Le Rire n°309 3 jan 1925
Le Rire n°309 3 jan 1925
  • Prix facial : 0,90 F

  • Parution : n°309 de 3 jan 1925

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 85,9 Mo

  • Dans ce numéro : les plus grands nains du jour.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 14 - 15  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
14 15
hYPNOTISME Nous étions quatre, aux quatre coins du compartiment, quand elle entra. Elle hésita une minute entre les deux places libres, — une à droite, l'autre à gauche, — puis, se décidant, s'assit sur la banquette opposée it la mienne. Je fus vexé, parce qu'elle paraissait jeune et bien faite, qu'il y a loin de Dijon à Paris et que le chemin de fer est un aphrodisiaque merveilleux. Une femme seule, dans un compartiment de Ire classe, à une heure du matin, est toujours intéressante  : elle va vers l'amour ou elle en vient. Pourquoi, diable, celle-ci ne s'était-elle pas mise à côté de aloi ?. Cependant, elle achevait de s'installer, dégrafait son. manteau, retirait sa coiffure et levait, en une tache claire dans l'obscurité du wagon, ses deux bras nus à hauteur de ses cheveux, — juste assez pour répandre, dans l'atmosphère déjà empuantie, un parfum fauve qui me grisait. Mais quoi ! Il fallait se faire une raison, d'autant plus que, tournée de trois quarts, elle allongeait ses jambes dans la direction opposée à la mienne, en sorte que, même de ce côté-là, il n'y avait rien à faire ! Et j'allais me décider à dormir, quand l'idée me vint de l'hypnotiser ! Pourquoi pas ? C'était une expérience à tenter, une expérience que je n'avais jamais faite, — il est vrai, — mais qui, si problématique que fût son résultat, aurait au moins l'avantage de me faire passer le temps. Alors je me remémorai les trois principes que, dans une exhibition de music-hall, un moderne Cagliostro avait récemment exposés devant moi  : Fixer fortement des yeux le sujet, tendre sa volonté au maximum, puis énoncer des ordres nets, en les articulant au besoin. Je me recueillis une seconde, et je commençai. Mes poings fermés, mes ongles crispés dans mes paumes, tous mes nerfs bandés, je braquai les yeux sur elle en prononçant presque à mi-voix  : — Dormez.'Je le veux ! Et comme elle avait déjà les paupières closes  : — Venez près de moi ! Ne craignez pas I ! ! Obéissez !!! — Toi, mon gaillard, tu vas recevoir mon soulier dans le derrière... — Voyons, papa, tu aurais mieux fait de le mettre dans la cheminée, la semaine dernière. Dessin de DHAIIM. — Il parait que les petits fours ne sont pas fameux... — Bien, nous les donnerons au personnel. — Oh ! pas à ce point-là ! ! Dessin de Raymond PALLIER. VIEILLE CURE Avez-vous déjà tenté d'hypnotiser quelqu'un ? Je vous assure que ce n'est pas drôle  : Un regard fixe, les cheveux hérissés ; la sueur au front, je devais être grotesque ! Cela dura 3o, 4o secondes peut-être ! Il me parut qu'elle tournait légèrement la tête vers moi. Je concentrai tout mon vouloir en répétant  : — Venez près de moi ! Venez près de moi ! Et tout à coup je pensai défaillir. Alors quoi ? Ce n'était pas de la blague ? L'hypnotisme, la suggestion, la transmission de la pensée, — toutes ces choses qu'il faut bien admettre puisque les savants les affirment, mais qui prêtent si aisément à la supercherie qu'on reste, malgré tout, toujours un peu sceptique à leur égard, — toutes ces choses mystérieuses, voici que j'en étais le mat tre ! O le spectacle effarant ! Le train venait à peine de s'ébranler, et, comme mue par un ressort, elle se levait tout d'une pièce, puis, comme un automate, sans une hésitation, venait s'asseoir près de moi ! Je n'étais pas ravi, j'étais effrayé ! Ah ! fichtre, je ne pensais plus qu'elle m'avait paru jeune et bien faite et qu'elle était maintenant près de moi ; que je n'avais plus qu'à ordonner, que je la tenais à nia merci ! ! J'étais épouvanté de ma puissance, si épouvanté qu'un doute me vint  : — Levez l'appuie-main ! commandai-je. Elle leva l'appuie-main ! C'en était trop ! Il fallait que cela finisse, car maintenant j'étais plus sidéré qu'elle. Devant l'effroyable inconnu que je dominais, — moi vulgaire profan — je sentais l'angoisse m'étreindre et la peur des responsabilités me saisir à la gorge. — Réveillez-vous ! commandai-je dans un dernier effort. J'attendais, haletant. O bonheur ! Elle ouvrit les yeux, tourna la tête et me tendit ses lèvres ! Ça, je vous le jure, je ne le lui avais pas commandé, mais son baiser gourmand et bien éveillé calma ma fièvre et me rendit le sens des réalités. Alors nous connûmes bientôt toutes les joies permises à deux êtres de sexe différent, enfermés dans un compartiment de chemin de fer où l'électricité est en veilleuse, et dont trois coins sont occupés par des importuns. Et ce n'est que beaucoup plus tard, comme nous arrivions au terme de notre voyage, — de notre voyage à Paris, madame, — qu'elle m'avoua entre deux baisers  : — Et dire, mon chéri, qu'en entrant dans le wagon, j'étais allée m'asseoir en face. heureusement qu'en chemin de fer, pour ne lias être malade, il faut que je recule, et qu'une place était libre à côté de toi ! Guy DES ROCHES. LA GLOIRE DES GRANDES LIQUEURS FRANÇAISES P Ç PCRD,
,'' a:"T.17'3"i1 y Jt.w,f..,: ; 1r fl:. - -. D:S. wâ h LES COi1PLli\1NTS D'ÉDOUARD r jr) 444 — Mes chers protecteurs, c'est avec joie que je viens, en ce jour de l'an, vous renouveler l'assurance de mon affection et de mon entière soumission... Dessin de NOB. Envogez vos lettres et colis, allai au MAROC et en ALGÉRIE par AVION—Lignes Aerielllle LATCOER, Pariz agir 1



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :