Le Rire n°266 8 mar 1924
Le Rire n°266 8 mar 1924
  • Prix facial : 0,75 F

  • Parution : n°266 de 8 mar 1924

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 43,2 Mo

  • Dans ce numéro : les mystères de Paris.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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— Tous les clairons partiront organiserons un roulement. dès aujourd'hui en permission... Pour les tambours, nous Dessin d'Arsène BRIVOT. LE COUR DE VOLTAIRE A PARLÉ... Or, jaloux de voir l'Angleterre, Grâce à Tut-Ank-Amon, de loire se couvrir, Monsieur Léon Bérard a décidé d'ouvrir L'écrin où dort ton coeur, Voltaire... L'autre matin, dans le salon Carré de la Bibliothèque Nationale, il vint, avecque Roland-Marcel et Paul Léon, Entourés d'invités de marque Où se distinguaient Maginot, Lasteyrie et monsieur Honnorat (aux toujours fines remarques). A dix heures sonnant, Bérard dit d un air doux  : — Avant que du coffret je brise l'estampille, Faites approcher les membres de la famille De Voltaire... s'il en est encor parmi vous ! A ces mots, émergea de l'ombre Un gaillard brun, vif et cordial, Que suivaient, d'un pas machinal, Six figurants rasés et sombres. Le ministre étonné dit  : — Quels sont ces gens-là ? — Je suis Volterra, répond l'autre... — Et nous, firent les six apôtres, Sommes le choeur de Volterral... Alors, c'est bien, commençons la cérémonie, Conseilla monsieur Honnorat  : Plus tôt elle commencera, Moins tard elle sera finie !... Religieusement Bérard prit une clé, Ouvrit doucement la cassette, Puis, à l'assistance muette, Fit voir l'écrin en bois doré ; 11 remarqua, tendant l'oreille  : — J'entends un clapotis léger ; Le coeur est toujours là, merveille ! Par l'alcool il fut conservé. N'ers le Ministre de la Guerre,llonnorat, du coup se tournant, Dit  : Maginot, soyez content, Vous mourrez trois fois centenaire !... Le précieux coffret, lors, passa dans les mains Des assistants qui se sentaient l'âme attendrie, Quand, à son tour. de Lasteyrie, Prenant la boîte, dit soudain  : — Réponds-moi, coeur du grand Voltaire ; Es-tu fier de mon ministère ? Et comm'Las teyrie écoutait, Et lon Ton laire et Ion Ion la, Entendit le coeur qui parlait... Et le coeur disait en pleurant, Et Ton Ton laire et Ion ion la, Et le coeur disait en pleurant  : Prépare tes mall's, mon enfant !.Jean RIELX. POUR ÉPATER QUI ? Adalbert de la Cossonnerie n'avait qu'un but dans la vie  : Epater ses semblables. n Il faisait volontiers fi de ses intérêts les plus élémentaires pour avoir ce qu'il appelait un geste » ! Et je dois reconnaître qu'il en avait, des gestes ! Tous ceux qui l'ont connu, et Dieu sait s'il avait des amis, seront d'accord avec moi sur ce point. A l'imparfait, dont j'orne toutes mes phrases, vous avez déjà compris qu'Adalbert est mort ! Hélas ! trois fois hélas ! ce pauvre ami est mort il y a huit jours dans sa soixante-seizième année. Il en avouait couramment quatre-vingtdix-sept ! ! — Vous voyez la tête des gens, me confiait-il, en souriant, quand je leur dévoile mon âge, je les épate un peu ! Ses derniers moments furent tellement édifiants que je ne peux les passer sous silence. Quatre jours avant Noël, Adalbert de la Cossonnerie ne put se lever... ; il me fit téléphoner de l'aller voir et j'accourus. 11 était dans son lit, calme et souriant, il répondit à ma poignée de main par un shake-hand et me dit  : — Je suis fichu, le médecin qui sort d'ici m'a dit que je n'en avais plus pour vingt-quatre heures ! Or, Noël est dans quatre jours, je veux vivre jusque-là ! Et il tint parole, le bougre ! Jusqu'au dixième coup de minuit, le vingt-quatre décembre, il résista ! Au onzième coup, il articula faiblement ces mots  : — C'est le docteur qui va être épaté ! Au douzième coup il susurra  : — Et là-haut, croyez-vous qu'ils vont être épatés aussi ! Je meurs juste au moment où Jésus naît ; ils veulent fêter une naissance... patatras, je dérange tout ! Et il mourut ! Le lendemain, j'étais convoqué, ainsi que sa maîtresse, à la lecture du testament chez son notaire ! Et voici ce testament  : Moi, Adalbert de la Cossonnerie, sain de corps et d'esprit, en pleine possession de mes facultés morales, je donne et lègue tous mes biens au notaire qui lira ce testament. Je ne laisse rien à ma maîtresse ! Je — Oui, par Allah, Paris est beau !... mais ça manque de Mecque !... — Ben, mon cochon, qu'est-ce qu'il te faut ? L Liqueur J\ledoc G.-A.JOURDE BORDEAUX Dessin de Marcel ARNAC..
— Je vous aime, je vous adore, je vous idolâtre... — Taisez-vous, petit serpent à sornettes ! pense ainsi l'épater un peu et épater beaucoup le notaire ! Je revins seul à l'appartement de mon pauvre Adalbert, sa maîtresse ayant prétexté, après la lecture du testament, un voyage urgent de six mois en Amérique du Sud, en compagnie d'un jeune Brésilien multimillionnaire et amoureux ! Je voulais faire à Adalbert des funérailles dignes de lui, des funérailles à épater tout Paris, la province et les continents, et je reçus la visite d'un envoyé de la maison Borniol et C18 avec qui je réglais les détails de la cérémonie... Nous discutâmes pendant une heure et quart et, en ce qui Dessin de H. GERBAULT. concerne le cercueil, j'insistais vivement pour qu'on le capi- tonnât de satin virginal, quand le drap qui recouvrait Adalbert se souleva ; il se dressa sur son séant et me dit d'une voix sépulcrale  : — Fous êtes idiot, mon cher, personne ne me verra là-dedans ! Alors ! Et pendant qu'il se replaçait sous son drap pour son éternel sommeil, je l'entendis grommeler  : — Je vous demande un peu ! Un cercueil capitonné ! Pour épater qui ? BARENCEY. Envoez vos lettres et colis, allai au MAROC et en ALGÉRIE par AVION— lignas Arieines LATICOERE, Paris



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