Le Rire n°278 31 mai 1924
Le Rire n°278 31 mai 1924
  • Prix facial : 0,75 F

  • Parution : n°278 de 31 mai 1924

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 40,7 Mo

  • Dans ce numéro : la nouvelle robe.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 12 - 13  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
12 13
Nos lecteurs continuent à répondre avec empressement à l'appel que nous leur avons adressé pour notre rubrique Les Bonnes Histoires. Certains d'entre eux pourtant s'étonnent que nous ne leur accusions pas réception de leurs envois. qu'ils soient bien persuadés que, malgré toute notre bonne volonte et en raison du grand nombre de nos correspondants, cela nous est matériellement impossible, de mcéme que nous ne pouvons en aucune façon retourner les manuscrits non insérés, ce qui, d'ailleurs, est la règle. A titre d'indication, nous leur signalons que nous accordons la préférence aux anecdotes qui sont relativement peu connues, et que nous éliminons d'abord toutes celles dont le sujet est par trop scabreux. Nous rappelons, d'autre part, à nos lecteurs qu'ils ne doivent écrire que d'un seul côté de la feuille et qu'il est absolument nécessaire qu'ils répètent leur nom et leur adresse au bas de chaque histoire. Celles qui paraissent dans nos colonnes sont rémunérées à raison de vingt-cinq francs, quelle qu'en soit la longueur. De plus, une prime de cent francs est attribuée, chaque mois, à l'auteur de la meilleure histoire publiée. Dans notre prochain numéro, nous donnerons les noms des bénéficiaires pour les anecdotes parues dans le courant de mai. *** Ce vieux général, resté toute sa vie célibataire, n'était pas du tout mondain. Pourtant, lorsque sa nièce devint orpheline, il fallut bien qu'il la recueillît et la menât un peu dans le monde. C'est ainsi qu'il fut un jour convié avec elle à la table d'un de nos ministres. Le grade de général, son grand âge et sa poitrine constellée de décorations lui avaient valu une place d'honneur presque en face de la maîtresse de maison. Le potage avalé, on enlève, naturellement, les assiettes creuses. En ce moment le général est très occupé à raconter à sa voisine de droite sa campagne de Madagascar. Machinalement il prend sa serviette et fait le geste du vieux garçon qui, au restaurant, essuie son assiette. Aussitôt un valet se précipite, enlève l'assiette, en met une autre... Une autre que le général essuie aussitôt tout en continuant son histoire. Nouvel échange et nouveau geste machinal du vieux guerrier. Une fois de plus le larbin avance le bras pour desservir ; mais, cette fois, le général a vu son geste ; il happe le bras au passage et se tournant vers la maîtresse du logis  : — Sapristi ! madame, s'écrie-t-il, est-ce que cet imbécile va finir, ou faut-il que j'essuie toute la vaisselle de la maison ? Un décret de décembre 1854 avait créé le quatrième régiment de zouaves, celui de la garde impériale. La princesse Mathilde, qui venait d'abandonner son prince Demidoff, aidait son impérial cousin à achever l'organisation de la nouvelle Cour. Et, rêveuse, elle ne se tenait pas de joie, en admirant les beaux hommes qui composaient ce corps d'élite. — Oui ; mais, soupirait-elle un jour, voilà !... Ces polissons, avec leurs coquines de culottes bouffantes, on ne sait jamais ce qu'ils pensent ! ** Le navire, pris dans la tempête, n'a échappé au naufrage que par miracle. Equipage et passagers, tout étonnés de se retrouver vivants, sont encore sur le pont. — Nous autres marins, dit le capitaine, pensons que, selon le vieux dicton, nul n'est maître à son bord qu'après Dieu. Nous venons d'être sauvés contre tout espoir. Nous allons donc, tandis que nous sommes encore réunis, remercier la Providence et prier en commun. Que chacun se mette à genoux ! Un passager, un seul, Kahn, reste debout. — Je suis Israélite, dit-il, et n'ai donc pas à m'agenouiller. - C'est juste, répond le capitaine. Observez votre religion comme vous l'entendrez. Mais priez avec nous. Il me faut un acte religieux. — Ah !... un acte religieux ?... Un instant, Kahn reste songeur. Puis il se découvre doucement et, sa casquette à la main, parcourt à pas feutrés les rangs des fidèles en prière  : — C'est bien, dit-il. Je vais faire la quête. Ma peinture ne se vend pas... de t'assure pourtant bien que le modèle ne manque pas d'amateurs Dessin de H. GERBAULT.
N'6 31 Mai 1924 LE CANARD DE (OLOIBES ORGANE HEBDOMADAIRE ET OLYMPIQUE LE COMMUKIQUÉ DE 3 HEURES Situation olympique inchangée depuis le dernier communiqué. Pourtant, Cians le secteur du Stade. Ibfiensive anglo-américaine se faisant attendre, le'front des bistrots s'est considérablement rembruni... Ils ont subi de grosses pertes. Aux abords.immédiats de Colombes, l'ennemi s'est emparé d'un hôtel meublé et a fortifié la position. Toutefois, il serait puéril de comparer cette région aux régions envahies...'Dans le Stade même, on ne signa ! e aucun coup de main ; par contre beaucoup de coups de pied. Nos troupes ont capturé un ballon., Les renforts s'acheminent lentement par chemin de fer ; toutes les routes menant au Stade sont criblées de trous d'obus et les tanks de la T.C.R.P. enfoncent dans la- boue jusqu'à la chenille. Sur la route qui va de Paris à Colombes. on signale de nombreux coups de fusils et de mitrailleuses. Aucun sous-marin en vue dans la piscine des Tourelles. Aux Halles, le veau et les petits pois progressent vivement, tandis que le franc continue de céder du terrain. Rien d'autre à signaler. PLUTARQUE. TOUT r1 L'OLYMPE ! C'est curieux,. mais, depuis quelque temps, la mode est à l'Olympe... On ne sait pourquoi, mais tous les jeux sont olympiques, le tabac est olympique, les villages sont olympiques, les trains sont olympiques, les chaussettes sont olympiques... Et vous pouvez consulter les colonnes Moriss, vous y lirez : Olympique... ô l'impôt ! Olympie qui chante ! Plein l'Olympe ! Olympe hie : Oh ! l'on pique ! Revue où l'on pique et autres titres plus ou moins piquants. Car toutes les revues sont également olympiques... Aussi, devons-nous nous attendre, après cette olympiade, à rencontrer une quantité considérable de fillettes que des parents olympiqués auront baptisées  : Olympe ! Après tout, ça vaut mieux que de s'appeler Victoire ou Jofirette ! Iémoiios'llerdoIe â oIoiuIos CHAPITRE Ier LES RE-DOUZE TRAVAUX... Par Zeus, mon père, c'est une bien exécrable idée que j'ai eue de venir assister aux Jeux olym- piques de Colombes ! Ma parole de dieu, c'est 1 pire gn'a,Argos et,.depuis mon arrivée, il m'a déjà fallu accomplir — Moi, monsieur, j'adore le sport, mais je ne pratique pas.., Espérons que la Ville Olympiade aura le succès de la 1"... C'est la grèse que je nous souhaite ! PROPOS D'UN NÉOPHYTE Pour ASSISTER aux JEUX OLYMPIQUES Va-t-on inviter les Allemands ? quelques travaux auprès desquels les douze que je fis pour le compte d'Eurysthée, n'étaient que de la bibine ! Qu'on en juge  : i. Trajet de Paris à Colombes. — Sorti dans un taxi-char par la porte de Champerret, je n'ai pu franchir le pont du. chemin de fer, sorte de Géryon qui embouteille les véhicules ; je nie suis rabattu sur Asnières, région fabuleuse où des hydres à baladeuses sèment la terreur et l'effroi. Arrêté par trois fois par des monstres nominés Passageanivos qui vomissent de la fumée pet des escarbilles f'ai atteint enfin Colombes après cinq heures d'efforts herculéens — c'est'le k ces de le dire ! 2. Les Boues d'Augias. — Pour aborder le Stade des Hespérides, j'ai dû traverser les boues qui l'entourent... Ce n'est pas une petite affaire, car on y enfonce jusqu'aux aisselles et on en sort avec une véritable tunique de Nessus, très capable de vous colloquer le choléra, les fièvres paludéennes et la peste bubonique ! 3. Le home d'or. — Cueillir la pomme d'or au jardin'des Hespérides est une plaisanterie en comparaison de la cueillette du home d'or. Par Alcmène, mai mère,1 tonte.dieu.que, je suis, il m'a fallu huit jours d'efforts pour lelésieher une soupente chez un marchand de frites de Gennevilliers. On se souvient que la question d'inviter les Allemands aux Jeux olympiques s'est posée à plusieurs reprises. On se souvient. ég alement que M. Poincaré s'y est énergiquement refusé. Sans doute s'était-il dit que Colombes est bien près de Paris (nach Paris), que, pour peu qu'on ne prenne pas le train olympique, on pouvait s'y rendre en très peu de temps, qu'il pouvait venir, tant en -athlètes- qu'en spectateurs. allemands, la valeur de.cinq corps d'armée, qu'ils pouvaient cacher des armes dans leur culotte, et qu'enfin ce n'était pas prudent... Aujourd'hui que M. Poincaré ne compte plus, va-t-on  : inviter les Allemands ? A notre humble avis, c'est bien tard, et puis les.Allemands ont leur amourpropre, -et puis c'est pas ça qui arrangerait la crise des logements, et puis la question ne se pose plus... La question ne se pose plus parce que, maintenant que M. Poincaré n'est plus rien, il s'en pose une autre à la place... Et cette autre question la voici  : — Va-t-on inviter M. Poincaré ? M. PROFANE. LE COIN DES LECTEURS TUE-LA ! Dimanche dernier, à Colombes,] e suis venu pour des colombins. Je m'étais offert un gradin pour voir Espagne-Italie, et je n'ai vu qu'un chapeau  : celui de la dame placée devant moi ! Autrefois, les Grecs, qui n'étaient pas des gourdes, précipitaient du haut d'un rocher les femmes qui osaient se montrer aux J. O. Pourquoi ne précipiterions-nous pas dans la boue de Colombes toutes ces bougresses qui nous empêchent de voir ?... Ou, tout au moins, leurs galures ! UN SPORTSMAN. A LA GARE ! D'heure en heure l'Amérique qualifie, disqualifie et requalifie Paddock. D'heure en heure, elle nous annonce que Tilden viendra et ne viendra pas, et que Mrs. Mallory est yankee, sans l'être, tout en l'étant... Tous ces gens-là nous courent sur l'haricot. Et l'haricot, avec le change nous coûte trop cher pour que les yanks se permettent de courir dessus ! UNE BRAVE MÉNAGERS. Il m'en coûte cent drachmes par jour, et encore je dois partager ce taudis avec une famille tchécoslovaque ! 4. L'antre duC.O.F. — En tant que dieu de l'Olympe, j'aurais bien voulu voir les Jeux olympiques à l'oeil. Mal m'en a pris. Dès l'entrée, j'ai dû me colleter avec non pas un Cerbére, mais plusieurs, et sans doute me seraisje mis la ceinture d'Hippoly - te si... (La suite au prochain numéro.)



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :