Le Rire n°301 8 nov 1924
Le Rire n°301 8 nov 1924
  • Prix facial : 0,75 F

  • Parution : n°301 de 8 nov 1924

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 46,2 Mo

  • Dans ce numéro : prévoyance.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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PIÈCE A CONVICTION — Ah ! ah !.. Cette fois, plus moyen de nier  : vous avez reçu un hommel... Il y a un cheveu long sur la brossel... L'AUBERGE PLEINE Depuis qu'il pleut, c'est-à-dire depuis longtemps, l'auberge de l'Âne Rouge, à Cazemay-sur-Auron, est pleine. Les automobilistes, partis dans la joie pour des contrées éloignées, ont, à cette étape, décidé de ne plus se fier aux hasards des routes détrempées. Il y a trop de boueles'radées sont trop fréquentes, puis, ici, le vin est bon, la chère est savoureuse et l'existence ne manque pas d'imprévu. M. Saucet-Menu, maître du logis, et sa femme, et servantes, accortes (vous vous y attendiez), et ses deux garnements tour à tour gâtesauces, chasseurs, balayeurs, porteurs d'eau et garçons de café, font de leur mieux pour loger, nourrir, divertir, avec deux familles de pensionnaires, quelques hétéroclites ménages parisiens, dont les voitures automobiles encombrent pour l'instant toutes les granges de Cazemay-sur-Auron. La pluie peut battre les vitres de l'auberge.de l'Âne Rouge, les amusements et les petits jeux innocents ne chôment guère dans la grande salle où l'on s'assemble pour tuer les heures. Les pères de famille, dans un coin, font d'interminables piquets tout en prêtant l'oreille aux propos badins des voisins, tout en regardant en coulisse les jolis minois qui s'éclairent de rires fréquents. Leurs dames 0, jugeant indigne de leur caractère honorable une présence sans entr'acte dans un rez-de-chaussée bon à tout faire, demeurent dans leurs chambres, faisant une broderie pénélopienne ou des c ses deux Lf- G Dessin de G. PAVIS. potins sans portée. Pendant ce temps, leurs enfants, deux filles pour l'une, deux garçons pour l'autre, tous ivres de liberté, ont ordre de ne pas descendre et de s'amuser à l'étage. Ils s'en donnent à coeur joie, en des parties de cache-cache, que je ne sais pourquoi, Yvette, dix-sept ans, s'obstine à appeler des parties de touche-touche. Mais voilà que le dîner achevé et tout le monde songeant au repos, des appels automobiles résonnent brun amment devant l'auberge. M. Saucet-Menu introduit bien- - Sûrement, docteur, je dois avoir quelque chose dans le bassin ! — Des poissons rouges, peut-être ? Dessin de DHARM.
ECONoMI$S — Nous avons également des petits verts, pour la pochette... — Inutile !... Maintenant j'y mettrai butions. tôt dans la salle pauvrement éclairée deux voyageurs vêtus de pluie ruisselante sur des imperméables de cuir sang-de-boeuf. — Une chambre, je vous demande une chambre, dit l'homme, tandis que la femme regarde sans bouger la rivière qui prend sa source sur elle-même. — Mais, monsieur, bégaye, abattu et navré, l'hôtelier qui -tourne dans ses mains grasses sa casquette du soir, par laquelle il remplace son bonnet blanc matinal, je vous assure que je n'ai plus rien, plus rien. — Et le billhird ? — 11 n'y a pas de billard. 11 n'y a rien, rien. Nous allons transporter dans cette salle à manger, comme chaque soir, les lits de monsieur et madame Binoton. Dans les courants d'air du corridor, dorment, si elles le peuvent, la Rose et la Camille, car messieurs Dudouloux et liamassoir occupent leurs lits dans les mansardes, pour le présent. — Mais, voyons, aubergiste sans coeur, trouvez quelque chose. Il y a bien une grange, une écurie, une remise, une buanderie, un galetas, un greffier, une serre, une glacière... chez le voisin... dans le village... - Rien ! monsieur, rien ! Mettez votre auto contre le portail de l'église qui est là en face. II y a un auvent qui vous protègéra de la pluie et des rafales. C'est tout ce que je peux vous conseiller. Si vous voulez même je vais vous aider... Je vais aller quérir ma lanterne sourde. Se penchant vers M. Saucet-Menu, le voyageur lui parle à voix plus basse. II a deviné que ni la violence ni les menaces ne peuvent avoir de résultats. 11 a recours à l'émotion. — Vous êtes marié, monsieur, et vous êtes silrement un bon époux. Vos yeux révèlent une droiture sans limite. Eh bien ! regardez ma femme, regardez-la et dites-moi franchement si elle ne vous fait pas pitié. Entendez, dehors la pluie redouble de violence. Dites-moi, bon époux et bon père, si vous souhaitez la mort d'une pauvre créature, en l'envoyant au hasard, dans la nuit inclémente, dites-moi... — Cela suffit, interrompt M. Saucet -Menu, j'ai une idée, elle me sérà pardonnée, car la charité seule me la dicte. Oh ! ce mouchoirs blancs, roses, mes feuilles de contril)essin deL. KERN. — Avez-vous vu cet insolent receveur qui vous regardait comme si vous n'aviez pas payé votre place ? — Oui, mais moi je le regardais comme si je l'avais payée ! Dessin de R. CHANCEL. n est pas l'intérêt ! Vous ne me paierez pas ! Vous mettrez ce que vous voudrez dans le tronc des pauvres. Venez ! Je suis bedeau dans l'église qui est en face. Je vais vous ouvrir, vous pourrez passer la nuit presque confortablement sur des bancs en dessous des orgues. Venez ! Tout ceci a été dit sur un ton discret. L'homme entraîne son humide moitié. Ils disparaissent en suivant l'aubergiste, tandis que les vieux clients, unis par quelques jours de détention, font leurs suppositions. — Oh diable le patron a-t-il pu les conduire ? M. Saucet-Menu revient à point pour renseigner tout le monde. 11 le fait en cherchant à se justifier. — Je ne pouvais pas les envoyer jusqu'à Gionne qui est à quinze kilomètres. Il pleut à pleins tonneaux. Je les loge une nuit sous l'orgue de l'église. Ils repartiront demain... s'il fait beau. Et voilà la fin de la journée. On s'organise à l'auberge de l'Âne Rouge pour la nuit. Puis bientôt tout dort. Tout dort longtemps, pesamment, tandis que sur la toiture d'ardoises la pluie bat une charge monotone. Soudain, dans le matin chargé de fraîcheur et de brume, bien qu'il soit mercredi et huit heures moins treize, les cloches de l'église se mettent à sonner à toute volée. C'est un carillon fougueux, échevelé, sans rythme, nerveux, épileptique. Les âmes pieuses croient à quelque incendie grave dans une ferme des environs, quelques sceptiques à un enterrement d'un supernotable, les dormeurs qui tiennent à leur sommeil du matin s'enfouissent la tête dans leur oreiller, quelques audacieux regardent par la fenêtre et ne découvrent rien, sinon que la pluie tombe toujours. M. Saucet- Menu qui se méfie soudain, envoie aux renseignements la Camille court vêtue. celle-ci bientôt réapparaît sous le porche de l'église et P13 prie au patrot prudem{nent à l'abri au seuil de son logis  : C'est le mgnsietir d'hier soir qui a sonné. 11 dit comme cela qu'il veut d.eu chocolats complets et des Serviettes éponges.'Paul-Louis HERVIER. A NOS LECTEURS Mis lecteurs ont eu connaissance de l'élévation du prix des journaux quotidiens occasionnée par les hausses considérables et continues des prix de papiers et d'impression, sans parler des frais généraux ni des impôts. Les effets de ces hausses de prix se font également sentir pour le RIRE depuis longtemps déjà. Malgré cela, depuis plus de quatre ans, nous n'avons augmenté aucun de nos prix pour la France et les colonies. Mais aujourd'hui, devant les charges nouvelles qui nous sont encore imposées, et ne nous est plus possible de maintenir nos anciens tarifs. Nous venons donc demander à nos lecteurs d'accepter, à partir du 15 novembre prochain, une majoration que nous réduisons au plus strict minimum en augmentant seulement de o fr. 15 le prix du numéro du RIRE. Cette majoration est même inférieure à celle des quotidiens qui équivaut à 33 0/0, alors que celle que nous appliquons ne représente que 20%. En conséquence, à partir du 15 novembre, le numéro du RIRE sera porté à o fr. go. Les rix d'abonnement seront les suivants SIX TROIS UN AN MOIS MOIS Paris, Départements et Colonies.. 42 fr. 22 fr. 12 fr. Etranger 58 fr. 30 fr. 16 fr.



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