Le Rire n°301 8 nov 1924
Le Rire n°301 8 nov 1924
  • Prix facial : 0,75 F

  • Parution : n°301 de 8 nov 1924

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 46,2 Mo

  • Dans ce numéro : prévoyance.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Je saluai de nouveau. Et, en m'éloignant, j'entendis la séduisante créature qui disait entre ses dents  : — Des fois, ça ne mord pas... *** Or, pour le moment, il semble, hélas ! que ça va mordre ; et le lapin est de taille. Il est vrai que c'est un lapin financier ; je crois même que nous sommes en train de courir deux lapins à la Ibis. Mais, à ce jeu-là, c'est nous qui serons attrapés. Il y a d'abord le lapin russe. Nous avons reconnu les Soviets, mais nous aurions tort de compter sur leur reconnaissance. Oh ! je sais bien que les valeurs russes vont monter. 11 y a des gens qui n'attendent que ce moment-là pour faire marcher l'ascenseur. Il connaissent la manoeuvre, et ils savent aussi comment on repasse au public, avec un bénéfice... honnête, les valeurs ainsi surélevées. Or, les Soviets ont fermement résolu de ne pas s'enrichir en payant leurs dettes qui sont celles de la Russie. Ils ont déjà, à cet égard, proclamé leur nitchevo. Mais, en admettant qu'ils jugent expédient de revenir sur leur manque de parole, on peut être sûr que, le moment venu, les pauvres gogos ne recevraient en paiement que des carnets de tchékas. La fructueuse opération une fois terminée, les estimables intermédiaires renverront poliment l'ascenseur, et les infortunés porteurs pourront envelopper leurs illusions dans un papier sans valeur. Et l'on dit que le prix du papier augmente ! I1 y a aussi le lapin allemand, qui se nourrit non plus de choux, mais de millions. Et ces millions, c'est la France bénévole qui s'apprête à en fournir une part. Nous allons prêter de l'argent à quI nous en doit. On fait cercle au tripot, — excusez le pléonasme, — autour du joueur assez naïf pour agir de la sorte, à l'écarté, avec un adversaire qui se dit décavé ; et l'on numérote avec soin ses abatis. Cette fois, nos bons apôtres de la finance renoncent au système de l'ascenseur pour adopter celui de la resserre, où viennent de s'illustrer les spéculateurs sur les oeufs, qui ont trouvé ce moyen inédit et sûr d'exploiter les pontes.lls gardent tonte la tranche 0 imposée 0, — oh ! le joli euphémisme ! — de l'emprunt Dawes et qui fait prime. Dans quelques mois, goutte à goutte, — et soyez certains que ce ne sera pas eux qui la boiront, — ils refileront LE MAL DE MER A DOMICILE On vient de donner par T. S. F. un « radio-drame de la mer » avec des « décors de bruits D. — C'est bean, le progrès !... Est-ce bien imité !... — Oui..., mais ne donne pas à manger aux poissons... sur... le... tapis !... L'OEUF QUI PARLE M. Desvaux, conseiller municipal, affirme que les veufs vendus comme extra frais sont conservés six mois dans une resserre. L'OEUF.- Six mois de prison ! Ce n'est pas moi qui aurais dû les faire ! Dessins de MARS-TRICK. au public, avec une jolie gratte, tous les titres qu'ils ont reçus et sur lesquels ils ont déjà touché une commission, dite des réparations. Si la livre sterling vaut à ce moment 85 ou 86 francs, et si plus tard, elle redescend à 6o ou 7o francs, le petit rentier qui habite maintenant une chambre au sixième dans ma maison et la cuisinière du second pourront se lamenter de concert sur leurs économies escroquées. Après quoi, le lapin battra du tambour. ** Pour le moment, en tout cas, et c'est infiniment plus gai, on bat la caisse, de l'autre côté de l'Atlantique, du sujet d'une affaire qui intéresse les gens mariés avides de distractions. L'appel est lancé de Mérida, capitale du Yucatan (Mexique). Une circulaire, tiré'à des millions d'exemplaires, annonce que, dans cette ville, on offre aux amateursC. une chambre avec salle de -bains, divorce compris, pour cinquante dollars. Il suffit de prendre pension un mois, délai maximum pour les formalités de rupture. Il faut vraiment ne pas avoir envie de divorcer pour renoncer à des propositions aussi avantageuses et aussi confortables. Or, il faut croire que cette envie-là est fort pressante aux Etats- Unis, car des couples innombrables, après avoir fait, sans doute, leur voyage de noces en Europe, s'empressent d'aller faire au Mexique un voyage de divorce. C'est un véritable exode de futurs disjoints. A Washington et à New-York, les autorités s'inquiètent de tant de villégiatures séparatoires. Mais il n'y a rien à faire. Les lois mexicaines sont exécutoires aux Etats-Unis. I1 paraîtrait que 75 pour Io() des divorces sanctionnés par les tribunaux locaux ont été made in Mexico. Et cela est tout de même fait pour surprendre. Il semble que la chambre dernier confort, avec l'agrément insidieux d'une salle de bains, au lieu d'encourager des ardeurs divergentes, devrait, au contraire, en ranimer d'autres. Le thermomètre conjugal devrait être sensible à tant de bains. C'est pourquoi l'on peut se demander, en l'absence de renseignements détaillés sur l'organisation de ces hôtels ennemis des autels, si les fameuses chambres pour divorces ne sont point offertes aux touristes en vue des flagrants délits. Mais alors, un mois, c'est peut-être beaucoup. A moins, toutefois, que, pour administrer la preuve, cela soit, dans certains cas, à peine suffisant. Adrien VÉLY.
PILA FT F7\CE... Et voilà pourquoi je n'aime pas le vent d'est ! Dessin de II. MIRANDB.



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