Le Parisien Economie n°902S 2 sep 2019
Le Parisien Economie n°902S 2 sep 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°902S de 2 sep 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 4,3 Mo

  • Dans ce numéro : environnement, les défis de l'emballage.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 2 SEPTEMBRE 2019 ÉCO 2 À LA UNE @LeParisien_Eco Questions sur une filière qui se métamorphose EMBALLAGE Innovations, réindustrialisation… Du cartonnier au plasturgiste, toute une chaîne doit s’adapter dans un monde qui change. PAR VIRGINIE DE KERAUTEM ET CYRIL PETER Contraintes environnementales, croissance du commerce en ligne… Face à ces défis pas forcément compatibles au départ, le secteur de l’emballage, des producteurs de carton aux recycleurs de bouteilles en plastique, n’a d’autre choix que d’innover et se transformer. Des professionnels donnent leur point de vue. L’UNION EUROPÉENNE S’ATTAQUE-T-ELLE AU PLASTIQUE ? « OUI, partiellement car elle vise à réduire les produits plastiques présentant un risque pour l’environnement  : filets de pêche, touillettes à café, pailles, explique Emmanuel Guichard, délégué général d’Elipso, organisation professionnelle des entreprises de l’emballage plastique et souple. La moitié des entreprises de notre secteur ne sont pas touchées. Pour d’autres, comme les fabricants de bouteilles d’eau en plastique, ils vont devoir tout changer pour fixer les bouchons aux bouteilles. Ce qui représente, au niveau européen, entre 3 et 10 Mds € d’investissements, selon une étude PwC. Les grandes marques avaleront ces coûts mais ce sera plus dur pour les plus petites. D’où l’intérêt d’innover, notamment dans le biodégradable. Enfin, on a beaucoup de INN AURONT-ILS DISPARU DANS 10 ANS ? « NON, car pour acheminer des produits vers les clients et consommatravail sur le recyclage. Aujourd’hui, 68% des emballages sont recyclables. Le secteur vise 90% d’ici 2025. » « OUI. Chez Raja, le plastique représente tout de même 30 à 40% de nos ventes mais on n’a pas attendu la directive européenne pour s’en préoccuper et proposer des solutions alternatives, avec du papier et du carton », raconte Danièle Kapel- Marcovici, PDG de Raja, fournisseur d’emballages. L’AVENIR, C’EST LE CARTON ? « OUI, car il se recycle facilement, déclare Jean Hornain, directeur général de Citeo, société de recyclage des emballages ménagers. Le problème, c’est qu’il ne résiste pas à l’eau… Citeo et le Centre technique du papier (CTP) planchent actuellement sur son imperméabilité. D’ici deux à trois ans, nous donnerons au carton des propriétés de résistance à l’eau, à l’air et au gras. L’une des techniques employées, la chromatogénie, consiste à greffer une molécule d’acide gras sur une petite partie des molécules de cellulose qui constituent le carton, sans en changer son aspect ni son caractère recyclable. » « NON. Pour le secteur de l’alimentation, il y a aura toujours besoin d’un emballage étanche, en verre ou en métal, estime Emmanuel Guichard. Quand vous achetez des tranches de jambon chez le boucher, il y a une Une usine de carton ondulé à La Chevrolière (Loire-Atlantique). REA/GILLES ROLLE couche de plastique. En revanche, il y a 50 ans, on ne recyclait aucun carton. On le condamnait comme étant responsable de la déforestation… Mais l’industrie s’est métamorphosée et elle ne produit plus que du recyclé. Pour nous, c’est un modèle. » « OUI, mais on peut fabriquer des emballages avec des matières organiques, compostables, avance Danièle Kapel-Marcovici. Beaucoup de recherches sont faites sur ces sujets. Un mouvement est lancé dans ce sens, soutenu par des législations locales et européennes. C’est la démarche des quatre R  : réduire, remplacer, réutiliser, recycler. » LA MULTIPLICATION DES EMBALLAGES, EST-CE LA FAUTE DU E-COMMERCE ? « OU I, bien sûr, admet Danièle Kapel-Marcovici, mais on ne va pas revenir en arrière. On fournit tous les e-commerçants d’Europe et c’est un potentiel de développement pour mon groupe. Toutefois, on essaie de conseiller ces acteurs, nos clients, dans leurs solutions d’emba l l a ge, r en ouve l a b l e s ou recyclables. Le commerce en ligne est sensible au développement durable. » « NON. Commandes en ligne, développement de la portion individuelle, moins de repas de famille… Ce n’est pas le secteur en particulier mais le mode de vie citadin en général qui pousse à consommer de l’emballage, analyse Jean Hornain. Ce qu’on allait chercher avant dans un magasin, on se le fait livrer dans un carton. Résultat, la proportion des emballages carton du e-commerce a augmenté de + 10% de 2017 à 2018. » « N O N, car c’est l’alimentaire qui nécessite la plus grande quantité d’emballages, rappelle Emmanuel Guichard. La hausse est plutôt liée à la réduction de la taille des foyers et le mode de consommation. La pause déjeuner étant plus courte, on achète des produits humides et frais et de façon nomade. Mais ce qui encombre la poubelle jaune, ce sont les cartons d’Amazon ! Le secteur doit progresser dans l’adaptation de la taille de l’emballage. C’est pour cela qu’on tente de trouver des contenants réutilisables, en plastique. » LP/OLIVIER ARANDEL BIENTÔT NOËL SANS PAQUET-CADEAU ? « NON. Au Japon, il existe un véritable art de l’emballage, remarque Emmanuel Guichard. Quand on reçoit un cadeau, on ne l’ouvre que lorsque les gens sont partis. Chaque année, des ONG plaident pour ne pas les emballer. Le principe du cadeau, c’est le mystère et les paquets le permettent. Après, on peut imaginer les offrir avec du papier réutilisable, des sachets, du tissu. » LES EMBALLAGES SERONT-ILS CONNECTÉS ? « OU I. Les gens pourraient par exemple suivre son parcours, ce qui montrerait ce qu’est l’économie circulaire, pense Emmanuel Guichard. Il y a 5 ans, tout le monde s’intéressait à la nature du produit, maintenant c’est l’emballage. Plus le consommateur sera actif pour savoir le taux de recyclé, si c’est fait en pomme de terre, en canne à sucre, plus on y gagnera. Prenez la bouteille de soda que vous jetez dans une poubelle jaune. Trois mois plus tard, la bouteille que vous achetez est fabriquée à partir de la précédente. » Cestas (Gironde), le 31 juillet 2018. Chez Cdiscount, les nouvelles machines adaptent hauteur, largeur et longueur du paquet à l’article expédié. teurs, il y aura toujours besoin de les conserver, les protéger, note Jean Hornain. Tout producteur d’emballage est responsable de la fin de vie de celui-ci et paie une contribution selon sa matière  : aluminium, plastique, verre… Les entreprises cherchent donc des solutions pour réduire les emballages, car plus ils sont lourds, plus cela coûte cher. La bouteille d’eau d’1,5 l est passée en vingt ans de 45 g à 28 g. L’emballage est devenu une ressource pour les entreprises. Une canette en aluminium peut, par exemple, être utilisée pour fabriquer une voiture. On peut retrouver du plastique dans des vêtements. Le but, c’est que ça tourne en boucle. » « NON. Le meilleur exemple, c’est la vente en vrac, renchérit Emmanuel Guichard. On n’est pas sûr aujourd’hui que cela engendre moins d’emballages. D’abord parce que le contenant à vrac est en majorité en plastique et considéré comme de l’emballage. Le vrac va sans doute conduire à moins d’emballages ménagers et donc moins de déchets. Cela se déplacera en amont, chez des industriels. »
twipe_ftp LUNDI 2 SEPTEMBRE 2019 LE PARISIEN www.leparisien.fr/ecoÀ LA UNE LES CLÉS I 35 MDS € . Chiffre d’affaires généré par le secteur de l’emballage en France (estimation). I 200 000 emplois directs. I 70 sites spécialisés dans le recyclage d’emballages plastiques. I 68% des emballages ménagers sont recyclés. Source  : Conseil national de l’emballage, Elipso. Cdiscount optimise la taille de ses colis Le géant du e-commerce a investi dans une machine dernier cri pour réduire sa consommation de carton. QUI NE PESTE PAS en recevant ses achats en ligne dans des cartons trois fois plus gros que les produits qu’ils contiennent ? Colis mal adaptés, plastique ou papier en grande quantité pour caler le vide… Question emballage, les acteurs du e-commerce peuvent mieux faire (lire cicontre)… L’un d’eux, Cdiscount, a commencé par remplacer le plastique par du kraft pour caler le produit dans le colis et éviter qu’il ne s’abîme pendant le transport. Quant à ses cartons d’emballage, l’entreprise établit un cahier des charges très strict à ses fournisseurs, le Français Saica et l’Irlandais Smurfit Kappa. Pierre-Yves Escarpit, directeur de la logistique pour le groupe, affirme avoir « banni toute matière non recyclable et n’utiliser que des cartons recyclables à plus de 90% ». Idem pour les encres des logos et des étiquettes sur les emballages. MOINS DE CAMIONS Le groupe, qui envoie plus de 25 millions de colis par an avec un rythme de croissance de plus de 20%, se targue d’être le premier en France à s’être équipé en 2016 d’une machine à emballage 3D pour les produits de taille moyenne  : PC, fers à repas- ser, jouets… Actuellement, il en a cinq au total et prévoit d’en acquérir d’autres l’année prochaine. Alors que la technologie ne permettait d’ajuster le carton qu’à la hauteur du colis, ces nouvelles machines automatisées, conçues par Neopost, mesurent également la largeur et la longueur afin d’empaqueter la commande dans des paquets les plus adaptés possible. En les optimisant ainsi, l’entreprise « réduit de moitié la quantité de carton et de kraft utilisés et diminue aussi de 30 à 40% le nombre de camions sur les routes ». Cdiscount chiffre tous ces investissements à « plus d’une dizaine de millions d’euros ». « Cela fait 10 ans que nous travaillons sur nos emballages et notre empreinte carbone. On ne prône pas le suremballage mais on ne va pas non plus envoyer une commande de trois poupées, une par une, telle quelles », ironise Pierre-Yves Escorpit. Au-delà de Cdiscount, ce sont les 180 000 sites marchands recensés en France par la Fevad (fédération de la vente à distance) qui doivent tendre vers une logistique plus écoresponsable tout en satisfaisant les 39 millions de d’acheteurs en ligne actuels. V.K. « La rentabilité du recyclage est encore difficile » Serge Vassal, président du groupe Barbier, 5 e fabricant européen d’emballages plastiques pour le commerce, l’industrie et l’agriculture LA LIMITATION des sacs de caisse jetables, entamée depuis 2003 dans les magasins, a bien failli sonner le glas du groupe Barbier, fabricant de polyéthylène (matière plastique la plus répandue représentant la moitié des emballages) pour le commerce et l’agriculture. « On s’est senti menacé car ces sacs en plastique représentaient 10% de nos ventes », confie Serge Vassal, son président. Impossible pour autant de rester sourd aux préoccupations environnementales liées à cette interdiction. L’entreprise familiale ancrée à Sainte-Sigolène, en Haute- Loire, près de Saint-Etienne, et créée en 1955 alors que les commerçants emballent encore les aliments dans du papier journal, y est sensible. Dès 1980, elle entame une importante mutation avec le lancement de sa première usine de recyclage de plastique pour valoriser ses déchets internes et ceux de ses clients. « On est passé d’une économie linéaire à l’économie circulaire, puisqu’il s’agit de réutiliser le produit plutôt que de le jeter », explique son dirigeant. 25% DE PLASTIQUE DURABLE L’entreprise se dote alors d’unités de régénération pour créer de la nouvelle matière première. En 2019, 25% de son plastique destiné au commerce (emballage autour des packs de bouteilles d’eau, de papier toilettes, de briques de lait…) et à l’agriculture sont durables avec une partie recyclée, l’autre biodégradable. « L’objectif est de passer à 45% d’ici 2025 », ajoute Serge Vassal. Son entreprise, qui a engrangé 270 M € de chiffre d’affaires en 2018, investit 4 M € par an en Recherche et Développement. « On a tout intérêt à intégrer plus de recyclé et agir en industriels responsables », répète le dirigeant qui emploie 550 personnes dont une vingtaine d’ingénieurs. Même si, admet-il, « la rentabilité de cette activité est encore difficile ». Et de rappeler que la plasturgie compte 3 500 entreprises en France et 125 000 personnes, dont « le gros challenge est la réindustrialisation ». « La guerre n’est pas à faire contre le plastique mais contre tout ce qui est abandonné dans les mers  : lave-vaisselle, tissus, sacs… », juge-t-il. Pas question selon lui de substituer au plastique le tout carton ou le verre. « Chaque matériau doit être adapté à son usage. Or, l’emballage plastique assure la sécurité alimentaire et sanitaire ». V.K. L’entreprise a ouvert dès 1980 une usine de recyclage pour valoriser ses déchets et ceux de ses clients. GROUPE BARBIER é a 3 ÉCO Mana Man a Man a MaMM Man a Man nanan agenda Jusqu’à vendredi On demande des champions de l’exportation Bpifrance cherche des PME et ETI exportatrices pour composer la deuxième promotion de son accélérateur international. Au programme, 18 mois d’accompagnement collectif et individuel pour doper la croissance de 30 entreprises. Celles-ci seront « sélectionnées pour leur potentiel de transformation et leur ambition de développement », précise la banque publique d’investissement. Candidatures avant le vendredi 6 septembre sur www.bpifrance.fr. De vendredi à dimanche La French Tech en croisière Une cinquantaine de jeunes entreprises, fonds d’investissement et incubateurs français vont s’affronter au large de La Rochelle (Charente- Maritime), à l’occasion de la French Start-up Cup. Le principe  : un équipage par société, composé de 7 équipiers et d’un skipper licencié. Outre la régate, une croisière à bord d’un catamaran permettra aux participants les moins sportifs de suivre la course et de profiter des animations  : DJ set, massages, cocktail… Qui dit mieux pour réseauter ? Inscriptions pour les dernières places  : www.frenchstartupcup.com. Le livre Largo Winch, prof de finance La bourse pour les nuls illustrée par Largo Winch, le héros de BD… L’auteur de cet ouvrage qui tente de démystifier les marchés, professeur à HEC, explique avec des mots simples des notions complexes  : stock-options, hedge funds, krach, OPA… Il en profite également pour présenter les places fortes de la finance, de la Suisse à Hongkong, et pour retracer l’histoire de cette matière intrigante, de l’Italie médiévale à l’informatisation du trading. Introduction à la finance, sous la direction d’Olivier Bossard, Editions Dupuis, 104 pages. Prix  : 25  € . Sortie le vendredi 6 septembre.



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