Le Rire n°263 16 fév 1924
Le Rire n°263 16 fév 1924
  • Prix facial : 0,75 F

  • Parution : n°263 de 16 fév 1924

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : F. Juven et Cie

  • Format : (226 x 302) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 43,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'empereur Napoléon l'a dit.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 14 - 15  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
14 15
INCOMPATIBILITÉ — Adieu, mon chéri I... Le docteur m'a ordonné la viande blanche. Dessin de J.-P. GODREUIL. UN PÈRE PRÉVOYANT ou LES SURPRISES DE L'ATAVISME M. Ménichon, rentier à Paris et fils d'un riche marchand d'Albi, avait deux vices. I1 était alcoolique et joueur. I1 buvait de tout dans les cafés, sauf du café. Avec lui les bars n'étaient jamais parallèles, ear ils se rencontraient toujours sur sa route. Les amers, les vermouths, les quinquinas, voisinaient dans son estomac avec les cocktails, les gins et les whiskys ainsi qu'avec les quetches et les kummels. On n'avait jamais vu d'estomac plus internationaliste. Le nez du poivrot était d'un rouge vif, sa démarche zigzagante, sa. langue embarrassée, comme une simple rue, et son portemonnaie, lui, à sec. Tu n'es pas honteux, lui disait sa femme, de passer tout ton temps dans les cafés. - Pas tout mon'temps, disait le poivrot. -= Tu as raison, car, quand tu ne bois pas, tu joues. Tu vois bien. En effet, quand il n'était pas au café, M. Ménichon était sur les champs de course ou dans les cercles. Que ce fût à Auteuil, à Enghien ou à Saint-Ouen, pas un cheval ne tombait qui ne portât sur lui l'argent de M. Ménichon.ll passait aussi ses nuits dans les cercles, à échanger son argent contre des jetons que, d'un geste las, ramassait le croupier avec son petit râteau. Inutile de dire qu'il ramassait plus de culottes à lui tout seul, que n'en avait vendues son père, le riche marchand d'Albi. -=- Il boit et il joue, il joue et il boit, quel triste mari, se lamentait sa pauvre femme. Et nous avons deux garçons de huit et dix ans, Louis et René, et ces pauvres enfants ressemblent déjà à leur père. 11 leur a légué à chacun un de ses vices. Louis ne pense qu'à boire  : il se ruine en coco, vide les fonds de verre, les carafons, lappe tout l'alcool qu'il peut trouver et, pour s'amuser, joue à l'homme saoul. Quant à René c'est déjà un joueur effrayant ; il joue des billes, des plumes, veut jouer son déjeuner, -et essaie de faire une partie d'écarté avec ses cartes de géographie. Quel atavisme ! Pauvres enfants, pauvres irresponsables ! L'un deviendra joueur et l'autre alcoolique. Le père se tourmentait  : — Moi, je suis trop vieux pour me corriger et, d'ailleurs, je n'y tiens pas, mais que faire pour éviter à mes pauvres enfants une aussi triste existence ? — Un jour, sortant du cercle, il entra chez un pâtissier. Il mangea plusieurs gàteaux. — Ils sont excellents vos gâteaux, dit-il au pâtissier, vous devez vous régaler. — Moi ? Je ne peux pas souffrir les douceurs et les gourmandises. Parlez-moi d'un morceau de fromage ! Oh ! le roquefort ! On n'a jamais vu un pâtissier aimer les gâteaux. Une idée de génie traversa la cervelle du joueur ivrogne. — Mes pauvres fils sont sauvés, murmura-t-il, ils ne ressembleront pas à leur père. — Ma chère femme, dit-il, en, rentrant, j'ai trouvé un moyen pour que mon petit Louis ne soit pas un poivrot et que René ne soit pas joueur. — Lequel ? dit la pauvre mère  : Louis est justement ivre mort, il a bu la bouteille d'alcool dentifrice ; et je n'ai pas pu coudre, car René m'a chipé mes dés pour faire un zanzibar. Voilà  : on n'aime jamais ce que l'on a sous la main, et c'est pour cela que les maris ne désirent pas leur femme... Voyous, as-tu déjà vu un pâtissier aimer les gâteaux, un critique q dramatique qui aime le théâtre ? — Non, c'est vrai. Louis, tu le sais, adore la boisson  : pour qu'il ne devienne pas un poivrot, je vais l'établir bistrot. — Bravo ! Pour donner à René le dégoût et le mépris du jeu, lui qui a l'étoffe d'un joueur, j'en ferai un croupier. C'est cela. — Et maintenant que, moi, je suis débarrassé enfin de ces soucis d'éducation, je vais pouvoir, sans remords, m'adonner à mes deux vices. Et il potassa longuement son Auteuil-Longchamp, en prenant piton sur piton. ** Vingt ans ont passé. Comme le temps passe ! J'ai rencontré, ce matin, M. Ménichon — Eh bien, qu'ont donné vos principes d'éducation, votre lutte contre l'atavisme, vous qui vouliez faire du joueur un croupier, du poivrot un marchand de vin ? — Louis est mastroquet et René croupier. — Et alors ? — Le bistrot ne boit que de l'eau de Vichy. — Bravo ! Et le croupier a horreur du jeu. - Bravo ! — Mais non, pas bravo, car il s'est passé une chose que je n'avais pas prévue  : le croupier ne dessaoule pas, et le bistrot perd tout son argent au jeu ! Georges DOLLEY. Pourquoi mendiez-vous, mon ami, solide comme vous êtes ? — Et le « double-décimen, madame ! Y pensez-vous ? Dessin de J.-J. RoussAU. LA GLOIRE DES:GRAN'4. 7,g. 000., S Ll ilEURS F t
M. _Ramsay Macdonald n'a supprimé aucun de ces emplois étranges qui grèvent le budget anglaislla toujours  : Un Capitaine des hérauts d'armes, Une Maîtresse des robes, Un Gérant responsable, Des Gardeuses d'urnes électorales, Un Ministre des Poissonneries, Des Dames do la chambre à coucher, etc., etc. Un Chancelier des lapsus, Un Lord du savon noir pour la Galles. Un Commissaire de la Cour. wocaS axmac Des Dames de cabinet, Bien mieux, on prête au Premier Ministre trivailliste l'intention de créer encore de nouvelles sinécures... et de nommer  : Un Capitaine de cracheurs dans les mains, Un Ministre des oreillers et traversins. et un nombre imposant de Délégués à l'enthousiasme I Dessin de Marcel ARNAC.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :