Le Parisien Economie n°702S 2 jui 2018
Le Parisien Economie n°702S 2 jui 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°702S de 2 jui 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : et si on allait à l'usine pour les vacances ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 2 JUILLET 2018 ÉCO 16 REBONDIR @LeParisien_Eco PAR CYRIL PETER « LA BANQUE M’A BEAUCOUP DONNÉ INTELLECTUELLEMENT ET FINANCIÈREMENT. C’ÉTAIT DÉSORMAIS À MOI DE TRANSMETTRE » Après la finance, « la vraie vie » dans une entreprise d’insertion Pendant 25 ans, cette mère de famille a fréquenté des traders, avant de rejoindre un réseau de traiteurs. et- NI), II - -1 v-'il , i :..-, ellibille.'..'1. Ilimlinmialir LE MOT DE LA FINf."1111 Vacances EXTRAIT DU LIVRE « LE BONHEUR AU BOULOT, JE ME MARRE » DESSINS DE GABS ÉDITIONS EYROLLES 365 PAGES. 17,90 € . Je ne cracherai jamais sur la banque. » Sylvie Roussel, une Francilienne de 56 ans, garde un excellent souvenir de ses 25 années passées dans le quartier d’affaires de La Défense (Hauts-de-Seine). A l’époque, cette diplômée d’un bac + 2 en finance travaille avec des traders, qui achètent ou vendent actions et obligations. « J’étais en back office, je gérais manuellement les opérations très complexes pour les faire entrer dans les logiciels », raconte la mère de famille. En tant que responsable d’équipe, elle participe aussi à des salons de recrutement, gère le personnel, fait « monter les gens en compétences ». Comme un avantgoût de sa deuxième vie professionnelle, dans les ressources humaines… A 50 ans, Sylvie ferme le chapitre finance par un licenciement économique négocié avec la Société Générale. « Mes trois ados ont eu peur que je n’aie plus de travail, qu’on vende la maison. La reconversion, c’est un projet familial », analyse-t-elle. La chômeuse, qui avait déjà « des envies d’ailleurs », multiplie les formations payées par son ex-employeur, participe à des ateliers de Pôle emploi sur la création d’entreprise ou le portage salarial. En parallèle, elle enfile de temps en temps l’habit de coach. Son rôle ? Conseiller des élèves ingénieurs avant de passer un entretien d’embauche. Deux ans après son départ négocié, son époux lui emboîte le pas. Ce dernier quitte la finance pour reprendre une TPE dans la construction. « Les gens ne pouvaient plus dire que c’était facile de se reconvertir avec un mari qui a un salaire confortable », se défend Sylvie. Devenue tutrice au Conseil départemental des Hauts-de- Seine, cette dernière accompagne, pour un salaire de 1 300 € net par mois, une cinquantaine Sylvie Roussel, 56 ans, dans un laboratoire de l’antenne de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) du réseau de traiteurs La Table de Cana. de bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA). « Cela a été un choc de culture. J’étais habituée à gérer une population privilégiée de cadres. La banque m’a beaucoup donné intellectuellement et financièrement. C’était désormais à moi de transmettre », confie-t-elle. Au bout d’un an, Sylvie postule à une offre de La Table de Cana, une société d’insertion par la restauration. « Sa rigueur acquise dans le secteur bancaire et le LP/GUILLAUME GEORGES fait qu’elle avait déjà pris un virage social ont fait la différence », se souvient Je an-Marie Clément, son patron. Depuis son embauche en 2015, la responsable insertion et recherche de fonds apprécie « la vraie vie dans une entreprise », où elle exécute des tâches administratives tout « en faisant de l’humain ». Basée à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), Sylvie travaille dans une des neuf antennes du réseau, située en face d’une HLM. « Ça change de mes tours à La Défense », sourit-elle. Au total, l’ex-banquière a accompagné plus d’une soixantaine de personnes en difficulté, embauchés en contrat à durée déterminée d’insertion (CDDI). « Certains reviennent me voir pour trouver un stage ou une formation », ajoute celle qui côtoie désormais ex-femmes battues et migrants en manque de repères. « Madame Sylvie », comme on l’appelle, les reçoit dans son petit bureau sans fenêtre, à deux pas d’un laboratoire dédié à la préparation d’amuses-bouches, servis à l’occasion d’un mariage ou d’un pot entre collègues. En parallèle, elle se rend à la préfecture, à Pôle emploi ou dans des fondations, en quête de financements. « Il faut donc rendre des comptes », précise-t-elle. Et de conclure  : « On n’est pas une association mais une entreprise qui gagne de l’argent, en accord avec nos valeurs. » GAGS. Le Supplément Economie du « Parisien - Aujourd’hui en France » s’interrompt pendant les vacances d’été. Retrouvez le Parisien Eco le lundi 3 septembre.



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