Le Parisien Economie n°625S 25 jun 2018
Le Parisien Economie n°625S 25 jun 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°625S de 25 jun 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : tout ce que le numérique a changé.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 25 JUIN 2018 ÉCO 2 À LA UNE @LeParisien_Eco LE NUMÉRIQUE REBAT LES CARTES DE L’IMMOBILIER Nouveaux métiers, nouvelles expériences clients  : le digital bouscule petits et grands acteurs du secteur. PAR VIRGINIE DE KERAUTEM ET CYRIL PETER une innovation mondiale et elle est française. La semaine dernière, la première maison impri- C’est mée en 3D habitable a été montée en… 54 heures ! Une révolution architecturale signée Benoît Furet, chercheur à l’université de Nantes (Loire-Atlantique). Mais d’autres innovations secouent le secteur de l’immobilier, de la conception à la commercialisation en passant par les travaux. L’une d’entre elles s’appelle BIM (« Building information model », en anglais), entendez Modélisation des données du bâtiment. Architectes, promoteurs, maîtres d’œuvre… Autant de corps de métiers bousculés par cette méthode de travail collaborative qui produit des plans en 3D très précis et bourrés d’infos. Ce virage digital suppose des investissements dans de puissants ordinateurs et des logiciels dernier cri afin d’ouvrir ces fichiers BIM, particulièrement lourds. « Les plus petits se font racheter par des grands groupes. Ces derniers peuvent permettre à un bureau d’études de 5 salariés de se digitaliser parce qu’ils ont les capacités pour investir », note Diego Harari, le directeur de l’innovation de Vinci immobilier. COLLECTER DES DONNÉES Comme dans d’autres secteurs industriels, transformation numérique rime avec nouvelles compétences. Autrement dit, une maind’œuvre à l’aise avec la collecte des données via une tablette ou un drone… A la clé, des économies de temps et d’argent alors que le coût du gaspillage sur un chantier pèse 25% à 30% de son budget global, selon le cabinet de conseil en stratégie Roland Berger. A l’heure de l’Internet des objets, nombreuses sont les start-up qui promettent des économies d’énergie, grâce à des capteurs intelligents. « Les Français sont de plus en plus nombreux à vouloir savoir ce qui se passe chez eux avec un smartphone « Les étudiants doivent connaître les bases du marketing digital » Jean-Marc Eskenazi, enseignant à l’Ecole supérieure des professions immobilières PROPOS RECUEILLIS PARC.P. A quels métiers formez-vous ? Nos élèves deviennent agents immobiliers, administrateurs de bien, promoteurs… Certains intègrent le département marketing de Bouygues immobilier ou Century 21. Ces grands groupes ont des besoins pour suivre la transformation digitale. Mais ce n’est pas la porte de sortie principale. Quel est le profil des élèves ? Ils sont au quotidien sur leur mobile. Mais je suis effaré quand je m’aperçois qu’en troisième année d’étude, peu ont intégré des notions de marketing digital. Ils risquent d’être bloqués dans leur carrière, à faire de l’administratif dans un syndic de propriété. C’est pourquoi nous allons ajouter, à la rentrée prochaine, un module de communication digitale. Qu’est-ce qu’on apprendra ? Le but est de comprendre les problématiques de référencement sur les moteurs de recherche, de construction de contenus Web ou sur applications mobiles. Les étudiants doivent connaître les bases du marketing digital, comme l’analyse des audiences sur un site Web. Ils seront alors capables d’instaurer une vraie relation avec le client à travers un blog, l’emailing (NDLR  : envoyer en masse des mails), les réseaux sociaux… A l’ère numérique, le secteur attire-til plus de jeunes ? Cela permet de susciter un intérêt chez des gens qui voyaient l’immobilier par le biais de la transaction. Or, l’immobilier de demain, ce n’est pas faire uniquement de la chasse à l’appartement, c’est aussi comprendre les besoins des clients, les accompagner dans leur projet, en travaillant avec des agences digitales. C’est-à-dire ? Je ne leur demande pas d’être des développeurs. Mais la moindre des choses, c’est de pouvoir parler d’égal à égal avec ces agences digitales qui s’occupent de la surveillance et de l’optimisation des sites Internet livrés clés en main. Résultat, les agents et les promoteurs n’ont pas les moyens d’étudier le comportement des internautes, alors qu’ils paient entre 100 € et 500 € par mois. Il faut pallier ce manque de connaissances. ou une tablette », assure un entrepreneur qui mise sur la maison connectée. Dans ce contexte, même les écoles ajoutent une brique digitale à leurs programmes. Objectif ? Que les futurs agents immobiliers et promoteurs puissent analyser le comportement des potentiels acheteurs sur leur site Internet et taper dans le mille avec la maison de leur rêve. 1 Les écrans ont modifié la relation entre les clients et les différents acteurs du monde de l’immobilier. « LES CLIENTS VISUALISENT MIEUX CE QU’ON LEUR PROPOSE » % Les architectes convertis à la 3D MAIS OÙ SONT DONC PASSÉS les grandes tables à dessin inclinées, les plans papier et les crayons ? « On n’en a jamais eu », s’amuse Lila Mezili, à la tête de Arcatec Atelier Architecture son propre cabinet créé avec son mari en 2011 à Poissy (Yvelines). « Dès l’école d’archi, on a appris à travailler sur des outils numériques pour réaliser des plans et dessins en 2D et 3D », poursuit-elle. Aujourd’hui, ils sont équipés d’AutoCAD et ArchiCAD, deux logiciels de dessin assisté par ordinateur (DAO) pour concevoir esquisses et plans de maisons ou de commerces, rénovations, décoration… Un investissement de départ de 10 000 € mais « quel gain de temps », apprécie l’architecte de 36 ans. « Cela permet aux clients de mieux visualiser ce qu’on leur propose et de mieux se projeter », poursuit-elle. « Ces outils numériques apportent une meilleure compréhension du projet. C’est de la valeur ajoutée. » La difficulté est toutefois de suivre le rythme. « Simulateurs de devis, réalité virtuelle… Le digital évolue très vite, le plus dur, c’est d’être à la page », concède-t-elle. Il lui arrive même de suivre quelques formations avec l’ordre des architectes. Mais elle relativise. « Nous sommes un petit cabinet, nos projets sont des maisons individuelles, ou des petits commerces. Si on se met à investir dans des technologies de pointe, nos clients ne suivront pas », souligne-t-elle. Actuellement, le logiciel le plus performant est Revit, un logiciel de modélisation en 3D d’un bâtiment permettant de créer divers documents nécessaires à sa construction. C’est adapté pour de grands projets qui nécessitent le BIM (de l’anglais Building information modeling qui se traduit par Modélisation des informations du bâtiment). De cette façon, la maquette évolue en même temps que le bâtiment (lire cicontre). « Aujourd’hui, aucun grand projet ne se fait sans le BIM, constate-t-elle, mais cela concerne plus les promoteurs et les grands cabinets d’architecture. » V.K. ASK MEDIA
mon arti san.com r Iff0000ff000 2 LUNDI 25 JUIN 2018 LE PARISIEN www.leparisien.fr/ecoÀ LA UNE 4 twipe_ftp PHOTOALTO/FRÉDÉRIC CIROU Mon peintre sur le Web « LE PREMIER AVANTAGE d’Internet, c’est que nos artisans ont une page profil avec des photos de leurs réalisations et les évaluations des clients. » Pour François Sorbier, dirigeant de la plate-forme Hello Artisan, le numérique permet d’instaurer un climat de confiance entre professionnels et particuliers. Illustration avec le paiement  : l’argent transite par un compte BNP Paribas avant d’être versé, avant le début de l’intervention, sur celui de l’artisan. « Ce dernier est rassuré car il aura bien les fonds pour acheter à temps le matériel nécessaire », assure l’entrepreneur. Outre la gestion dématérialisée de devis « faciles à lire », Hello Artisan mise sur son logiciel de suivi des travaux consultable en direct par l’artisan et le client. « En cas de