Le Rire n°263 16 fév 1924
Le Rire n°263 16 fév 1924
  • Prix facial : 0,75 F

  • Parution : n°263 de 16 fév 1924

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 43,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'empereur Napoléon l'a dit.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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:'V'L A LE DÉLUGEI lti ; VG" 1 4fpbe. — En réglant son repas, Monsieur a oublié le garçon... Je n'ai pas mangé de garçon 1... Dessin de SOUPAULT. Un savant américain prétend que les ondes électriques étaient connues dès la plus haute antiquité. (Les journaux.) Nog. — Impossible ! Tout est complet ! — J'avais pourtant retenu une cabine par T. S. F. Dessin de Roger PRAT. POUR SE VENGER Un jour M. Bernay apprit que sa femme le trompait avec M. Boggos. Vous me croirez si vous voulez  : cette nouvelle lui fut désagréable. A partir de ce moment-là, il redoubla d'amabilités auprès de sa femme. Pourquoi ? me demandez-vous, âmes simples. Eh, mon Dieu, tout bonnement parce que M. Bernay est dans les affaires, qu'il a mis dans ces affaires toute la dot de sa femme, et qu'il serait bien embêté s'il devait, à la suite d'un divorce, la ne pas rendre. Donc, ne pas divorcer. Pour ne pas divorcer, montrer qu'il sait qu'il est cocu. Pour ne pas montrer ce savoir, multiplier, à l'égard de sa femme coupable. les gentillesses. A dater du moment où il apprit que sa femme le trompait, M. Bernay eut sur le visage ! un sourire perpétuellement satisfait, n'osa plus trouver le bifteck trop cuit ou le potage trop salé, et approuva aimablement les plus excessives notes de couturières. En une seule chose, cependant, il ne pouvait se montrer affable  : c'était dans les rapports conjugaux. Là, non, rien à faire, impossible. C'était physique. Une répulsion, qu'est-ce que vous voulez ! Simplement quand sa femme lui touchait la main, il était soulevé de dégoût. Ce contact innocent lui répugnait. Alors, vous pensez, les autres !... Je crois qu'il l'eût tuée volontiers, si ce n'était pas une besogne un peu sale et puis qui a l'ennui de vous mettre en relations avec des gens désagréables. Mais, en vérité, cette haine qu'il nourrissait pour sa femme n'était rien auprès de celle que lui inspirait M. Boggos. Ah ! celui-là, par exemple !... M. Bernay avait soif de vengeance. Il en mourait de soif. Une idée fixe  : rendre la pareille à ce saligaud. Le faire souffrir exactement autant qu'il souffrait lui-même. Exactement autant. En commerçant scrupuleux. Bon poids. Or, Boggos est marié. M. Bernay ne fit ni une ni deux. Il s'occupa aussitôt de séduire Mme Boggos. Il ne s'y résolut pas de gaîté de coeur, parce que séduire une femme, c'est beaucoup de temps perdu, ce qui est toujours ennuyeux quand on est dans le commerce, sans compter des frais de taxis, de fleurs, d'hôtel meublé, de caleçons de soie, de cachou, et d'eaux de senteur. Mais quand on veut se venger, on ne regarde pas à la dépense ! D'autre part, Mme Boggos n'avait rien de particulièrement tentant  : elle a trop de moustache et pas assez d'avantages naturels. Mais quand on veut se venger, on ne s'attarde pas à de petits détails. Ce n'était pas cette quinquagénaire osseuse et velue que M. Bernay allait étreindre, c'était la femme de Boggos ! Ce qu'il y eut de plus grave, c'est que, — c'est extraordinaire, mais c'est comme ça ! Mme Boggos ne se faisait pas d'illusions sur ses charmes. Alors, elle se dit  : « Pour que M. Bernay m'aime
telle que je suis, il faut qu'il ait pour moi une passion insensée. n slille en profita. Cette femme sur laquelle jamais collégien enflamme ne se retourna, se conduisit comme la plus désirable et affolante courtisane. Elle fit droguer ce brave M. Bernay, ne lui accordant ses faveurs qu'une à une, se permettant les plus coûteux caprices, les plus ridicules fan'aisies. Enfin, au bout de six mois de niaiseries — une centaine de mille francs ayant été dépensés — M. Bernay triompha. Ça y est ! songea-t-il, je suis vengé. Il ne me reste plus qu'à apprendre à Boggos que je lui ai rendu la pareille. J'ai hâte de voir la tète qu'il va faire !... » Et c'est à ce moment que Mine Boggos lui dit  : — Eh bien, tu es content, mon chéri ? Mais écoute, il faut faire attention à une chose. Que mon mari ne sache jamais rien. Ça lui ferait trop de plaisir. Il y a dix ans qu'il cherche un motif pour divorcer !... Malédiction ! Une seconde après, M. Bernay avait rompu avec sa conquête. Deux secondes après, il rêvait à une nouvelle vengeance, car il venait de se souvenir brusquement que Boggos a une soeur. La soeur de Boggos est une personne gentillette et qui fut fort offusquée aux premiers mots de M. Bernay. Heureusement, elle avait envie d'un collier de perles et d'un petit manteau de zibeline. Il n'en coûta à M. Bernay qu'une soixante-quinzaine de mille francs pour devenir son amant. Et ce fut pour l'entendre dire après la première effusion  : C'est mon frère qui va être content ! Lui qui voulait tant que je trouve un monsieur sérieux !... Par chance, Boggos avait une mère qui vivait encore. Elle parut enchantée des dispositions de M. Bernay. Mais ce fut encore un peu trop tard qu'elle lui dit  : — Mon fils ? Mais ce n'est pas mon fils, c'est un enfant que j'avais adopté. 11 Ÿ a très longtemps que nous avons cessé de nous voir. Oh ! je suis sûre que je lui suis tout à fait indifférente... Vous croyez que M. Bernay se découragea ? Point. Ce serait mal le connaître. Il voulait se venger. Sacrebleu ! il finirait bien par trouver une femme à qui Boggos tenait !... Il s'acharna. Il devint l'amant d'une cousine de Boggos, de la tante de Boggos, de la cuisinière de Boggos, de la femme de chambre de Boggos, d'une jeune fille qui à l'âge de six ans avait été fiancée à Bog- - Pourquoi dis-tu qu'on ne peut pas les fréquenter ? — Parce que, mon cher, je les ai rencontrés plus d'une fois dans des endroits où j'aurais rougi de me trouver. Dessin de G. PAvia. — Puisque je vous dis que je suis venu au monde comme ça... — Avec des roulettes ? Dessin de R. CHANCEL. gos... C'était toujours pour découvrir que chacune d'elles était parfaitement indifférente à Boggos ! Mais la persévérance est toujours récompensée. Un jour qu'il interrogeait discrètement la concierge de Boggos, celle- ci lui répondit  : — Ah ! si, monsieur, il y a une femme dont M. Boggos est fou. Il l'adore, que c'en est ridicule C'est une femme mariée. Elle s'appelle... Attendez donc... M111e... Mnia Bernay ! En effet, comment M. Bernay n'y avait-il pas songé plus tôt ?... Le soir même, M. Bernay entrait dans le lit de sa femme  : il était vengé !... l l U  : A U BY. CONCOURS DES R BLACKB3ULIS » Voir page 3, le BON à détacher (Bon n°4) pour pouvoir participer au concours. — Tu me feras le plaisir, ma fille, d'enlever ces accrochecoeur... Ta mère n'a pas envie de passer pour une proxénète ! Dessin de DEAAY.



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