Le Rire n°308 27 déc 1924
Le Rire n°308 27 déc 1924
  • Prix facial : 0,90 F

  • Parution : n°308 de 27 déc 1924

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 41,1 Mo

  • Dans ce numéro : consultation.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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— Tu as bien su me trouver quand j'avais une dot... — Malheureusement, elle seule a disparu ! Dessin de Raymond PALLIER. sieurs ! je me porte comme l'Are de triomphe, il y a des jours même où je mange à ma faim, mais ce qui me préoccupe avant tout, c'est de boire à ma soif. Je m'adresse à une clientèle qui doit me comprendre, puisqu'elle n'est pas à la terrasse d'un bistro pour sucer des sucres d'orge ou avaler des cachets d'antipyrine. Comme dans les grands établissements, je demanderai à ces daines l'air qu'elles veulent que je leur joue. Mon répertoire est complet et c'est à moi que Salabert fait ses premiers envois. J'attends les ordres et j'assure l'assis- L'ESPRIT DU CARREFOUR Combien assommants, baronne, ces embouteillages !... Surtout pour vous qui commencez à prendre de la bouteille ! Dessin deL. KERN. — Voyons, Nini, sois gentille, c'est le petit Noël... — Eh bien..., va le mettre dans la cheminée ! Dessin de Boue. tance tout entière de ma considération la plus distinguée. 11 y a des grincheux qui crient  : 11 ne va pas nous foutre la paix ! 0, mais des gens de bonne humeur rigolent et crient le titre d'un air  : — La sérénade de Toselli... 11 aquiesce de la tête. — Chacun son goût ! si Madame préfère la musique italienne. Il joue la sérénade de Toselli, avec beaucoup de sentiment, il s'incline, va tendre sa coquille à la dame qui ne peut pas faire autrement que de poser une pièce qui n'est peut-être -qu'un jeton ! — de quarante sous dans la nacre usée par un travail quotidien. — Je voudrais satisfaire tout le monde. Si quelqu'un désire un autre air ? Alors, de vingt tables, des ordres jaillissent  : — » La chevauchée de la Walkyrie ! n — L'invitation au voyage, de Duparc ! — « Mes parents sont venus me chercher ! N Tu le r'verras, Paname. — « J'en ai une toute petite... » Il s'incline  : — Procédons par ordre. Madame a, je crois, demandé du Wagner ! Il renifle. — Il est certain que ilion stradivarius ne rendra pas tout à fait l'éclat des cuivres, niais il faut faire preuve de bonne volonté. Et pour remplacer les cuivres, c'est sa voix nasillarde qui pousse le cri des déesses, tandis que de ses doigts crispés sur les cordes et l'archet tremblant, il fait passer, en dépit de tous, un petit frisson sur cette foule qui n'est plus si narquoise. Quatre airs, dix airs, vingt airs, il gagne cent francs par soirée entre l'avenue de
Clichy et le boulevard Barbès ; l'été, il n'entre pas dans les établissements, mais l'hiver il entr'ouvre la porte et salue poliment  : — Si ces messieurs et dames sont amateurs de cinq minutes de grand art ? Les patrons le connaissent et le tolèrent. Les garçons le tutoient et lui glissent un bock en douce. Un soir, comme il rentrait chez lui, rue.d'Orsel, je l'ai suivi ; je l'ai rattrapé, je lui ai offert le dernier chez un mastroquet encore ouvert. Une soupe à l'oignon l'amena aux confidences. 11 ne me raconta pas sa vie, t'eût été trop long, mais il m'avoua  : — Moi, je ne veux pas nie priver. Pour gagner son blé, faut les avoir au boniment. Partout, on m'a à la bonne. Evidemment je tends pion coquillage, et les premiers temps ça m'a gêné un peu. Mais quoi, ça vaut-il pas mieux qu'un tas d'autres dont la môme fait le rade, hein ? Moi, j'en ai une de môme, elle reste ir la maison, elle porte des kimonos Sadda Yacco, elle fume descigarettes à bout doré, et tout à l'heure,quand je vais remonter, c'est elle qui va compter les pièces. J'ai l'air d'un sale bohème et d'un purotin. L'an dernier, sans  : se priver, on a tout de même mis six billets à gauche. Il haussa les épaules  : — Le tout, c'est de ne pas avoir de frais ide représentation. Je lui dis doucement  : Vous avez un talent incontestable,'peut-être qu'avec un petit effort... Il grimaça  : — J'ai du talent, mais il n'y a pas que moi... Et puis, voyez-vous, je suis premier prix du Conservatoire, — mais entre nous, j'aime mieux vous avouer que c'est du conservatoire d'Avignon... Il commanda une mirabelle dans un verre à dégustation et montra la bouteille -d'un doigt hésitant  : — Et puis il y a ça ! Mon premier embêtement, ça date du jour où je suis arrivé saoul, il y a vingt ans, chez Mme de Tréeiern... Robert DIEUDONN1. LES FEMMES BAVARDES SPIRITISME — L'esprit ne veut pas se réincarner  : il dit que la viande est trop chère ! Dessin de BJ:CAN Les Nichons de la Cantinière a A l'avenir, les cantines militaires seront tenues exclusivement par des mutilés de guerre. (Les journaux.) Lorsque j'étais petit enfant Et qu'il me contait des histoires, Mon papa me narrait souvent De superbes pages de gloire, Puis, disait en conclusion, Car, nia foi, c'était sa manière, Tout cela ne vaut pas, fiston, Les nichons d'une cantinière ! — Qu'est-ce qui te ferait plaisir, mon chéri, pour tes étrennes ? — Une minute de silence ! Dessin d'Arsène BRIVOT. II I1 me l'avait dit si souvent Que quand je fus à l'âge d'homme, — A l'âge où notre père Adam Jadis a dû croquer la pomme, — Je me posais la question Avec une ardeur singulière  : Comment donc étaient les nichons, Les nichons d'une cantinière ? III Sont-ils gros, abondants et mous, Et, si l'on regarde au passage, Aperçoit-on comme un remous, Sous la batiste du corsage ? Ou bien sont-ils petits, mignons, Et durs comme une amande amère ? Qui nie dira donc comment sont Les nichons d'une cantinière ? 1V J'y pensais du matin au soir, Et la nuit j'en rêvais sans trêve. Alors, muon Dieu, pour le savoir Et pour réaliser mon rêve, J'ai signé, sans condition, Un engagement militaire  : Ah ! j'allais bien voir comment sont Les nichons d'une cantinière ! A la cantine, radieux, J'ai dit à l'homme de service  : Quelle est la reine de ces lieux ?... Il m'a répondu  : T'es novice ! En voilà une question ! Depuis qu'on a gagné la guerre Et fait la loi des pensions  : 11 u'y a plus de cantinière !!! V GUY DES ROCHES.



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