Le Rire n°281 21 jun 1924
Le Rire n°281 21 jun 1924
  • Prix facial : 0,75 F

  • Parution : n°281 de 21 jun 1924

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 46,2 Mo

  • Dans ce numéro : l'ouverture.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Mes parents sont venus me chercher (Suite) 2 Lorsque j'eus mon certificat d'études, Avec ma cousin'souvent nous causions, Et nous avions pris la bonn'habitude De nous communiquer nos impressions. Un jour, qu'ell'm'donnait des explications Sur nos différenc's de constitutions, Ell'allait me mette les preuves en main, Mais, hélas ! comm'un fait exprès, soudain REFRAIN Mes parents sont venus me chercher. J'n'ai rien su, mais j'étais contrarié. Dans la rue, un jour, j'fis connaissance D'un'femm'à qui j'fis mes confidences. Ell'me dit  : « Si tu m'fais un cadeau, J't'apprendrai c'que tu veux, mon coco. » Tout c'que j'avais, j'y ai donné ; Mais quand ell'voulut m'em ; n'ner, Mes parents sont venus me chercher. LA LUNETTE DE MICA Dans le music-hall sonore, si sonore que la lumière elle-même semblait être du bruit, M. Pierre Géry, négociant en cuirs à Cormeilles-en-Parisis, regardait la scène d'un air indifférent. Le spectacle était pour lui un prétexte  : celui de rencontrer une distraction plus tangible que celles qu'offraient les gestes artificiels et lointains des girls s'agitant au rythme haletant de l'orchestre. M. Pierre Géry espérait faire connaissance avec une jolie femme, juste assez honnête pour ne pas lui parler tout de suite d'argent et pas assez honnête pour en refuser, si l'on peut dire, après coup. Assis dans un fauteuil assez confortable, il considéra ses voisines. Celle de droite lui parut indésirable, car elle supportait mal une quarantaine fatiguée ; celle de gauche, au contraire, lui agréa fort. C'était, en effet, une magnifique blonde A la chair fraîche et saine, qui éveillait au fond de lui tout un monde de voluptés. Il lui sourit discrètement, car il ne savait point si elle était libre. Elle répondit sans trop d'hésitation, mais avec une distinction qui l'enchanta et sa réponse fut faite d'une invitation catégorique, puisque sa main gantée indiqua le fauteuil qui se trouvait disponible à côté d'elle... Tout de suite, ils causèrent. La conversation fut un peu lente et malaisée, car la blonde spectatrice était anglaise. Néanmoins, Pierre sut qu'elle se nommait Edith River et qu'elle était venue à Paris pour y oublier l'abandon dans lequel l'avait laissée un richissime seigneur britannique, parfaitement inconnu, du reste. Ils assistèrent au déroulement du programme, serrés l'un contre l'autre comme deux amoureux. De temps à autre, Edith tendait sa main droite vers la scène et criait  : — Jaôly ! Pierre Géry, loin des préoccupations que lui causait d'habitude le cours des cuirs verts, approuvait en riant. Il se laissait sé- 3 En fac'de chez moi. avec des jumelles, On peut voir tout c'qui s'passe chez les voisins. J'ai vu ma voisin', un'femm'jeune et bell', Se déshabiller pour prendre son bain. Comm ell'retirait sa blous', son jupon, Tous ses chichis et son p'tit pantalon, Y avait plus qu'sa ch'mis', c'est ça qu'j'attendais, Mais just'au moment, comme ell'l'enlevait, REFRAIN Mes parents sont venus me chercher. J'n'ai rien vu, mais j'étais énervé. Comm'ma mer'm'a dit  : « Veux-tu, Gustave, A la nouvell'bonn', montrer la cave ? » La p'tit'bonne était bien, ça m'a plu ; A la cav', j'suis tout d'suit'descendu, Et j'y s'rais encor'resté ; Mais, n'me voyant pas r'monter, Mes parents sont venus me chercher. APPRENTISSAGE — Je vous avoue, messire, que je n'ai encore jamais pendu. — Et moy, je vous apprends que je n'ai jamais encore été pendu. — Il nous fault donc y mettre tout un chacun de bonne volonté, si nous voulons arriver à quelque bon résultat. Dessin de SOUPAULT. VI E ILLE CURei 4 Dans un bal, un jour, je vis un'mondaine Qu'avait un collier de perl's gross's comm'ça. Ell'me dit  : « J'aime vos beaux yeux d'ébène V'nez chez moi d'main soir, on n's'embêt'ra pas. » J'ai bien réfléchi, j'n'y suis pas allé, Car je craignais pour ma virginité. Elle m'écrivit, j'lui ai répondu  : « J'aurais voulu y aller, mais j'ai pas pu. REFRAIN Mes parents sont venus me chercher. » C'n'est pas vrai, mais on est bien forcé De mentir un'fois dans l'existence, Quand c'est pour sauver son innocence. Mesd'moisell's fait's comm'moi, méfiez-vous D'un jeun'homm, acceptez l'rendez-vous ; N'y allez pas, mais répondez Afin de vous excuser  : « Mps parents sont venus me chercher. s duire volontiers, heureux de ranimer un peu sa cinquantaine en se donnant une merveilleuse illusion de jeunesse... Ils applaudirent ensemble la danse des mousmés  : ils rirent et frémirent tour à tour en subissant le mirage des ombres en relief au moyen de la lunette bicolore que leur donna l'ouvreuse. A la sortie, un taxi les emporta, déjà enlacés... *** Quand ils furent dans la chambre bleue et rose que la jeune femme habitait avenue des Ternes, leur étreinte devint plus ardente encore. Edith avait dosé la lumière en manoeuvrant d'un doigt savant le commutateur. Elle apparaissait maintenant comme une fleur nacrée dans le calice de sa chemise noire... Rouge, oppressé, Pierre la tenait dans ses bras et soupirait  : — Tu me plais, chérie, tu me rappelles ma première maîtresse... Elle lui rendait ses baisees avec une précision étourdissante et une abondance qui se trouvait en désaccord avec le change... Et elle disait, la voix rauque, avec un accent irrésistible  : — Je aimais beaucoup les Français vraiment... Soudain, au moment où rien ne s'opposait plus en apparence à. leur bonheur, Pierre se mit à pâlir. Une faiblesse qu'il connaissait bien et qui, déjà, l'avait placé en ridicule posture, le saisit. La sueur au front, il avoua d'un ton entrecoupé  : — C'est étrange, ma chérie, je ne sais ce qui me prend... Cependant tout à l'heure j'étais prêt à... Il se tut, découragé. Déçue, la jolie femme se redressa en poussant un soupir ironique. Puis, chaussant son nez de la lunette de mica qu'elle avait rapportée du music-hall, elle dit'— Faites voir, chéri... Peut-être qu'avec la lunette je verrai la petite chose en relief... René RABACxE. LA GLOIRE DES GRANDES LIQUEURS FRANÇAISES
r_. Carrefour de Châteaudun, on inaugure l'agent-starter. Remarqué à Longchamp, la jupe-gladiateur, avec son accessoire  : le bouclier boite-à poudre. La galère parisienne, montée par les conseillers municipaux, se prépare aux jeux nautiques. <_)) (e% ff/JÇ TOUT-PARIS OLYMPIQUE V Méfiez-vous des petites dames impudiquement vêtues... Les courriéristes sportifs portant leur copie au journal. Sur la piste en cendrée du boulevard, le costume très sport » fait fureur. (A. noter l'ombrelle javelot et le disque-galure.) tcatti fer (r Une innovation de la T.C. R. P.  : l'arbitre de mëlée.'r k_0(T 011 -(1\(V)iv- (k 0)1" cci) Le Triomphateur, montant à l'Olympe-Montmartre, où l'accueillent les poètes de la commune libre. (Comme il fait chaud, les muses sont à l'intérieur...) Dessin de Roger PRAT. Envoez vos lettres et colis, allez au MAROC et en ALGÉRIE par AVION —Lignas Aerielliles LATBCOR, Paris



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