Le Rire n°295 27 sep 1924
Le Rire n°295 27 sep 1924
  • Prix facial : 0,75 F

  • Parution : n°295 de 27 sep 1924

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 44,1 Mo

  • Dans ce numéro : le monde à l'envers.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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La Ballade des Agents 2 COUPLET Solitl'meut campés sur leurs jambes, ils écout'nt s'il y a du pétard ; Four courir, comme ils sont ingambes, Ils n'arriv'nt jamais en retard. En rentrant chez eux, près d'leur femme, Ils sont empresses, diligents. Leur coeur brûle de mille flammes,lls sav'nt aimer, les bray's agents. Sans se fair'de bile Achèt'nt é la file Chacun un bébé. L'pays s'ra r'peuplé. Citoyens, la police veille, Dormez bien sur chaque oreille. Au refrain.'t ï 3. COUPLET Quand.ils rencontrent sur leur route, Cotiehè par terre, un vieux pochard,lk le r'lévent coûte que coûte, Pour l'empêcher d'fair'du chambard. Puis ils soutienn'nt le brave ivrogne Dans le but de l'fair'marcher droit. Mais s'il devient méchant, s'il grogne, Ils ne lui font plus de pass'droit. Soutenant son torse, De gré z'ou de force, Au clou gentiment On l'oeil'carrément. Citoyens, la police veille, Dormez bien sur chaque oreille. Au refrain. PUCK Décidément Puck, l'angora au poil d'ébène, ne pouvait pas voir Cyprien Bou gry. 11 avait l'air de se den ander ce que cet Auvergnat pouvait bien avoir à faire avec l'étincelante Régine Diermeuse. En vain, Cyprien multipliait-il les avances. A son approche, Pûck bondissait sur l'armoire, sur la commode, cassait une potiche, se glissait sous le canapé, et un jour même que Cyprien Bougry, piqué au, jeu, s'était acharné à le prendre, l'autre l'avait gratifié d'un magistral coup de grille. Régine Dermeuse,'il faut bien le dire, 1'— Il parait qu'elle couche avec tous ses domestiques... Ce n'est pas étonnant qu'elle'ait tant de mal A eu trouver ! — Et Gaston n'est pas là !... C'est bien la première fois qu'il ratera une ouverture ! Oh ! oh ! je pense bien qu'il ne la ratera pas !... Il se marie aujourd'hui. Dessin de M. SAUVAYRS. avait éprouvé au'début la même répulsion que Pack, mais tant d'attentions venaient de ce rustre qui la regardait avec de bons yeux de chien battu qu'elle avait fini par trouver l'aventure plaisante, et c'est ainsi qu'elle était devenue sa maîtresse. Sa maîtresse ? Au fait, était-ce vraiment l'être que de lui consentir quelques menues faveurs dans l'intimité du boudoir ? Car, en dépit de ses supplications les plus tendres, jamais Régine Dermeuse n'avait consenti à se montrer avec lui, ni à Longchamp, ni à l'Hippique, et encore bien moins à Deauville. Humilié dans sou orgueil, blessé dans son amour. il s'était résigné bon gré mal gré, mais de plus'en plus troublé par le charme de la jeune femme, il gardait au fond de lui le secret espoir de la ramener à force de soins et de prévenances. Dessin de PiNce. — Oh ! comme tu es rat, Bougry, l u i avait-elle dit, un jour qu'Il laissait cinq cents francs sur la table. Ce jeu de mots stupide sur son nom l'avait à ce point fait rougir qu'il n'osait plus parler d'argent autrement que par billets de mille. Après tout, il possédait des usines, n'est-ce pas ? Ses ouvriers travailleraient une heure de plus. Et puis, qu'importait même la ruine, pourvu que Régine fût heureuse ! Elle le lui avait bien dit d'ailleurs  : Je ne serai tout à fait à toi que quand mon bonheur sera complet. » Grave problème ! Et Cyprien s'était déjà demandé maintes fois eonlmen. il pourrait le résoudre. Un joui, il lui vint une idée, celle de conquérir sa maîtresse par une méthode infaillible et. fort de cette résolution, il entreprit de lui donner toutes les satisfactions de coquetterie que son corps précieux réclamait. Le premier soir, il arriv,a avec deux petits souliers de bal ravissants, garnis de perles, Os posa délicatement sur une console, et mirmura avec extase :.a Pour que les petits pieds soient contents: » Un peu plus tard, il lui offrit toute une collection de bas merveilleux et lui souffla dans le creux de l'oreille  : Pour que les jolies jambes soient heureuses. Ah ! je vous prie de croire qu'aucune partie dû corps ne lui échappa, et qu'après les pieds et les jambes, la taille, les bras, les mains, le cou et les épaules eurent leur part. Ceintures, brillants, colliers, hermines et pendentifs du plus rare prix s'accumulèrent, toujours accompagnés du souci qu'il n'y eût pas une place bien aimée qui ne fût marquée de son désir comme d'une empreinte. A vrai. dire, Régine était rayonnante et elle parut même à ce point touchée que, surmontant ses répugnances, elle finit par accepter qu'il l'accompagnât à Biarritz. Quine jours durant, ce ne furent que fêtes et plaisirs, excursions en auto. piqueniques. Le dancing aussi l'attirait. et des nuits entières elle dansa, tandis que Cyprien, morose. à qui elle avait conseillé le baccara. errait en peine autour des tables.
— Malgré mes cinquante ans, je suis toujours un peu là !... Pas vrai, ma cocotte ? — Toujours un peu las  : oui, mon coco ! Dessin de 11.'GERBAuLr. Un jour, un télégramme le rappela à son usine. Il-partit, revint en toute hâte une nuit plus tôt qu'on ne l'attendait et, là, que vit-il ? Régine, pâmée au bras d'un Basque. pelotari râblé et musclé qui, dansant avec cette femme seule et la devinant consentante, avait saisi la balle au bond. Cyprien crut mourir de honte, à la pensée d'un tel outrage. La rupture devenait fatale. C'était l'inéluctable adieu. Pourtant, quand le moment en fut venu, il éprouva comme une faiblesse et se mit à gémir à sanglots. Régine alors s'approcha de lui. Il la repoussa d'une main tremblante. puis, avec des hoquets, lui rappela ce qu'il avait fait pour qu'elle soit vraiment heureuse. Ses jambes l'étaient, ses mains l'étaient, bref tout son corps, puisqu'il avait sacrifié une fortune pour satisfaire à ses caprices. La trahison venait donc du ccxur. I1 savait qu'elle ne l'aimait pas 1 VI EILL E A cela, que voulez-vous répondre ? Régine, perplexe, se taisait quand tout à coup Pück s'étira dans sa corbeille et, d'un bond souple et gracieux, sauta sur les genoux de Cyprien. Celui-c, en fut tellement surpris que la discussion s'arrêta. Bientôt mêinei Pûck témoigna d'un tel amour, faisant le gros dos et se dressant sur les pattes de derrière pour heurter le menton de Cyprien, que la figure de ce dernier s'éclaira d'un pâle sourire. Régine comprit que c'était le salut. Elle prit le cou de son amant et lui murmura à l'oreille  : — Alors, dis, chéri, c'est fini ? Maintenant, tu vois bien qu'il t'aime. Mais il faut que je te l'avoue. Si je t'ai trompé, ce n'est pas ma faute. C'est que Pack n'était pas heureux. U R LIQUEURS MARTIAL-PERRIER. LA GLOIRE DES GRANDES FRANÇAISES



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