Le Rire n°284 12 jui 1924
Le Rire n°284 12 jui 1924
  • Prix facial : 0,75 F

  • Parution : n°284 de 12 jui 1924

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 47,7 Mo

  • Dans ce numéro : le pochard et les poires.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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SIGNE D'ARGENT Une vieille tante avait tout fait. Aubain fut nais un jour en présence d'une petite demoiselle insignifiante, encadrée d'un pâle bonhomme de papa et d'une maman confortable, et l'affaire fut conclue séance tenante. Il était désormais le fiai'dei Mile `Fondant et de la firme Fondant et C18, la première appelée à devenir bientôt Mme Aubain, la seconde destinée à se muer en Maison Fondant et Aubain, gros et demi-gros. Il ne restait plus-4. l'heureux-fiancé q#4-faire -un- brin de cour â l'héritière, ne fût-ce que pour la distinguer des demoiselles d'honneur le jour de la cérémonie nuptiale. Afin.de permettre ce minimum indispensable de connaissance superficielle les Fondant decidèrent d'inviter Aubain -à une série de diners intimes où il lui serait loisible de faire un discret étalage de ses séductions. C'est pour se rendre à la première de ces séances, qui constituait une sorte de vernissage, que le jeune homme faisait devant le Miroir une toilette aux petits oignons. Façon de parler, évidemment. Chaussettes neuves aux tons troublants, noeud de cravate conquérant, pantalon au pli impeccable et même (quoique Mile Fondant n'en dût rien voir) un caleçon de soie mauve avec gilet de flanelle assorti. On est raffiné ou on ne l'est pas. Et puis, sait-on jamais ce qui peut arriver, ne fût-ce qu'un accident ? Aubain prit un taxi pour éviter que la poussière ternît l'éclat de'ses chaussures. D'un pas léger il grimpa au second étage g du 27 bis, rue Lauriston, et sonna. — Si Monsieur veut s'asseoir un moment au salon... Ces darnes ne'tarderont pas. Aubain resta d'abtrd immobile au milieu du salon Louis XV où des coussins de broderie anglaise, étalés sur les sièges, empêchaient traitreuuement.de s'y asseoir. Puis, comme ses jarhbes s'ankylosarént, il fit quelques pas, s'intéressant atm ergères de Watea:û,-lithographiées et aux portraits de faiille sukpendus à dei clous de cuivre. Il avait ainsilfait le tour du  : lonnquand, tout à coup, il.:gentit sourdre en lui44.ine vague angoisse à là> vue d'une série de petites traces qui desWinaiént, sur là mocluett'bouton d'or, le.'circuit qu'il venait de patcourir. A chaque pal, ses seriné les avaient lai§sé.sur le'tapis un peu de Matière sombre qu'Aubafneeeonnut en se penchant.. fortifié,'il lança à'la porte un regard inquiet, puis, prestement, il ire ittà, néu+x le tôt' ? du 4alon, effaçant avec son mouchoir cet*è cho e qu'il avait.'b te ent'ramassée sur le'trottoir où c u € lqueien en niai d'indélicatesse l'avait cyriquernent dé osée. Ce'fut ut calvaire. Aubain guettait les bruits de l'appartement, efeayé à l'idée que sa'future on, pis'en-'tore, l'imposante belli-mère,'pourrait'le surprendre à pareille tâche, plus effrayé encoret. la perspectPve de la'découverte de" ces- marques peu reluisantes. ( Bien la"peini-de prei lre Unrta - : ! ronchonnait-il. Et il Ise'relevait'It4 Meindat dii cè c {dames eritrère%t. Fébrile, il énfon a'lads sa- poche Liqueur âÉAri'SL5Ï.RITE — Pour éviter les supercheries, nous déshabillerons d'abord le médium... CHOEUR DES FEMMES. - Oui, oui... et on n'éteindra