litige, on peut remonter d’une semaine pour visualiser chaque étape, avec photo à l’appui. » Et de conclure  : « Le digital ne peut pas remplacer l’humain dans les travaux. On a réfléchi à des visites virtuelles, mais pour l’instant, on oblige l’artisan à se rendre sur les lieux. » C.P. ASK MEDIA Des chantiers pilotés par tablettes 3 « AVANT, le procédé de conception d’un bâtiment était séquentiel, chacun faisait ses modifications dans son coin, se souvient Diego Harari, directeur de l’innovation de Vinci immobilier. Il nous arrivait aussi de commettre des erreurs car le plan était en 2D, on ne voyait pas tout. Grâce au BIM*, tout le monde voit la même maquette en 3D. Cela nous permet de vérifier que le tuyau d’eau et le poteau en béton ne se rentreront pas dedans. » Et donc d’éviter des coûts supplémentaires. Tous les objets composant l’ensemble (gaines, cloisons, portes…) figurent sur cette maquette, ainsi que leur prix, leur marque, etc. « BIM, c’est une nouvelle méthode collaborative autour d’une base de données », assure-t-il. De cette technologie révolutionnaire, plus coûteuse en matériel et parfois en temps, découle de nouveaux métiers tels que le BIM manager. La mission de ce chef d’orchestre consiste notamment à définir l’ossat u re de l a m a quette et l e calendrier des échanges d’informations entre chaque société. Une fois le bâtiment livré, même l’exploitant en tire un avantage pour savoir quand et comment l’entretenir. « Dans l’immobilier d’entreprise, par exemple, on livre une maquette 3D qui sera utilisée pour exploiter le bâtiment via smartphone ou tablette avec des préconisations de maintenance. Ce service représente quelques dizaines de milliers d’euros, soit 0,1% par rapport au prix total », estime Diego Harari. DOMOTIQUE CONNECTÉE En plus du BIM, de jeunes entreprises innovantes incitent la profession à faire le grand saut numérique. La start-up montpelliéraine Snapkin, par exemple, intervient au moment de la « AVEC LE NUMÉRIQUE, le savoir a changé de main, nous sommes devenus des trieurs d’informations », observe Laurent Vimont, président du réseau d’agences immobilières Century 21 (groupe Nexity). Ainsi, à l’instar d’un patient qui vient chez le médecin après avoir consulté Doctissimo pensant savoir de quoi il souffre, le client arrive dans une agence immobilière, déjà très informé sur les prix du marché. « Nous avons dû monter d’un cran notre niveau de service, mieux écouter nos clients », explique le dirigeant. « Cette période de bouleversements est fantastique pour se remettre en question », commente Laurent Vimont. Première action opérée il y a huit ans, la remise à plat du logiciel interne, avec des campagnes de promotion plus fortes et mieux référencées. Avec l’intention de mieux se distinguer des plates-formes comme SeLoger ou Logic-Immo, qui réunissent toutes les offres immobilières du moment. « On veut en être moins dépendant, ajoute-t-il. Ces dernières fonctionnent sans mandats, or c’est eux qui permettent de maîtriser l’offre. » CHATBOT ET TRIPADVISOR INTERNE A cela s’ajoute une série d’innovations pour améliorer l’expérience client, comme ce chatbot, lancé depuis un peu mois d’un an, accessible depuis le site Internet mais fonctionnant avec la messagerie instantanée de Facebook. Au lieu de remplir des critères sur un formulaire, le client les décrit au robot comme s’il parlait à quelqu’un. Laurent Vimont reste prudent sur son efficacité  : « Il est encore trop tôt pour savoir si c’est un franc succès. »... I II 11 Autre innovation  : un dispositif pour donner la parole aux clients, sorte de TripAdvisor interne qui permet de « redescendre dans les agences tous les avis, positifs ou négatifs, et de progresser. Tous les commentaires postés sur notre site sont publiés », promet-il. Il est en revanche plus réservé sur les bienfaits de la réalité virtuelle dans son secteur. « Dans l’ancien, je n’y crois pas », dit-il, expliquant que dans ce domaine, « la relation charnelle au logement est essentielle ». Même dans le neuf, cette technologie permettant aux clients de visiter virtuellement un appartement ou une maison, muni d’un casque spécial, ne semble pas encore assez aboutie, estime Bruno Dupire, co-i..., C C I conception, en proposant un service de modélisation 3D. SmartHab, elle, fait le pari de la maison connectée. « Les moins de 30 ans, pour la plupart primoaccédants, ne comprennent pas qu’il y ait de l’Internet des objets partout, sauf dans l’immobilier », observe son cofondateur Godefroy Jordan. Sa société parisienne convainc promoteurs et bailleurs de dissimuler dans les murs de chaque logement, neuf ou rénové, une dizaine de capteurs. Ils réduisent, par exemple, le chauffage grâce un système de détection de présence. A la clé, « des économies d’énergie de 1 € à 2 € par m² et par an », promet l’entrepreneur. Comptez 1 250 € par appartement. « C’est inclus dans le coût de construction, le particulier ne paie pas davantage », assure-t-il.C.P. * Acronyme anglais signifiant Building information modeling, traduit par Modélisation des informations du bâtiment. Les commerciaux se mettent en quatre pour les clients ASK MEDIA fondateur d’Exalt 3D. Avec cinq associés, la start-up a conçu une solution de visualisation d’objets en 3D sur le Web, sans déformation des perspectives. Ce système, testé par un grand promoteur français dont il préfère taire le nom, sera accessible sans casque, depuis Internet, ni logiciel spécifique. Quiconque pourra ainsi, début 2019, se promener à l’intérieur des appartements d’un programme de logements neufs, avant même qu’ils ne soient sortis de terre. Et ce, grâce à des images modélisées à partir des plans, en qualité photos, depuis le site Internet du promoteur. Il sera aussi possible de changer le sol, le mobilier, déplacer des cloisons… Et de connaître les tarifs. V.K. ASK MEDIA a 3 ÉCO Mana Man Man... Man Man nanan agenda Mardi Une conférence sur le bureau du futur Après Londres (Royaume-Uni), Amsterdam (Pays-Bas), Melbourne (Australie) ou encore Montréal (Canada), « Spark the Change » débarque à Paris. Cette conférence réunit des chefs d’entreprise, des universitaires et des pontes de l’innovation ayant orchestré ou vécu la réorganisation « disruptive » d’une structure. Les intervenants, pour la plupart étrangers, partageront leurs expériences. L’objectif principal est de repenser les lieux de travail. Le 26 juin, de 9 heures à 19 heures, au théâtre de la Madeleine à Paris (VIII e). Inscription payante  : Sparkthechange.fr/get-yourpass. Jeudi Les clés pour rebondir Votre entreprise vient de couler ? Et vous manquez d’idées pour repartir du bon pied ? La journée nationale « 24 heures pour rebondir » est faite pour vous. Organisé par l’association Second souffle et la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) des Hauts-de-France, l’événement s’adresse aux entrepreneurs en difficulté. Au programme  : tables rondes et conférences autour de la caution personnelle et du rebond via le salariat. Outre l’espace coaching, un mur permettra aux visiteurs de postuler à plus de 200 offres d’emploi. Le jeudi 28 juin, de 9 heures à 16 heures, à EuraTechnologies à Lille (Nord). Renseignements  : www.euratechnologies.com/agenda/second-souffle. Jusqu’au 28 septembre Pour gagner le Prix de l’Entrepreneur social, c’est maintenant ! Les candidatures au Prix de l’Entrepreneur social de l’année sont ouvertes ! Cette récompense distingue « l’entrepreneur social le plus prometteur de France » selon trois critères  : innovation sociale, viabilité économique et impact social. Quant aux jeunes entreprises, elles pourront tenter de décrocher le Prix ESSpoir. Le lauréat sera accompagné par INCO, accélérateur de start-up sociales et écologiques. Candidatures jusqu’au 28 septembre 2018  : www.bcg.com/fr-fr/bcgsociety/entrepreneursocial/presentation.aspx.



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