Le Parisien Economie n°909S 9 sep 2019
Le Parisien Economie n°909S 9 sep 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°909S de 9 sep 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 12,2 Mo

  • Dans ce numéro : développeur, un métier de rêve ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 9 SEPTEMBRE 2019 I ÉCO 2 À LA UNE Mir @LeParisien_Eco LP/ARNAUD DUMONTIER Bienvenue sur la planète développeurs On les imagine jeunes, rivés à leurs écrans, courtisés par des entreprises qui leur offrent salaires et conditions de travail confortables… Plongée chez les pros du digital. PAR CYRIL PETER ils seraient 270 000 en France, dont 12% de femmes, selon Lesjeudis.com, site de recrutement spécialisé dans le numérique. Cette avant-garde de la révolution numérique, ce sont les développeurs, artisans du code informatique sans qui rien ne tournerait sur le Web et les smartphones. Loin des idées reçues, voici à quoi ressemble leur vraie vie… QUE FONT-ILS ? Il n’y a pas un métier, mais des métiers. Un développeur mobile conçoit, crée, améliore une application pour smartphone. Un « dev » Web planche sur un site Internet quand le « devops » fait le lien entre les développeurs de programmes informatiques et les équipes chargées de l’exploitation des systèmes. Chaque professionnel se démarque par les langages de programmation qu’il a appris, seul en ligne ou à l’école d’ingénieurs (lire ci-dessous). Pour n’en citer que deux  : Java est très prisé des banques et s’utilise sous n’importe quel système d’exploitation tandis que Python s’emploie pour l’analyse de données et se rapproche du langage humain. Un étudiant chez Simplon.co. Un développeur travaille souvent en équipe, devant deux écrans pour « switcher » d’un programme à un autre. Organisé, il doit faire appel à son esprit logique et détecter par exemple l’erreur à l’origine d’un bug. Son temps se divise entre analyser le problème, avec feuille de papier et crayon, taper sur le clavier pour rédiger des lignes de code et réaliser des tests. Ces derniers permettent par exemple de s’assurer que le bouton « valider » qu’il vient d’ajouter sur la page d’un site marchand dirige bien le client vers celle du paiement par carte de crédit. De là à le comparer à un ouvrier condamné à des tâches répétitives… « Ce n’est pas un exécutant, affirme JohannGuegan, fondateur du cabinet de recrutement Skillink. Il crée des produits, fait évoluer l’entreprise ou le client pour lequel il travaille. Comme les artisans, les développeurs partagent une expertise, définissent des critères de qualité communs. Ce sont aussi des passionnés qui ne comptent pas leurs heures. Parfois les employeurs en abusent. » OÙ TRAVAILLENT-ILS ? Qu’il soit bac + 2 (DUT informatique) ou ingénieur, le développeur obtient facilement un CDI. Il peut exercer en tant que consultant, en mission chez le client d’une entreprise de services numériques (ESN), son employeur. Il peut aussi être salarié d’une banque internationale ou d’une PME textile, dont le cœur de métier n’est pas le numérique. Les start-up, elles, ont plutôt recours à des stagiaires ou des free-lances. Ces microentrepreneurs, qui pianotent à domicile ou dans des espaces de co-working, peuvent être titularisés à condition que la jeune entreprise ait les reins solides  : deuxième levée de fonds, modèle économique trouvé… Enfin, un autre statut a émergé ces dernières années  : le « digital nomad ». Tout salarié en télétravail qui aime voyager est concerné. Dans le cas du développeur, il fuit l’univers précaire du jeu vidéo ou le monde sous pression des startup. Son profil ? « Il a quelques années en entreprise, n’a pas la volonté de diriger, veut gérer son emploi du temps et recherche un équilibre entre travail et vie privée », décrit Boris de Chalvron, patron d’Urban Linker, cabinet de recrutement, contraint de s’adapter à cette « population flexible, toujours plus nombreuse ». Le site nomadlist.com classe, selon plusieurs critères tels que la qualité d’Internet, la vie nocturne et la sécurité, les Schoolab, Paris (II e) , le 4 septembre. Tony Seng et Nicolas Galiana (ci-dessus), après quelques années d’expérience dans de grandes entreprises, ont lancé leur start-up. Des formations à foison COIFFEUR, chimiste, militaire… Les reconvertis gonflent chaque année les bataillons de développeurs. « Le secteur du numérique est ouvert à des profils variés sans forcément un niveau de diplôme élevé. On n’a pas besoin d’être scientifique. Le critère, c’est la logique », explique Audrey Pérocheau, directrice du programme formation de Pôle emploi. Multinationales, PME qui ont tardé à se digitaliser, start-up… Les entreprises peinent à recruter, faute de candidats opérationnels. Cela se traduit, chez Pôle emploi, par « une croissance exponentielle » du nombre de formations  : 4 600 en 2015, 15 100 en 2018. Parmi ses partenai- res, Simplon, une école gratuite qui s’adresse aux décrocheurs scolaires, réfugiés et autres « personnes éloignées de l’emploi », de même que la plate-forme Openclassroom qui propose des cours à distance. Les sessions intensives financées par Pôle emploi et les conseils régionaux sont légion. Lancée par François Hollande en 2015, la Grande école du numérique en labellise 750. « On exclut les formations à distance et il n’y a pas de groupe de plus de 20 personnes », précise sa directrice Samia Ghozlane. Et d’ajouter  : « Les apprenants se mettent souvent au code en autoapprentissage. » Biberonnés depuis meilleures villes pour coder en sirotant un cocktail au bord de la plage. En tête, le spot de surfeurs de Canggu, sur l’île indonésienne de Bali, devance Varsovie (Pologne) et Bangkok (Thaïlande). Si ce mode de vie peut faire rêver, les inconvénients sont toutefois nombreux  : dépendance au wi-fi, sentiment de solitude, revenus incertains, soucis de visas dans certains pays… leur adolescence aux tutoriels sur YouTube, ces autodidactes peuvent se perfectionner dans de jeunes écoles pilotées par des entrepreneurs. La plus connue, l’Ecole 42 à Paris (XVII e) de Xavier Niel, attire chaque année 40 000 postulants. Ils ne sont plus que 1000 à l’issue de la « piscine », une session de tests de quatre semaines. Les parcours, plus classiques et reconnus par l’Etat, sont les plus suivis, du DUT informatique (bac + 2) à la licence universitaire (bac + 3), en passant par l’école d’ingénieurs (bac + 5) comme Epitech qui s’adresse aux managers de demain. COMBIEN GAGNENT-ILS ? Pénurie oblige, le « dev » est en position de force pour négocier son salaire, qui varie selon les langages maîtrisés. « Les développeurs sont aussi exigeants sur le temps de transport domicile-travail, les perspectives de montée en compétences ou le secteur. La finance, qui a de grands besoins, ça ne plaît pas à tout le monde. L’armement, l’alcool et l’industrie duX, non plus », analyse Boris de Chalvron. Parmi les métiers les plus courants  : le développeur mobile, créateur d’applis. Un débutant peut prétendre à un salaire de 35 000  € brut par an. Un confirmé, 60 000  € . Le développeur Web, lui, touche en moyenne 48 000  € , selon une étude de Régions Job. D’autres profils sont plus rares, à l’image du « devops » dont le savoir-faire est très prisé des ESN comme Atos et Capgemini. Selon Urban Linker, un « junior » touche autour de 40 000  € brut par an. Deux ans plus tard, il peut demander 10 000  € de plus. « Ce profil est très recherché car il est plus facile à budgéter qu’un expert avec huit ans d’expérience », note le dirigeant d’Urban Linker. Dans ce marché en tension, le roi des « dev » est de loin le CTO, pour « chief technical officer » ou directeur des nouvelles technologies. S’il maîtrise le langage Java, l’un des plus utilisés, et travaille en Ile-de-France, où les rémunérations sont plus élevées qu’en régions, ce chef d’orchestre peut négocier un salaire supérieur à 80 000  € par an. LP/FRÉDÉRIC DUGIT it%
twipe_ftp LUNDI 9 SEPTEMBRE 2019 LE PARISIEN www.leparisien.fr/ecoÀ LA UNE CRÉATION D’UN SITE Internet, amélioration d’une application mobile… Le développeur traduit la demande d’un client en lignes de code informatique. La révolution numérique le place parmi les professionnels les plus recherchés. Voici ses cinq qualités essentielles, selon les développeurs eux-mêmes, pour intégrer le club. ILOGIQUE « Le plus important, c’est d’être bon en algorithmes », insiste Moussa, en LP/OLIVIER LEJEUNE CDI dans une PME. « Il faut aimer résoudre les problèmes. C’est comme une partie d’échecs », observe Nicolas, autodidacte de 29 ans. ICURIOSITÉ « On doit se tenir à jour sur la façon de coder pour ne pas être largué », prévient Moussa. « Un tutoriel sur YouTube peut parfois suffire pour se former », assure Bastien, étudiant de 25 ans. « Demander à Google est inévitable, il devient un ami », souligne son camarade Aurèle. « Je reçois trois offres d’emploi par semaine » OPEN SPACES avec plantes et canapés colorés, fûts de bière dans la cuisine collective, tutoiement de rigueur… L’incubateur Schoolab, au cœur du quartier branché du Sentier à Paris (II e) , accueille des développeurs informatiques de différents profils. Si ces jeunes possèdent tous un ordinateur portable, ils ne parlent pas les mêmes langages informatiques. « J’ai commencé à 13 ans par le Html qui permet de créer des pages Web, explique Nicolas Galiana, autodidacte en informatique et ingénieur de formation. En ce moment j’utilise Mathlab pour effectuer des calculs. » L’une de ses missions consiste à « reproduire un bug, identifier le problème, changer la ligne de code concernée puis vérifier dix fois pour ne pas que ça se reproduise », explique-t-il. Et sa journée type ? De 8 heures à 19 heures, à l’incubateur, dans le métro et plus tard chez lui, week-end compris. « Quand on est passionné, on a du mal à arrêter. Surtout quand on vient de créer son entreprise », commente-t-il. Marie Coly, 33 ans, consultante experte en big data, met au point des programmes de lutte contre la fraude pour la Banque de France. Avant de coder pour son bébé, Combigo.com, un comparateur de billets d’avion, train, bus, covoiturage et ferry, le Girondin a grandi professionnellement dans une filiale d’EDF. « Mon rôle était d’optimiser le transport de l’énergie verte. Je devais résoudre des problèmes qui ne l’avaient jamais été. C’était stimulant, je partais d’une feuille blanche comme pour ma startup », raconte-t-il. « Si on n’a plus rien à apprendre, on part de l’entreprise. C’est l’avantage du métier, on peut changer de projet du jour au lendemain », analyse Tony Seng. Après sept ans dans la finance, de Natixis à Société générale en passant par BNP Paribas, ce bac + 5 a lui aussi lancé sa start-up  : Ticket B.A, une plate-forme de dons de titres-restaurant. Son savoir-faire de « dev » logiciel séduit des employeurs comme Amazon ou Spotify qui l’approchent via le réseau professionnel LinkedIn. « Plus on a d’expérience, plus on est demandé. En ce moment, je reçois trois offres d’emploi par semaine », remarque-t-il. « MOINS DE 40 000  € PAR AN, JE N’ACCEPTE PAS » Si les formations, de l’Ecole 42 à Simplon, se sont multipliées ces dernières années pour pallier le manque de développeurs, les recruteurs doivent toujours se plier en quatre… « Moins de 40 000  € par an, je n’accepte pas », prévient Nicolas Galiana. « Les entreprises proposent des avantages  : partir en vacances quand on veut, un baby-foot… Ce qui plaît le plus, c’est le télétravail car on est autonome », souligne Tony Seng. Près du « Schoolbar » proposant des plats « faits maison », trois jeunes en tenue décontractée discutent simulation 3D en temps réel, leur spécialité. « Le jeu vidéo, ce n’est pas très bien payé, surtout dans les petites structures. L’argument des Les 5 qualités indispensables IRIGUEUR « Les petites erreurs peuvent entraîner de grandes conséquences », affirme Nicolas. « Il n’y a pas toujours des gens qui passent derrière pour vérifier le travail réalisé. Il est impératif d’être sûr de ce qu’on fait », raconte Marie, consultante big data. ISAVOIR COMMUNIQUER « Il est nécessaire de discuter avec les collègues, par exemple pour avoir une autre vision sur un problème », note Morgan, stagiaire dans une «IL FAUT SE METTRE À JOUR EN PERMANENCE SUR LES TECHNOLOGIES» employeurs, c’est de dire qu’on fait ça par passion », explique Aurèle Pierre, stagiaire à temps plein dans une start-up pour 500  € par mois, le minimum légal. « On fait beaucoup d’heures supplémentaires aussi. Des syndicats se sont montés récemment », rappelle son camarade d’école Morgan Hoarau. Le numérique, ce n’est donc pas l’eldorado ? « Développer, cela demande beaucoup d’implication, il faut en permanence se mettre à jour sur les technologies, assure de son côté Bastien Mazuc, étudiant de 25 ans. C’est impossible de devenir généraliste, d’être bon dans tous les langages. Il vaut mieux se spécialiser, on est mieux payé. » C’est le choix de Marie Coly, qui travaille à cinq arrêts de métro de là, pour la Banque de France. « Je suis en mission longue durée pour créer des programmes informatiques anti-blanchiment qui traitent des données et génèrent des alertes », explique la consultante d’Umanis, une entreprise de services numériques, qui lui verse entre 40 000  € et 50 000  € par an (fourchette donnée par l’employeur). La jeune Sénégalaise de 33 ans, élégante, en tailleur, est à l’opposé du cliché du geek asocial  : « Je suis passionnée d’informatique mais j’ai une vie en dehors du travail  : aïkido, vélo, Scrabble, famille… » Formée dans son pays puis en France, Marie Coly est surtout une perle rare  : experte en big data, cinq ans d’expérience, femme dans un monde très masculin. « Je reçois trois à quatre offres par jour, estime-t-elle. Je n’ai pas le temps de répondre à toutes les sollicitations. » C.P. start-up. « Il faut être capable d’annoncer au patron ou au commercial qu’on a besoin de plus de temps pour corriger un bug », ajoute Bastien. IESPRIT D’ÉQUIPE « On travaille à plusieurs. On est loin du cliché du geek tout seul devant son écran », sourit Tony, développeur logiciel de 29 ans. « Il convient d’écrire un code synthétique, facilement lisible pour éviter les erreurs et faciliter la tâche à celui qui nous succédera », illustre Nicolas.C.P. é a an Ram. a a ; an'Man a 3 ÉCO' a a agenda Jeudi Une conférence pour les start-up B2B Entrepreneurs et investisseurs dans la Tech européenne se donnent rendez-vous à Station F, le plus grand incubateur de Paris, pour parler stratégie marketing, recherche de financement, exportation à l’ère post-Brexit… Cinquante « speakers » (intervenants) de 12 nationalités et 30 fonds d’investissement sont attendus. Toutes les interventions ont pour prisme le B2B (business to business, des entreprises vers d’autres entreprises) et le monde du SaaS (software as a service), c’est-à-dire du service sur abonnement disponible dans le cloud. Jeudi 12 septembre à Station F. Adresse  : 5, parvis Alan Turing à Paris (XIII e). Renseignements sur le site b2brocks.co. A partir de jeudi Le festival du numérique à Nantes Atelier de construction de robots, salon de la data, job dating, expositions, festival de musique électronique… Nantes Digital Week s’articule autour de plus de 100 événements - pour la plupart gratuits - dédiés au numérique. La programmation peut intéresser aussi bien les enfants ou les seniors peu connectés que les geeks en recherche de travail. Du jeudi 12 au dimanche 22 septembre, dans la région nantaise. Renseignements  : www.nantesdigitalweek.com. A noter Un stage pour créer son entreprise En Ile-de-France, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de votre département organise régulièrement des stages « 5 jours pour entreprendre ». Cette formation pluridisciplinaire permet d’acquérir les fondamentaux techniques et théoriques de la création d’entreprise, du modèle économique au plan de financement en passant par les régimes fiscaux et sociaux. Etalée sur cinq jours, elle coûte 250  € et peut être prise en charge selon votre profil. Du lundi 16 septembre au vendredi 20 septembre à la CCI du Val-d’Oise, 35, boulevard du Port, à Cergy. Du lundi 7 octobre au vendredi 11 octobre à la CCI des Yvelines, 21, avenue de Paris, à Versailles. Autres sessions  : www.entreprises.cci-parisidf.fr.



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