Le Rire n°273 26 avr 1924
Le Rire n°273 26 avr 1924
  • Prix facial : 0,75 F

  • Parution : n°273 de 26 avr 1924

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 42,9 Mo

  • Dans ce numéro : à la manière de Lysistrata.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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COMMISSAIRES-PRISETTES M. PRUDHOMME. - Où allons-nous, mon Dieu !... Après les femmes qui fument, voilà les femmes qui prisent ! Un couplet aussi contre la tyrannie du fisc et contre celle de M. Vautour. Avec ça, on a de grandes chances d'être élu. Rien ne prouve d'ailleurs que ce succès électoral éloignera le « spectre de la guerre », ramènera le pot-au-feu à un prix raisonnable et rendra notre percepteur et notre propriétaire moins exigeants. L'électeur le plus naïf'en doute lui-même, très sérieusement. Mais il chasse, par un beau dimanche de mai, son scepticisme. Et il vote, en somme, pour l'espérance. ** Simple remarque  : Un candidat parle pendant d programme. Le même, élu, rend compte en vingt minutes, de la façon dont il a rempli son mandat. Deux heures pour dire ce qu'on fera vingt minutes pour dire ce qu'on a fait. ** Il ne faut faire que des promesses irréalisables. Elles ne paraissent pas plus folles que les autres et elles dispensent celui qui les a tenues de tout effort lorsqu'il s'agit de passer des paroles aux actes. r ** Plus il y a d'électeurs au meeting, plus il est habile de vous cantonner dans les idées générales. Les foules n'aiment pas les détails. Enlevez les masses avec des déclarations de principes aussi vagues que possible. Et attachezvous les individus avec des promesses particulières. ** Que faut-il pour être élu ? Beaucoup d'or et un peu de platine ». * Il fallait aussi, au temps du scrutin d'arrondissement, une certaine popularité personnelle, un minimum de prestige, du galoubet et même un certain cran. On allait au Palais-Bourbon dans son coupé, sa limousine, sa carriole ou à pied. eux heures pour exposer son (ITUIENS VOTE2 ...h..f05 E AUX URNES'PAS D'ABSTENTION PRIÈRE ÉLECTORALE LE OANciN4 rRE Poip TOUS, fl ! 1t LP DERNIÈRE HEURE'JASE LE FILS DU CANDIDAT. - Oh ! sainte Jeanne, je vous en supplie, donnez vos voix à papa ! Dessin de Josg. LA DURÉE DU MANDAT LÉGISLATIF On parle de six ans... Pourquoi pas sept ?... Ils auraient au moins l'âge de raison ! Dessins de li. CHANCEL. Avec le nouveau système, il suffit d'être admis dans une. équipe. On va au Palais-Bourbon en autobus. *** N'insultez pas vos adversaires  : les injures ne font plus partie,. sauf à la Chambre, du vocabulaire politique. Gardez-vous donc de traiter les gens d'en face de « crapules », de fripouilles, d'ignobles canailles, de repris de justice », de s souteneurs avérés », etc. Cela ne produirait aucun effet sur personne. Dites simplement de ceux qui vous disputent les faveurs du lion populaire  : — Ces gens-là se frottent les mains quand le poireau est à vingt sous et ils attendent une nouvelle guerre avec impatience. Accusez-les aussi de spéculer sur les meublés. Tout cela très poliment, sans aucune véhémence, et même sans avoir l'air d'y toucher. Vos adversaires vous répondront  : — Vil calomniateur ! Triste. individu ! Odieux scélérat ! Et le lion populaire qui n'aime plus les candidats surexcités-, vous donnera raison. ! ** Les électeurs ne votent guèrepour les grands savants, les illustres écrivains, les gloieux penseurs qui sollicitent leurssuffrages. Et les exceptions confirment la règle. Les électeurs préfèrent leff candidats qui sont des politiciens professionnels. Ne soyez donc ni un grand savant, ni un illustre écrivain,. ni un glorieux penseur. Soyez plutôt un avocat sans causes ou un médecin sans clients. C'est d'ailleurs une condition, assez facile à remplir. *** L'accent de la sincérité est ce qui séduit le plus un auditoire populaire. C'est un accent qui s'imite fort. bien. Clément l'AUTEL.
PLANCHARD ET SON TAXI On ne s'étonne nullement de voir aux Champs-Élysées ou au Bois quelque élégante jaillir d'une limousine prestigieuse et arpenter le macadam, tandis que la voiture la suit au pas avec la sagesse d'un toutou que l'on tient en laisse. C'est plus intrigant, par exemple, de voir un copain qu'on sait vivre perpétuellement au sein d'une purée saumâtre se faire suivre par un taxi poussif le long du boulevard des Batignolles. C'est pourtant dans cet appareil que j'aperçus hier Nicolas Planchard, qui est bien ce qu'on appelle un pauvre bougre, puisqu'il ne gagne pas de quoi manger, tout juste de quoi boire, en bricolant et en tapant les camarades. J'allai lui offrir l'apéritif et je remarquai alors seulement son profond abattement. UN GARÇON DISTRAIT... s-. 7 ou LA FORCE DE L'HABITUDE N/4 Dessin de VADASZ. — Oh ! mon pauvre vieux ! Quelle vie ! murmura-t-il en s'appuyant à mon épaule. — Qu'est-ce qui t'arrive ? Des malheurs ? La dèche ? —. Pis que tout cela ! Mais je ne puis pas te raconter... Tu ne voudrais pas me croire. I1 avala un vermouth-cassis, en négligeant de l'additionner d'eau et me demanda à brûle-pourpoint  : Au fait, tu n'as pas trente mille francs sur toi, par hasard ? — Hein ! combien dis-tu ? — Trente mille ! Mettons trente-cinq mille avec le pourboire 1... Garçon, remettez cela ! ! Stupéfait, je regardai Planchard. Il n'était que sept heures du soir, et il ne devait pas encore avoir rencontré assez de camarades pour être mûr au point de divaguer. — A qui veux-tu donner cinq mille francs de pourboire, malheureux ?



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