Le Rire n°271 12 avr 1924
Le Rire n°271 12 avr 1924
  • Prix facial : 0,75 F

  • Parution : n°271 de 12 avr 1924

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 42,4 Mo

  • Dans ce numéro : le lancement du marteau.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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LE DOCTEUR. — Tenez, prenez soin de l'enfant pendant que je vais m'occuper des « régions libérées D ! UNE FACHEUSE RECOMMANDATION Ce dimanche-là, Mady et moi avions décidé de passer deux jours dans un charmant petit village de Normandie renommé pour sa rivière à truites et aussi par sa confortable auberge où nous savions trouver bons repas et bon gîte ; le reste,'nous l'avions en nous. C'était l'occasion d'essayer une fringante petite auto dont je — Alors, tu reviens de Cuba ?.. Et comment sont les femmes là-bas ?... — Mon Dieu..., très... très Antilles..., ça va de soi ! Dessin de Jean OBERL*.c.14 : 1 Dessin de J.-J. Rousssu. venais de faire l'achat, et qui, jusqu'ici, n'avait roulé que dans les allées du Bois. Sur les grandes routes, elle se comporta à merveille, avalant les côtes, ronflant en palier ; un vrai plaisir par ce beau jour de printemps tout ensoleillé. Tout le long du chemin, ma compagne s'était montrée ravie, riant et chantant tour à tour, tant il y avait de joie, dans l'air. Arrivés à l'heure du déjeuner, après quelques soins accordés à la vaillante petite voiture, nous fîmes honneur à un repas succulent et copieux, servi par le patron lui-même. La bonne humeur de Mady semblait cependant un peu tempérée depuis notre arrivée, sans que rien ne se fût produit pouvant m'indiquer le motif de ce changement. Je l'attribuai à la fatigue causée par notre course matinale au grand air et ne m'en inquiétai plus. D'ailleurs, l'après-midi se passa gaiement à essayer en vain d'attraper quelque truite de bonne volonté. Cependant, vers le soir, il me sembla que mon amie était de nouveau la proie d'une obsession étrange. Vint l'heure du coucher ; l'idée fixe semblait de plus en plus tourmenter Mady, qui ne me répondait plus que par monosyllabes. Au lit, je l'attirai vers moi, voulant lui faire confesser la raison de son souci, mais elle me repoussa assez brusquement, et, comme j'insistais pour connaître le motif de cette froideur inaccoutumée  : — Tu n'as donc pas vu, à, l'entrée du village, cette affiche, dit-elle toute troublée  : Attention aux enfants. » Et, se retournant, elle murmura, boudeuse  : - Merci ! G. VERLY.
La Poule et le Chico PRINTEMPS Je vais vous raconter une histoire que l'on m'a racontée, c'est l'histoire d'une dame et d'un chien. Cette dame était, de son métier, portale. Elle grelotta ainsi plusieurs nuits, de venette, dans sa maison des champs. Il y avait bien un homme dans la propriété, mais c'était, au bout'du parc, le jardinier.'Elle eut telloment ; peur, voyez-vous, qu'elle pensa un instant à le faire venir dans le seul endroit où il l'eert vraiment rassurée  : c'est-à-dire dans son lit. Il était, certes, vieux, laid, et assez puant. Mais ce n'aurait pas été la première fois qu'elle aurait eu dans son lit un homme vieux et laid, voire même puant. Ce qui l'arrêta, c'est que cette conduite, — dont d'aucuns n'auraient pas compris sans doute la raison profonde, — lui eût peut-être nui dans la bonne société. Alors elle s'acheta tout simplement un chien policier. Elle appela son chien Chilla, et elle dormit dès lors sur ses deux oreilles. Pas longtemps. Car, à peu de temps de là, un jouir qu'elle était en promenade et que Chilla, chien policier, gardait la maison, -un cambrioleur vint, cueillit t (ft Elle l'exerça, ce métier, avec tant de persévérance, d'application et de bonheur pendant tant d'années que, vers la cinquantième, elle put prendre sa retraite. Repos, vertu, enfin ! " Plus d'amant ! Que dis-je  : plus d'amants ! L's est d'importance. Plus d'amants ! Quel soupir de soulagement ! Toutes les femmes — c'est-à-dire tontes celles qui font commerce de leurs charmes — alors, à peu près toutes les femmes le comprendront. Donc, cette poule, ayant, si l'on peut s'exprimer ainsi, fermé boutique, voulut s'aller mettre au vert. Se mettre au vert, ce n'est pas prendre un amant de coeur, entendonsnous'bien, c'est habiter la campagne. Là, elle se promettait de, selon l'usage, devenir bégueule, entrer dans la bonne société et faire des offrandes à l'église. Elle commença par prendre des leçons de diction auprès d'un pensionnaire de la Comédie-Française, et par laisser revenir ses cheveux à leur teinte naturelle. Cette dernière chose l'attendrit beaucoup  : elle se vit brune comme elle ne s'était pas vue depuis une trentaine d'années. Ça fait quelque chose, il n'y a pas à dire. Puis elle s'acheta une maison. Mais quand elle fut dans cette maison, elle eut une seconde surprise  : elle découvrit qu'elle était peureuse. Elle ne s'en était jamais aperçue  : dans son métier, on est bien rarement seule, n'est-ce pas ?... Et justement peut-être est-ce à cause du manque d'habitude de a solitude que la peur lui vint. Jusque-là, elle ne faisait pas attention dux craquements des meubles, aux mille bruits inquiétants qui peuplent le silence d'une maison endormie  : elle avait toujours un défenseur sous la main. Ce n'était pas toujours le même, mais c'était toujours un défenseur ! randis que maintenant !... Dessin de Roger PRAT. LA VACHE. - J'ai des frissons partout. LE TAUREAU. Il serait peut-être prudent de vous couvrir. r>(,) (_)\1 1 13) — Hé, Jean- Pierre ! les tripote pas tant  : tu vas taire du beurre ! toutes choses qui lui plurent et s'en alla sans dommage. Un peu plus tard, ce fut'de nuit qu'un malfaiteur fit sauter un volet et entra dans'la chambre de la dame. La dame poussa un Cri, le chien Chilla, qui dormait sur la descente de lit, remua la queue, et alla très tranquillement sentir les pieds du mauvais garçon. Cette odeur lui plut sans doute, car il retourna ensuite se coucher. Pendant ce temps, la pauvre femme devait indiquer la place de ses bijoux. Pauvre femme ! Mais'aussi pourquoi les poules veulent-elles aller â la campagne ? Celle-ci, quoi qu'elle en eût, se décida à prendre un amant pour n'avoir plus peur. C'était un homme quelconque ; elle avait pris le premier venu. Un gars robuste, voilà tout. Et ce n'était pas pour son plaisir qu'elle l'avait pris fort. Or, le premier jour, -au moment où cet homme, pantalon ôté, s'apprêtait à monter au lit, Chilla bondit, aboya, ouvrit la gueule et faillit l'étrangler... lime dut son salut qu'à sa fuite. Je ne vous étonnerai pas en vous apprenant qu'il ne revint point. 14 L'INGÉNUE. - Attendez au moins qu'il y ait des feuilles ! e") d G I 11 en 4t, de même'd'un deuxième, puis d'un troisième, puis de dix autres. A chaque fois qu'un monsieur, auprès de sa maîtresse, voulait badiner, Chilla entrait dans une fureur qui ne badinait pas. Alors,'la maîtresse, quoiqu'elle aimât son chien, le ramena au marchand de qui elle le tenait. Je ne peux pas le garder, dit-elle. Je vous ai demandé un chien policier. Et ce n'est pas un chien de police que vous m'avez vendu. Il ne bronche pas quand il entre chez moi.un cambrioleur, et il'manque de dévorer un amoureux !... — Eh bien, madame, répondit le marchand, le marché est vàlable et je ne vous ai pas trompée. C'est bien un chien de police... Seulement, voilà : il est de la police des moeurs. Voilà l'histoire. Je la tiens d'un'sergent de ville. Il me l'a tacontée un jour qu'à son ombre tutélaire j'attendais de pouvoir traverser le bot le- O - yard. Q BEAUBY. — L'odeur de votre chair m'enivre... — Raison de plus  : je n'aime pas les poivrots !



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