Le Parisien Economie n°917S 17 sep 2018
Le Parisien Economie n°917S 17 sep 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°917S de 17 sep 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 14,7 Mo

  • Dans ce numéro : le nettoyage au top !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 17 SEPTEMBRE 2018 ÉCO 2 À LA UNE @LeParisien_Eco LES ATOUTS DU NETTOYAGE PAR DELPHINE DENUIT ET CYRIL PETER Rangez vos idées reçues et laissezvous guider… A l’occasion de la Journée nationale de la propreté*, le 18 octobre prochain, employeurs et apprentis eux-mêmes vont se mobiliser dans toute la France pour mieux faire connaître les formations, du CAP au bac + 5, et les 13 métiers du nettoyage. Une première édition qui démontre l’excellente santé de la filière, qui pèse 13,6 Mds € de chiffre d’affaires (hors aide à domicile). Portée par ses 22 grandes entreprises et 2 600 PME, e l l e a g é n é r é pr è s de 100 000 emplois en dix ans, soit une hausse de 20% (contre « LA ROBOTISATION EST LIMITÉE AUX LOCAUX DE GRANDES SURFACES COMME LES GARES ET LES AÉROPORTS. ON AURA TOUJOURS BESOIN DE PERSONNES POUR PILOTER LES MACHINES » PROPOS RECUEILLIS PAR DELPHINE DENUIT Comment analysez-vous la bonne santé du secteur de la propreté ? Elle est liée à la structure de notre métier dit à transfert conventionnel  : lorsqu’un opérateur remporte un marché, il reprend du même coup les salariés qui travaillaient jusque-là pour l’ancien prestataire. Si on obtient par exemple un marché pour un hôpital, les personnels qui y travaillaient jusque-là rejoindront nos équipes. C’est ce que prévoit notre convention professionnelle, pour mieux protéger l’emploi dans ce secteur. Qu’en est-il du groupe Onet ? Nous sommes le numéro un français avec 1,9 Md € de chiffre d’affaires l’an passé. Présents dans huit pays, nous comptons plus de 20 00 clients et 71 000 salariés, dont 60 000 travaillent en France. SERVICES Le secteur de la propreté brille par son dynamisme. Sur le front de l’emploi, les opportunités sont nombreuses. Parmi eux, 50 000 œuvrent dans le domaine de la propreté, dont 45 000 agents d’intervention et 5 000 cadres. Comptez-vous recruter ? Nous prévoyons de recruter 3 000 agents et plus de 200 cadres et agents de maîtrise (responsables d’exploitation, de centre de tri…) en CDI en 2019, contre 2 700 agents et 180 cadres cette année. Onet est un gros recruteur, notamment de personnes qui n’ont pas toujours un accès facile à l’emploi, comme les jeunes ou les femmes seules. Quelles sont vos méthodes de sélection ? Nos recrutements se font par l’intermédiaire de nos 350 agences implantées sur tout le territoire, selon une méthode baptisée Oasis que nous avons mise en place pour lutter contre tout type de discrimination à l’embauche. Nos chefs d’équipe sont formés en ce sens et on r 6 000 JEUNES FORMÉS CHAQUE ANNÉE 2% en moyenne dans d’autres branches). Un tiers de ces créations sont le fait d’autoentrepreneurs. Et les services aux entreprises continuent de tirer le secteur vers le haut ! En témoignent ces clients, du tertiaire ou de l’industrie, de plus en plus nombreux à externaliser le nettoyage de leurs locaux. Avec pour conséquence un appel d’air sur le marché de l’emploi, accentué par le vieillissement des 500 000 salariés de la filière, dont 32% sont des étrangers. « En 2019, j’aurai trois départs à la retraite. Donc c’est au moins trois remplacements », confirme par exemple Patrick Belloq, gérant de la PME francilienne Ace Pro. Reste que 76% des contrats signés le sont à temps partiel. « Les clients imposent des horaires décalés, par exemple de 8 heures à 10 heures puis de 18 heures à 20 heures, pour éviter de déranger les collaborateurs pendant leur travail », constate Philippe Jouanny, président délégué de la Fédération des entreprises de propreté et services associés (FEP). La tendance serait-elle en train de s’inverser ? Des centres commerciaux ou encore la SNCF n’hésitent plus à mettre en avant ces petites mains discrètes pour rassurer leur public. DES FEMMES AVEC PLUSIEURS EMPLOYEURS De plus en plus visibles, « ces agents de service » restent majoritairement des femmes, jonglant entre plusieurs employeurs  : tôt le matin dans le siège social d’une banque avant d’enchaîner la journée dans un hôpital. Vont-elles un jour disparaître ? Rien n’est moins sûr. « La robotisation est limitée aux locaux de grandes surfaces comme les gares et les aéroports, observe Philippe Jouanny. On aura toujours besoin de personnes pour entretenir et piloter ces machines. » Pas d’inquiétude, donc, pour les 6 000 jeunes formés chaque année. Leur emploi est assuré et les perspectives nombreuses, entre promotions internes et nouveaux métiers. * Renseignements sur le site www.monde-proprete.com. « 80% de nos directeurs d’agences sont issus de nos métiers » Antoine Recher, directeur des ressources humaines du groupe Onet travaille de pair avec des associations d’aide à l’emploi. 80% de nos directeurs d’agences sont issus de nos métiers d’exécution en interne. A quel salaire embauchez-vous ? Notre salaire de base à l’embauche est légèrement supérieur au salaire minimum et évolue selon les grilles de classification de la Fédération des entreprises de propreté et services associés (FEP). Quelle est la part du temps partiel ? 60% de nos salariés sont à temps partiel. Tous ne le subissent pas. 60% ont aussi plusieurs employeurs. C’est un métier encore très dévalorisé, non ? En effet, d’un point de vue sociétal. Mais c’est en réalité un métier valorisant pour celui qui l’exécute. N’oubliez pas que la propreté est avant tout une question de santé publique. LES CLÉS Les horaires décalés sont un frein… Nos entreprises clientes ressentent de moins en moins le besoin de cacher leurs agents de propreté. De plus en plus de centres commerciaux, de galeries marchandes, etc. emploient des agents d’intervention durant leurs horaires d’ouverture. On s’est aperçu que l’impact sur les clients était très positif, leur ressenti est bien meilleur. On en fait l’expérience en ce moment sur deux axes TGV (Est et Sud-Est), où des agents interviennent dans les rames en circulation et non plus à l’arrêt. Le retour des clients est extrêmement positif. Comment évolue votre métier ? Le digital l’a révolutionné. Aujourd’hui, les entretiens d’embauche sont saisis sur smartphone, des applications informent nos salariés de leurs plannings et communiquent directement avec le gestionnaire de I 13,6 MDS € de chiffre d’affaires en 2017 I 47 056 entreprises dont 22 grands groupes (98% sont des TPE-PME). I 496 562 employés salariés. I 80% des entreprises ont moins de 20 salariés. I 18 000 embauches en CDI en mi-temps ou plus par an depuis 2013. I 50% des salariés sont âgés de 35 à 54 ans. I 2/3 sont des femmes. I 36% travaillent dans plusieurs entreprises. I 7% de travailleurs handicapés dans la profession. I 10,12 € brut/heure  : salaire de base d’un agent d’exploitation (légèrement au-dessus du smic). I 12,51 € brut/heure  : salaire de base d’un agent de maîtrise. Sources  : Fédération des entreprises de propreté et services associés (FEP) ; GIE Monde de la Propreté. Antoine Recher, DRH chez Onet. paies. Enfin, en matière de protection de l’environnement, nous devrions utiliser 95% de produits écolabellisés d’ici à 2020. DR
SKY-SCRAPPER twipe_ftp LUNDI 17 SEPTEMBRE 2018 LE PARISIEN www.leparisien.fr/ecoÀ LA UNE LP/JEAN-BAPTISTE QUENTIN « La propreté, ce n’est pas que faire le ménage » Chloé Caradec, apprentie de 22 ans « C’EST LE SECTEUR qui vous choisit. Après, on s’y attache. » Chloé Caradec, large sourire et regard pétillant, a atterri dans la propreté un peu par hasard. « Au départ, je voulais faire préparatrice en pharmacie. Mais ça ne recrute pas », raconte l’apprentie de 22 ans, originaire de Maisons-Alfort (Val-de-Marne). Avant de passer le bac sanitaire et social, Chloé se lance dans des recherches sur Internet. Et flashe sur le Brevet de technicien supérieur (BTS, bac + 2) métiers des services à l’environnement (MSE). « Le nettoyage, et pourquoi pas ? », se dit-elle alors, séduite par l’autonomie et la polyvalence des salariés. « On n’y vient pas par vocation mais parce qu’il y a du travail, analyse Magali Melenotte, la directrice de son centre de formation d’apprentis (CFA) à Villejuif (Val-de-Marne). Cette année, on a 375 offres d’apprentissage pour environ 300 candidats. Et à la fin de la formation, on est sûr d’avoir un emploi. » Depuis trois ans, Chloé navigue entre école et entreprise. En BTS, c’est à la Mairie de Paris qu’elle met en pratique ses connaissances. « On travaille pour le collectif, pour le bien-être de tous », souligne l’ex-assistante chargée des statistiques des déchets de verre. Ce qu’elle a préféré lors de cette expérience ? Sensibiliser des élèves de primaire à la collecte sélective. Désormais en licence (bac + 3) responsable développement, hygiène, propreté et services, la Francilienne poursuit son apprentissage à l’Institut Pasteur à Paris (XV e), pour le compte d’Onet, premier employeur du secteur. Payée 80% du smic, elle assiste la responsable de site, deux à trois semaines par mois. L’une de ses missions consiste à réaliser des devis. « Je calcule au m² le prix à payer selon le nombre d’heures travaillées et d’agents à mobiliser », illustre-t-elle. 2 700 € net par mois pour les alpinistes EN L’ABSENCE d’appellation officielle, CHEZ SKY-SCRAPPER (qui vient de « gratte-ciel » en anglais), société de nettoyage en hauteur basée à Saint-Germain-lès- Corbeil (Essonne), on recrute puis on forme. Parmi ses 18 employés, qui lavent les vitres des tours à La Défense (Hauts-de-Seine) et dépoussièrent les charpentes de sites industriels franciliens, on trouve d’anciens maçons et peintres en bâtiment ne souffrant pas de vertige… mais aussi « des gars qui n’avaient aucune expérience », raconte le directeur général Olivier Desnous. 5 SEMAINES DE FORMATION « A mon époque, il fallait des connaissances en spéléologie, en alpinisme ou, comme moi, on apprenait sur le tas », se souvient le dirigeant de 51 ans. Des formations de cinq semaines sont désormais obligatoires. L’alternance est une autre voie possible. Au bout de deux ans d’ancienneté, un salarié de Sky- Scrapper gagne entre 2 000 € et 2 700 € net par mois. Mais c’est sans compter les heures supplémentaires majorées  : « Comme tout métier de service, on est à la disposition du client. On peut travailler samedi, dimanche et de nuit. Il est rare de ne toucher que son salaire de base », précise-t-il. Si les inconvénients liés à la météo peuvent refroidir, Olivier Desnous ne manque pas d’arguments pour attirer des jeunes  : « Sans qualification au départ, on peut avoir des revenus sympathiques. Mais il faut du courage et passer des formations. C’est un métier valorisant car tout le monde ne peut pas le faire. » C.P. COMPTABILITÉ ET MARKETING Cette année, l’apprentie jonglera entre des cours de comptabilité, de gestion des ressources humaines, de marketing et d’anglais. Sans oublier la base  : manier autolaveuse, monobrosse et autre matériel de nettoyage sur carrelage, moquette ou parquet. « C’est important de savoir ce que fait l’agent même si on vise des postes à responsabilités », observe Chloé. A moyen terme, elle se verrait bien directrice d’agence. Un poste qui requiert des compétences transversales. « On gère à la fois les responsables de sites et un catalogue clients. Donc on fait de la gestion des ressources humaines, du commercial, du contrôle qualité », énumère-telle. « L’évolution est rapide. Au bout de cinq ans d’expérience, je dirigeais 200 personnes », témoigne son formateur Bruno Ricotta, ex-responsable d’exploitation passé par la case agent. « Si on se donne les moyens, on peut grimper », ajoute Chloé. Peu importe le regard des autres qui, selon elle, méconnaissent la propreté. « Les jeunes se focalisent sur des détails comme le ramassage de poubelles. Mais la propreté, ce n’est pas que faire le ménage », assure-t-elle. Et ses amis, qu’en pensentils ? « Ils sont intéressés quand je leur parle de ce que je fais. » « Il faut me les envoyer ! bondit sa directrice de CFA. Il reste des places ! » CYRIL PETER Sang Froid traite les scènes de crime on les désigne comme « nettoyeurs de scènes de crime » ou « de l’aprèsdécès ». Dans les faits, ils interviennent majoritairement à la suite de suicides ou de morts naturelles. Ils ne sont pourtant qu’une dizaine seulement à travailler dans ce segment de « la décontamination après sinistres » incluant aussi d’autres événements traumatisants (inondations, incendies). Ces professionnels disposent le plus souvent d’un BEP ou CAP agent de propreté et d’une certification 3D (dératisation, désinsectisation, désinfection) pour pouvoir utiliser certains types de produits. Mais une seule entreprise dispose d’une certification ad hoc obtenue… à l’étranger. Baptiste Girardet, fondateur et président de Sang Froid, a lancé sa société après avoir lui-même été confronté à la mort de proches. Ancien pompier et criminalisticien de sécurité intérieure — expert qui réalise des dossiers techniques après un crime ou une infraction —, il part au Canada suivre une formation de « nettoyeur de site d’incident traumatique », avant de monter son entreprise, en 2016, avec dix associés. « Tous des pompiers comme moi, formés par mon instructeur canadien spécialement venu en France », précise-t-il. Effaré du retard et du tabou français pour tout ce qui a trait à la mort, il insiste sur l’importance d’accompagner les familles traumatisées par des professionnels qualifiés. De même, « nos interventions devraient être prises en charge par les assureurs », estime-t-il. Les tarifs sont très variables, de 500 € à 7 000 € selon les missions et l’expérience. Un spécialiste, sous statut libéral, peut gagner plus de 50 000 € par an, contre 1 600 € brut par mois pour un jeune agent débutant. D.D. LP/JEAN-BAPTISTE QUENTIN é a 3 ÉCO Mana Man a Man a MaMM Man a Man nanan agenda Mardi, mercredi et jeudi Des ateliers gratuits pour créer son entreprise Vous avez un projet de création d’entreprise ? Des ateliers gratuits consacrés à ce sujet et baptisés « 3, 2, 1… créez ! » sont régulièrement organisés dans les Chambres de commerce et d’industrie départementales (CCID) en Ilede-France. Mardi 18 septembre de 9 h 30 à 12 h 30, 8, place Salvador Allende à Créteil (Val-de- Marne). Mercredi 19 septembre de 14 heures à 17 heures, 20, rue d’Issy à Boulogne- Billancourt (Hauts-de-Seine). Jeudi 20 septembre de 14 heures à 17 heures, 35, boulevard du Port à Cergy- Pontoise (Val-d’Oise). Renseignements sur le site Internet www.entreprises.cciparis-idf.fr. Jusqu’au 28 septembre Le prix de l’entrepreneur social Innovation, viabilité économique et impact social en France  : voici les trois critères de sélection de la 11 e édition du Prix de l’entrepreneur social, organisé par le Boston Consulting Group. Cette année, le jury est composé des patrons de La Poste, Engie, Vinci, ADP ou encore de la Société Générale. Le vainqueur sera conseillé par le BCG afin de « changer d’échelle », promet l’organisateur. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 28 septembre sur le site du BCG  : www.bcg.com. Le livre S’expatrier, mode d’emploi Singapour, Norvège et Nouvelle-Zélande forment le podium des meilleurs pays pour s’expatrier, selon un classement HSBC, cité dans ce guide pratique du Petit Futé. De la préparation jusqu’au retour en France, tous les thèmes de l’expatriation y sont abordés  : démarches bancaires, fiscalité, recherche d’emploi, cotisation pour la retraite, rapatriement du patrimoine… L’ouvrage illustré, qui se nourrit de portraits d’expat’, liste les instituts et organismes français présents à l’étranger ou encore les sites et blogs spécialisés. Une mine d’or pour réussir cette aventure. Guide de l’expatriation, Petit Futé, 187 p., 9,90 € .



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