Le Rire n°273 26 avr 1924
Le Rire n°273 26 avr 1924
  • Prix facial : 0,75 F

  • Parution : n°273 de 26 avr 1924

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 42,9 Mo

  • Dans ce numéro : à la manière de Lysistrata.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 8 - 9  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
8 9
— Au chauffeur donc ! Si tu crois que c'est gai de vivre six mois durant avec un taxi sur le dos !... II vida son verre d'un trait, et répéta d'une voix étouffée  : - Car voilà six mois, ni plus ni moins, que je traîne derrière moi ce tacot de malheur que tu vois là, devant la porte ! Il faut que je te raconte ! C'était au mois de décembre. J'étais dans une purée, mais là, une purée insensée ! Un matin, je nie décide à aller voir un copain qui habite du côté de la place d'Italie pour lui emprunter un louis. Je sors de chez moi  : il pleuvait comme jamais je n'ai vu pleuvoir. L'eau, me dégoulinant dans le cou, m'entrait dans les bottines... Bref, je me dis  : Puisque le camarade me prêtera vingt francs, je vais m'offrir un taxi que je réglerai en sortant de chez lui ! « J'arrive, je sonne, je frappe. Le bougre n'était pas là ! Mon taxi m'attendait à la porte, avec ce même air patient et implacable que tu lui vois, car c'est toujours le même. Mais à cc moment, je ne lui devais encore que quatre francs soixantequinze ! Donc, je songeai aussitôt à un autre camarade qui habite à Bécon-les-Bruyères. « Je lui demanderai cinquante balles, pensai-je, et làdessus, je paierai mon chauffeur. Le copain avait déménagé la semaine précédente pour aller habiter Versailles ! Et le compteur marquait vingt-huit francs quarante-cinq ! Je décidai d'aller jusqu'à Versailles, où il me suffirait d'emprunter vingt louis ! Ah ! quand la déveine vous poursuit !... L'ami en question était mort la veille, et ses héritiers me regardèrent de travers parce que je n'apportais pas de couronne ! En même temps, le chauffeur m'annonçait que je lui devais cent quatre-vingt-dix francs, plus les centimes ! Quc faire ? Rentrer à Paris, faire le tour de tous les amis et connaissances ? Je préférai, puisque aussi bien j'étais eu route, pousser jusqu'à Dijon, où j'ai une vieille tante qui possède un fonds de mercerie. n creva une demi-douzaine de fois, mais le chauffeur voulut bien m'annoncer que les pneus étaient compris dans le prix du kilomètre. A Dijon, je lui devais cinq cent dix-sept francs et le pourboire. J'entre chez ma tante. La bonne m'annonce qu'elle fait une cure à Pougues-les-Eaux... Garçon ! Un amer cassis ! — Alors, tu es allé à Pougues ? - Oui, mais nia tante m'a fait une scène à tout casser, en déclarant que j'avais un sacré culot de venir la voir en auto alors qu'elle se contentait de voyager en troisième classe. Elle n'a rien voulu entendre... — Pauvre vieux ! — J'avais un cousin à Marseille ! — Il a payé ? — Il venait de faire faillite ! Et je devais trois mille balles à mon sacré chauffeur ! Je n'avais plus qu'une ressource  : aller au Caire, où j'ai comme qui dirait un oncle d'Amérique qui a fait fortune dans les momies. INSECTICIDE — Comment, vous tuez les punaises avec un marteau ?... Ma pauvre fille, on voit bien que vous n'avez pas inventé la poudre. Dessin de J.-J. RoussAu. FAUSSE COUCHE — Dis, maman, et le petit frère que tu m'avais promis, oà est-il ? — Dans les choux ! Dessin d'Arsène BRIvoT. — Tu as embarqué le taxi ? — Comment faire autrement ? —. Alors, l'oncle n'était plus là ? Si fait ! Il m'a allongé royalement trois mille balles pour laies frais de voyage. J'avais déjà pour quinze mille francs de taxi ! Je suis rentré à Paris... Et voilà ! — Tu cherches toujours ?... Oui !.. Non !... Cela m'est égal. I,e tacot me suit. Il me suivra jusqu'au Père-Lachaise si cela lui plaît... Garçon, remplissez les verres... Après une molle poignée de mains, Planchard me quitta et regagna la voiture en titubant. Quand il eut refermé la portière, le chauffeur s'approcha de moi pour me demander avec inquiétude  : — Vous ne savez pas où habite votre ami ? Il m'a l'air plutôt mûr ! Depuis une heure que je l'ai chargé, il a déjà visité une quinzaine de bistros. GoM GUT. NOTRE GRAND CONCOURS DES K BLACKBOULÉS » Le scrutin est ouvert v vw.wwwv Nos lecteurs trouveront, page 3, un BULLETIN DE VOTE qu'ils peuvent d'ores et déjà nous faire parvenir, après l'avo:r soigneusement rempli. Ci-dessous nous donnons une dernière fois tous les renseignements relatifs à ce concours  : OBJET DU CONCOURS. — Que chaque lecteur prenne la liste des députés du département où il réside, et, d'après cette liste, qu'il indique  : 1° Le nombre de députés sortants qui ne seront pas réélus ; Le nom de ces députés. Pour départager éventuellement les « ex-cequo », répondre, d'autre part, à cette troisième question  : 3° Combien de députés sortants seront « blackboulés » dans l'ensemble du pays ? DÉSIGNATION DES GAGNANTS. — Pour la désignation des gagnants, nous procéderons par élimination, en commençant par la première question. Nous retiendrons donc d'abord, dans chaque département, les noms des lecteurs ayant indiqué exactement le nombre des députés blackboulés. Pour la deuxième question, qui interviendra ensuite, nous attribuerons un point à chaque nom indiquant un député effectivement l:atlu. Nous arriverons ainsi à établir, dans chaque département, une liste de classement, la troisième question intervenant pour départager les « ex-cequo ». PRIX. Dans chaque département, deux prix au minimum seront attribués, et les lauréats recevront, soit un bel album en couleurs, tirage de luxe, ne se trouvant pas dans le commerce et contenant des dessins de nos'mitres humoristes, soit un superbe dessin original de l'un de nos meilleurs collaborateurs. De plus, trois prix en espèces (500 francs, 300 francs et 200 francs) seront altri ! atés pour l'ensemble du concours, les premiers de chaque département concourant entre eux sur la troisième question.
N°1 LE CANARD DE (OLONDES ORGANE HEBDOMADAIRE ET OLYMPIQUE VISITE AU STADE OLYMPIQUE EST-IL PRÊT ? — « STADE IS THE QUESTION » — CE QUE NOS YEUX ONT VU — LES ORGANISATEURS SONT POSITIVEMENT EN CHANTIER — BEN, MON COLOMBES ! Dans huit jours, ce sont les Jeux olympiques. Colombes est-il prêt ? C'est ce que nous avons voulu savoir. Nous nous sommes donc rendu à Colombes. C'est loin, mais c'est prêt. Comme nous arrivions, on donnait le dernier coup de pinceau aux gradins. La peinture ne sera peut-être pas sèche pour l'inauguration, mais enfin, on pourra toujours s'asseoir ! Au centre du stade, le gazon est tout vert ; les bistros aussi, et M. le baron de Coubertin, en chapeau hauteforme, redingote et gants blancs, — cloue de ses propres mains, audessus de l'entrée, l'écriteau fatidique  : « On est prié de faire l'appoint. » Nous en profitons pour faire le tour du stade. Voici la piste. Elle affecte la forme d'une roue de Citroèn qui aurait u5 kilomètres dans les jantes. Dans les virages, on a installé des tribunes pour les photographes ; dans les lignes droites, elle frit trottoir roulant, pour permettre aux coureurs d'avancer plus vite et de battre les records. C'est l'oeuf de Colombes  : il fallait le trouver... Sur la ce-f e pelouse, on a semé des poids, PETITS TUYAUX D'ENTRAINEMENT Nos athlètes vont avoir à lutter contre une formidable coalition étrangère. Les derniers tuyaux d'entraînement sont, à ce sujet, peu rassurants. En course à pied, on dit que les Anglais filent a l'anglaise, qu'ils soulèvent la livre comme nous le kilo, et qu'en foot-ball il ne faudra pas s'y frotter tant ils sont galles ! En boxe, les Américains tapent sec. En lutte, il y a quelques petits Suisses qui aspirent au premier ranz, et les Turcs courent comme s'ils avaient le feu aux fez ! En outre, il paraît que les Espagnols vont s'agripper, que les Italiens veulent nous montrer toute la lire, que les Hollandais veulent le fromage, que les Grecs s'annoncent comme sauteurs, que les Polonais sont décidés à revenir sus ou soûls, que les Belges sont brillants, que les Tchèques n'entendent pas être barrés et que les Allemands comptent payer... de leur personne. Nos athlètes n'ont qu'à bien tenir la rampe ! et, au buffet, des haltères. Les cabines téléphoniques sont groupées autour de la piscine (à l'eau ! a l'eau !) et le vestiaire comporte mille patères  : nous pourrons remporter des vestes ! Un peu de statistique va édifier nos lecteurs. L'enceinte a été conçue en neuf mois. Avec le bois employé à son édification, on aurait pu planter une forêtui aurait couvert les 4/5 de la Tchécoslovaquie ; on a utilisé 200.000 brouettes de mâchefer et 7.000 ouvriers pour le mâcher. Un million de clous à crochet, 48.000 tubes de sécotine, 39.000 pots de ripolin, i6 mètres carrés de papier de verre et trois épingles de nourrice ont été, en outre, employés. 27. 000 ingénieurs, architectes, PLAN DU VILLAGE OLYMPIQUE PROPOS D'UN NÉOPHYTE LE SALUT AUX NATIONS Au cours des Jeux olympiques, il va sans dire qu'en cas de victoire de la France, on hisse le drapeau tricolore. Mais comment convient-il, en cas de victoire des autres nations, de les saluer ? C'est une chose qu'il faut savoir  : et our que vous la sachiez, je vais vous l pa di re. Pour les Yankees, on tire trois coups de canon et on déchire le Traité de Versailles. Pour les Anglais, on ne tire pas de coups et on hisse la livre. Pour les Italiens, on hisse une bannière noire et on offre une tournée d'huile de ricin. Pour les Suisses, on reste assis, pour les Polonais on siffle, pour les Slaves on tire des salves, pour les Japonais on rit jaune et pour les Allemands, on bat un ban et on leur jette sur la gueule... M. PROFANE. 