Le Rire n°290 23 aoû 1924
Le Rire n°290 23 aoû 1924
  • Prix facial : 0,75 F

  • Parution : n°290 de 23 aoû 1924

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 98,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'essayage de maillot de bain.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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L'AFFOLANTE AVENTURE DE JEF HANS TANDEFJORU Jef Hans Tandefjord était un jeune estho-livo-ruthèneçqui, en compagnie de douze athlètes de son âge, était arrivé en France pour représenter dignement aux Jeux olympiques sa petite patrie, l'Estho-Livo-Ruthénie. Jef se spécialisait, non pas dans la course à pied ou dans le saut en longueur sans élan, mais dans le jet de la grenade à double menton, nouvel engin dont l'adoption aux Jeux olympiques avait été préconisée par leC. O. F. Pour parfaire leur entraînement, avant l'ouverture des Jeux, les treize estho-livo-rutliènes furent envoyés à Vaux-sur-Seine, petite bourgade de Seine-et-Oise, où leur manager leur fit subir une prépàration intensive ; ils étaient là aussi éloignés des tentations du monde que des moines cloîtrés en leur couvent, mais cependant la continence ne devait pas être absolue  : chaque athlète avait droit à un jour de sortie par quinzaine, jour suivi de sa nuit, bien entendu, laps pendant lequel il était loisible au dit athlète de venir à Paris goûter à la coupe des voluptés à la fois faciles, frelatées et onéreuses. Jef, qui parlait le français mieux qu'aucun de ses compatriotes, fut le premier à profiter de la permission de la nuit ; sa sortie de début n'offre rien de bien remarquable à narrer ; aux environs de la gare Saint-Lazare, il fut accosté par une Vénus de trottoiiqui lui fit des propositions auxquelles son peu de connaissance de la langue française ne lui permit pas de donner un sens très précis ; mais, une demi-heure plus tard, en un lieu adéquat, pour la circonstance une chambre meublée voisine, sa compagne d'un moment fit des gestes suffisamment éloquents pour que Jef comprit immédiatement de quoi il s'agissait... Pourtant son équipée ne lui laissa, outre une gueule de bois carabinée, qu'une désillusion assez complète sur la sincérité amoureuse des habitantes de Paris. Treize jours après, pour sa deuxième sortie, Jef Hans Tandefjord résolut d'être plus circonspect et de ne se livrer qu'à bon escient aux mains expertes d'une hétaïre. Il prit le train, acheta avant de partir le Cri du sportsman, journal de sport dont la couleur rose l'avait tenté, et, une heure plus tard, débarqua à la gare Saint-Lazare, tenant toujours à la main son quotidien dont il n'avait réussi à lire que quelques lignes. Il s'arrêta en face de la sortie du Nord-Sud, délibérant in petto sur le parti qu'il allait prendre... Il stationnait ainsi depuis cinq minutes lorsqu'une petite femme brune, jolie et gentille ma foi, l'aborda brusquement. C'est vous, monsieurDédé ? Oh ! {1, , ;' : ; _% ; ?, c'est bien d'être à l'heure comme ça... Vite offrez-moi votre bras et entrons dans un café, où nous serons mieux pour causer. Jef Hans Tandefjord, de prime — Pour la première fois, je suis sur d'être aimé pour moi-même ! Dessin de Raymond PALLIER. — Est-ce beau ! est-ce beau ! Oui, mon ami, mais, je t'en prie..., assieds-toi ! Dessin de MARS-TRICK.. abord, fut nettement ahuri, mais il se reprit vivement et, comme la petite femme ne lui laissa pas le temps de placer un mot, cinq minutes plus tard, il était assis auprès d'elle sur la moleskine de la banquette d'un café proche. — Gaby nous attend place Clichy dans une heure, monsieur Dédé, et nous allons aller la retrouver... Et Jet'entendit vanter les mérites tout particuliers de Gaby qu'une heure plus tard il pouvait contempler dans le plus simple appareil, ainsi d'ailleurs que la petite femme brune qui se prénommait Gisèle, lorsque tous trois furent réunis en l'accueillant logis de la gente Gaby... Tirons un double, un triple voile même sur ce qui se passa à ce moment précis et redescendons plutôt, si vous le voulez bien, place du Havre, où, devant l'entrée du Nord-Sud, nous apercevons un jeune homme brun, tenant à la main un journal rose, non pas sportif celui-là, mais galant, et qui regarde toutes les deux minutes l'horloge de la gare en ronchonnant éperdument  : La petite grue ne viendra pas... Evidemment elle a répondu à mon annonce demandant deux petites amies pour promenade sentimentale », niais c'est pour me faire poser... Ah ! la petite rosse !... la petite rosse ! Ce jeune impatient est, vous le devinez, le Dédé que Gisèle devait retrouver et qu'elle a confondu avec Jef Hans Tandefjord, lanceur de grenade à double menton... Comment se termina l'aventure de Jef ? Nous n'avons pas à le dévoiler ici, mais il fut, parait-il, assez content de sa prouesse, car lorsque le premier des douze athlètes estho-livo-ruthènes quitta Vaux-sur-Seine pour venir batifoler à Paris, Jef ne manqua pas de lui dire, en estho-livo-ruthène bien entendu  : — Tiens à la main le Cri du Sportsman,c'est le meilleur moyen pour dégotter une ou deux « outardes » de luxe qui ne le font pas au chiqué ! Et c'est pourquoi l'on vit chaque jour du mois dernier un nouvel athlète estho-livo-ruthène attendre inutilement pendant des heures, à la sortie du Nord-Sud de la place du Havre, la venue toujours différée de l'outarde (i) » de luxe ! Eric DEMEIGE. (I) Outarde  : nom générique de la poule en estho-livo-ruthénien. bLiqueur cordial Medoc G.-A.JOURDE BORDEAUX
LES BEAUX SPECTACLES — Hein, p'tit gars, j'te l'avais bien dit qu'tu t'amuserais mieux ici qu'au cinéma ! Dessin de Pierre FALK$.



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