Le Rire n°298 18 oct 1924
Le Rire n°298 18 oct 1924
  • Prix facial : 0,75 F

  • Parution : n°298 de 18 oct 1924

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 60,0 Mo

  • Dans ce numéro : ménage moderne.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 8 - 9  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
8 9
BILLETS DOUX 2'COUPLET Tout passe, et voici qu'un beau jour Les lettres d'amour N'ont plus dans leurs feuillets jaunis Qu'un parfum... d'oubli. Puis, ell's vari'iit si peu, vraiment, Qu'on les jett'souvent Sans les avoir lu's complètement. REFRAIN Billets doux, billets doux, pauvre chose ; Plus ça change et plus c'est lauifème prose. On vous retrouve en tout petits fragments, Eparpillés au gré du vent. Billets doux, billets doux que l'on brûle, Vous formez un monceau minuscule De cendres dans le f'eu. Et morts sans un adieu, On n'pens'plus à vous, O billets doux... APPEL A NOS LECTEURS LES CHANSONS DU RIRE Les chansons que nous publions régulièrement tous les quinze jours ayant été favorablement accueillies, nous nous proposons d'en poursuivre la publication. Mais avant de faire un nouveau choix, nous serions désireux de connaitre les préférences de nos lecteurs. Nous leur demandons de bien vouloir nous indiquer, le plus tôt possible, le genre de chansons (modernes ou anciennes) qu'ils seraient heureux de voir paraître dans nos colonnes. Nous tiendrons compte dans la plus large mesure des réponses que l'on nous fera parvenir. Lux. — Alors, vrai, vous m'avez remarqué tout de suite ? ELLE. - Dame, c'est demain le tei'Iue ! Dessin de Raymond I kLLIENs LA. PROFESSION DANGEREUSE — Nous voulons en faire un héros... — Un utilitaire ? — Non ! un bijoutier ! Dessin de J.-J. ROUSSAU. CONTRAT DE LOUAGE M. Bazuron, juge de paix, appela l'affaire Lourty contre Belazur, et les'parties se présentèrent u la barre. Lourty était un garçon de vingt-cinq ii trente ans, vigoureux d'apparence mais à l'attitude gauche. Belazur était un digne homme d'une soixantaine d'années, à la figure ornée d'une barbe avantageuse. M. Bazuron s'adressa à Lourty. — Quel est l'objet de votre instance ? — Je réclame deux mille francs d'indemnité à M. Belazur, répondit Lourty. — Sur quoi fondez-vous cette réclamation ? — M. Belazur m'a renvoyé du jour au lendemain. — listiez-vous domestique chez M. Belazur ? Lourty fit entendre une véhémente protestation. — Domestique !... Je ne mange pas de ce pain-là ! — Vous étiez donc employé chez M. Belazur ? — Si on veut... — Veuillez répondre à ma question d'une manière précise. — M. Belazur me donnait cinq cents francs par mois, le logement et la nourriture. Le juge se tourna vers Belazur. — Est-ce exact ? — Oui, monsieur le juge, répliqua celui-ci... Mais je me permettrai de vous faire remarquer... — Vous répondrez quand je vous poserai d'autres questions. Et revenant à Lourty  : Alors, vous étiez employé chez M. Belazur... Si on veut... — Voyons, voyons... Un peu de netteté, je vous prie... Étiezvous, oui ou non, employé chez M. Belazur ?... — M. Belazur n'est pas commerçant... M. Belazur est rentier... — Enfin, si M. Belazur vous donnait des appointements mensuels de cinq cents francs, s'il y ajoutait le logement et la nourriture, c'était certainement en échange d'un travail que vous vous étiez engagé à lui fournir... — Il y a de ça, monsieur le juge... — Il est difficile d'obtenir de vous une réponse catégorique... Travailliez-vous pour M. Belazur ?... — Mon Dieu, oui, monsieur le juge, si ça peut s'appeler un travail... — Quel genre de travail était-ce ?... — Nous étions tout à fait d'accord... — Un travail manuel ?... — Oh ! non... — Un travail intellectuel ?...
— Une mission de confiance... — Je vois, dit M. Bazuron, que je n'obtiendrai rien d'autre de vous.., En tout cas, il y a une chose certaine, les conditions de votre engagement... M. Belazur l'a reconnu... Et, s'adressant à Belazur  : Reconnaissez- vous également avoir congédié Lourty du jour au lendemain, et sans aucun préavis ?... — Oui, monsieur le juge. — Voulez-vous me dire à quoi vous employiez Lourty ?... — Il vient de vous le dire, (monsieur le juge... Une mission de confiance... — Bon... Au fond, cela vous regarde tous les deux... Aviezvous quelque chose à reprocher à Lourty, quand vous l'avez congédié ?... — Son rendement avait été nul... — C'est votre opinion... Ce n'est peut-être pas la sienne... — C'était moi qui payais, monsieur le juge... Et je n'avais aucun engagement écrit avec ce garçon... — Depuis combien de temps était-il à votre service ?... — Depuis sept mois. — C'était donc un contrat de louage, dans toute l'acceptation du ternie... — Mais, monsieur le juge, je n'étais pourtant pas obligé de le garder... Ma femme, depuis quelque temps, me faisait des scènes continuelles à cause de lui... Elle n'en voulait plus... — Et, se tournant vers une jolie femme, beaucoup plus jeune que lui, assise à son côté  : — N'est-ce pas, Louise ? C'est vrai, monsieur le juge, fit la jeune femme avec un sourire candide. — La raison n'est pas suffisante, dit M. Bazuron... Vous — Iié ! la mère, pour aller à Vivolet ? — Vous voyez bien que je ne suis pas de l'endroit ! MONSIEUR EST SERVI.`ï — Ben quoi, Madame m'a défendu de découcher ! Dessin de Roger PHAT. Dessin de DHARM. 1, ',% n'aviez le droit, Belazur, de congédier Lourty brusquement et sans préavis qu'en lui offrant un dédommagement... Je vous condamne donc à lui verser l'indemnité de deux mille francs qu'il vous réclame... Belazur se leva, les yeux fulgurants, la figure enflammée de colère, et, comme près de bondir stir Lourty  : — Espèce de féra-t-il. fainéant ! ! voci- — Eh bien, quoi ?... Est-ce que c'est de ma faute ? riposta Lourty satisfait et goguenal d.. M. Bazuron intervint avec sévérité. — Vous vous expliquerez endehors de cette enceinte. — Une enceinte !... Entendezvous, propre rien ?... Vous devriez rougir ! rugit Belazur. Le juge de paix proclama sur un ton solennel  : — Si vous continuez à troubler l'audience, je vous ferai expulser.. Veuillez vous retirer... Les trois personnages gagnèrent la sortie, au milieu de la curiosité générale. Mais ils poursuivaient leurs explications — Ce n'est pas à moi qu'il faut vous en prendre, disait Lourty à Belazur, c'est à Madame... Moi, je n'ai rien à nie reprocher... Et Mme Belazur pleurnichait  : — C'est malheureux tout de même... Il faudra donc vieillir seuls tous les deux !... Moi qui aime tant les enfants !... Ils disparurent. Et M. Bazuron, avant d'appeler l'affaire suivante, se dit à lui-même  : — Eh bien, si j'avais su, ce que j'aurais renvoyé les parties dos à dos !... Adrien VÉLY.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :