Le Parisien Economie n°625S 25 jun 2018
Le Parisien Economie n°625S 25 jun 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°625S de 25 jun 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : tout ce que le numérique a changé.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 25 JUIN 2018 I ÉCO 16 REBONDIR @LeParisien_Eco Ces artisans préparent la relève MÉTIERS Quatre des cinq lauréats du Prix du maître d’apprentissage 2018 racontent leur passion de transmettre des savoir-faire variés, de la pâtisserie à l’art de façonner la tôle. PAR CYRIL PETER LE MOT DE LA FIN Harcèlement EXTRAIT DU LIVRE « LE BONHEUR AU BOULOT, JE ME MARRE » DESSINS DE GABS ÉDITIONS EYROLLES 365 PAGES, 17,90 € Les gars ne voulaient pas m’apprendre. Au bout de deux mois je suis partie de cette entreprise qui n’acceptait pas les filles. » Marine Putey, une apprentie plâtrier-peintre de 17 ans, a par la suite essuyé dix refus avant de rencontrer Sylvestre Montanteme. Cet artisan de 47 ans lui a ouvert la porte de sa PME, réputée dans la région lyonnaise pour former des filles. « Comme c’est un milieu masculin, elles sont très motivées. Les garçons, eux, peuvent venir par défaut », observe-t-il. Son mode de sélection ? « Je regarde le dossier scolaire. Pas forcément les notes mais plus les commentaires des profs », explique-t-il. Comme Sylvestre, Nicolas Gouin nage à contre-courant. Ce boulanger-pâtissier de 36 ans, installé à Cailly (Seine-Maritime), accepte volontiers que ses apprentis se forment en Chine ou en Australie. Cette année, l’un de ses élèves a profité du programme d’échanges européen Erasmus pour « découvrir de nouveaux produits » en Finlande. Même s’il a continué de lui verser un salaire net mensuel de 900 € , Nicolas n’a pas le sentiment d’être le perdant de l’histoire  : « Je le mets à disposition d’une entreprise pendant deux semaines et ça lui ouvre l’esprit ! Je ne peux pas le bloquer. Moi-même j’aurais voulu me former à l’étranger. » Appâtés par les nombreuses émissions culinaires, les jeunes se bousculent pour devenir pâtissier. Surtout quand on a Bruno Cordier, meilleur ouvrier de France — glacier — en 1997, comme maître d’apprentissage. Marcelo Teixera Pinto, l’un de ses élèves, témoigne  : « Cela fait quatre ans que je suis chez monsieur Cordier. Il nous laisse participer à des concours, faire nos petits gâteaux, on a du bon matériel et de bonnes matières premières. Ailleurs, je n’aurais pas mieux. » Bruno Cordier, apprenti devenu patron, fait confiance à « cette jeunesse ultra-connectée »  : « Il m’apporte de nouvelles idées en me montrant des vidéos d’un pâtissier ou d’un chocolatier à l’autre bout du monde. » TRANSMETTRE LE GESTE Le partage d’expériences, Sébastien Mariojouls connaît bien. « Un apprenti de 16 ans m’a appris à intégrer une nouvelle technologie en se renseignant auprès de ses camarades et de ses profs », assure le carrossier. Résultat, son entreprise basée dans le Tarna pu se conformer, dans les temps, à une directive européenne sur l’utilisation de peintures moins nocives pour l’environnement. Dix ans plus tard, son ancien poulain s’apprête à visser sur sa tête la casquette de responsable qualité peinture de la société. Lui aussi pourra donc montrer à d’autres apprentis comment on sculpte la tôle avant de la peindre. « J’ai envie que ces jeunes transmettent le geste de mon grandpère. Il a créé l’entreprise en 1955 et a toujours pris des apprentis », raconte fièrement Sébastien Mariojouls. Véritable passionné, le patron milite pour valoriser cette voie de formation qu’est l’apprentissage auprès du grand public. En participant à des salons, des forums dans des collèges et même dans les prisons. Paris (VIII e), le 19 juin 2018. Accompagnés des jeunes qu’ils accueillent dans leur entreprise, Sylvestre Montanteme, Nicolas Gouin, Bruno Cordier et Sébastien Mariojouls (de gauche à droite) se sont vu remettre un Prix qui les distingue en tant que maître d’apprentissage. Ils ont brillé dans ces cinq catégories L’ASSEMBLÉE PERMANENTE des chambres de métiers et de l’artisanat (APCMA) et la mutuelle Garance, en partenariat avec « Le Parisien - Aujourd’hui en France » et « Les Echos », ont décerné, mardi 19 juin, les cinq Prix du maître d’apprentissage. Mobilité internationale. Nicolas Gouin, boulanger-pâtissier à Cailly (Seine-Maritime), envoie régulièrement ses poulains se faire les dents à l’étranger. Echange et transfert d’expériences et/ou de technologies. Sébastien Mariojouls, carrossier à Castres (Tarn). Son apprenti lui a appris une nouvelle technique avec une peinture plus écologique. Engagement. Bruno Cordier, pâtissier-chocolatier-glacier à Orléans (Loiret), a fait grandir une dizaine de jeunes désormais » employés dans des palaces ou propulsés à la tête d’une entreprise. Valorisation de la mixité. Sylvestre Montanteme, plâtrier-peintre à Saint-Jean-d’Ardières (Rhône), recrute des jeunes filles dans ce secteur très masculin. Jeune maître d’apprentissage. Jérémy Compagnat, gérant d’une entreprise textile à Caluire-et-Cuire (Rhône), a déjà formé cinq apprentis. Il a 32 ans.C.P4 r33. LP/PHILIPPE DE POULPIQUET



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