pas l'électricité.'Dessin de Roger `PAT. — Ah ! ah ! vous voilà prise enfle deux feux ! - Vous voulez dire Entre deux -fourneaux. Dessin de GUYDO. le mouchoir maculé, balbutia des politesses incohérentes, serra tendre ment la main de la mère et s'inclina avec cérémonie devant -la tille. Il était'd'autant plus mal à l'aise qu'il percevait dans l'air l'odeur sourde, persistante, de la'chose qu'il avait bénévolement apptortée là. 11 lai sembla même.qu'elle s'intensifiait tandis qu'il remettait à l'héritière undélicat paquet de pralines, et ses narines battirent désespérément, reniflant l'air alentour. Il s'embrouilla dans les ianecdotes spirituelless, qu'il avait apprises avec soin 41-tirant trois jours, scrutant des yeux lies ineuibles etles obltâ.'par -crainte d'y avoir lassé quel4ue parcelle-de 1, innommable chose. Il nkosait agiter les'Mains, car elles étaient peut-être nprégnées'de Ela louche odeur. En parlant, il flairait ses doigts, ; fie taisant to'tt à coup, ouvrant un vaste nez inquiet. Comme fine tache apparaissait encore sur le tapis, il prit une pose torturée pour tenir un pied dessus et la cacher à ces darnes. Il était au supplice. A Itable, cé fut pis, car il était à peine assit dans kt salle a manger que son nez renééa le fameux relent qui le sui*ait obstinément. Il se tint aussi loin que possible de Mue Fondant, se ramassa sur lui- ! tiédie, craignant qu'un mouvement répandit davantage l'odeur. Il lui semblait que ordial = y édoc G.-A.JOURQE BOR DEAUX toutes les narinesalpitaient p sou n- neuses, et il répondait de travers aux questions du beau-père présomptif. Un lièvre'faisandé que la bonne apportait vint mettre le comble à son émoi.'Le fumet du gibier... et... l'autre se mêlaient étirangement et, quand Aubain mâcha la ptemière bouchée, ii eut un tel haut-le-coeur qu'il avales de travers, faillit étrangler, toussa, éternua, les yeux hors de la tâte. Machinalement, il tira son mouchoir pour l'appliquer sur sa bouche en détresse... Ce fut la fin. Il sentit sur son visage'un contact ignoble, jeta sur ses hôtes ahuris une regard d'infini désespoir et s'enfuit sans se f retourner, emportant sa serviette qui battait ses flancs tandis qu'il courait le long du trottoir. Il me-reparut'plus-.an av"bis',ele -la'rue Lauriston. Et il est pris de malerage quand quelqu'un hasarde que « c'est signe d'argent 0... GoM-GL T.
N'12 12 Juillet 1924 LE CANARD DE (GLOIRES â A, ûu'ORGANE HEBDOMADAIRE ET OLYMPIQUE PROFILS OLYMPIENS CHARLIE PADDOGK Ioo mètres enIo"4/Io,20omitees ee ai Z2 f le, c'est, huae de-10 dire  : le pur sang est.dans le Padcio k ! Champion olympique, ce zèbre — qui- dépasse.'le.31 it l'heure, sana aucun instrument danales, jambes ! —est américain, Même 4avec le- cliangetipon a beau dire  : ça - gaze ! LE PETIT HM— ne.43,044,0010 QUE PENS4"Z ; VQ1JS DES 4. ` ? Nos lectrices (et noire - abgjjé) continueant, e s dépit : de la ebaletur, d'en penser des choses très amusantes. Parmi le gros bouquet des réponses reçues,.détachons, apjourd'hui, ces quelques ; fleurs très spirituelles  : Combinaison Outrageusement Financière. CAusternation Optimisme.Français. P.RERuoies, 8 bis, rire de la' ?'rinité, Toulouse. Cocu Ou Formidable ? La petite pomme d'api. Comité Oisif Fortement. GILBERT, de Nantes. PROFILS OLYMPIENS"ib., , : (14\À PIERRE LEWDEN Pierre Lewden est le seul athlète français capable de sauter par-dessus M. Maginot avec le sourire. C'est une référence. nemain, peut-être, sera-t-il champion olympique ? Comme dit Siki  : « Y aurait bond ! » Nous n'osons l'espérer. Prions seulement. Dieu (et saint, Clémentel) que notre franc s'élève aussi haut que lui ! La-. Semaine qui vient. de s'écouler a vu le tournoi d@ lutte libre. A oing d'être. tout -à fait une andouille, on sait que la lutte ne. se pratipe ue Pas comme e footteilh 4par euipesi comme, 4e, lance ent, du. disque,., par individualité ; il est,.eu, effet, tres 4ifajle de lutter avec soimêrrte, car ; rien que pour se prendre dans-cas propres bras et s'enlever, ce n'est pas, très ; commode si on est seul... Les matclies forent donc acharnés, les uns pratiquant la lutte suisse (qui s'emploie beauteoupi quand on est à Uri),'ciireres,1a lattelurque (toutes les prises.comptera 4e la'tête au fez). ou'le catch'cos ça ehi con (q ni est aussi difficile. à'_ex euteay q'à pgononeer, sauf naturel-.lament.si n eSt enrhumé). Cette semaine, le tournoi continuera. par la : lutte j réco-romaine, ainsi appelée tparee..que, dans, cette lutte, les hommes l LA SEMAINE OLYMPIQUE LUTTE, AVIRON, NATATION, TENNIS RESULT TS ET PRONOSTICS gui, Qni,'de ; la graisse sont bons comme a t romaine, -. Pour ceux de nos lecteurs qui voudraient assister à ce tournoi, et quine connaissent, en fait de lutte, que la lutte pour la vie, disons, que Ja tutte gréco-romaine comporte les ! coups suivants. : a) Le ont, qui dure généralement trois jours (on a donc bien fait de réserver, à ; ce sport, une.semaine entière) ; b) Le bras ; roulé, qui _consiste à, pugdter de ce que l'adversaire a le, bicepsi -en boule, pour doper un coup dedans et le faire rouler à terre c) La ceinture, que $e met ; non pas le vainqueur, mais le vaincu ; d) Le tour de tête, qui- consiste à tourner rapidement, autour de la, tête, de son adversaire, pour l'abrutir et le tomber.ll y a également deux autres coups  : la cravate et le collier de force, mais ils sont interdits par suite du coût élevé de ces deux accessoires. Ajoutons, pour éviter toute confusion, que'la lutte gréco-romaine consiste à amener les épaules de l'adversaire, sur le tapis,. et non pas le tapis.aux épaules de l'adversaire... Dimanche prochain, nous aurons également trois nouveaux tournois olympiques  : aviron, natation et tennis. C'est le moment, ou jamais, de tuyauter nos lecteurs (et notre abonné) sur ces sports particulièrement sudorifiques  : AVIRON L'aviron. se pratique avec des avirons. Ajoutons ; qu'l est à peu près indispensable qu'il y ait un bateau avec. Ce bateau peut être un canoë, une yole, un skiff, un,double-scull, un pair-, car ou urne périssoire. Ce. qui- ne.veut pas dire que les rameurs. nie périssent qu'eu. périssoire, etque, quand ilssont. -dans un..double-scull, ils ne fout pas une salé yole ! Il-yy a trois catégories, deraxn eurs  : lesdébutants, les, juniors et les i se-, niors. Les débutants commencent par min nier des rames de papier : devenus juniors, on les met aux rames-de métro ; et'cef n'est que quand ils sont seniors'qu'ils commencent à avoir la rame et s'en vont ramer feurs pe kits.pois. Ajoutons, pour terminer,que le*, tournoi olympique. d'aviron se disputera à Rodez, qui est le chef » Lieu de l'Aviron. NATATION La natation se pratique dans Pgep, Il =y, a bien des. : types ui nagent dans l'opulence, mais n'y a4rivent ; que- ceux qui savent vraiment nager... Il y a six sortes de nages  : i. — le brasse, qui s'apprend dans les., aaseries, 2. - La planche pour ceux qui out la.gueule ; de bois. La coupe, qu'op nage, avec un copeaue.ntie les, dents. {.—:1.:0 4rwsk,gke, qqi se  : nage avec ; le ova res ; 5... trudgeon c ti'ine faut pas, c foudre avec le plongeon. 6.. Le crawl, qu'on nage lp tête sQugj l'eau, les fesses en l'air et lies (doigts dansle qez. ,q natation oom_porte ses dangers., Ils...sont.,au -nombre. de qquatre, wnêape dans la piscine des toureflrs  : a) Les herbes. — Fagiles à, éviter ; le n'a qu'à net pas se jeter. à l'eau dans une prairie. b) Les fluxions deppitrine. —.Pour ne pas en attraper, le- inageue. n'a qu'à conserver son. pardessus. c) Les crampes. — La crampe. étant causée, par le froid, le nageur n'a qu'à plonger immédiatement le, membre atteint dans l'eau chaude, pour que la. crampe disparaisse aussitôt. 1J ailleurs, la-Piseine olyaapique a coûté assez chaud, pour qu'on n'ait pas.à craindre cette sorte de danger. d)s $ourbillons.— Lu meilleure. façon (l'éviter. les, tourbilLvss,c'est e iççore de sauter.à pieds joints par-dessus. TENNIS Le.tennis est un sport qui se pratique avec une raquette, une balle, un fit, e un court, deux lignes,de fond, plusieurs autres personnes, une. chemise de flanelle un pantalon de outil, une ceinture c e cuir et des souliers de toile. C'est donc un sport très coûteux, comme le disent les. Anglais  : « Tennis money. u Et ils s'y eonpaisseût, les bougres ! La règle du jeu de tennis est simple et de bon goût  : la balle est bonne..ou elle ne l'est pas. Elle est bonne si. I, — Elle vous arrive sur la gueule sans vous faire de ml. 2. — On l'a envoyée dinguer assez loin pour avoir le temps d'en « griller une D. 3. — On tue l'adversaire avec. 4. — L'arbitre est myope. Elle ne. l'est pas si  : i. — L'arbitreest presbyte. 2. - 011 l'avale. 3. On, l'envoie dans le public- et. que quelqu'un la fauche en douce. 4. Elle -crève. Disons, pour terniiger, giue, le tennis est un sport très chiq,i qui ne se'joue que de cinq à.:set : et, qu'il a inspiré Victor'Hugo lui-mOine, doltt les vers fameux. chantent, encore dans totem, les crânes  : Lenglen, avait repu'lieux balles'dansla, tête.t, PRQQiL$. OLYMPi$,NS ANDRÉ NlOURLON C'est notre Pad4ock, en, si vous préfere, ipotre « Part toc » Il court.e : ioo mètres en 4o" l/5, aussi{-aiaémept que vous vt moi coprojis le Ien,45 en ace-secondes ! Dans le fond, il ne, court pas  : il vole. Oui c'est bien cela : « Du Mourlon pour les p'tits oiseaux ! » PROFILS OI, Y 1IPIENS PAAYO NURMI Ils vont se taper l'athlète !... DUC. O. F. Comme Occupation  : Fameux ! J. J., 60, rue Legendre. Ça Obère Financs. Antoine et Ne ly, Io, rue du Commandant-Rivière. gou ic ! O Français ! H. M., 44, rue La Bruyère. Cette Ostensible Faillite ! SçHc vsv, Vaille L4 snei. Notons, en passant, que, parmi toutes lesi-épouses reçues, bonnes eu mauvaises, ces Messieurs duC. F.. se sont unanaeaement abstenus... Est-ce. que,. par hasard, ils ne penseraient rien des J. O. ? C'est ce que nous verrons dans la culte (au, prochain numéro)... Paaa,vo, 1ïurnii est cqurppr et célibataire. Quelque chose comme  : , garç ia, de courses ! lin'dépit de son prénom, il ne s'endort-pas sur le rôti, car il vient'encore Ide « casser la gueule » au record- desy5.pçom. Ce crossgian, qui nous vient du Nord — comme la lumière — (u'n  : pou moins vite tout de même !) est le fin du sinlandais !



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