26 Avril 1924 maçons, terrassiers, tailleurs de pierre, charpentiers, forgerons, électriciens, menuisiers, cracheurs dans les mains, et grévistes se sont consacrés a cette besogne. Ils ont dépensé une telle somme d'énergie que les 2/3 d'entre eux sont devenus des athlètes coniplets et, — à ce titre, — participeront aux Jeux. Après le stade, voyons le village olympique. C'est un village comme tous les villages, avec une église, un garde champêtre, une pompe a incendie, beaucoup de bistros et une pancarte à chaque bout  : « Attention aux enfants. » — « Merci.' » Ajoutons que, pour le cas oit des spectateurs s'aventureraient jusqu'a Colombes, tout a été prévu  : des trains partiront de la gare Saint-Lazare de minute en minute et arriveront à Colombes de quart d'heure en quart d'heure. Pendant toute la durée des Jeux, les catastrophes seront suspendues. En outre, l'autobus Gare de Lyon-Gare Saint- Lazare fera, de temps en temps, un petit crochet pour Colombes ou ses environs. Bref, tout est prêt. On n'attend plus que les athlètes. Pourvu qu'ils viennent'. M. A. OLYMPICORRESPONDANCE Johnny. — Nous connaissons encore une chambre à louer chez des particuliers  : 5oo francs par jour et il faut épouser la fille. Cocopoulos. — Non, le poker n'est pas un Jeu olympique.Vous confondez la culotte avec le penthatlon... Totoche. — Les Anglais ont déjà envahi Colombes. On se croirait en Colombie britannique ! Famille Atkins. — Vous ne trouverez aucun hôtel dans ces conditions-là. Les enfants ne payent pas demi-palace.X. Y. Z. — Gardez-vous bien de siffler les Anglais  : ils prendraient ça pour des applaudissements ! Petite curieuse. — Ce n'est pas Louis XIV qui a dit  : « Le Stade c'est moi ! » C'est le baron de Coubertin. Vieux patriote. — Comme vous dites ! Si les Allemands participent aux Jeux olympiques, il y aura des Boches de muscle ! OLYMPE. MARCEL ARNAC Avant de présenter Marcel Arnac, nous commençons par dire que nous ne répondons pas des dettes qu'il pourrait contracter, — et que nous ne les rembourserons en aucune façon. Ceci dit,atjoutons que si nous l'avons placé à la tête de ce journal, — dont il sera à la fois le directeur, le garçon de bureau, le photographe et l'abonné d'un an, — c'est parce qu'il a une petite amie qui s'appelle Olympe, qu'il est un peu olympique et qu'il aime s'en mettre plein l'olympe... Ajoutons egalement qu'après les Jeux olympiques, nous nous empresserons de lef... à la porte. LES ACTIONNAIRES. Où logeront=ils ? Pour les Jeux olympiques, on attend 250.000 étrangers. Où va-t-on loger tout ca ? Ne vous en faites pas une miette ; les dispositions sont prises. Et comment ! On mettra  : les Anglais à Boulogne, les Américains à Maison-Blanche et à Noisy-le-Sec, les Africains à Houilles, les Bulgares à Charenton, les Hollandais à Bourg-la-Reine, les Turcs à Pantin, les Allemands à Versailles, les Luxembourgeois au Luxembourg, les Autrichiens à Saint-Germain, les Chinois chez la Mère Moreau, les Russes à Malakoff et au Kremlin, les Polonais à Ivey, les Arabes à Saint-Maur, les Italiens à Romainville, les Colombiens à Colombes, les Yougoslaves à Villejuif, les Roumains à Choisy-le-Roi, les Suédois et les Norvegiens à meau, et les Grecs à Enghien. Et pour éviter les embouteillages, tous ces étrangers devront prendre des numéros quand ils désireront aller à Bezons. NOTRE ORGANISATION Le Canard de Colombes, — qui se propose de paraître pendant toute la durée des jeux, — est organisé de façon pépère. Le Canard de Colombes a acheté un appareil téléphonique. Si les affaires marchent bien, il le fera relier par un fil avec les P.T. T. Le Canard de Colombes a installé un service d'informations par voilures a bras entre Colombes et Paris. Le Canard de Colombes sera le seul de toute la presse à publier le résultat des épreuves la veille du jour qu'elles seront disputées. Les abonne du Canard de Colombes recevront leurs numéros par pigeon -voyageur.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :