Le Ravi n°63 mai 2009
Le Ravi n°63 mai 2009
  • Prix facial : 2,80 €

  • Parution : n°63 de mai 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association La Tchatche

  • Format : (289 x 410) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 24,9 Mo

  • Dans ce numéro : grogne sociales, pourrissement ou printemps ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 22 - 23  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
22 23
22 RTT le Ravi n°63 mai 2009 Grande petite musique Il y a de la générosité chez les frères Psaïla. Faut les voir interpréter quelques chansons, version acoustique, devant un public clairsemé avec la même énergie que sur la scène d’un palais des congrès. C’était le cas, le mois dernier à la Seynesur-Mer, à l’occasion de l’apéro débat pour la sortie du « Ravi crèche » consacré à la ville. Leur ville. Pas de demi-mesure, donc, pour « Petite musique ». Un goût permanent et communicatif pour la scène, les mots, les chansons. Un violon, une guitare, trois albums. Le dernier, « Marche ou crève », est sorti en 2008. Hier autant dire. L’écouter aujourd’hui, c’est l’adopter. Marche ou crève, Petite musique, par et de Cédric et Sébastien Psaïla. Mosaix Music M.G. Vive la grève générale ! Un polar à Téhéran Beige ou noir, court ou long ? En Iran aussi, le diable se cache dans les détails. Drapée dans un tchador clair, Leila Tabihi fait passer deux messages : elle marque sa foi puisqu’elle ne se contente pas du simple foulard exigé par le régime des mollahs mais elle exprime aussi « sa modération en évitant le noir ». Le personnage de cette « féministe islamique » donne la couleur du roman que publie Naïri Nahapétian, journaliste à Alternatives économiques : une fiction toute en nuances qui permet même à d’ignorants occidentaux d’approcher la complexité d’une société où la dissimulation est devenue un art de vivre. Question de survie... L’action s’y déroule en 2005, peu avant les élections présidentielles remportées, contre toute attente, par l’ultra conservateur Mahmoud Ahmadinejad. Une histoire proche qui éclaire les enjeux du scrutin du 12 juin prochain, lourd de conséquences à l’heure où Barak Obama semble vouloir reprendre le dialogue avec « l’Etat terroriste ». Qui a tué l’ayatollah Kanuni ? est aussi un polar. Dans les sphères à la fois privilégiées et opprimées de la haute société, sur les pas de Narek Djamshid, journaliste franco-iranien de retour dans son pays natal, on y croise de fortes personnalités : Soraya, femme fatale drapée dans son long fourreau lamé or ; Mirza Mozaffar, son mari volage mais impuissant à assumer pleinement son statut d’opposant laïque ; la tribu arménienne envahissante mais maternante qui héberge Narek, notre apprenti reporter... Au fait ! Qui a bien pu prendre le risque de tuer le redouté, l’inamovible, le corrompu mais inflexible ayatollah Kanuni ? L’histoire débute dans un taxi collectif à Téhéran... Qui a tué l’ayatollah KanuniM.G. Voilà un petit ouvrage dans lequel plusieurs dirigeants (sinon tous) des huit grandes organisations de l’intersyndicale organisatrice des festivités du 1er mai devraient se plonger : L’action directe d’Emile Pouget. Publié par la toute nouvelle et indépendante maison d’édition marseillaise Le Flibustier - qui s’est donnée pour mission de rééditer « des textes contestataires à tendance libertaire aujourd’hui introuvables mais qui, malheureusement, demeurent toujours autant d’actualité » -, ce texte est un petit bonheur de manifeste de l’anarchosyndicalisme (1904). Son auteur, figure du mouvement ouvrier français de la fin du 19e et du début 20e siècle, y plaide donc pour l’action directe, « la manifestation de la force et de la volonté des ouvriers ». Mais il défend également les « améliorations partielles » - « importantes car elles libèrent le temps préalable à la grève générale » - et, surtout, « le sabotage ». Développée dans le second texte du recueil, cette méthode de résistance est résumée d’une formule simplissime par Emise Pouget : « A mauvaise paye, mauvais travail ! » Son objectif : toucher le patronat là où ça fait mal, ses bénéfices. Moult exemples prouvent qu’il ne s’agit pas d’une lubie. Un joli livre de recettes pour rééquilibrer le rapport de force entre salariés et employeurs. L’action directeJ.F P.Parrains et caïds Avec « Parrains et caïds », Frédéric Ploquin avait signé un véritable Who’s who du crime organisé à la française. Il poursuit cette exploration du milieu hexagonal avec une anthologie des principales vendettas de ces dernières années. « Le sang des caïds » fait la part belle aux innombrables règlements de comptes qui ont ensanglanté le littoral méditerranéen. Ce n’est que justice : Paca est infiniment plus criminogène que la Corse ou Paris. Selon les statistiques du SRPJ de Marseille, en dix ans le nombre des règlements de comptes impliquant « parrains », « beaux mecs », porte-flingues, demisels et « balances » supposées ou réelles s’est, en effet, élevé à 280 ! Contre 171 dans l’Ile de Beauté et 109 à Paris. Au fil des pages, on croise des figures mythiques : Tany Zampa, Francis le Belge, Jacky le Mat ou encore le Vauclusien Marc Monge. Les appétits aixois du milieu corse ne sont pas oubliés, ni les tueries du bar du Téléphone ou, plus près de nous, du bar des Marronniers, un soir d’avril 2006. En reconnaissance de sa spécificité, le milieu varois a droit à un chapitre spécial avec le caïd Jean-Louis Fargette dit Le Grand mais le mystère de sa mort reste entier. Tout comme celui de Michel Regnier, fils du Seigneur des Sablettes. Seule certitude : à Paris comme à Marseille, le combat n’est pas près de cesser faute de combattants : dans les cités, le milieu maghrébin fourbit ses armes pour le contrôle du juteux marché de la drogue. La relève ne manquera pas de bras : dans un monde dominé par l’individualisme et la mondialisation, les gangsters d’aujourd’hui ne contestent pas la société. A leur manière, ils sont, eux aussi, des libéraux obsédés par la réussite, l’argent et l’accumulation du capital. Le sang des caïds. Les règlements de comptes dans l’oeil de la PJ, Jean-Pierre Bonnico copinages les mots ravis par Djibril Couleurs Pinard Qui n’a pas mis d’eau dans son vin ? On se gargarise du rosé de Provence qu’on préfère vendre aux Chinois, et du bon terroir où pousseraient bien d’autres choses. Ce qu’on aime dans le vin c’est d’être né quelque part, avec sa couleur. Au diable les coupeurs et les défenseurs du Rosé ; du blanc ou du rouge, et que ça bouge ! Horizontalement I Dessinent la carte des goûts. II Le fond du verre. Après l’avoir cherché. Un millésime. III Donnent l’épaisseur. Pays de la soif. Vont bien avec les coutumes. IV Celle de la semaine est appréciée. S’attaque aux boyaux. Veille les morts. V A pris toute la couleur des peaux. N’a pas pris toute la couleur des peaux. VI Reproche facile aux Côtes du Rhône. VII N’a pas vu venir. Avec espoir de retour. VIII Dégustation pour choisir. Manie du coupeur. IX Lui-même. Remué au plus profond. Type dangereux dans l’Histoire. X Mieux qu’aperçus. Début sans consonne. Situe dedans. XI Pauvres grappes à l’entrée du chai. XII Qui se suivent et se ressemblent. Autre liquide stupéfiant. Verticalement 1 Méthodes biologiques ou raisonnées. 2 Va doucement en Italie. Reste du fruit. 3 Comptent les heures. Poisson de Méditerranée. 4 Il faut le faire avant d’acheter. Néglige totalement. 5 Ajoute au bonheur de savourer. A priori viril. 6 Vu sur papier. Les peaux au fond de la cuve. 7 Entamée par les éléments. Pour être plus précis. 8 L’heure des boissons. Celle qui désigne. Tout bien réfléchi. 9 Anglais en action. A été publié. 10 Indéterminé. Sont dans l’alchimie. Grande pomme en réduction. Ebahissement. 11 « Qui sortent de l’œuf, du cocon ». A beaucoup vécu. 12 Appartenances. Essayer pour la première fois. I II III IV V VI VII VIII IX X XI XII 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Solutions n°62, avril Horizontalement : I Risorgimento./II Enée. Uniques./III Nature. But./IV Ac. Furia. If./V Ita. Iran./VI Sienne. Ainée./VII Sf. Ue. Fit. Ri./VIII Assise. Sabin./IX N. Ot. P.Eloge/X Crue. In. Ote./XI Empereur. Tel./XII Sieste. Etes Verticalement : 1 Renaissances./2 Inactifs. Rmi./3 Sept. Ae. Soupe./4 Oeuf. Nuitée./5 R. Ruines. Rt./6 Guerre. Epie./7 In. Ia. F. Nu./8 Milanaise. Re./9 Eq. Italo. T./10 Nubien. Bote./11 Teuf. Erigées./12 Ost. Seine.
Pas contre mais pour... Par Sylvain, futur paysan Tout petit déjà, j’étais contre... Contre les courgettes juste bouillies dans leur jus, contre mon père (que j’aime beaucoup), contre le gratin dauphinois trop liquide, contre l’école et les 4 directeurs(trices) qui m’ont congédié, contre la soupe à la betterave non aromatisée, contre l’autorité, contre le néo-esclavagisme, contre la tartine au beurre de cacahuète sans rien dessus. Plus je grandissais, plus j’étais contre, même le fait de grandir me déplaisait assez... Mais maintenant, je ne suis plus contre mais pour ! Je ne suis plus contre le clergé, mais pour la désacralisation de ses représentants. Je sais maintenant que même le pape a dû connaître les plaisirs de l’éjaculation (avec ou sans préservatifs) et que même les nonnes pètent ! Les pets de nonnes Ingrédients : 10 cl d’eau - 20 g de sucre semoule - 40 g de beurre - 65 g de farine de blé - 2 oeufs. Portez à ébullition l’eau avec le sucre et le beurre coupé en morceaux. Hors du feu, versez la farine en pluie grâce à une passoire et mélangez lentement à l’aide d’une spatule en bois pour obtenir une pâte un peu collante. Ajoutez les œufs et mélangez. Plongez des petites boules de cette préparation dans de l’huile bouillante et faites refroidir sur du papier absorbant. Accompagnés de coulis de fruit ou de chocolat fondu, c’est divin, et sachez-le ! ! Les pets de nonnes, ça sent bon !!! Je ne suis plus contre les Américains mais pour qu’on arrête de laisser les Bush s’amuser. Un petit amuse-bush Faites fondre le beurre, coupez les feuilles de bricks en 4, vous avez 4 formes camembert que vous badigeonnez de beurre, roulez-les en cornet, placez de l’aluminium dans vos cornets, pour maintenir la forme, déposez-les sur une plaque à four recouverte de papier sulfu côté jointure et passez au mélangé à tous les ingrédients dosés à votre convenance, c’est super beau et bon, et ce petit cornet simple et magique permet aussi de stimuler votre créativité quant à la farce pour les remplir... Je ne suis plus contre le fascisme, mais pour qu’on arrête de lui donner de la matière au travers de lois « démocratiques » à la façon Sarkozy. Le sar cosy (sur son lit de fenouil sauvage beurré à l’ail) Mixez ensemble du beurre, de l’ail et du persil, de façon à avoir une noisette par filet. Préparez des feuilles de papier alu que vous recouvrez de jeunes pousses de fenouil sauvage que vous trouverez partout en ce moment, dans nos vertes collines bien arrosées de pluie printanière. Posez vos filets de poisson sur le fenouil, saupoudrez d’aiguilles de romarin, d’une rondelle de citron,de quelques câpres, d’olives et de la noisette de beurre mixé. Fermez la papillote, et mettez au four ½ heure th.7... puis dégustez avec des tagliatelles fraîches. Je ne suis plus contre la violence, mais pour que l’école arrête de fourrer dans la tête de nos enfants les histoires et héros de la guerre, au détriment des histoires et héros de la paix... Tiramisu à la mandella coco Ingrédients : Tapissez le fond du plat de 2 couches de spéculos auparavant imbibés de café (si vous avez de l’amaretto rajoutez-en au café, ou de l’eau de fleurs d’oranger), réservez au frigo. Séparez les blancs des jaunes d’oeufs. Dans un bol, mélangez le jaune, le sucre et le sucre vanillé jusqu’à ce que ça mousse un peu, puis rajoutez le mascarpone, l’amande, amalgamez bien tout ça et incorporez doucement vos blancs montés en neige. Versez cette préparation sur vos biscuits. Passez votre coco sous le gril du four 2 mn, puis disposez-la sur votre tiramisu, mettez au moins 10h au frigo et avant de servir, saupoudrez de cacao... Je ne suis plus contre le capitalisme, ses barons et ses multinationales, mais pour ses alternatives. Je ne suis plus contre la malbouffe, mais pour acheter de bons produits, le plus directement possible du producteur au consommateur, pour cuisiner... Un système ne marche que lorsqu’on le finance, alors à nous de financer le système qui nous va. Les alternatives existent, encore faut-il qu’elles puissent se développer... picoler... c'est déjà cuisiner le Ravi n°63 mai 2009 - RTT 23 Indéfendable rosé par Etienne Ballan La controverse. Il n’y a pas si longtemps, le 6 décembre 2006 précisément, la France autorisait l’irrigation de la vigne. Qui s’en est soucié ? Avant cette date, dans les basses plaines du Languedoc et du Roussillon, on faisait déjà pisser la vigne en la noyant, sous prétexte de la dessaler. Là-bas, les plus grandes maisons gardent leurs terres au bord de l’eau (douce ou salée), histoire de faire monter les rendements globaux. Dans les Côtes du Rhône, on envoyait déjà la flotte au secours des sécheresses pour atténuer le stress hydrique du pauvre petit cep payé par les emprunts au Crédit Agricole... Bref, pour « sauver » la tête de quelques vignerons, on a bien admis qu’ils pouvaient mettre de l’eau dans leur vin. Alors quoi ? Maintenant que l’Europe veut fabriquer du Rosé en coupant du Blanc avec du Rouge, on crie au scandale ? La Provence se soulève pour défendre son patrimoine culturel, son cher Rosé obtenu par macération ? Rectification : les vignerons provençaux ont tout misé sur ce Rosé, seul vin dont la consommation augmente, et qui s’exporte bien (les Japonaises en raffolent, paraît-il). Il représente plus de 80% de leur production, et les autres régions viticoles en crise voudraient bien jouer sur ce filon pour écouler leurs stocks de Rouge et de Blanc. A vrai dire, les Ricains le font déjà et l’Union européenne voudrait donner leur chance aux Européens de jouer à armes égales sur le marché juteux des gosiers chinois. Mais de quoi on parle, au juste ? Ce Rosé de Provence apparemment si savoureux, mais qu’on a vomi tous les samedis soirs de son adolescence, il est temps d’y regoûter. Le vin. Pour cela, on tape dans le classique, un Château Bas, a priori bonne adresse du pays d’Aix, dans la cuvée de base (1). Et là, René est d’accord avec moi sur la discrétion de ce liquide « passe-partout », presque fade. Ginette le dit avec ses mots : « Il n’éclate pas dans la première bouche. » Alors on cherche l’arôme dans le nez, le goût de retour, mais la surprise ne vient pas. La couleur, elle, est au rendez-vous, subtile, ensoleillée. Bref, un teint de pêche, mais un goût de pêche pas mûre. René lui cherche des excuses : « Au moins, il n’a pas l’acidité du Rosé du bord de la nationale, servi dans une carafe bien fraîche, avec la sieste derrière. » De la finesse, certes, mais à force de se resservir, on hésite : « Il ne serait pas déjà coupé ce Rosé-là ? », demande Ginette. A l’eau alors, histoire de pouvoir le servir aux enfants, ou de l’emmener en randonnée dans un thermos bien frais. Comme si l’eau qui perlait sur la bouteille froide s’était glissée à l’intérieur. En Provence, on n’irrigue plus la vigne, on irrigue directement le vin, c’est plus rentable… Y’a plus qu’à espérer que l’Europe soit d’accord ! Château Bas, L’Alvernègue 2008, 5,40 €. (1) Dans ces châteaux qui exportent, la segmentation du marché est une histoire ancienne : à chaque clientèle et à chaque bourse son vin. N’espérez plus acheter du bon vin pour pas cher : la devise du vigneron est dorénavant de vous en donner juste assez pour votre argent, mais jamais plus. supporter... c'est déjà picoler



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :