Le Ravi n°64 juin 2009
Le Ravi n°64 juin 2009
  • Prix facial : 2,80 €

  • Parution : n°64 de juin 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association La Tchatche

  • Format : (289 x 410) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 26,6 Mo

  • Dans ce numéro : tous en campagne, ces citadins qui rêvent la vie en vert !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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20 Métropoles & trous jolis - le Ravi n°64 juin 2009 - la grande tchatche Jean-Luc Bennahmias Le Sancho Panza de Bayrou Depuis bientôt trois ans que l’émission la Grande Tchatche existe, personne n’avait jamais eu l’immense honneur d’être invité une deuxième fois. Voilà qui est fait ! Mais en 2007 tout a changé pour Jean-Luc Bennahmias. Comme Paul Claudel, debout près du deuxième pilier de Notre Dame de Paris, touché au cœur par le doigt de Dieu, comme François Truffaut, scientifique ufologue dans Rencontres du 3ème type, entrant enfin en contact avec les aliens, un événement a bouleversé le cours de sa vie politique. IL l’a accueilli dans son premier cercle tout auréolé d’orange. Lui-même ! François René Jean-Lucien Bayrou. L’homme qui murmure à l’oreille des pur-sang et de la France profonde. Ce pays qui, un jour ou l’autre, finira bien par lui confier son destin. Fini les prises de têtes à la lecture d’obscurs essais de la radicalité écologiste, le livre de chevet de Bennahmias est désormais la biographie d’Henri IV, « le roi libre », signée bien entendu par le baron des Pyrénées-Atlantiques. Fini ses dérives adolescentes, la vie en communauté, les canards alternatifs, le PSU, les Amis de la Terre, le voilà désormais adepte de la défense des PME, du petit commerce et du bon sens. Bref ! Le porte drapeau de l’exaltante aventure du Modem : ni droite, ni gauche. Cap au centre ! C’est après les élections présidentielles qu’il a claqué la porte des Verts, dont il a été, il y a bien longtemps, le 1er secrétaire. Il faut dire que les urnes ont été sans appel : Bayrou, 18,57% ; Voynet, 1,57%. Le voilà désormais vice-président national et membre du bureau exécutif du Modem. Et ensuite ? Le quotidien reprend vite son cours. Tête de liste dans le Sud Est aux Européennes pour les Verts en 2004, il l’est à nouveau pour le Modem en 2009. Il a changé d’étiquette mais siége toujours au Conseil régional dans la majorité du socialiste Michel Vauzelle. Le Modem s’est rangé sous la bannière de Jean-Noël Guérini et d’Eugène Caselli, le président PS de la communauté urbaine de Marseille où il a aussi un strapontin. Viceprésident du Mouvement démocrate dans les Bouches-du-Rhône, Jean- Luc Bennahmias a retrouvé une famille avec l’intensité, virile et « fraternelle », des débats politiques qui a toujours fait le sel des assemblées écologistes. Mais qu’importe ! Là n’est pas l’essentiel. Le député-Don quichotte du Béarnest en route pour la bataille de 2012. Jean-Luc Bennahmias sera avec enthousiasme son Sancho Panza. M.G. Propos recueillis par Rafi Hamal, Michel Gairaud. Retranscris par Eric Besatti. Comment expliquez-vous l’indifférence des citoyens à l’égard des élections européennes ? C’est pas nouveau. J’aurais aimé qu’on parle pendant l’ensemble de la mandature du travail du parlement européen. Dès que les choses marchent mal, c’est Bruxelles. Dès que ça fonctionne bien, c’est grâce aux hommes politiques des états nations. Mais c’est vrai, il y aussi des décisions stupides prises par la Commission européenne. La dernière en date c’est celle sur le rosé mélangeant du rouge et du blanc. Ça coupe vraiment les pattes des électeurs. L’activité des députés européens questionne également. Dans les divers classements (critères : présence, questions posées, rapports, produits, propositions de résolution), vous êtes à peu près en milieu de peloton des élus français, euxmême pas très bien classés. C’est très moyen, non ? J’ai bien joué, vous avez vu : bien au milieu, invisible. Centriste quoi ! Non non non ! Ces classements sont assez justes sur un point : le taux de présence. 90% des députés européens siègent dans plus de 80% des assemblée auxquelles ils doivent participer. C’est énorme. La désaffection de l’électorat, est-elle un indicateur des limites de cette Europe à 27 ? Oui. L’élargissement à 27 sans qu’il y ait les structures politiques qui permettent de prendre des décisions réelles, d’être plus proches de nos concitoyens, n’est pas une bonne chose. Bientôt on sera 28, 29, 30... Clairement personne n’y comprend rien. La solution c’est quoi ? Un noyau dur qui gère ? Est ce vraiment compatible avec une démocratie à l’européenne ? C’est même indispensable si on a envie d’arriver à autre chose que des compromis à minima ! Il faut trouver des solutions d’harmonisation sociale, fiscale, environnementale par le haut et ça n’est pas possible à 27. Aujourd’hui si un seul pays dit non, rien ne se fait. Le Modem comme le PS ou l’UMP est pour le traité de Lisbonne. Où est la différence ? La différence c’est qu’on a pas envie que l’union européenne ne soit que des compromis à minima entre chefs d’états et de gouvernement. Prenons un exemple : 27 états nations, 27 plans de relance parfois complémentaires, souvent contradictoires. Alors que ce qu’il faut à l’UE c’est un plan de relance européen, avec de grandes infrastructures : des transports collectifs, ferroviaires, un grand plan d’énergie renouvelable... Il y a deux ans (une éternité en politique !) vous plaidiez avec beaucoup de vigueur pour l’union de tous les écologistes. Avec Europe écologie, d’autres ont fait cette « biosynthèse » à votre place. Des regrets ? J’ai quasiment des larmes aux yeux. Non je n’ai aucun regret. Ça ne vous pas échappé qu’il y a une autre liste écologiste avec un grand chanteur... Francis Lalanne. Autour d’Europe écologie je retrouve 95% des verts que je connais déjà. D’accord, quelques personnalités tout a fait sympathiques et de renom les ont rejoints, Eva Joly, José Bové... Ecoutez en permanence l’intégralité de cet entretien avec Jean-Luc Bennahmias, enregistré le 18/05/2009, sur le www.leravi.org. Et retrouvez en direct la Grande Tchatche sur le 88.8 FM, tous les 4èmes samedis du mois à 11 heures. Prochain rendez-vous : samedi 27 juin. Attendez, arrêtez ! Dany (Ndlr Daniel Cohn-Bendit) est très fort d’avoir fait croire à une recomposition générale. Elle n’existe pas ! Vous êtes pourtant toujours affilié vert au parlement européen... Oui parce qu’au parlement européen on ne change pas de groupe comme de chaussettes. Je n’avais pas de raison de quitter le groupe Vert pour les emmerder alors que je m’entends bien avec 90% d’entre eux. Les écolos européens jouent un rôle tout à fait fondamental sur le fond des problèmes politiques mais ne pèsent pas assez pour avoir un rôle actif afin de favoriser une alternative politique. J’aspire, dans la prochaine mandature, qu’il y ait une discussion entre des écolos, des démocrates sociaux, des sociaux démocrates et quelques autres pour dire : on va faire ensemble un groupe puissant à 150 ou 200 députés. François Bayrou se pose comme un recours face à Nicolas Sarkozy. Le problème c’est que le Modem seul ne peut rien ! On est d’accord. Donc il vous faudra à chaque rendez-vous électoral soit être avec l’UMP, soit être avec le PS. N’est-ce pas un résumé de l’éternelle impasse des centristes ? Non, non ! Qu’est ce que vous racontez ! ? Le mouvement démocrate n’est pas centriste, mais cherche à devenir le mouvement central de la vie politique française. La politique est une question de rapport de force. On ne discute pas, par exemple, avec le parti socialiste sans rapport de force. J’en sais quelque chose ! Et bien on verra en temps voulu si le PS sera d’accord pour discuter avec nous. Mais pas l’inverse... Avez-vous encore le cœur à gauche ? Ça n’a plus vraiment de sens au regard de l’histoire politique des dernières années. Après, au regard des libertés et de la solidarité, ça pourrait avoir une signification qui est totalement à reconstruire. Quand il y avait 13 gouvernements européens sur 15 à gauche en Europe, avez-vous vu un changement structurel par rapport à l’ultra libéralisme mené par la commission européenne ? Moi non. Aux régionales de 2010 en Paca, allez- vous attendre le second tour pour déterminer quel sera votre allié ? Allez-vous mettre en concurrence le PS et l’UMP, probablement Vauzelle et peut-être Falco ? Falco candidat ? Il y a une ambiance très conviviale dans l’UMP en Paca. Ces gens- là s’aiment énormément, on sent vraiment entre eux une grande unité... Sérieusement, le Modem sera candidat au premier tour. Au second, il y aura deux solutions. Soit on se maintient au second tour parce qu’on le peut, soit on fusionne. Dans ce cas, on en discutera nationalement, avec Francois Bayrou, et l’ensemble des 22 têtes de liste des différentes régions. C’est plutôt avec la social démocratie qu’on a envie de discuter... Jean Noël Guérini, votre allié socialiste à la communauté urbaine de Marseille, partisan d’un tournant social-démocrate au PS, incarne-t-il à vos yeux une nouvelle façon de faire de la politique ? (Rire) Comme vous y allez ! Avec Jean Noël Guérini, les choses sont discutables de façon extrêmement pratique, on n’est pas dans la théorie. En politique il n’y a que ça qui compte. Globalement les accords que nous avons eus avec lui sur les répartitions des pouvoirs et sur un certain nombre de positions fondamentales se sont vérifiés après. En dehors du moratoire sur l’incinérateur. Justement, le dossier de l’incinérateur a été déterminant pour le Modem marseillais au moment de choisir Guérini plutôt que l’UMP Gaudin. Vous êtes cocu dans l’histoire ? Qui est cocu dans l’affaire ? Les habitants de Fos-sur-Mer. Qu’est ce qu’on a fait, nous, les élus modem ? On a voté contre et on l’a exprimé plusieurs fois. Qu’est ce que vous voulez qu’on fasse de plus ? Démissionner ? Nous défendions un moratoire. Il n’y a plus de moratoire, on a voté contre. Voilà. Vous siégez encore au conseil régional ? Je n’ai plus beaucoup de temps. Et je ne me représenterai pas l’an prochain. Qui va porter alors les couleurs du Modem aux élections régionales ? Sans doute Francois-Xavier De Peretti qui a fait un score brillant sur Aix, non pas 5,5% comme moi à Marseille, mais 20%. C’est pas mal !
Arles en capitale (associée) européenne de la culture. La Ville n’en demandait pas tant pour consacrer son statut de fleuron de la culture. Mais laquelle ? Entre les gros bras des festivals historiques déjà sélectionnés et les choix de l’association Marseille 2013, quelle sera la place laissée aux « petites structures » ? Officiellement, la décision tombera fin 2010. En attendant, la sélection a déjà commencé... La culture ne veut pas jouer l’arlésienne Par Eric Besatti La course à l’accession au label Marseille Provence 2013 capitale européenne de la culture (MP 2013) est lancée. Tous les « petits » acteurs du microcosme culturel arlésien avaient rendez-vous, le 6 mai dernier, en salle d’honneur de la mairie. Tous ou presque. Pour éviter la cohue, seules les quarante associations les plus subventionnées étaient conviées. « Les absents pourront toujours présenter un projet en indépendants », rassure Claire Antognazza, l’adjointe à la culture. Elle a choisi personnellement cinq « référents thématiques », parmi les 72 au programme de MP 2013, pour le terroir arlésien : « mille et une nuits », « le partage de l’eau », « tous acteurs », « promeneurs nomades », « l’art dans l’espace public ». Les participants sont sommés de choisir dare dare un thème. Et ce sans avoir le temps de se concerter avec les associations qui les ont mandatés. L’étau se referme. Grogne générale dans l’assemblée. « Je suis désolée mais je n’ai pas le choix », compatit l’adjointe au maire. Et Claire Antognazza de renvoyer la responsabilité sur les couacs de l’organisation marseillaise : « On aurait dû vous prévenir dès janvier. A l’arrivée, la sélection se fera d’abord dans votre capacité à réagir au pressing ». Le jeu de massacre associatif laisse un goût amer aux « petits ». Sylvie Séquier de « l’Atelier Saugrenu » ne participera pas à la fête en 2013. Simplement faute de pouvoir dégager du temps alors qu’elle est en pleine préparation de la saison estivale. « La culture est mal répartie sur le territoire, déplore-t-elle. Les évènements qui attirent les gens sont surtout à caractère international. La culture arlésienne à proprement parler est sous une cloche de verre. On est dans le culte du passé, fossilisé sur le patrimoine. » Son de cloche différent chez Marie José Justamond directrice artistique du festival de musique du monde Les Suds : « 2013 est une aventure passionnante ». Le festival reçoit dès cet année une enveloppe de Marseille Provence pour financer les premiers spectacles labellisés capitale de la culture. Hervé Schiavetti, le maire, est aussi optimiste : « la culture c’est une centaine d’emplois sur Arles. « Marseille 2013 » offre la possibilité de prolonger ce développement » (1) Symbole incontournable du changement, les anciens ateliers SNCF vont être transformés en un gigantesque complexe culturel. Les acteurs majeurs de la culture arlésienne (Ecole nationale supérieure de la photographie, les Rencontres d’Arles photographie, les éditions Actes Sud) y auront pignon sur rue. Cette révolution culturelle ne sera pas terminée pour l’échéance de 2013. Qu’importe, la maquette du projet trône fièrement sur la plaquette de présentation de MP 2013. « Ce sera la fête dans un grand chantier », annonce Hervé Schiavetti maire communiste mais pragmatique (1). Salle d’honneur, les travaux ont d’ores et déjà commencé, pour les représentants d’associations qui se ruent maintenant, chacun pour soi, à l’assaut de la table où sont installés les cinq thèmes. Combien de projets émergeront de ces groupes de travail ? Claire Antognazza, en charge du « partage de l’eau », préfère ne pas se mouiller : « Cela dépendra de la cohérence des projets ». Le résultat des courses sera définitif en décembre 2010, après une présélection des projets fin 2009… 1 La Provence « 2013 l’évidence arlésienne » cahier 3 n°4306 au menu de RT T Page 22 Copinage Les mots ravis Revue de presse de Marie le Ravi n°64 juin 2009 21 crash-test de la culture Page 23 Cuisiner, c'est déjà résister Picoler, c'est déjà cuisiner Supporter, c'est déjà picoler Page 24 Les amis du Ravi Abonnez-vous Page 25 Plasma et vieilles antennes Sur la toile Le navet La famille nucléaire Page 26 Les rencards Nounours



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