Le Parisien Economie n°611S 11 jun 2018
Le Parisien Economie n°611S 11 jun 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°611S de 11 jun 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 11,4 Mo

  • Dans ce numéro : team building, à quoi ça sert ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 11 JUIN 2018 ÉCO 4 L'INVITÉ DE LA SEMAINE @LeParisien_Eco THIERRY MALLET, PDG DE TRANSDEV « LP/OLIVIER LEJEUNE PAR VIRGINIE DE KERAUTEM Transdev est-il un acteur public ou privé ? La majorité de son capital est publique avec la Caisse des dépôts et consignations (CDC) qui en détient 70%. Veolia possède les 30% restant. Toutefois cette dernière doit sortir du capital d’ici la fin de l’année. Et plusieurs candidats privés sont prêts à reprendre sa part. Quelles sont vos activités ? Notre cœur de métier, c’est la mobilité du quotidien, dans tous les modes de transport  : bus, cars, tramways, métros et trains, ferrys, taxis… Nos 82000 collaborateurs, dont 50 000 chauffeurs, transportent 10 millions de personnes par jour  : 85% dans les transports publics, 8% dans des services commerciaux comme les cars Macron par exemple et 7% pour des services industriels  : navettes qui transportent les passagers dans les aéroports ou transport Des bus autonomes d’ici 5 ans « JE PENSE que l’autonomie touchera d’abord les véhicules de transport public avant les particuliers », estime Thierry Mallet, PDG de Transdev. Il s’appuie sur les expérimentations en cours à Rouen (Seine-Maritime) dans le cadre du Rouen Normandy Autonomous lab, programme de 11 M € lancé par la métropole, la région, Renault, la CDC, la Matmut et Transdev. Les tests sont réalisés avec des Renault électriques ZOE autonomes. Destinées à suivre un parcours récurrent, on pourra les appeler avec une application. « Le but est à la fois de tester les technologies de véhicules autonomes et le système », explique le PDG. En effet, pour qu’un véhicule puisse rouler à une vitesse assez importante, il doit avoir des informations non sanitaire. En France, dans quelles villes êtes-vous présent ? Nous sommes notamment au Havre depuis plus de 100 ans, à l’origine du lancement des tramways mais aussi à Rouen ou Reims. A Nantes et Grenoble, nous le sommes par le biais de sociétés d’économie mixte, en partenariat avec les collectivités locales. En région parisienne, nous opérons des cars et des bus en grande banlieue, dans la zone non couverte par la RATP. Sur les appels d’offres, les deux acteurs sont majoritairement Keolis et nous. Et à l’international ? Notre chiffre d’affaires s’élève à 6,7 Mds € en 2017 dont 60% dans 20 pays. Hormis la France (40% du CA), nos plus gros marchés sont les Etats-Unis, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou la Suède. Quelle est votre stratégie ? Nous sommes rentables (76 M € de bénéfice net), notre dette est réduite (NDLR  : de 528 M € contre 2 Mds € environ en 2012) et nous visons une croissance de 5% à horizon 2020.Notre marge de manœuvre est importante pour réaliser des acquisitions ou participer à des appels d’offres dans lesquels il y a besoin d’acheter du matériel roulant. Comment voyez-vous le futur de la mobilité ? Nous poursuivons quatre objectifs. La rendre plus personnalisée, en accompagnant par exemple les passagers du point de départ au point d’arrivée, en insistant sur le premier et le dernier kilomètre, avec du transport à la demande. Grâce à une application, vous pouvez réclamer un bout de trajet en bus à la demande. Nous avons déployé ce service à Saint-Nom-la-Bretèche (Yvelines), dans la région d’Avignon (Vaucluse), aux Pays- Bas, aux Etats-Unis et en Australie. Ces courts trajets souvent utilisé pour desservir une zone industrielle le matin à la sortie d’un métro. Mobilité et numérique sont désormais très liés ? seulement fournies à bord mais aussi venant des infrastructures  : autres véhicules présents sur une route adjacente, présence des piétons… Il faut donc équiper les trajets d’un certain nombre de capteurs pour améliorer l’autonomie. « Or, les modèles existants ne sont pas vraiment indépendants de l’infrastructure », constate le dirigeant. Raison pour laquelle r 6,7 Mds € CHIFFRE D’AFFAIRES DE TRANSDEV EN 2017 » « il sera plus facile de rendre autonome un bus sur un trajet récurrent, poursuit-il, quitte à ce qu’un chauffeur reprenne la main à distance, sur un tronçon plus difficile comme la place de l’Etoile par exemple ! » Quoi qu’il en soit, « d’ici cinq ans, nous utiliserons des bus autonomes prêts à circuler sur des voies ciblées », assure le PDG de Transdev. BIO EXPRESS 1960 Naissance à Arcachon (Gironde) 1980-1985 Ecole Polytechnique, Ponts et Chaussées, Massachusetts Institute of Technology (MIT) 1987-1990 Direction régionale Ile-de-France du ministère de l’Equipement 2003-2016 Plusieurs fonctions au sein du Groupe Suez 2016 PDG de Transdev 2017 Président de l’Union des transports publics (UTP) « On lance un compte mobilité » TRANSPORTS Pour Thierry Mallet, PDG de Transdev, les modes de déplacement devront être innovants, personnalisés, connectés et autonomes. Il se pose en concurrent sérieux face à la SNCF. Il faut des solutions plus connectées, des outils pour connaître toutes les offres de mobilité. La plate-forme Moovizy est un exemple (NDLR  : Trophée 2016 de l’innovation du transport public). A Mulhouse (Haut-Rhin), on va plus loin avec un compte mobilité en pleine expérimentation, lancé en septembre. Un seul compte et une seule plateforme permettent d’accéder à tous les moyens de déplacement, même ceux qui ne sont pas exploités par Transdev, et payer son titre de transport. Cela intègre pour l’instant les parkings, les vélos et voitures en libre-service, les transports publics. Il y aura aussi les trains et les taxis. Combien investissez-vous pour l’innovation ? Entre 20 et 25 M € par an. Aucune de ces plates-formes de mobilité n’est équilibrée financièrement. Par exemple, le contrat de Mulhouse porte sur environ 50 M € par an et l’investissement sur cette plate-forme est de 500 000  € . Quid des transports écologiques ? Notre troisième priorité est le passage à l’électrique, notamment pour l’urbain. Aux Pays- Bas, on vient de redémarrer un nouveau contrat de 15 ans au sud d’Amsterdam avec une flotte de 100 bus électriques articulés de 18m. Notre filiale locale travaille sur ce projet depuis 2012 et nous allons investir près de 250 M € . Et en France ? On attend le feu vert des collectivités sachant qu’ici, ce sont elles qui achètent le matériel. Nous sommes toutefois dans des phases pilotes avec une centaine de véhicules électriques. Les véhicules autonomes, ça vous tente ? C’est notre quatrième objectif. Ça existe déjà mais sur des trajets protégés. Demain, ce sera au milieu de la circulation (lire encadré). Ces objectifs vous préparent à l’ouverture du transport ferroviaire à la concurrence… On a une expérience de près de 20 ans en Allemagne. Nous y sommes numéro deux derrière la Deutsche Bahn (NDLR  : entreprise publique des chemins de fer) sur les lignes régionales. En France, notre savoir-faire et notre expérience vont nous permettre d’être une alternative à l’opérateur historique (NDLR  : la SNCF), pas sur les TGV mais sur les TER et les Transilien. En quoi cette ouverture va-telle bénéficier aux voyageurs ? Cela va assurer une meilleure qualité de service grâce à des fréquences et une organisation plus adaptées. Je souhaite une responsabilisation forte des équipes. Les contrôleurs doivent tourner sur la même ligne, les conducteurs aussi. Pourra-t-on constater un effet sur les coûts ? L’ouverture pourra se traduire par une baisse du coût du billet si la collectivité le souhaite ou par des trains plus fréquents et plus réguliers. En Allemagne, cela a permis de relancer les petites lignes. Les cars peuvent permettre de rabattre des passagers autour de celles-ci et éviter de prendre sa voiture. Il faut un vrai travail de synchronisation des cars régionaux et des trains.
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