, en traînant par la main, triomphalement, une fille d'apparence négligée. Sophie, car tel était le nom de la nouvelle servante, roulait des yeux bovins sous un front taché de rousseur. Sa bouche de ruminant s'écartait sur des dents tartreuses et sa poitrine remontée ne pouvait qu'évoquer des idées laitières dans Pesprit de ses interlocuteurs charmés. Sa docilité, à première vue, s'affirma exemplaire. — Ici, on lave tout à la maison, même les draps ! déclara Mme Boute avec autorité. Bien, Madame ! répondit Sophie. — La bonne couche dans l'appartement ! — Bien, Madame ! — Comme sortie, vous aurez deux heures dans l'après-midi, le premier dimanche de chaque mois ! — Bien.Madame ! — Vous savez coudre et repriser ? Oui, Madame ! — Vous aurez de quoi faire. ! Monsieur arrache les manches de toutes ses flanelles et coupe les raccommodages de ses chaussettes avec les ongles de ses doigts de pieds. — Bien, Madame ! — Et maintenant, voici le calo, qu'il faudra charger deux fois par jour  : matin et soir. Sophie poussa un gémissement  : — Le... quoi, Madame ? — Le calo !... Le calorifère !... Allons ! ne prenez pas cet air ahuri, ma pauvre fille !... Vous ne savez pas ce qu'est un calorifère ?... Mais avec quoi se chauffe-t-on, alors, dans votre rays ? ** Sophie aurait pu répondre à Mme Boute que, dans son pays, on ne se chauffait pas ! Car Sophie était née dans un de ces départements ensoleillés du Midi de la France où les habitants ne construisent des cheminées que par pur esprit d'imitation, afin que les gens du Nord ne puissent pas les traiter d'originaux et de sépat atistes. Au pays de Sophie, lorsque les villageois ont un peu frais chez eux, ils vont s'asseoir sur la place, le dos au soleil, ou bien ils font une partie de boules. Et le tour est joué ! Ce fut, justement, à la fin d'une série de points au cochonnet que le facteur remit une lettre à Godéric Barcasse, le père de Sophie. Et le brave homme essuya une larme d'attendrissement, qi reconnaissant l'écriture de sa fille sur l'enveloppe. I1 appela, aussitôt, sa femme. He' ? Thérésou ?... Une lettre de la petite ! Thérésou Barcasse, qui était occupée à éplucher des « pommes d'amour », lâcha son couteau et s'essuya vivement les mains avec son tablier. — Vite !... Vite !... Lis-moi ça ! Le vieux installa ses bésicles sur son nez pointu et commença sa lecture, à haute voix : a Cher père et chère mère, Je mets la main à la plume pour vous faire assavoir que je suis en parfaite santé et je souhaite que la présente vous trouve de même. « Madame est gentille avec moi, bien que le travail y soit fort dur. Mais je mange mon content et je prends mon café après chaque repas. Tout serait donc pour le mieux, s'il n'y avait pas ce sacré... 4 Barcasse interrompit sa lecture. - Ce sacré... quoi ? damanda Thérésou. — Ce- sacré..., ce sacré... ! Dame ! Regarde toi-même !... Je peux pas bien lire ce mot-la.  : y a juste un pâté dessus ! Jusqu'au soir, les vieux s'échinèrent à essayer de déchiffrer l'énigme  : « Ce sacré..., qui nie donne bien du mal ! Je ne peux pas tenir ma cuisine propre, à cause de lui. Et, si je m'écoutais, j'enserrais tout promener et je changerais de maison. — Qu'est-ce que ça peut bien are ? murmurait Thérésou. Mais Godéric poussa une exclamation  : — Ça y est ! J'ai trouvé !... Ah ! ces Parisiens ! pas parler comme tout le monde, vingt dieux ! Ils ne peuvent donc Et le soir même, le vieux, qui était de bon conseil, prit une feuille de papier quadrillé, une plume rouillée, une bouteille d'encre grise et il répondit à. Sophie  : « Ma chèreenfant, C'est pour avoir l'honneur de te faire assavoir que nous avons reçu ta lettre et que nous nous portons bien, ta mère et moi. s Pour ce qui est de ta place, tant mieux que ta dame soit gentille. Alors, prendstience Pa pour ce qui est du CABOT. s Ces bêtes-là, c'est pas mauvais dans lend. T'as qu'à faire attention de le descen- la rue, bien régulièrement, et, de foe cette façon, il ne salira plus ta cuisine !... ALBERT JEAN. — C'est cinquante francs'la douzaine, madame. — Oh ! vous me ferez bien un petit rabais... Je n'en ai encore que onze. Dessin de Raymond PALL(Za



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